Fenouillèdes

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Fenouillèdes
(oc) Fenolhedés / (ca) Fenolledès
Image illustrative de l’article Fenouillèdes

Subdivision administrative Occitanie
Subdivision administrative Pyrénées-Orientales
Villes principales Saint-Paul-de-Fenouillet
Coordonnées 42° 48′ 36″ nord, 2° 29′ 24″ est
Production Vin, vergers
Communes 28
Population totale 11 425 hab. (2011)
Régions naturelles
voisines
Corbières
Pays de Sault
Conflent
Ribéral
Plaine du Roussillon

Image illustrative de l’article Fenouillèdes
Localisation

Le Fenouillèdes est une région naturelle française des Pyrénées-Orientales, située dans la région Occitanie. Le Fenouillèdes est la forme française dérivée du vocable occitan « Fenolhedés » désignant le pays de Fenouillet. Il s'agit d'un substantif masculin singulier issu de la forme adjective latine Fenoliotensis / Fenioletensis employée dans les actes médiévaux pour désigner le territoire ou pays relevant de la juridiction politique et militaire du château de Fenouillet (territorium Fenoliotensis, pagus Fenoliotensis dans les actes des IXe – Xe siècles, vicomté de Fenouillet à partir du XIe siècle). De la même manière, le pays de Razès (pagus Redensis) désignait le territoire soumis à la juridiction de l’ancienne cité de Rennes-le-Château (Redae), le Perapertusès (suburbium Petrapertusensis) le territoire dépendant du château de Peyrepertuse, le Roussillon (pagus Rossilionensis) le pays de l’antique oppidum de Ruscino (aujourd’hui Château-Roussillon, comm. de Perpignan), le Carcassès (pagus Carcassensis) le pays de la cité de Carcassonne, etc. Tous ces noms territoriaux sont donc formés par l’adjonction du suffixe ethnique et/ ou géographique latin –ensis à un radical qui, en l’occurrence, est le nom de la cité ou de l’oppidum constituant le chef-lieu éponyme du pays. C’est donc à tort que certains auteurs modernes et contemporains ont interprété la désinence finale de Fenolhedès / Fenouillèdes comme résultant d’une forme plurielle et on contribué à diffuser l’usage malencontreux qui amène une partie de la génération actuelle à désigner leur territoire sous l’appellation « Les Fenouillèdes ». Il n’y a en effet qu’un seul pays de Fenolhedès (pagus Fenoliotensis)[1].

Comme toutes les régions « naturelles », le Fenouillèdes a des limites floues ; on pourrait le définir comme la partie des Pyrénées-Orientales qui appartenait déjà à la France (Languedoc) avant le traité des Pyrénées, ou comme la partie de ce département dont la langue est l’occitan. Cet article traite en majorité de la région culturelle communément acceptée comme étant un ensemble de 28 communes du nord-ouest des Pyrénées-Orientales, mais cette description n'est pas toujours partagée, car plus d'un tiers du Fenouillèdes est situé dans le département de l'Aude (partie orientale de l'ancien canton d'Axat). La partie audoise n'est pas oubliée et il y est fait référence tout au long de cet article.

Géographie[modifier | modifier le code]

Panorama sur le Fenouillèdes et les Pyrénées, depuis le château de Quéribus

Localisation[modifier | modifier le code]

Carte physique du Fenouillèdes dans les Pyrénées Orientales

Le Fenouillèdes est un territoire pyrénéen situé à cheval sur les actuels départements des Pyrénées-Orientales (cantons de Saint-Paul-de-Fenouillet, de Sournia et de Latour-de-France) et de l'Aude (canton d'Axat) à l'ouest de Perpignan, entre le massif des Corbières et le bassin de la Têt. Le Fenouillèdes correspond au bassin supérieur du fleuve côtier Agly et à la rive droite du haut bassin de l'Aude (Canton d'Axat). Il est délimité au nord par le Razès (dont le Fenouillèdes faisait partie du temps de l'ancien comté du Razès) et le Perapertusès , à l'est par le Roussillon, au sud par le Conflent (vallée de la Têt), et à l'ouest par le pays de Sault[2].

C'est une région connue pour son vin (vin doux). Quelques usines et carrières de production de feldspath constituent les dernières industries persistantes (Lesquerde-Maury).

La point culminant du Fenouillèdes est, dans le département de l'Aude, le pic de Madres culminant à 2 469 m.

Structure[modifier | modifier le code]

D'un point de vue altitudinal, dans les Pyrénées Orientales, le Fenouillèdes peut être scindé en deux parties, aux caractéristiques légèrement différentiables :

La vallée de l'Agly à Ansignan. En arrière-plan, le Haut Fenouillèdes
Le village de Maury, dans le synclinal du Fenouillèdes. En arrière-plan, les Corbières et le château de Quéribus
Paysage depuis le Haut-Fenouillèdes.
  • Le Haut-Fenouillèdes, à l'ouest, entre Saint-Paul, Caudiès, Sournia et Rabouillet, domaine de la forêt, et dont l'altitude est comprise entre 300 et 1 542 m. Son point culminant dans les Pyrénées Orientales est situé à la pointe sud-ouest de la commune de Rabouillet à la limite du département de l'Aude et de la source de la Font del Pal et de la forêt de la Salvanère.
  • Le Bas-Fenouillèdes, à l'est, où la vigne domine, entre St-Paul, Millas et Vinça, dont l'altitude est comprise entre 60 et 800 m d'altitude.

La Direction régionale de l'Environnement du Languedoc-Roussillon a éclaté dans son Atlas des paysages régionaux le Fenouillèdes en 5 unités géographiques qui suivent globalement une vallée :

  • le synclinal du Fenouillèdes, correspondant au « couloir » des vallées de la Boulzane et du Maury. Il s'étend sur 2 km de large et une trentaine de kilomètres de long entre la Haute vallée de l'Aude à l'ouest et la confluence entre Agly et Verdouble, dans la plaine d'Estagel, à l'est. Il est bordé au nord par une grande barrière rocheuse marquant à la fois le début des Corbières et la limite administrative avec le département de l'Aude. On y trouve entre autres le village de Saint-Paul-de-Fenouillet, le plus peuplé du Fenouillèdes, et y passe la D 117 reliant Perpignan à Foix[3].
  • les coteaux viticoles, étagés entre 100 et 500 mètres d'altitude autour de la vallée de l'Agly et du lac de Caramany, qui comme cette dénomination un peu arbitraire l'indique, sont marqués par l'activité agraire dominante distinguée par des AOC, mais aussi par une faible densité de population et un isolement certain[4].
  • la plaine d'Estagel, élargissement de la vallée de l'Agly entre le village du même nom et Latour-de-France, à la confluence du Verdouble et du Maury. Il s'agit d'une petite cuvette circulaire d'environ 4 km de diamètre, délimitée au nord par des bas reliefs encadrant la vallée de l'Agly (424 mètres à la Tourèze de Latour-de-France) d'une part et le synclinal du Fenouillèdes d'autre part, et le massif de Força Réal (507 m) au sud. Elle s'ouvre à l'ouest sur la basse vallée de l'Agly, filant vers la Salanque et la mer[5].
  • le Haut-Fenouillèdes, très boisé, sur les parties hautes des vallées de la Desix au sud et de la Matassa au nord. Comme son nom et ses altitudes l'indiquent, il forme la partie la plus élevée de la région et la plus proche des hauts sommets pyrénéens, tant en distance qu'en similarité du relief[6].
  • le plateau de Ropidera, entre 400 et 600 mètres d'altitude, autour du village de Montalba-le-Château, surprenant sur la route entre Sournia et Ille-sur-Têt par sa soudaineté, mais aussi sa brièveté. Isolé, il est dominé par le massif du Sarrat d'Espinet au nord, qui le sépare de la vallée de l'Agly, et surplombe au sud la vallée de la Têt et le lac de Vinça[7].

Toutefois, le territoire est presque exclusivement regroupé dans le sous-ensemble départemental des « contreforts pyrénéens ».

Le Fenouillèdes apparaît donc comme un espace marqué par une continuité géographique (étagement végétal et économique par exemple) mais quelques facteurs de diversité, dans le relief notamment.

Géologie[modifier | modifier le code]

Dans les Pyrénées Orientales, le Fenouillèdes, partagé entre schistes, micaschistes, marnes, granites et gneiss[2], est enserré de collines calcaires de 350 m à 1 231 m d'altitude environ à la végétation chiche qui constituent les derniers contreforts des Corbières.

Au nord la barre calcaire est percée par l'Agly dans les majestueuses et profondes Gorges de Galamus. Après Saint-Paul de Fenouillet et le confluent avec la Boulzane, la barre calcaire parallèle est percée par les Gorges de la Fou. Une source, la Font Cauda (prononcer Fount Caudo) surgit à l'entrée de ces gorges à une température de 27°. Elle est classée parmi les eaux minérales sulfurées calciques. Autrefois exploitée par des établissements thermaux, elle est, à présent fréquentée par les habitants de St Paul et des communes voisines.

Climat[modifier | modifier le code]

Dans les Pyrénées Orientales le climat du Fenouillédes est typiquement méditerranéen, légèrement atténué par l'altitude, la proximité des vallées pyrénéennes, et l'éloignement de la mer vers Caudiès-de-Fenouillèdes ou Rabouillet. Dans la partie Audoise du Fenouillèdes, le climat méditerranéen a une importante influence atlantique.

Flore[modifier | modifier le code]

On observe une flore majoritairement de type méditerranéenne dans la partie du Fenouillèdes situé dans les Pyrénées Orientales, partagée entre trois grands ensembles : la garrigue, la forêt d'altitude se partageant entre les influences méditerranéenne et atlantique, comme la forêt de Boucheville entre 500 et 1 300 m, ou la forêt communale du Vivier entre 700 et 1 000 m), le paysage agricole méditerranéen (vigne principalement).

La végétation de garrigue et forêt méditerranéennes est caractérisée par de petits arbres tels les oliviers, les amandiers, les figuiers, les chênes vert, des arbustes tels que les cistes, les buis, des plantes telles l'euphorbe, la lavande papillon, la fougère, le fenouil, l'asperge sauvage, la valériane (souvent appelée lilas d'Espagne)...

Faune[modifier | modifier le code]

La faune rencontrée est spécifique à celle du pourtour méditerranéen. Les sangliers sont nombreux dans le Fenouillèdes, et il n'est pas rare d'en croiser dans les massifs, ou de voir leurs traces caractéristiques dans les chemins et leurs dégâts dans les vignes.

Un ours aurait été aperçu il y a quelques années dans la région, mais rien n'est sûr. De même, on a un témoignage de jeune adulte lynx vu début décembre 2007.

Population[modifier | modifier le code]

Principales villes[modifier | modifier le code]

Il n'existe pas à proprement parler de villes dans le Fenouillèdes. Saint-Paul-de-Fenouillet n'atteint pas 2 000 habitants et Latour-de-France n'est qu'un gros bourg.

Les premières villes se situent plus bas, dans la plaine du Roussillon ou la vallée de la Têt : Rivesaltes ou Ille-sur-Têt.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution de la population par commune entre 1999 et 2006 (source INSEE) pour la partie du Fenouillèdes située dans les Pyrénées Orientales.

Liste des communes[modifier | modifier le code]

Carte des communes du Fenouillèdes situées dans les Pyrénées Orientales.

Saint-Paul-de-Fenouillet est considérée comme la "capitale" du Fenouillèdes.

Dans les Pyrénées Orientales, le Fenouillèdes regroupe selon les chiffres 2006 du recensement de l'INSEE 7 234 habitants[8], contre 6 762 habitants en 1999[9].

Les 7 234 habitants se répartissent donc sur 28 communes qui sont historiquement les communes qui forment le Fenouillèdes :

Ansignan1 - Bélesta2 - Campoussy3 - Caramany4 - Cassagnes5 - Caudiès-de-Fenouillèdes6 - Felluns7 - Fenouillet8 - Fosse9 - Lansac10 - Latour-de-France11 - Lesquerde12 - Maury13 - Montalba-le-Château14 - Pézilla-de-Conflent15 - Planèzes16 - Prats-de-Sournia17 - Prugnanes18 - Rabouillet19 - Rasiguères20 - Saint-Arnac21 - Saint-Martin-de-Fenouillet22 - Saint-Paul-de-Fenouillet23 - Sournia24 - Trévillach25 - Trilla26 - Vira27 - Le Vivier28

Les communes du Fenouillèdes audois sont : Lapradelle-Puilaurens, Salvezines, Gincla, Montfort-sur-Boulzane, Axat, Artigues, Cailla, Saint-Martin-Lys, plus les communes du Roquefortès et de l'Escouloubrez qui étaient à l'origine en Fenouillèdes.

Les Communes du Roquefortès sont : Roquefort-de-Sault, Le Bousquet, Counozouls et Sainte-Colombe-sur-Guette.

L'Escouloubrez ne comprends qu'une seule commune : Escouloubre.

Le Roquefortès et l'Escouloubrez ont maintenant une double appartenance, le Pays de Sault les reconnaissant aussi comme des communes de son territoire, formant son troisième plateau. Par contre des habitants du Roquefortès et de l'Escouloubrez revendiquent toujours leur appartenance au Fenouillèdes,

Dans l'Aude, le Fenouillèdes regroupe 1468 habitants (chiffres de 2016).

Donc en additionnant les habitants du Fenouillèdes dans les Pyrénées Orientales et dans l'Aude, cela donne moins de 10 000 habitants et même un peu moins de 9000 habitants pour un total de 41 communes.

Les numéros renvoient à la carte ci-contre

Fenouillèdes naturel et Fenouillèdes historique[modifier | modifier le code]

Montner, village catalan

Certaines communes limitrophes, de par leur proximité paysagère notamment, sont parfois associées au Fenouillèdes, alors qu'elles n'en font pas partie historiquement et linguistiquement. Ces communes sont Tarerach, Arboussols (comarque historique de Conflent), Calce, Estagel et Montner (comarque historique du Roussillon). Ainsi, le Centre régional de la propriété forestière du Languedoc-Roussillon décrit le Fenouillèdes comme étant la zone géographique comprenant la majeure partie des 28 communes déjà citées, mais excluant la bordure septentrionale (la barre rocheuse des Corbières) et le massif forestier de Boucheville, à l'est, intégré au pays de Sault, et intégrant les hauteurs des communes catalanes de Montner, Calce, Baixas et Cases-de-Pène[10].

De plus, il est admis que certaines communes situées dans le département de l'Aude : vallée de la Boulzane (de Montfort-sur-Boulzane en amont à Lapradelle-Puilaurens en aval), secteur d'Axat (Axat, Cailla, Artigues, Saint Martin-Lys), vallée de l'Aiguette (Sainte Colombe sur Guette, Counozouls,) ainsi que la rive droite de la vallée de l'Aude entre Escouloubre et Axat et la partie nord du massif du Madrès jusqu'à son sommet (Roquefort de Sault et le Bousquet), font partie historiquement du Fenouillèdes[11].

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

L'occupation humaine de la région est très ancienne, comme le prouve le site archéologique de la Caune de l'Arago, situé sur la commune de Tautavel, connue pour son célèbre squelette préhistorique daté d'il y a environ 300 000 à 450 000 ans BP, et retrouvé en 1971 à quelques kilomètres au nord d'Estagel, au pied des Corbières[12].

Antiquité[modifier | modifier le code]

La présence d'une tribu celte sur le territoire qui deviendra le comté du Razès (correspondant aux actuels Razès, Pays de Sault, Donezan, Capcir, Termenès, Peyrepertusès et Fenouillèdes) est envisagée, car les toponymes celtes y sont nombreux et plus présents que dans les territoires alentours. Sa capitale aurait été l'oppidum de "Rhedae" (l'actuel Rennes le château).

Sous l'occupation romaine, le territoire du Fenouillèdes fait partie, dès -120, de la province Narbonnaise. De cette présence romaine restent des vestiges, dont le plus connu est vraisemblablement l'aqueduc d'Ansignan.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Pour la période féodale voir Vicomté de Fenouillèdes

Une ancienne borne-frontière près de Bélesta

Les Wisigoths envahissent la région au Ve siècle. Le territoire est alors situé au sud de leur royaume, la Septimanie. Les Francs, menés par Pépin le Bref, délogent les musulmans, en 711, qui ont à leur tour envahi la zone. La construction de sites religieux, tel le Chapitre de Saint-Paul-de-Fenouillet, est ensuite encouragée, notamment par Charlemagne. La Septimanie est divisée en 842 sous Charles le Chauve, laissant les Fenouillèdes partie intégrante du Razès (dont la capitale était Rennes le château) au sein d'une entité appelée marche d'Espagne. Le premier vicomte de Fenouillèdes est installé au château de Fenouillet dès le Xe siècle.

Le Fenouillèdes (« Pagus Fenolietensis », à savoir pays des foins) fait partie du Languedoc et de l'Occitanie mais son histoire est intimement liée avec ses voisins catalans voire espagnols (voir Nuno Sanche de Roussillon). Le « château cathare » de Quéribus atteste de ce passé tumultueux.

Le Fenouillèdes a vécu l'histoire des Cathares. Saint-Paul-de-Fenouillet conserve avec son Chapître, les vestiges de l'ancienne Abbaye de Saint Paul qui fut dotée par le Comte Sunifred au Xe siècle. Elle dépendait du diocèse de Narbonne puis fut rattachée en 1318 à l'évêché d'Alet.

La région devient un asile pour les cathares persécutés par l'État français. Le vicomte est contraint de s'exiler dans le Roussillon voisin. Aragonais au XIe siècle, possession du comte de Besalú[13], le Fenouillèdes est intégré au royaume de France par le Traité de Corbeil (1258), signé entre le roi Louis IX et Jacques Ier d'Aragon, qui fixe la frontière avec l'Aragon au sud du Fenouillèdes. Cette frontière courrait au sud des communes d'Escouloubre à Monfort-sur-Boulzane (aujourd'hui audoises)[13], puis au sud des communes de Rabouillet et Sournia jusqu'au sud de la commune de Bélesta-la-frontière, pour finir à l'est de Latour-de-France. De nombreuses bornes-frontières témoignant de la frontière séparant la couronne française du Roussillon appartenant au royaume d'Aragon sont visibles encore de nos jours, notamment près de Bélesta ou de Montner. Cet accord est un moyen de clarifier les possessions de chaque camp, puisque le territoire était jusqu'alors morcelé en nombreuses enclaves[14].

Le Traité des Pyrénées de 1659 mettra fin à cette situation avec l'annexion par la France du Roussillon.

C'est au cours du Moyen Âge que la vigne se développe dans la région[2].

Depuis la Révolution[modifier | modifier le code]

Lors de la création des départements français en 1790, le Fenouillèdes est divisé en deux. Sa partie haute, environ un tiers de sa surface, à savoir les vallées de la Boulzane, de l'Aiguette et la rive droite de la vallée de l'Aude entre Axat et la parte nord du massif du Madrès est intégrée au département de l'Aude. Le reste du Fenouillèdes, sa plus grande partie, fût alors rattachée aux Pyrénées Orientales.

Après une période moderne et un XIXe siècle encore partagés entre une agriculture orientée vers l'élevage ovin et caprin, ainsi que la céréaliculture, et une industrie métallurgique dont le dynamisme relatif est soutenu par l'exploitation forestière. L'exode rural touche très profondément le Fenouillèdes, dont une partie de la population choisit de rester pour perpétuer la culture de la vigne, dont la surface se réduit considérablement. Ce phénomène ralentit après la Seconde Guerre mondiale mais reste présent, même si dans le même temps s'opère une mutation de la structure économique, notamment autour de l'activité viticole qui bénéficie des démarches de qualité et de labellisation à partir des années 1970[2].

En 2009, l'éventualité de la création d'un parc naturel régional regroupant la partie du Fenouillèdes situé dans les Pyrénées Orientales et une partie des Corbières a été émise. Les discussions sont en cours en 2012[15], et une étude de faisabilité a été lancée pour la période allant d'octobre 2012 à septembre 2013[16]. Un syndicat mixte de préfiguration est en place depuis 2015[17].

Économie[modifier | modifier le code]

Agriculture[modifier | modifier le code]

Carte des vins en Fenouillèdes

Sur les coteaux de schiste et dans les plaines, on cultive la vigne (Caramany, Maury, Cassagnes, Lesquerde, Latour-de-France, Caudiès-de-Fenouillèdes,...). Les principales appellations sont l'AOC "Côtes du Roussillon Villages" (vin rouge), comportant 4 terroirs réputés : Caramany, Tautavel, Latour-de-France et Lesquerde, le muscat de Rivesaltes, le Maury.

Industrie[modifier | modifier le code]

La carrière de Lansac.

Le territoire abrite ou a abrité plusieurs sites d'extraction minière (fer, gypse, cuivre...). La carrière de feldspath de Lansac constitue l'un des sites industriels les plus visibles dans le paysage.

Services[modifier | modifier le code]

Tourisme[modifier | modifier le code]

Bien qu'étant une région isolée, restée à l'écart des flux de circulation et pâtissant de sa situation d'arrière-pays d'une côte très touristique, le Fenouillèdes bénéficie depuis la fin du XXe siècle de l'essor du tourisme vert. La randonnée reste une des principales activités avec de très nombreuses boucles de promenade et randonnée (PR), un sentier de Grande randonnée de Pays (GRP) : Le Tour des Fenouillèdes, Des sentiers de Grande Randonnée (GR) : N°36 et 367, Sentier Cathare. Le Fenouillèdes bénéficie d'une mosaïque de paysages très divers depuis les collines sèches de l'est (Maury, Latour-de-France) jusqu'aux montagnes du sud-ouest densément boisées des secteurs pyrénéens et pré-pyrénéens du Madres, du Dourmidou, de la forêt de Boucheville. Le tout entrecoupé de magnifiques gorges (Galamus, La Fou, Saint-Jaume, la Pierre-Lys et Saint Georges) et avec quelques coins de baignade ou d’activités aquatiques dans l'Agly.

Le patrimoine historique important mais peu exploité du Fenouillèdes est un autre facteur d'activité touristique. La présence d'un aqueduc romain à Ansignan, de tours et châteaux féodaux (dont les châteaux dit "Cathares" de Quéribus et de Puilaurens) en témoignent. Bélesta accueille dans le cadre du Réseau Culturel Terre Catalane un musée de préhistoire. Ce réseau comprend d'autres sites du Fenouillèdes et des communes limitrophes : le Prieuré de Marcevol et les Orgues d'Ille-sur-Têt.

Culture[modifier | modifier le code]

Langue[modifier | modifier le code]

Christian Bourquin, président du conseil général des Pyrénées-Orientales, inaugurant en 2007 une plaque de signalisation annonçant l'entrée dans le Fenouillèdes en occitan

Le Fenouillèdes est la seule partie du département des Pyrénées-Orientales qui fait partie de l'Occitanie : cela signifie que la langue traditionnelle est l'occitan. Le reste des Pyrénées-Orientales est de langue catalane. Seules quelques communes, de l'est et du sud de la région ne font pas partie de l'aire occitane.

  • Nom des communes en catalan et occitan
Flag of France.svg Nom français Flag of Occitania (with star).svg Nom occitan Flag of Catalonia.svg Nom catalan
Ansignan Ancinhan Ancinyà
Bélesta Belhestar Bellestar
Calce Calce
Campoussy Camporsin Camporsin
Caramany Caramanh Caramany
Cassagnes Cassanhas Cassanyes
Caudiès-de-Fenouillèdes Caudiers de Fenolhet Caudiers de Fenollet
Felluns Felhunhs Felluns
Fenouillet Fenolhet Fenollet
Fosse Fòssa Fossa
Lansac Lançac Lançac
Latour-de-France La Tor de Trinhac ou
La Tor de França
La Tor de França
Lesquerde L'Esquèrda L'Esquerda
Maury Maurin Maurí
Montalba-le-Château Montalban del Castelh Montalbà del Castell
Montner Montner
Pézilla-de-Conflent Pesilhan de Conflent Pesillà del Conflent
Planèzes Planesas Planeses
Prats-de-Sournia Prats de Sornhan Prats de Sornià
Prugnanes Prunhanas Prunyanes
Rabouillet Rebolhet Rebollet
Rasiguères Rasiguèras Rasigueres
Saint-Arnac Çantarnac Centernac
Saint-Martin-de-Fenouillet Sant Martin de Fenolhet Sant Martí de Fenollet
Saint-Paul-de-Fenouillet Sant Pau de Fenolhet Sant Pau de Fenollet
Sournia Sornhan Sornià
Tarerach Tarerac
Trévillach Trevilhac Trevillac
Trilla Trilhan Trillà
Vira Viran Virà
Le Vivier Le Vivièr El Viver

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Principales spécialités :

Armorial[modifier | modifier le code]

Sites[modifier | modifier le code]

Sites religieux[modifier | modifier le code]

Sites naturels[modifier | modifier le code]

  • Gorges de Galamus
  • Clue de la Fou (Via ferrata)
  • Gorges de Saint-Jaume
  • Gorges du fleuve Aude (Gorges de la Pierre-Lys et Gorges de Saint-Georges)
  • Lac de Caramany
  • Roc de Lansac 500m
  • Serre de Vergès 583m
  • Pic du Sarrat Naout 1310m
  • Pic d'Estable 1495m
  • Pic du Dourmidou 1843m
  • Massif et Pic du Madrès 2469m
  • Pic du Bernard Sauvage 2423m
  • Força Réal 510m (en Roussillon)
  • Forêt de Boucheville
  • Forêt du Vivier (hêtre remarquable)
  • Grau de Maury 430m
  • Col de Saint Louis 696m
  • Col de Campérié 511m
  • Col de Benta frida 953m
  • Col de la Bène 1076m (Refuge forestier du Gai Sourire)
  • Col d'Aussière 1021m
  • Col de Jau 1506m
  • Col du Garabeil 1258m

Sites gallo-romains[modifier | modifier le code]

  • Aqueduc d'Ansignan

Sites préhistoriques[modifier | modifier le code]

Châteaux et sites médiévaux[modifier | modifier le code]

Villages pittoresques[modifier | modifier le code]

  • Sournia
  • Caramany
  • Bélesta
  • Montalba

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Administration[modifier | modifier le code]

Administrativement, dans les Pyrénées Orientales le Fenouillèdes se sépare:

L'ensemble des communes du Fenouillèdes dans les Pyrénées Orientales (sauf quelques communes du canton de Sournia) appartient au Pays de la Vallée de l'Agly.

Politique[modifier | modifier le code]

Résultats des 5 principaux candidats dans les communes, du 1er tour de l'élection présidentielle du 22 avril 2007

En 2007, le Fenouillèdes a mieux résisté que le reste du département à la "vague bleue". Depuis quelques années[Quand ?], les Pyrénées-Orientales, basculent à droite. Ainsi, depuis la présidentielle de 1988, le candidat de la droite fait mieux que celui de la gauche. Une tendance qui ne s'observait pas encore ici, car le parti socialiste arrivait toujours en tête[18].

Galerie d'images[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rodrigue Tréton, Les vicomtes de Fenouillet. Une dynastie aristocratique pyrénéenne.
  2. a b c et d Centre régional de la propriété forestière du Languedoc-Roussillon, Forêts privées du Fenouillèdes, orientation de gestion
  3. DREAL Languedoc-Roussillon - Atlas des paysages du Languedoc-Roussillon, le synclinal du Fenouillèdes
  4. DREAL Languedoc-Roussillon - Atlas des paysages du Languedoc-Roussillon, les coteaux viticoles de l'Agly et du Fenouillèdes
  5. DREAL Languedoc-Roussillon - Atlas des paysages du Languedoc-Roussillon, la plaine d'Estagel
  6. DREAL Languedoc-Roussillon - Atlas des paysages du Languedoc-Roussillon, le Haut Fenouillèdes
  7. DREAL Languedoc-Roussillon - Atlas des paysages du Languedoc-Roussillon, le plateau de Ropidera
  8. Site de l'INSEE - Population des communes des Pyrénées-Orientales selon le recensement 2006
  9. Site de l'INSEE - Population des communes des Pyrénées-Orientales selon le recensement 1999
  10. CRPF Languedoc-Roussillon - Orientations de gestion des forêts privées du Fenouillèdes, 2001
  11. Communauté de communes Agly-Fenouillèdes - En savoir plus sur l'histoire des Cathares
  12. Lumley, H. de, Lumley, M.-A. de, Bada, J.L. et Turekian, K.K. (1977) - « The dating of the Pre-Neandertal remains at Caune de l'Arago, Tautavel, Pyrénées-Orientales, France », Journal of Human Evolution, 6, p. 223-224.
  13. a et b Maïté Lafourcade, La Frontière des origines à nos jours, Bordeaux, Presses Universitaires de Bordeaux, 1998
  14. Histoire du Roussillon, Le Traité de Corbeil : officialisation de la frontière franco-aragonaise.
  15. L'indépendant - Le Parc naturel Corbières Fenouillèdes en bonne voie, 21 mars 2012
  16. Communauté de communes Agly-Fenouillèdes - LETTRE D’INFORMATION N° 1 DE l’ETUDE D’UN PARC NATUREL REGIONAL CORBIERES FENOUILLEDES, 2012
  17. « Avis du Conseil Economique Social et Environnemental Régional - Approbation des statuts du Syndicat Mixte de préfiguration du projet de Parc Naturel Régional des Corbières Fenouillèdes », sur laregion.fr, (consulté le 26 avril 2016)
  18. Hebdomadaire départemental la Semaine du Roussillon[réf. non conforme]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lucien Bayrou, Entre Languedoc et Roussillon : 1258-1659 fortifier une frontière ?, publié par les Amis du Vieux Canet.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]