Ferdinand Berthoud

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Ferdinand Berthoud
Ferdinand Berthoud - Uhrmacher.jpg

Ferdinand Berthoud

Biographie
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Plancemont (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Ferdinand Berthoud

Ferdinand Berthoud, né le à Plancemont-sur-Couvet (canton de Neuchâtel) et mort à Groslay (Val d'Oise) le , est un horloger et chercheur français. Il accèda à la maîtrise d’horloger à Paris en 1753. Celui qui occupa la position d’Horloger-Mécanicien du Roi et de la Marine, laisse une œuvre d’une ampleur exceptionnelle, notamment dans le domaine des chronomètres de marine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ferdinand Berthoud vint se fixer à Paris en 1745 à l’âge de 18 ans ce qui lui permettra de se perfectionner dans la profession d’horloger-pendulier. On admet généralement qu’il entre alors à l’atelier de Julien Le Roy. Ferdinand Berthoud acquit rapidement une réputation de compétence technique et fut reconnu pour ses innovations dans son domaine.

Dès 1755, on lui confie la tâche de rédiger plusieurs articles de référence sur l’horlogerie pour «L’Encyclopédie méthodique» éditée de 1751 à 1772 sous la direction de Diderot et d’Alembert. Ferdinand Berthoud publie son premier ouvrage spécialisé en 1759, «L’Art de conduire et de régler les pendules et les montres[1], à l’usage de ceux qui n’ont aucune connaissance d’horlogerie». Il s’agit d’un ouvrage de vulgarisation qui rencontre un grand succès et sera traduit en plusieurs langues puis réédité à plusieurs reprises dans le courant des 18e et 19e siècles.

Le 13 décembre 1760, Ferdinand Berthoud dépose à l’Académie Royale des Sciences un «Mémoire sur les principes de construction d’une Horloge de Marine», la fameuse Horloge Marine No 1, dont la construction sera achevée début 1761.

Il a fait des horloges marines pour calculer la longitude en mer et mérita d’être choisi pour horloger-mécanicien de la marine. En 1764, sur ordre du Roi, l'Académie chargea deux de ses membres, Duhamel du Monceau et l'abbé Chappe d'Auteroche, de faire la preuve en mer de la montre marine no 3 de Ferdinand Berthoud. Ils embarquèrent, en compagnie de Ferdinand Berthoud, à Brest le 7 octobre sur la corvette « L'Hirondelle »[2]. Le rapport de la mission, lu par abbé Chappe d'Auteroche à l'Académie le 14 novembre, ne sera jamais publié, ce qui est exceptionnel. Dans son Traité des horloges marines, Berthoud insinue que cet oubli est le fait de Duhamel du Monceau dont le neveu, Fougeroux de Grandlieu, alors enseigne de vaisseau lors de cette croisière, est mort quelques jours après le retour[2].

Ferdinand Berthoud est nommé Horloger du roi dès 1770. Il est nommé dès sa création membre de l’Institut (1795). Berthoud était devenu membre de la Royal Society le .

Il est considéré comme un des inventeurs du chronomètre de marine qui permet la détermination de la longitude en mer nécessaire pour la navigation.

Son neveu Louis Berthoud, s’est aussi distingué comme horloger.

Il avait épousé Henriette Chatry de La Fosse, puis Marie Adélaïde Dumoustier[3].

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Contraint de travailler comme compagnon-horloger chez les maîtres de la corporation parisienne, faute d’avoir fait son apprentissage chez l’un d’eux, le jeune Berthoud parvient à conjurer le sort en faisant remarquer « son application à perfectionner l’art de l’horlogerie ». Il saisit la possibilité de faire connaître ses recherches au sein de l’Académie royale des sciences en déposant, sous pli cacheté, la description d’une nouvelle construction. L’approbation par les académiciens, le 26 avril 1752, d’une pendule à équation[4], jugée fort ingénieuse, marque le début de sa carrière de chercheur et, en même temps, lui permet de prétendre à une intégration officielle dans la communauté des horlogers. Le Roi ordonne, le 4 décembre 1753, sa réception à la maîtrise, titre qui l’autorise à ouvrir un atelier près de la place Dauphine, rue de Harlay.

En 1754, le maître dépose à nouveau des inventions auprès de l’Académie. L’une est son premier projet d’horloge marine[5]. Les autres, examinées et approuvées par les académiciens, sont encore des systèmes à équation : une pendule « à équation à secondes concentriques marquant les mois et quantièmes de mois, les années bissextiles, et va treize mois sans être remontée » ; une montre à secondes et équation, marquant les mois et quantièmes.

Avant même d’être reçu maître, Ferdinand Berthoud révèle le sens qu’il souhaite donner à sa vie professionnelle : se consacrer à des recherches et transmettre son savoir à travers des publications et l’enseignement. Cette double orientation lui permet de s’introduire rapidement dans le milieu scientifique de son époque. Plusieurs articles de l’Encyclopédie dirigée par Diderot lui sont confiés, en particulier l’article « Equation ». En 1759, il publie un traité de vulgarisation, qui sera un succès, L’Art de conduire et de régler les pendules et les montres.[6] A l’usage de ceux qui n’ont aucune connaissance d’horlogerie. En 1763, son volumineux traité, L’Essai sur l’horlogerie ; dans lequel on traite de cet Art relativement à l’usage civil, à l’Astronomie et à la Navigation sera aussi bien accueilli.

Chronomètre de marine « Ferdinand Berthoud no 65 », 6cm de diamètre, vers 1796.

L’année 1763 marque justement un tournant dans la carrière de Berthoud, désormais liée aux progrès de la navigation maritime. L’Académie des sciences en est, une fois de plus, le témoin et le soutien : l’horloger fait ouvrir deux plis déposés en 1760 et 1761. Ils décrivent l’horloge marine No 1[7]. Convaincus par les compétences de l’horloger, les académiciens obtiennent du ministre de la Marine de l’envoyer à Londres pour examiner l’horloge marine de Harrison. L’occasion lui permet de se faire apprécier et élire comme associé étranger à la Royal Society, le 16 février 1764. Le 29 août suivant, Ferdinand Berthoud dépose encore un pli relatif à la « construction d’une montre marine… ». Ce sera le dernier ; Berthoud est dorénavant certain d’avoir trouvé la voie de ses recherches et d’avoir la possibilité de solliciter des aides officielles.

Ses projets faisant l’objet de requêtes détaillées rythment son activité. Il proposera ainsi la construction de deux horloges marines le 7 mai 1766. Il s’agit des No 6 et 8 conservées au Musée des arts et métiers. Après leur expérimentation réussie, Ferdinand Berthoud reçoit le « Brevet d’horloger Méchanicien du Roi et de la Marine ayant l’inspection de la construction des Horloges marines[8] », créé à son intention, le 1er avril 1770.

À partir de cette époque, il délaisse la direction de sa boutique-atelier pour ses recherches ; il affirmera  en 1792 : « c’est surtout depuis 1770 que je m’y livrai sans réserve et que je quittai en quelque sorte dès lors le travail du public ».

Expérimentateur tenace, constructeur habile et audacieux, inventeur soucieux de diffuser son savoir, Ferdinand Berthoud a non seulement participé au perfectionnement de l’horlogerie mais il a aussi promu l’usage d’horloges de précision dans les sciences de son temps, contribuant ainsi à leur progrès. Les titres, les privilèges, les témoignages de reconnaissance qui jalonnent sa carrière, entre le règne de Louis XV et le premier Empire, puis les hommages, les études qui marquent sa fortune critique jusqu’à nos jours reflètent l’importance de sa place dans la longue quête de l’exactitude depuis les découvertes de Huyghens jusqu’à celles de Guillaume[4].

Bibliographie:

  • l’Art de conduire et régler les pendules, 1759 ;
  • Essai sur l’horlogerie, 1763 et 1786 ;
  • Traité des horloges marines, 1773 (Lire en ligne) ;
  • De la mesure du temps ou supplément au Traité des horloges marines, 1787 (Lire en ligne)
  • Traité des montres à longitude, 1792 ;
  • Histoire de la Mesure du temps, 1802.

Exposition:

Une exposition intitulée Ferdinand Berthoud horloger du roi lui a été consacrée au Musée international d'horlogerie de La Chaux-de-Fonds en 1984[9], puis au Musée national de la Marine du 17 janvier 1985 au 17 mars 1985.

L’œuvre de Ferdinand Berthoud est également exposée de façon permanente dans de nombreux Musées dans différents pays à travers le Monde, notamment en France au CNAM, en Suisse au MIH ou encore à Londres au British Museum.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Ferdinand Berthoud est mentionné dans les Tontons flingueurs lorsque le père d'Antoine Delafoy demande la main de la « nièce » de Fernand. Celui-ci voit une horloge dans le salon et s'exclame « ohhhh! fin XVIIIe, de Ferdinand Berthoud ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « Biographie | Ferdinand Berthoud », sur FERDINAND BERTHOUD (consulté le 21 octobre 2015)
  2. a et b Duhamel du Monceau, p. 136 Bruno Dupont de Dinechin
  3. Frédéric-Alexandre-Marie Jeanneret, James-Henri Bonhôte, Biographie neuchâteloise, volume 1, 1863
  4. a et b « Ferdinand Berthoud - La Renaissance ! », sur www.passion-horlogere.com (consulté le 21 octobre 2015)
  5. « Ferdinand Berthoud - Fondation de la Haute Horlogerie », sur www.hautehorlogerie.org (consulté le 21 octobre 2015)
  6. Ferdinand (1727-1807) Berthoud, L'art de conduire et de régler les pendules et les montres , à l'usage de ceux qui n'ont aucune connaissance d'horlogerie ; suivie d'une Indication des règles, observations et calculs, pour l'usage des montres astronomiques, etc. Par M. Ferdinand Berthoud,... Quatrième édition, augmentée d'une planche et de la maniére de tracer la ligne méridienne du tems moyen, (lire en ligne)
  7. « Horloge marine n°1 par Ferdinand Berthoud », sur Musée des arts et métiers (consulté le 21 octobre 2015)
  8. « La Gazette Drouot - L'hebdo des ventes aux enchères », sur www.gazette-drouot.com (consulté le 21 octobre 2015)
  9. Ferdinand Berthoud (1727-1807). Horloger mécanicien du roi et de la marine, Musée international d'horlogerie, La Chaux-de-Fonds ; Musée de la Marine, Paris, 1984, 343 p.

Source[modifier | modifier le code]

  • F.A.M. Jeanneret et J.-H. Bonhôte, Biographie neuchâteloise, t. 1, Le Locle, Eugène Courvoisier, 1863, p. 32-45.
  • Bruno de Dinechin, Duhamel du Monceau. Connaissance et mémoires européennes, 1999 (ISBN 2-919911-11-2)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patrick Cabanel, « Ferdinand Berthoud », in Patrick Cabanel et André Encrevé (dir.), Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours, tome 1 : A-C, Les Éditions de Paris Max Chaleil, Paris, 2015, p. 268-269 (ISBN 978-2846211901)
  • Ferdinand Berthoud (1727-1807). Horloger mécanicien du roi et de la marine, Musée international d'horlogerie, La Chaux-de-Fonds ; Musée de la Marine, Paris, 1984, 343 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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