Feed lots

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Feed lots au Texas.

Les feed lots (feedlots), (littéralement « parcs d'engraissement » en français), désignent à la fois les parcs d'engraissement industriels et intensifs de bovins, et l’activité qui y est pratiquée. Les feedlots sont historiquement typiquement présents en Amérique du Nord (notamment au Texas, au Kansas et en Oklahoma). Ils se sont aussi développés dans d'autres pays ayant misé sur l'exportation de viande : Afrique du Sud, Argentine, Australie et Brésil. Plus rarement ce terme désigne des installations d’engraissments d’autres animaux (agneaux par exemple)

But[modifier | modifier le code]

Ils permettent de regrouper des milliers de têtes de bétail dans des espaces réduits pour les engraisser (mais avec une empreinte écologique importante en raison de l'import de nourriture issue de cultures industrielles). Leur but est d'atteindre un fort rendement en "bêtes finies" (engraissées) en dépensant le moins possible par animal.

Pour cela les éleveurs utilisent des méthodes inspirées de la zootechnie (avec parfois un usage illégal ou non d'hormones et d'antibiotiques qui dopent la croissance des animaux) et ils tirent parti des retours d'expérience d'élevages scientifiques.
Ce type d'élevage s'est développé aux États-Unis près de zones d'agriculture industrielle intensive fournissant une nourriture bon-marché pour les animaux : plaines de grandes cultures (céréales, protéagineux) ou près de grands ports céréaliers.

Système[modifier | modifier le code]

Il s'oppose au ranching (élevage extensif d'Amérique du Nord) ou en est jugé complémentaire.
L'élevage extensif à l'ancienne s'est reconverti vers la production de reproducteurs.
Certains ranchs ("naisseurs") utilisent plusieurs races destinées à produire des veaux qui fournissent les feedlots.

Dès que les jeunes bovins ont atteint leur poids-objectif, ils sont transportés vers un abattoir, et remplacés par des veaux.

Critiques et enjeux sanitaires[modifier | modifier le code]

Ce mode d'élevage suscite des préoccupations d'éthique environnementale, d'éthique animale et plus largement des préoccupations de santé publique et environnementales.

Les parcs d'engraissement ont notamment fait l'objet de critiques pour des raisons de santé publique. Concentrer des bovins (ou d'autres animaux) les exposent aux épidémies, aux pullulations de mouches[1], taons et de divers parasites et donc et à un certain stress pour les animaux, ce qui encourage le éleveurs à utiliser préventivement des antibiotiques, attitude qui favorise à son tour la dissémination de l'antibiorésistance[2],[3],[4] en rendant le travail des vétérinaires et des médecins plus difficile.

Le fumier et les déchets provenant des feedlots sont une source de pollution plus intense et concentrée qu'en élevage extensif, et susceptible de contenir des pathogènes résistants et/ou des hormones de croissance (composés oestrogéniques qui sont aussi des perturbateurs endocriniens[5] là et quand elle sont autorisées ou là où elles seraient encore utilisées illégalement (le DES a ainsi été très utilisé par les feedlots).

Les bovins engraissés aux céréales contiennent beaucoup plus de gras saturés que celui du bétail élevé à l'herbe (jusqu'à 5 fois plus selon certaines sources) [réf. nécessaire]. Les quantités de maïs en grains introduits dans l'alimentation de ce bétail, en engraissement peut à la longue diminuer les quantités d'acides gras oméga sains. L'ajout de protéines issues de féculents (soja) peut aussi contribuer à rendre ces élevages plus émetteurs (directement et indirectement) de méthane[6],[7] et autres gaz à effet de serre[8],[9] et ces concentrations animales sont sources d'ammoniac[10].

Rôle économique[modifier | modifier le code]

Les feed lots sont dans le secteur agroalimentaire américain l'un des facteurs expliquant une partie du développement agricole des États-Unis, qui a été orienté pour produire d'une part un important volume de viande (dont à exporter) et d'autre part de quoi produire la nourriture industrielle alimentant ces animaux. Il est source de ventes et des gains importants, mais ce modèle est copié par d'autres pays (Brésil notamment) qui peuvent le concurrencer.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Godwin, R. M., Mayer, D. G., Brown, G. W., Leemon, D. M., & James, P. J. (2018). Predicting nuisance fly outbreaks on cattle feedlots in subtropical Australia. Animal Production Science, 58(2), 343-349.
  2. Tymensen, L., Zaheer, R., Cook, S. R., Amoako, K. K., Goji, N., Read, R., ... & McAllister, T. A. (2018). Clonal expansion of environmentally-adapted Escherichia coli contributes to propagation of antibiotic resistance genes in beef cattle feedlots. Science of The Total Environment, 637, 657-664 (résumé).
  3. Ben, W., Wang, J., Pan, X., & Qiang, Z. (2017). Dissemination of antibiotic resistance genes and their potential removal by on-farm treatment processes in nine swine feedlots in Shandong Province, China. Chemosphere, 167, 262-268 (résumé).
  4. Beukers, A. G., Zaheer, R., Cook, S. R., Chaves, A. V., Ward, M. P., Tymensen, L., ... & McAllister, T. A. (2018). Comparison of antimicrobial resistance genes in feedlots and urban wastewater. Canadian Journal of Veterinary Research, 82(1), 24-38.
  5. Orlando, E. F., Kolok, A. S., Binzcik, G. A., Gates, J. L., Horton, M. K., Lambright, C. S., ... & Guillette Jr, L. J. (2004). Endocrine-disrupting effects of cattle feedlot effluent on an aquatic sentinel species, the fathead minnow. Environmental health perspectives, 112(3), 353.
  6. Muir, S. K., Chen, D., Rowell, D., & Hill, J. (2011). Development and validation of a biophysical model of enteric methane emissions from Australian beef feedlots. In Modelling nutrient digestion and utilisation in farm animals (pp. 412-420). Wageningen Academic Publishers, Wageningen (résumé).
  7. McGinn, S. M., Chen, D., Loh, Z., Hill, J., Beauchemin, K. A., & Denmead, O. T. (2008). Methane emissions from feedlot cattle in Australia and Canada. Australian Journal of Experimental Agriculture, 48(2), 183-185.
  8. McGinn, S. M., & Flesch, T. K. (2018). A Technique for Estimating Greenhouse Gas Exchange Adjacent Cattle Feedlots. Atmosphere, 9(4), 139.
  9. Beauchemin, K. A., & McGinn, S. M. (2005). Methane emissions from feedlot cattle fed barley or corn diets. Journal of Animal Science, 83(3), 653-661.
  10. McGinn S.M & Flesch T.K (2018) Ammonia and greenhouse gas emissions at beef cattle feedlots in Alberta Canada. Agricultural and Forest Meteorology

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Vidéographie[modifier | modifier le code]