Ferdinand Desnos

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Ferdinand Desnos
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Naissance
Décès
(à 57 ans)
Paris
Nationalité
Drapeau : France Française
Activité
Mouvement

Ferdinand Desnos est un peintre naïf autodidacte né à Pontlevoy (Loir-et-Cher) le 29 juillet 1901, vivait rue Gay-Lussac à Paris, mort à Paris le 16 novembre 1958. Il était le cousin et l'ami de Robert Desnos[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Second fils du boulanger de Pontlevoy, Ferdinand Desnos, qui manifeste très tôt un goût prononcé pour le dessin[2], fait ses études au collège de l'abbaye. D'abord garde-chasse de Pontlevoy[3], il est dans sa jeunesse d'un tempérament joyeux, aimant les plaisirs simples de la vie: il fait partie d'orchestres locaux animant les bals du dimanche, il observe la vie rurale dont sa peinture restera nourrie (Les travaux aux champs, les fêtes champêtres, les sorties de messes dominicales, les processions religieuses), accompagne son frère aîné à la chasse en forêt et en plaine, en des randonnées champêtres qui seront inspiratrices de la part animalière de son œuvre[2].

Ferdinand Desnos épouse Andrée Vinet en 1923 (le mariage donnera naissance à quatre filles)[4] pour s'installer à Montrichard où il vit de petits métiers: il travaille entre autres aux caves champignonnières du village voisin de Bourré. C'est dans ce village qu'il commence à peindre à l'huile[5]. Il monte en 1927 « tenter sa chance »[5] à Paris où il s'installe à Ménilmontant et où, après un premier emploi « chez un marchand de jouets dont il réalise un beau portrait »[4], il entre comme électricien au Petit Parisien[6], passant ses temps libres dans les musées et les jardins publics. Le critique d'art Fritz-René Vanderpyl (1876-1965), chroniqueur au Petit Parisien remarque son travail pictural et l'introduit dans les milieux artistiques, favorisant sa première exposition au Salon des indépendants de 1931[Note 1]. Sa première exposition pariculière parisienne se tient en 1943.

Les portraits qu'il peint à Paris nous disent ses amitiés: outre Fritz-René Vanderpyl, il y a Maurice Utrillo en 1930, Paul Fort en 1943, puis plus tard Paul Léautaud en 1953 ou encore Chalgalo (pseudonyme du peintre naïf CHarles ALbert GAston LOmbard) également en 1953.

Atteint de tuberculose, Ferdinand Desnos, contraint de quitter l'air de la capitale, vient s'installer à Blois (où une exposition particulière lui est consacrée), puis chez sa fille à Pontlevoy. Il revient à Paris en 1948, rejoignant sa femme dans une modeste loge de concierge de la rue Gay-Lussac, mais ses difficultés respiratoires le contraignent à des séjours en hôpital, puis en sanatorium.

Ce n'est qu'en 1954, avec son tableau Les goélands[7] exposé au Salon des Indépendants, que Ferdinand Desnos commence à intéresser le monde des critiques d'art et des collectionneurs[5], à l'instar d'André Breton dont Ferdinand peint cette année-là un portrait (aujourd'hui dans la collection du Musée international d'art naïf Anatole Jakovsky de Nice)[8].

Ferdinand Desnos meurt en novembre 1958, peu après une hospitalisation pour opération chirurgicale. Il repose au cimetière parisien d'Ivry[9]. Lui qui de son vivant n'intéressa qu'un infime cercle de collectionneurs fait aujourd'hui l'objet d'études, de catalogues, de rétrospectives, et est entré dans les musées. Aussi Jacques Busse peut-il interroger: « Sa mort a changé les choses, mais en mourant, le pauvre peintre acharné a-t-il pressenti qu'il allait commencer à vivre? »[5]

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

  • Galerie La Boétie, Paris, 1943.
  • Rétrospective Fernand Desnos, Musée des beaux-arts de Tours, 1963.
  • Fernand Desnos, peintures, Musée Tavet-Delacour, Pontoise, 1980.
  • Troisième Salon international d'art naïf - Hommage au peintre Ferdinand Desnos, Paris, mai-juin 1986.
  • Rétrospective Fernand Desnos, Musée international d'art naïf Anatole Jakovsky, Nice, 1993.
  • Le musée dans la rue, Pontlevoy, 2004.
  • Ferdinand Desnos à ciel ouvert, Pontlevoy, 2012[10],[11].
  • Ferdinand Desnos, un naïf spirituel, rétrospective, Hôtel Drouot, Paris, janvier-février 2019[12].

Expositions collectives[modifier | modifier le code]

Réception critique[modifier | modifier le code]

  • « En plus de ce qu'il se rappelle, il y a ce qu'il imagine, ce qu'il devine, ce qu'il pressent, la mort si souvent présente dans son œuvre, comme si elle devait l'être prématurément dans cette vie, et, par delà la mort, Dieu - Dieu qui a pour Desnos un visage: celui du Christ. De là, l'autre versant de son œuvre, le versant visionnaire... sacré et tourangeau, définirons nous par ces deux épithètes l'art de Ferdinand Desnos. » - Bernard Dorival[14]
  • « Son imagination fertile, la simplicité de ses formes, qu'on dirait taillées dans le bois, l'éclat de ses couleurs et sa tendance à l'humour font de Desnos l'un des peintres naïfs français les plus authentiques. » - Le Robert[3]
  • « Une peinture dont la puissance plastique est instinctivement magistrale chez cet autodidacte [...]L'art de Desnos, dans sa spontanéité populaire, est animé d'un souffle religieux, d'un lyrisme poétique et fantaisiste où l'humour rejoint le drame. » - Gérald Schurr[15]
  • « Comme beaucoup de créateurs et peut-être tout simplement parce que c'est un peintre naïf avant tout, Ferdinand Desnos est un artiste énigmatique. Il porte en lui les gênes de l'Art Naïf. Il nous a laissé tout entière son énigme, ces visages angéliques, ces chats familiers et ces chiens de chasse, ces biches alanguies et ces prêtres statufiés sous le poids du souvenir... » - Anne Devroze-Stilz[16]
  • « Ferdinand Desnos a peint environ huit-cents toiles. Sauf quelques rares exceptions, personne ne songeait à les lui acheter; il continua cependant à peindre, souvent dans le dénuement. Dans ce cas, on est assuré de la profonde authenticité de l'acte de peindre, pour rien, pour personne. C'est là que l'on retrouve les sources fraîches de la création, jamais aussi pures que chez ceux qui peignent ignorés dans leur solitude, chez ces peintres que l'on dit naïfs alors qu'ils sont simplement innocents. » - Jacques Busse[5]
  • « Comme le Douanier Rousseau, c'est un peintre d'histoires simples, avec l'instinct de l'achèvement... » - Jean-Pierre Delarge[17]
  • « La gaucherie n'est pas une fatalité, comme en témoignent Jean Eve, Gertrude O'Brady, Ferdinand Desnos [...] et beaucoup d'autres. L'imaginaire de ces peintres, leur style, les entraînent parfois aux frontières de l'Art brut. » - Marie-Christine Hugonot[18]
  • « C'était un peintre qui ne s'adressait qu'au merveilleux, en toute spontanéité primaire, avec des toiles de tous formats, certains très grands, qu'il accrochait de bas en haut de la cage de l'immeuble de la rue Gay-Lussac où il était concierge, exposition d'autant de chefs-d'œuvre dont s'indignaient les locataires qui refusaient cependant de trop protester parce que Ferdinand, avec sa femme et ses deux filles un peu honteuses elles aussi des barbouillages de leur mari et père, fournissait, mis de côté ses dix chats toujours en vadrouille dans les étages, le meilleur des services de gardiennage de tout le quartier. » - Salah Stétié[1]

Musées et collections publiques[modifier | modifier le code]

Collections privées[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Raymond Nacenta, School of Paris - The painters and the artistic climate of Paris since 1910, Oldbourne Press, Londres, 1960.
  • Jacques Busse, Il y aura toujours des peintres maudits, revue Documents, n°193, 1963, page 10 et suivantes.
  • Jean-Marie Girard, Ferdinand Desnos, 1901-1958, avant-propos de Boris Lossky, préface de Bernard Dorival, Éditions du Musée des beaux-arts de Tours, 1963.
  • Le Robert, Dictionnaire universel de la peinture, S.N.L. - Dictionnaires Robert, Paris, 1975.
  • Revue Vision sur les arts, n°98, décembre 1975.
  • Madeleine Gavelle, les peintres naïfs, illuminés de l'instinct, Éditions Filipacchi, 1977.
  • 629 œuvres de Renoir à Picasso, Éditions du Petit-Palais, Genève, 1981.
  • Revue Galerie des arts, n°211, avril 1982.
  • Oto Bihalji-Mérin et Tomasevic Nebojsa-Bato, L'art naïf, encyclopédie mondiale, Edita - La Bibliothèque des arts, 1984.
  • Jean Cassou, Pierre Courthion, Bernard Dorival, Georges Duby, Serge Fauchereau, René Huyghe, Jean Leymarie, Jean Monneret, André Parinaud, Pierre Roumeguère et Michel Seuphor, Un siècle d'art moderne - L'histoire du Salon des indépendants, Denoël, 1984.
  • Michel Chazard et Jean Herraiz, 3e Salon international d'art naïf - Hommage au peintre Ferdinand Desnos, Édition Galerie de Nesles, Paris, 1986.
  • Jean-Jacques Lévêque, Les années folles 1918-1938, le triomphe de l'art moderne, ACR Édition, 1992.
  • Gérald Schurr, Le Guidargus de la peinture, Paris, éditions de l'Amateur, , 1069 p.
  • Anne Devroze-Stilz, Ferdinand Desnos, Éditions du Musée international d'art naïf Anatole Jakovsky, Nice, 1993.
  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999, tome 4.
  • Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Gründ, 2001[17].
  • Calmels & Cohen, commissaires-priseurs à Paris, Catalogue de la vente de la collection André Breton, Hôtel Drouot, Paris, 15 avril 2003.
  • Jean-Bernard Sandler, Artistes du secteur de Pontlevoy (1850-1950), mémoires de l'Académie des sciences, arts et belles lettres de Touraine, 2008[25].
  • Salah Stétié, L'Extravagance, mémoires, Robert Laffont, 2014.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Ferdinand Desnos, Georges van Haardt, Polygraphie polyphonique n°1 et n°2, film expérimental (court-métrage), réalisation, images et sons de Jean-Étienne Marie[26].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Coquille involontaire que nous rectifions de nous-mêmes dans l'ouvrage collectif Un siècle d'art moderne - L'histoire du Salon des Indépendants (Denoël 1984) cité en bibliographie ci-dessus. Page 256: « 1931: R. Desnos (sic) fait son entrée au Salon ». Parmi les nouveaux exposants, outre Ferdinand Desnos, sont cités Jean Aujame, Roger Limouse, Pierre Soulages, Bernard Lorjou, Edmond Daynes, Maria Elena Vieira da Silva et Árpád Szenes.
  2. Parmi les confrères et amis de Ferdinand Desnos au Salon des indépendants, citons Armand Nakache dont notre artiste brossa un portrait (Le peintre Nakache dans son atelier, 1950) reproduit dans 629 œuvres de Renoir à Picasso, Éditions du Petit-Palais, Genève 1981 (voir bibliographie ci-dessus). Armand Nakache fut président du Salon des Indépendants de 1953 à 1964 (Un siècle d'art moderne - L'histoire du Salon des Indépendants, Denoël 1984, page 263).
  3. Parmi les personnages qui entourent le Christ sur le Pont des Arts, on peut voir le Sultan Mohammed V (roi du Maroc), le Maréchal Juin et des amis personnels de Ferdinand Desnos comme Salah Stétié (témoignage de Salah Stétié, L'Extravagance, Robert Laffont, 2014).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Salah Stétié, L'Extravagance, mémoires, Robert Laffont, 2014.
  2. a et b Société des amis du musée et du patrimoine de Pontlevoy, Ferdinand Desnos, 1901-1958, Mairie de Pontlevoy
  3. a et b Le Robert, Dictionnaire universel de la peinture, 1975, tome 2 page 217.
  4. a b c et d Natacha Carron Vullierme (commissaire d'exposition), Mathilde Fennebresque et Adélaïde Stephan (contacts presse), Ferdinand Desnos, un naïf spitituel, catalogue d'exposition, Drouot, Paris, janvier 2019.
  5. a b c d et e Jacques Busse, Dictionnaire Bénézit, Gründ 1999, tome 4 page 496.
  6. Pontlevoy, un village entre Cher et Loire, Qui est Ferdinand Desnos?, voir liens externes ci-dessous.
  7. Les goëlands, huile sur isorel 94x151cm, reproduction n°48 du catalogue Ferdinand Desnos, peintures, Musée Tavet-Delacour, Pontoise, 1980.
  8. a et b Calmels & Cohen, commissaires priseurs à Paris, Catalogue de la vente de la collection André Breton, Hôtel Drouot, Paris, 15 avril 2003.
  9. Cimetière parisien d'Ivry, personnalités y reposant
  10. La Nouvelle République, Ferdinand Desnos à ciel ouvert, 28 octobre 2012
  11. La Nouvelle République, L'expo de Ferdinand Desnos s'enrichit, 8 novembre 2014
  12. Hôtel Drouot, Ferdinand Desnos, un naïf spirituel, présentation de l'exposition, janvier 2019
  13. Flora Jannot, Les Heures chaudes de Montparnasse, Le Figaro juin 2007 Le tableau de Ferdinand Desnos Le poète Paul Fort à la Closerie des Lilas faisait partie de cette exposition.
  14. Bernard Dorival, dans sa préface à Jean-Marie Girard, Ferdinand Desnos, 1901-1958, Éditions du Musée des beaux-arts de Tours, 1963;
  15. Gérald Schurr, Le Guidargus de la peinture, Paris, éditions de l'Amateur, , 1069 p., p. 324
  16. Anne Devroze-Stilz, conservateur du Musée international d'art naïf Anatole Jakovsky, Ferdinand Desnos, Éditions du musée, 1993.
  17. a et b Jean-Pierre Delarge, Ferdinand Desnos, dans le Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains
  18. a et b Marie-Christine Hugonot, titulaire d'une maîtrise spécialisée en Histoire de l'art et archéologie (sujet: L'art naïf en France, un art vivant), Catalogue de la collection d'art naîf du château de Gourdon (Laurent Négro), Tajan Paris, mercredi 24 avril 2002.
  19. Jacqueline Azzi, La Cène sur la Seine de Ferdinand Desnos au Musée du Vieux-Château Ouest-France, samedi 12 décembre 2009.
  20. Raymond Nacenta, School of Paris - The painters and the artistic climate of Paris since 1910, Oldbourne Press, 1960.
  21. Ferdinand Desnos dans la collection Charlotte Zander Voir Künstler der Sammlung (artistes de la collection): Ferdinand Desnos: huit œuvres.
  22. Alexandre Najjar, évocation de Ferdinand Desnos dans Salah Stétié: le bilan d'une vie, L'Orient littéraire, supplément de L'Orient, Le jour, n° 108, juin 2015
  23. Ferdinand Desnos dans la Collection Louis Guyard
  24. Drouot Presse, La collection Henri Braun-Adam, un destin au service de l'art, novembre 2013
  25. Jean-Bernard Sandler, Artistes du secteur de Pontlevoy (1850-1950), mémoires de l'Académie de Touraine, 2008, voir liens externes ci-dessous.
  26. Jean-Étienne Marie, Biographie, œuvres musicales et cinématographiques

Liens externes[modifier | modifier le code]