Felix Frankfurter

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Felix Frankfurter ( à Vienne (Autriche-Hongrie) - à Washington) était un juge américain siégeant à la Cour suprême des États-Unis. Originaire de New York, il étudia au City College of New York, avant de brillantes études à Harvard. Il fut nommé à la Cour suprême des États-Unis par Franklin Delano Roosevelt le 30 janvier 1939, exerçant cette fonction jusqu'au 28 août 1962. Il fut professeur de droit à la Faculté de droit de Harvard, et conseilla Roosevelt pour de nombreuses mesures du New Deal.

Biographie[modifier | modifier le code]

Rencontre avec Jan Karski[modifier | modifier le code]

Durant la Seconde Guerre mondiale, le 5 juillet 1943, il rencontre à l'ambassade de Pologne à Washington Jan Karski, résistant polonais et courrier de de l'Armia Krajowa, l'armée intérieure polonaise. Celui-ci l'informe de la destruction des Juifs d'Europe[1]. Bien que Juif lui-même, Frankfurter, qui avait quelques mois auparavant réagi de façon cavalière à des récits d'atrocités nazies qui lui étaient présentés par Nahum Goldmann (il avait immédiatement parlé d'autre chose[2]) dit, après avoir écouté l'histoire de Karski : « Monsieur Karski, un homme comme moi parlant à un homme comme vous doit être tout à fait franc. Je dois donc vous dire que je suis incapable de vous croire. » L'ambassadeur polonais ayant protesté contre ce qu'il perçoit comme une accusation de mensonge et un outrage au gouvernement polonais en exil, Frankfurter répond : « M. l'ambassadeur, je n'ai pas dit que ce jeune homme mentait. J'ai dit que je suis incapable de le croire. Ce n'est pas la même chose. » (« Mr. Ambassador, I did not say this young man is lying. I said I am unable to believe him. There is a difference[3],[4]. »).

Wood et Jankowski, biographes de Karski, conjecturent que c'est à cause de l'incrédulité de Frankfurter que Karski, comme cela semble bien résulter des archives et de ses propres souvenirs, évita de mentionner ses constatations oculaires dans les entretiens qu'il eut par la suite avec des représentants du gouvernement américain. Il observe par exemple ce silence au cours d'une audience qui lui est accordée le 28 juillet 1943 par le président Franklin Delano Roosevelt et où il évoque les atrocités nazies contre les Juifs sans se présenter comme témoin direct.

Il est enterré au cimetière de Mount Auburn à Cambridge au Massachusetts[5](p284).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. A. Gauvin, « Entretien avec Tom Wood, biographe de Jan Karski », sur pileface.com, Philippe Sollers, (consulté le 10 mai 2010)
  2. E.T. Wood et S.M. Jankowski, Karski (...), édition de 2014, Texas Tech University Press et Gihon River Press, p. 167-168.
  3. E.T. Wood et S.M. Jankowski, Karski (...), édition de 2014, Texas Tech University Press et Gihon River Press, p. 168, qui renvoient, p. 281, à des entretiens qu'ils ont eus avec Karski en 1987 et en 1992. Ils signalent que la conversation de Karski avec Frankfurter n'est pas mentionnée dans le journal de Frankfurter, mais que ce journal est lacunaire et que Frankfurter le traita (« edited ») avant de le léguer à la bibliothèque du Congrès. Ils considèrent que la scène eut lieu dans la nuit du 5 au 6 juillet 1943, vers une heure du matin, après un dîner à l'ambassade auquel Fankfurter participa avec deux autres Juifs : Ben Cohen et Oscar Cox, lequel a rendu compte de ce dîner dans un mémorandum. Selon le récit de Wood et Jankowski, Karski, au cours du dîner, ne parla qu'en passant de ce qu'il avait vu lui-même, mais Frankfurter s'attarda après les autres invités et l'interrogea sur ses constatations oculaires.
  4. Interview de Karski par Claude Lanzmann en octobre 1978, transcription de l'interview, p. 60-61, en ligne sur le site de l'United States Holocaust Memorial Museum. Contrairement au récit de Wood et Jankowski, Karski place ici la conversation avec Frankfurter après l'audience de Roosevelt, il dit que la scène se passa dans la matinée (entre breakfast et lunch) et il donne l'impression qu'à aucun moment, ce jour-là, Frankfurter ne fut en compagnie d'autres invités.
  5. (en) Elizabeth B. Greene, Buildings and landmarks of 19th-century America : American society revealed (ISBN 9781440835735, OCLC 978712639, lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]