Felis lybica
Chat ganté
Statut CITES
Répartition géographique
- Présent
- Présence probable
- Éteint ou présence incertaine
- Présence incertaine
- Felis (lybica) G. Forster, 1780 (Protonyme)
- Felis ocreata J. F. Gmelin, 1791
- Felis Lynx lybiensis Kerr, 1792
- Felis Lynx nubiensis Kerr, 1792
- Felis libyca Olivier, 1804
- Felis cafra A. G. Desmarest, 1822
- Felix maniculata Anonymous, 1825
- Felis Rüppelii H. R. Schinz, 1825
- Felis caligata Temminck, 1825
- Felis maniculata Temminck, 1825
- Felis Caffra A. Smith, 1826
- Felis maniculata Cretzschmar, 1826
- Felis Caffra J. B. Fischer, 1829
- Felis ornata J. E. Gray, 1830
- Felis torquatus W. H. Sykes, 1831
- Felis Bubastis Ehrenberg, 1833
- Felis dongalana Ehrenberg, 1833
- Felis servalina Jardine, 1834
- Felis libycus Loche, 1858
- Felis torquata E. Blyth, 1863
- Felis dongolensis J. E. Gray, 1867
- Chaus libycus J. E. Gray, 1867
- Chaus ornatus J. E. Gray, 1867
- Felis rüppellii J. E. Gray, 1867
- Felis Lybicus Loche, 1867
- Felis syriaca Tristram, 1867
- Chaus caudatus J. E. Gray, 1874
- Chaus caligatus A. T. de Rochebrune, 1883
- Felis cristata Lataste, 1885
- Felis libyca var. sarda Lataste, 1885
- Felis caudata Trouessart, 1885
- Felis mediterranea Martorelli, 1896
- Felis lybica subsp. obscura J. Anderson & de Winton, 1902
- Felis ocreata mellandi Schwann, 1904
- Felis ocreata rubida Schwann, 1904
- Felis ocreata ugandae Schwann, 1904
- Catolynx caudata Satunin, 1905
- Felis (Felis) kozlovi Satunin, 1905
- Felis ocreata mauritana Cabrera, 1906
- Felis ocreata cafra O. Thomas & Schwann, 1906
- Felis ocreata cafer Lydekker, 1908
- Felis ocreata sarda Lydekker, 1908
- Lynx sardiniae Mola, 1908
- Felis sarda G. S. Miller, 1912
- Felis ocreata caffra A. Roberts, 1913
- Felis ocreata nandae E. Heller, 1913
- Felis ocreata taitae E. Heller, 1913
- Felis caudata morpha schnitnikovi Birula, 1915
- Felis caudata griseoflava Zukowsky, 1915
- Felis caudata longipilis Zukowsky, 1915
- Felis caudata macrothrix Zukowsky, 1915
- Felis (Felis) matschiei Zukowsky, 1915
- Felis (Felis) murgabensis Zukowsky, 1915
- Felis chutuchta Birula, 1916
- Felis ornata nesterovi Birula, 1916
- Felis ocreata iraki Cheesman, 1920
- Felis lybica cyrenarum Ghigi, 1920
- Felis haussa O. Thomas & Hinton, 1921
- Felis ocreata griselda O. Thomas, 1926
- Felis ocreata namaquana O. Thomas, 1926
- Felis ocreata xanthella O. Thomas, 1926
- Felis ocreata rusticana O. Thomas, 1928
- Felis reyi Lavauden, 1929
- Felis ornata issikulensis Ognev, 1930
- Felis lybica griselda J. Eric Hill & T. D. Carter, 1941
- Felis lybica cafra Shortridge, 1942
- Felis lybica namaquana Shortridge, 1942
- Felis bieti vellerosa Pocock, 1943
- Felis lybica brockmani Pocock, 1944
- Felis lybica foxi Pocock, 1944
- Felis lybica lowei Pocock, 1944
- Felis lybica lynesi Pocock, 1944
- Felis lybica pyrrhus Pocock, 1944
- Felis lybica tristrami Pocock, 1944
- Felis libyca savanicola Dekeyser, 1950
- Felis libyca Ellerman & Morrison-Scott, 1951
- Felis libyca libyca Setzer, 1956
- Felis libyca ugandae Setzer, 1956
- Felis silvestris lybica Kurtén, 1968
- Felis silvestris cafra Wozencraft, 2005
- Felis silvestris caudata Wozencraft, 2005
- Felis silvestris chutuchta Wozencraft, 2005
- Felis silvestris dongolana Wozencraft, 2005
- Felis silvestris foxi Wozencraft, 2005
- Felis silvestris griselda Wozencraft, 2005
- Felis silvestris haussa Wozencraft, 2005
- Felis silvestris iraki Wozencraft, 2005
- Felis silvestris mellandi Wozencraft, 2005
- Felis silvestris nesterovi Wozencraft, 2005
- Felis silvestris ocreata Wozencraft, 2005
- Felis silvestris ornata Wozencraft, 2005
- Felis silvestris reyi Wozencraft, 2005
- Felis silvestris rubida Wozencraft, 2005
- Felis silvestris ruppelii Wozencraft, 2005
- Felis silvestris tristrami Wozencraft, 2005
- Felis silvestris ugandae Wozencraft, 2005
- Felis silvestris issikulensis A. T. Smith & Xie Yan, 2008
- Felis silvestris vellerosa A. T. Smith & Xie Yan, 2008
- Felis silvestris brockmani D. E. Wilson & Mittermeier, 2009
- Felis silvestris pyrrhus D. E. Wilson & Mittermeier, 2009
- Felis silvestris sarda D. E. Wilson & Mittermeier, 2009
Le Chat ganté (Felis lybica) est une espèce de mammifère carnivore de la famille des félins. Ce petit chat sauvage se caractérise par sa fourrure grise sable, des rayures verticales pâles sur les côtés et autour du de la face. Ce petit félin, que l’on croyait jusqu’à lors cantonné à l’Afrique et au Moyen-Orient, est également distribué en Asie occidentale et centrale, et est distribué au Rajasthan en Inde et au Xinjiang en Chine. Il habite une grande variété de milieux, allant des déserts aux savanes, en passant par les prairies et les zones boisées, allant des bosquets aux jungles.
Cette espèce est l'ancêtre du chat domestique (F. catus). Certains individus ont été domestiqués il y a environ 10 000 ans au Proche-Orient. Les hybrides interspécifiques entre les deux espèces sont communs lorsque leurs aire de répartitions se chevauchent.
Dénominations
[modifier | modifier le code]- Nom scientifique valide : Felis lybica (Foster, 1780)[1] ;
- Nom normalisé anglais : Afro-asiatic wildcat ;
- Noms vulgaires : Chat ganté[2], Chat de Libye, Chat orné[3], Chat de la cafrerie, Chat sauvage d’Afrique, Chat sauvage d’Asie ;
- Noms vernaculaires : Chat sauvage, Chat.
Taxonomie
[modifier | modifier le code]Histoire
[modifier | modifier le code]Felis lybica est le nom scientifique proposé en 1780 par Georg Forster, qui a basé sa description sur un spécimen de Gafsa sur la Côte de Barbarie qui avait la taille d'un chat domestique, mais une fourrure roussâtre, de courtes touffes de poils noirs sur les oreilles et une queue annelée[4].
Entre la fin du XVIIIe et le XXe siècle, plusieurs naturalistes et conservateurs de muséum d'histoire naturelle ont décrit et proposé de nouveaux noms pour des holotypes de chats sauvages d'Afrique et du Proche-Orient, notamment :
- Felis ocreata par Johann Friedrich Gmelin en 1791, basé sur la description d'un chat sauvage rencontré dans le nord de l'Éthiopie par James Bruce[5] ;
- Felis cafra par Anselme Gaëtan Desmarest en 1822, basé sur deux peaux de chat sauvage du Cap-Oriental en Afrique du Sud[6] ;
- Felis ocreata mellandi par Harold Schwann en 1904, basé sur deux peaux de chat sauvage du nord-est de la Rhodésie issues de la collection du Musée d'histoire naturelle de Londres[7] ;
- Felis ocreata rubida, également par Schwann en 1904, d'après un crâne et une peau fauve d'un chat sauvage mâle du Congo belge[7] ;
- Felis ocreata ugandae, également par Schwann en 1904, d'après un crâne et une peau gris-jaunâtre d'un mâle d'Ouganda[7] ;
- Felis ocreata mauritana par Ángel Cabrera en 1906, d'après une peau de chat sauvage de la région de Mogador au Maroc[8] ;
- Felis ocreata taitae par Edmund Heller en 1913, d'après un crâne et une peau de couleur claire d'une femelle de Voi dans le sud-est du Kenya[9] ;
- Felis ocreata iraki par Robert Ernest Cheesman en 1920, d'après une peau gris pigeon nuancée de chamois saumonée du Koweït et un autre spécimen de couleur similaire provenant du Tigre[10] ;
- Felis haussa par Oldfield Thomas et Martin Hinton en 1921, d'après un crâne et une peau de couleur sable d'un mâle des montagnes de l'Aïr au sud de Zinder[11] ;
- Felis ocreata griselda et F. o. namaquana par Oldfield Thomas en 1926, d'après une peau pâle du sud de Benguela en Angola et une autre du Namaqualand en Namibie[12] ;
- Felis lybica pyrrhus par Reginald Innes Pocock en 1944, d'après une série de dix peaux brun grisâtre de Benguela[13] ;
- Felis lybica tristrami, également par Pocock en 1944, d'après une peau blanc chamoisé pâle d'une femelle adulte de la région de Moab en Palestine[14] ;
- Felis lybica lowei, F. l. lynesi, F. l. foxi et F. l. brockmani, également par Pocock en 1944, d'après des peaux provenant respectivement du Djebel Marra (Darfour), du nord d'Al-Fashir, dans le Darfour, de l'État de Bauchi au Nigeria, et des montagnes Golis (nord de la Somalie)[15] ;
- Felis silvestris gordoni par David Harrison en 1968, d'après un crâne et une peau rayée gris-brun très pâle d'une femelle de l'ouest de Sohar en Oman[16].

L'espèce Felis silvestris regroupait historiquement jusqu'à une vingtaine de sous-espèces[17]. Une étude menée en 2007 a conduit au regroupement de ces divisions en six sous-espèces distinctes[18]. À cette époque, le nom scientifique Felis silvestris désignait au sens large l'ensemble des « chats sauvages » (incluant le chat domestique, le chat orné, le chat de Biet ou le chat ganté), le chat forestier européen étant considéré comme la sous-espèce type : Felis silvestris silvestris.
Le genre Felis était alors représenté de la manière suivante (selon l'étude de 2007)[18] :
- Felis
- Felis chaus - Chat des marais
- *** Felis nigripes - Chat à pieds noirs
- **** Felis margarita - Chat des sables
- ***** Felis silvestris - appelé Chat sauvage (au sens large)
-
- Felis silvestris silvestris - Chat forestier
- Felis silvestris lybica - Chat ganté (le présent article)
- Felis silvestris cafra - Chat de la cafrerie
- Felis silvestris ornata - Chat orné
- Felis silvestris bieti - Chat de Biet
- Felis silvestris catus - Chat domestique
-
- ***** Felis silvestris - appelé Chat sauvage (au sens large)
- **** Felis margarita - Chat des sables
Sous-espèces actuelles
[modifier | modifier le code]Depuis 2017, trois sous-espèces de chat sauvage d'Afrique sont reconnues comme des taxons valides[19] :
| Nom binominal, vernaculaire, auteur et image | Description[20] | Répartition | Synonymes |
|---|---|---|---|
| F. l. lybica Chat de Libye (Forster, 1780) (espèce-type) |
Petit chat aux longues pattes, au corps svelte et à la queue relativement longue. Pelage variant du brun-sable pâle au gris clair ou foncé, avec des taches ou rayures brunes sur le dos et les flancs, mais sans ligne dorsale. Les oreilles sont roussâtres à l'arrière. Poids : 2,4 à 6 kg[20]. |
|
F. ocreata F. haussa F. l. lowei F. l. lynesi |
| F. l. cafra Chat de la cafrerie (Desmarest, 1822) |
Possède une ligne dorsale noirâtre et des pattes distinctement marquées de bandes noires transversales. L'arrière des pattes postérieures présente une fourrure d’une teinte fauve. Les oreilles sont pointues, roussâtre à brun-rouille derrière. Dimorphisme sexuel marqué : mâles de 3,8 à 6,4 kg et femelles de 2,4 à 5,5 kg[20]. | F. o. mellandi F. o. rubida F. o. ugandae F. o. griselda | |
| F. l. ornata Chat orné (Gray, 1832) |
Se distingue par de petites taches sombres éparpillées sur tout le corps plutôt que des rayures. Le corps est robuste et long par rapport au chat domestique. Les joues portent deux marques noires distinctes. Poids : 3 à 4 kg pour les mâles et environ 2,7 kg pour les femelles[20]. | F. o. iraki F. s. gordoni F. caudata |
Phylogénie
[modifier | modifier le code]L'analyse phylogénétique de l'ADN nucléaire d'échantillons de tissus de toutes les espèces de Félins a révélé que la radiation évolutive des espèces de cette famille a commencé en Asie au Miocène, il y a environ 14,45 à 8,38 millions d'années[21],[22]. L'analyse de l'ADN mitochondrial de toutes les espèces de félidés indique une radiation vers 16,76 à 6,46 millions d'années[23].
Le chat ganté fait partie d'une lignée évolutive qui aurait divergé génétiquement de l'ancêtre commun des espèces du genre Felis il y a environ 2,16 à 0,89 million d'années, selon l'ADN nucléaire[21],[22]. L'analyse de l'ADN mitochondrial indique une divergence vers 4,21 à 0,02 million d'années[23]. Les deux modèles s'accordent sur le fait que le chaus (F. chaus) a été la première espèce de Felis à diverger, suivie du Chat à pieds noirs (F. nigripes), du Chat des sables (F. margarita) et enfin du chat sauvage d'Afrique[21],[23].
Les chats ganté et forestier descendent de Felis lunensis, qui habitait l'Europe durant le Pliocène et le Pléistocène. Les fossiles de chats sauvages ne se trouvent en Europe que jusqu'à la fin du Pléistocène, lorsqu'une forme précoce de chat sauvage de type steppe semble avoir divergé de la population européenne pour s'étendre rapidement au Moyen-Orient, suivie peu après par des expansions secondaires en Asie du Sud et au Moyen-Orient[24]. Sur la base d'une étude de l'ADN mitochondrial de 979 chats domestiques et sauvages d'Europe, d'Asie et d'Afrique, on estime que le chat sauvage d'Afrique s'est séparé du chat sauvage européen il y a environ 173 000 ans, le chat sauvage d'Afrique du Nord/Proche-Orient divergeant du chat orné et du chat sauvage d'Afrique australe il y a environ 131 000 ans[25].
Il y a environ 10 000 ans, certains chats sauvages d'Afrique ont été apprivoisés dans le Croissant fertile, devenant les ancêtres du chat domestique. Les chats domestiques descendent d'au moins cinq « Èves mitochondriales »[25]. Les chats ganté ont également été domestiqués en Égypte antique. La lignée du chat domestique égyptien a commencé à se répandre dans le Bassin méditerranéen à partir du VIIIe siècle av. J.-C. et est arrivée sur la côte de la mer Baltique au Ve siècle apr. J.-C.[26].
À Chypre, un chat ganté a été retrouvé dans un site funéraire à côté d'un squelette humain dans l'établissement du Néolithique précéramique B de Shillourokambos. On estime que les tombes ont été établies par des agriculteurs néolithiques il y a environ 9 500 ans, et elles constituent la plus ancienne preuve connue d'une association étroite entre un chat et l'homme. Leur proximité indique que le chat pourrait avoir été apprivoisé ou domestiqué[27].
Les recherches génétiques indiquent que le chat sauvage d'Afrique a divergé génétiquement en trois clades il y a environ 173 000 ans : le Chat de Libye, le Chat de la caferie et le Chat orné. Les chats gantés ont été domestiqués pour la première fois il y a environ 10 000 ans au Proche-Orient, et sont les ancêtres du chat domestique (F. catus)[25].
Une analyse moléculaire de 87 échantillons de chats du sud de l'Europe a révélé que les spécimens de Sardaigne forment un groupe génétique avec les échantillons de chat sauvage d'Afrique du Nord-Ouest ; le plus vieux chat de ce groupe date d'environ 2 200 ans et a été trouvé sur un site archéologique près de Genoni[28].
Les chats domestiques et les chats ganté restent étroitement apparentés aujourd'hui ; les hybrides interspécifiques entre le chat domestique et le chat ganté sont courants et se produisent là où leurs aires de répartition se chevauchent[29].
Phylogénie basée sur l'ADN nucléaire
[modifier | modifier le code]L'analyse de l'ADN nucléaire montre la divergence des lignées au sein du genre Felis[21],[22],[23] :
| Felis |
| |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Phylogénie basée sur l'ADN mitochondrial
[modifier | modifier le code]Cette analyse détaille les relations de parenté plus récentes entre les sous-espèces[25] :
| Felis |
| |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Description
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Le pelage du chat ganté est d'un gris sable clair, tirant parfois sur le jaune pâle ou le roux, mais il est presque blanchâtre sur le ventre et la gorge. Les oreilles possèdent de petits pinceaux de poils de couleur rousse à grise, avec de longs poils jaune clair autour du pavillon. Les rayures sur la face sont de couleur ocre foncé à noir : deux s'étendent horizontalement sur la joue, du coin externe de l'œil jusqu'à la mâchoire ; une plus petite va du coin interne de l'œil jusqu'au rhinarium, et quatre à six font le tour de la gorge. Deux anneaux sombres encerclent les pattes antérieures, tandis que les pattes postérieures sont rayées. Une bande sombre court le long du dos, alors que les flancs sont plus clairs. Des rayures verticales pâles sur les côtés se dissolvent souvent en taches. Sa queue présente deux à trois anneaux vers l'extrémité et se termine par une pointe noire. Le dessous de ses pieds est brun foncé à noir[30],[31].
Les peaux de chats gantés mâles d'Afrique du Nord mesurent entre 47 à 59,7 cm de longueur tête-corps, avec une queue de 26,7 à 36,8 cm. Celles des femelles mesurent entre 40,6 à 55,8 cm avec une queue de 24,1 à 33,7 cm[15]. Au Yémen, les mâles mesurent de 46 à 57 cm de longueur tête-corps avec une queue de 25 à 32 cm ; les femelles sont légèrement plus petites, mesurant de 50 à 51 cm avec une queue de 25 à 28 cm. Le poids des mâles comme des femelles varie entre 3,2 à 4,5 kg[32].
Le chat ganté se distingue du chat forestier par des rayures peu marquées sur la nuque et les épaules, une ligne vertébrale moins nettement définie et par sa queue plus fine, cylindrique, moins touffue et plus effilée. Les oreilles sont normalement terminées par un petit pinceau de poils. Son pelage est plus court que celui du chat forestier, et il est considérablement plus petit[33].
Répartition et habitat
[modifier | modifier le code]Le chat ganté est présent dans toute l'Afrique, ainsi qu'au Moyen-Orient, y compris dans certaines parties de la péninsule Arabique et dans la majeure partie de l'Iran. Son aire de répartition s'étend au nord-est jusqu'en Asie centrale, où il est présent le long des rives orientales de la mer Caspienne, et à travers le Kazakhstan jusqu'au Xinjiang à l'est. Il est également présent dans certaines régions de l'Inde[34].
Il tolère une grande variété d'habitats. Dans les déserts comme le Sahara, il est présent avec des densités beaucoup plus faibles et se rencontre plus fréquemment dans les zones au relief accidenté, comme le Hoggar. Il est présent dans toute la zone située au nord du Sahara, du Maroc à l'Égypte, et habite les savanes et zones arbustives tropicales et subtropicales au sud du Sahara, de la Mauritanie à la Corne de l'Afrique, incluant la Somalie, l'Érythrée, l'Éthiopie, Djibouti et le Soudan. Il habite tous les pays d'Afrique de l'Est et d'Afrique australe, bien qu'il soit absent des forêts tropicales denses du Bassin du Congo.
Sur les îles méditerranéennes
[modifier | modifier le code]Le chat sauvage en Sardaigne et en Corse a longtemps été considéré comme une sous-espèce de chat ganté sous le nom scientifique de Felis lybica sarda[33]. Les résultats de recherches en zooarchéologie indiquent qu'il descend de chats domestiques introduits probablement au début du premier millénaire et originaires du Proche-Orient. Ces populations sont aujourd'hui considérées comme des chats harets[36],[35].
Le chat sauvage présent sur l'île de Sicile correspond, quant à lui, à l’espèce du chat forestier[35],[37].
Àpartir de 2008, notamment à l'occasion de captures, une petite population de chats génétiquement proches de cette espèce est découverte et étudiée par les services de l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (actuel Office Français de la Biodiversité) dans le département de la Haute-Corse, le Chat sauvage corse, dont le statut taxonomique reste à établir[38].
Écologie et comportement
[modifier | modifier le code]Le chat ganté est principalement actif la nuit pour la recherche de ses proies. Son ouïe est si fine qu'il peut localiser ses proies avec précision. Il s'en approche en rampant patiemment, utilisant la végétation pour se dissimuler. Il boit très rarement de l'eau[39]. Il chasse principalement des souris, des rats, des oiseaux, des reptiles et des insectes[40],[30].
Lorsqu'il se sent menacé, le chat ganté hérisse ses poils pour paraître plus grand et intimider son adversaire. Pendant la journée, il se cache généralement dans les buissons, bien qu'il soit parfois actif lors de journées sombres et nuageuses. Le territoire d'un mâle chevauche celui de jusqu'à trois femelles[41].
Chasse et alimentation
[modifier | modifier le code]En Afrique de l'Ouest, le chat ganté s'attaque aux rats, aux souris, aux gerbilles, aux lièvres, aux oiseaux de petite et moyenne taille (notamment les francolins) et aux lézards. En Afrique australe, il s'attaque également aux faons d'antilopes et au bétail domestique, comme les agneaux et les chevreaux[31].
Dans le parc transfrontalier de Kgalagadi, il se nourrit principalement de muridés et, dans une moindre mesure, d'oiseaux, de petits reptiles et d'invertébrés[42].
Reproduction
[modifier | modifier le code]La période de gestation de la femelle dure entre 56 et 60 jours[29]. Au Botswana, elle met bas principalement pendant la saison des pluies, donnant naissance à une portée de un à trois chatons[40]. Des portées allant jusqu'à cinq chatons ont également été observées. Elle installe sa tanière dans un endroit abrité, comme des herbes denses, un terrier ou un arbre creux. Les chatons ouvrent les yeux après environ 10 à 14 jours et sont mobiles à l'âge d'un mois. Vers l'âge de trois mois, ils commencent à apprendre les techniques de chasse avec leur mère. Ils quittent la famille et deviennent indépendants vers l'âge de six mois[29].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « African wildcat » (voir la liste des auteurs).
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- ↑ UICN, consulté le 2025-12-22.
- ↑ (de) G. R. Forster, Herrn von Büffons Naturgeschichte der vierfüssigen Thiere. Mit Vermehrungen, aus dem Französischen übersetzt. Sechster Band [« Histoire naturelle des quadrupèdes de M. de Buffon. Avec des ajouts, traduit du français. Volume 6 »], Berlin, Joachim Pauli, , 299–319 p. (lire en ligne), « LIII. Der Karakal »
- ↑ (de) J. G. Gmelin, Anhang zu James Bruce Reisen in das Innere von Africa, nach Abyssinien an die Quellen des Nils, Rinteln, Leipzig, Expedition der Theologischen Annalen, Johann Ambrosius Barth, , 1–38 p., « Anmerkungen zu James Bruce Reise nach Abyssinien »
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- (en) H. Schwann, « On Felis ocreata, better known as Felis caligata, and its Subspecies », The Annals and Magazine of Natural History; Zoology, Botany, and Geology, 7th Series, vol. 13, no 74, , p. 421–426 (DOI 10.1080/00222930408562473, lire en ligne)
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- ↑ (en) R. I. Pocock, « The wild cat (Felis lybica) of Palestine », Annals and Magazine of Natural History, series 11, vol. 11, no 74, , p. 125–130 (DOI 10.1080/00222934408527411)
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Annexes
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- (en) Mammal Diversity Database (MDD) : Felis lybica (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Felis lybica Forster, 1780 (consulté le )
- (en) BioLib : Felis lybica Forster, 1780 (consulté le )
- (en) Catalogue of Life : Felis lybica Forster, 1780 (consulté le )
- (en) Mammal Species of the World (3e éd., 2005) : Felis silvestris lybica Forster, 1780 (consulté le )
- (en) NCBI : Felis lybica (taxons inclus) (consulté le )
- (en) Tree of Life Web Project : Felis_lybica (consulté le )
- (en) Paleobiology Database : Felis lybica Forster 1780 (consulté le )
Statut de conservation :
- (en) UICN : espèce Felis lybica (consulté le )
- (en) CITES : Felis lybica Forster, 1780 (+ répartition sur Species+) (consulté le )
- (fr) CITES : taxon Felis lybica (sur le site du ministère français de l'Écologie) (consulté le )



