Femmage

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Un femmage, dans la terminologie de Miriam Schapiro et Melissa Meyer (en), est un objet, une création plastique, partant de démarches conceptuelles et de techniques traditionnellement utilisées par les femmes (« Miriam Schapiro invented the word "femmage" for collages that included traditional women's examples of stitchery and quilting »[1]).
À ne pas confondre avec le mot « femmage » qui a été utilisé :
- par l'artiste Louise Lidströmer (en) dans le sens d'« hommage rendu par une femme » ;
- par la stylisticienne Laélia Véron dans le sens d'« hommage rendu à une femme »[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Dans les années 1970, les deux artistes Miriam Shapiro et Melissa Meyer se penchent sur une catégorie de créations traditionnelles n'ayant aucun statut dans l'histoire de l'art généraliste.

Elles établissent que les « collages » de Picasso et de Braque sont dans la continuité de ces créations mais que ceux-ci n'y font pas référence dans la genèse de leur œuvre. Schapiro et Meyer attribuent ces manques au fait que ces œuvres sont considérées comme mineures car elles sont souvent anonymes, qu'elles font partie de la sphère intime, et que la culture féminine est non reconnue.

Schapiro et Meyer théorisent la catégorie d'objets dans la revue « Heresies (en) », édition hiver 1977-1978, et la nomment « femmages » (en anglais dans le texte).

Critères[modifier | modifier le code]

À partir de l'observation d'un corpus, Miriam Shapiro et Melissa Meyer remarquent des constances, qu'elles listent. Pour qu'une œuvre soit considérée comme un femmage, celle-ci doit posséder au moins sept des quatorze critères suivants (« In their important essay, Meyer and Schapiro list fourteen possible criteria for a femmage, seven of wich must be present for an object to earn the femmage label. »)[3].

  1. C'est un ouvrage fait par une femme.
  2. La collecte et la sauvegarde sont importantes.
  3. Il est essentiel que l'œuvre soit composée de pièces de récupération.
  4. Le thème s'inscrit dans la vie quotidienne d'une femme.
  5. L'ouvrage possède des éléments visuels secrets.
  6. Le sujet de l'ouvrage s'adresse à des proches.
  7. Il célèbre un événement public ou privé.
  8. Une démarche de journal intime se retrouve dans l'ouvrage.
  9. Il y a de l'écrit dessiné ou brodé dans l'ouvrage.
  10. Il contient des images découpées fixées sur un autre support.
  11. Des images reconnaissables apparaissent en une séquence narrative.
  12. Une forme abstraite est un motif.
  13. L'ouvrage contient des photographies ou de l'imprimé.
  14. L'ouvrage a une existence aussi bien utile qu'esthétique.

Un femmage n'est pas nécessairement l'œuvre d'une femme (« In 1976, Miriam Schapiro was a founding member of the Pattern and Decoration movement. Its practitioners, both male and female, often utilized the femmage technique »)[4].

Œuvres représentatives[modifier | modifier le code]

Un femmage de Lady Filmer, milieu des années 1860, page volante d'un album.
  • Miriam Schapiro, Femmage grand format dans l'aéroport d'Orlando[1]
  • Rita Reynolds, Scrapbook
  • Mary Filmer, La Séance de photographie du Prince de Galle
  • Hannah Stockton, Terre et mer
  • La nonne anonyme, Saint Jean l'Évangéliste

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Miriam Schapiro et Melissa Meyer, « Waste Not Want Not: An Enquiry into What Women Saved and Assembled —FEMMAGE », Heresies, no 4,‎ , p. 66-69 (lire en ligne, consulté le 22 avril 2019)
  • Joan M. Marter, The Grove Encyclopedia of American Art, Oxford University Press, , vol. II

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Marter 2011, p. 386.
  2. « Laélia Véron », sur twitter.com, (consulté le 29 août 2020)
  3. Marter 2011, p. 210.
  4. Marter 2011, p. 211.

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