Fedora (GNU/Linux)

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Fedora
Fedora logo and wordmark.svg
Fedora 22 Workstation avec GNOME 3.16
Fedora 22 Workstation avec GNOME 3.16

Famille GNU/Linux
Langue Multilingue
Type de noyau Noyau Linux, Monolithique modulaire
État du projet Développement actif
Plates-formes i386, i686, x64, ARM
PowerPC, s390
Entreprise /
Développeur
Fedora Project
Red Hat
Licence Licences libres
États des sources Logiciel libre
Première version 1 (6 novembre 2003[1])
Dernière version stable 22 (26 mai 2015)
Dernière version avancée 23
Environnement graphique X11, Wayland

GNOME, KDE, Xfce
LXDE, MATE, LXQt
Cinnamon, Sugar
Gestionnaire de paquets DNF, RPM
Site web (fr) Site officiel

Fedora, anciennement Fedora Core, est un système d’exploitation libre et une distribution GNU/Linux communautaire développée par le projet Fedora et sponsorisée par l’entreprise Red Hat, qui lui fournit des développeurs ainsi que des moyens financiers et logistiques. Fedora est prompte à inclure des nouveautés et peut être considérée comme une vitrine technologique pour le monde du logiciel libre, auquel elle contribue largement via les projets amont tels que le noyau Linux, GNOME, NetworkManager, PackageKit, PulseAudio, X.Org, la célèbre suite de compilateurs GCC et bien d’autres. Tous les six mois une nouvelle version sort ; elle est maintenue treize mois.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Projet Fedora a débuté à la fin de 2003, lorsque Red Hat Linux a abandonné la commercialisation de ses produits pour le particulier. Red Hat a ainsi dirigé les utilisateurs faisant un usage professionnel de Red Hat Linux vers Red Hat Enterprise Linux (RHEL), tandis que les utilisateurs en faisant un usage domestique ont été redirigés vers Fedora. Depuis, RHEL est la seule distribution GNU/Linux pour laquelle Red Hat fournit une assistance officielle.

Les différentes versions de RHEL étant inspirées de celles de Fedora, plusieurs critiques ont été émises dénonçant que les utilisateurs de Fedora se trouvaient en fait être des essayeurs de RHEL (voir Correspondances RHL/RHEL).

Avec la première sortie de Fedora, Red Hat a lancé une tendance qui a ensuite été suivie par plusieurs vendeurs de distributions GNU/Linux : celle de créer une distribution communautaire dont une distribution commerciale pourrait s'inspirer, cette distribution servant de processus de développement ouvert menant finalement à la distribution commerciale.

Nom[modifier | modifier le code]

Le nom de la distribution vient du projet Fedora Linux : un projet mené par des bénévoles ayant pour objectif d'intégrer des logiciels tiers à la distribution Red Hat Linux, et du chapeau représenté sur l'emblème de Red Hat : un borsalino. Red Hat a eu quelques problèmes au sujet du nom Fedora avec les créateurs du logiciel de gestion du dépôt Fedora, car Fedora a essayé de le déposer comme nom de marque.

Fedora est parfois appelée Fedora Linux bien que ce ne soit pas son nom officiel. Avant la septième version, le nom « Core » faisait la distinction entre les principaux paquets logiciels Fedora, et ceux du projet Fedora Extra, qui fournissent les paquets supplémentaires à Fedora Core : le dépôt Core était géré par Red Hat, et le dépôt Extra était géré par des bénévoles.

Une décision a été prise pour que les deux dépôts soient regroupés en un seul après Fedora Core 6.

Ainsi depuis la version 7, Core a disparu du nom de la distribution, qui a simplement été rebaptisée Fedora.

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Logo de Fedora.

Le logo de Fedora est composé de plusieurs éléments, organisés comme suit.

Le symbole signifie l'infini. L'infini dans Fedora fait référence à la liberté perpétuelle et immuable du système d'exploitation et des logiciels qui le composent. Le f est à la fois le f de « Fedora », ainsi que le f de « freedom », qui signifie « liberté » en anglais. Enfin, le dernier élément est une bulle, symbolisant « la voix de la communauté ».

Popularité[modifier | modifier le code]

Linus Torvalds, le développeur du noyau Linux, utilise Fedora[2],[3].

Fedora se situe parmi les cinq premières distribution GNU/Linux dans le classement de popularité de DistroWatch[4].

Respect des libertés logiciels[modifier | modifier le code]

La communauté de Fedora ne respecte pas la liberté perpétuelle du système d'exploitation et des logiciels qui l'accompagnent, ce qui est toutefois paradoxal puisque les termes d'utilisation de Fedora violent les libertés 0 et 2 de la définition du logiciel libre par la Free Software Foundation[5].

Fonctionnalités[modifier | modifier le code]

Composants des variantes Workstation, Server et Cloud.

Fedora a la réputation d’être à la pointe de l’innovation. Elle intègre rapidement les nouvelles technologies et travaille en étroite collaboration avec les communautés du logiciel libre[6].

Depuis la version 21, Fedora est distribué sous trois formes différentes : Workstation, Server et Cloud.

Fedora a un cycle de vie relativement court : la version X est maintenue un mois après la sortie de la version X + 2 avec à peu près six mois entre deux versions, ce qui signifie que les versions de Fedora sont maintenues à peu près treize mois[7]. Cela met en avant les logiciels de pointe car les développeurs sont libérés de la contrainte de compatibilité, mais ça rend Fedora un mauvais choix en tant qu’environnement de développement, qui requier généralement une prise en charge sur le long terme.

L’environnement de bureau par défaut de Fedora est GNOME et son interface par défaut est GNOME Shell. D’autres environnements de bureau, dont KDE, Xfce, LXDE, MATE, LXQt, Cinnamon, Sugar et Qlite, sont disponibles et peuvent-être installés via les Spins[8].

Fedora se sert des gestionnaires de paquets DNF et RPM et se met à niveau avec FedUp[9].

La sécurité est importante dans Fedora, c’est pourquoi la fonctionnalité Security-Enhanced Linux, qui implémente plusieures règles de sécurité, incluant un contrôle d’accès obligatoire a été rapidement adoptée[10].

Installation[modifier | modifier le code]

Anaconda, l’installateur de Fedora.

Fedora offre la possibilité de récupérer des images disques via téléchargement direct ou via BitTorrent. Les images sont hybrides, il est donc possible de les utiliser pour créer une clé USB bootable. Ce qui peut être fait, par exemple, avec l’outil de création de clé bootable Fedora Live USB creator. L’installation est gérée avec l’installateur Anaconda.

Logiciels[modifier | modifier le code]

Fedora est installé avec une panoplie de logiciels tels que Firefox et LibreOffice. Des logiciels supplémentaires sont disponibles dans des dépôts et peuvent être installé avec le gestionnaire de paquets DNF ainsi qu’avec l’interface graphique GNOME Software.

En outre, des dépôt supplémentaires peuvent être ajoutés, permettant d’installer des logiciels non disponibles dans Fedora[11]. Ces dépôts tiers mettent à disposition des logiciels non incluts dans Fedora puisqu’ils ne répondent pas à la définition de Fedora du logiciel libre ou bien qu’ils pourraient violer la loi des États-Unis. Fedora recommande les dépôts contenants uniquement des logiciels libres, sans brevets. Des paquets avec brevets sont, par exemple, les codecs audio et vidéo MP3/4 ou les pilotes Nvidia. Un des plus dépôts tiers les plus connus est RPM Fusion (en). Fedora fournis également aux utilisateurs un environnement de compilation appelé Copr, simple à manipuler permettant de créer son propre dépôt[12].

Gestionnaires de paquets[modifier | modifier le code]

La gestion des paquets logiciels est effectuée avec l'utilitaire DNF[13]. L’interface graphique GNOME Software notifie lorsque des mises à jour sont disponibles[13]. apt-rpm est une alternative à dnf appréciée des utilisateurs de distributions dérivées de Debian, familiers avec apt-get pour la gestion des paquets logiciels[14].

DNF - Dandified Yum[modifier | modifier le code]

Dandified Yum est un gestionnaire de paquets qui permet de gérer la résolution des dépendances, le téléchargement puis l’installation de paquets logiciels, ainsi que faire des mises à jour.

DNF, le successeur de Yum — Yellowdog Updater, Modified, fut installé à la version 18 de Fedora, est ensuite devenu le gestionnaire de paquets par défaut à la version 22 de Fedora, remplaçaint Yum présent depuis les débuts de Fedora.

RPM - RPM Package Manager[modifier | modifier le code]

RPM est un système de gestion (installation, vérification, mise à jour, désinstallation, etc.) de paquets logiciels, développé par Red Hat pour ses distributions GNU/Linux, et largement utilisé ou supporté par un grand nombre d'autres distributions.

Sécurité[modifier | modifier le code]

L'une des fonctionnalités de Fedora ayant trait à la sécurité, est Security-Enhanced Linux, une fonctionnalité du noyau qui gère un ensemble de mesures de sécurité, dont les règles d'accès au Ministère de la Défense des États-Unis, par les Linux Security Modules (LSM) du noyau Linux. Fedora a ouvert la voie aux distributions incorporant SELinux[15], dès Fedora Core 2. La fonction était désactivée d'office, car elle modifiait fondamentalement le fonctionnement du système ; elle a été par la suite activée d'emblée, avec une politique moins stricte, dite « ciblée », lors de la parution de Fedora Core 3[16],[17]. Fedora inclut également des mécanismes pour prévenir l'exploitation de failles liées aux dépassements de mémoire tampon, et empêcher les rootkits d'entrer en action. Des analyses du tampon, Exec Shield ainsi que des restrictions aux accès mémoire au niveau du noyau dans /dev/mem permettent de prévenir l'exploitation de ces failles[18].

Spins[modifier | modifier le code]

Similaires au blends de Debian, le projet Fedora distribue également des versions modifiées de Fedora appelées Spins ou editions[8]. Elles sont compilées avec un set spécifique de logiciels, offrant des environnements de bureau alternatif ou visant des intérets spécifiques tels que le jeu, la sécurité, le design, la robotique[19] et la science (avec inclut SciPy, Octave, Kile, Xfig et Inkscape). Les Spins sont développés par plusieurs groupes d’intérets[8].

Architectures[modifier | modifier le code]

Les architectures primaires x86 et ARM sont gérées par Fedora. Pidora[20] est une distribution Fedora specialisée pour le Raspberry Pi. Depuis la sortie de la version 20, Fedora gère également les architectures secondaires PowerPC et s390.

Versions[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des versions de Fedora.

Le rythme de sortie des nouvelles versions suit celui de GNOME, c'est-à-dire tous les six mois. Une fois sorties, les versions sont maintenues 13 mois.

Version stable actuelle : 22 ()

  •      Anciennes versions plus maintenues
  •      Ancienne version maintenu
  •      Version actuelle
  •      Version avancée
Version (nom)[21] Date de sortie[21] Date de fin de vie[22] Noyau Linux GNOME
20 (Heisenbug) 17 décembre 2013 23 juin 2015 3.11 3.10
21[23] 9 décembre 2014[24] 3.16 3.14
22 26 mai 2015[25] 4.0 3.16
23 27 octobre 2015[26] 4.x 3.18

Distributions bâties sur Fedora[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Distributions bâties sur Fedora.

Distributions notables bâties sur Fedora[27] :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Announcing Fedora Core 1 », sur redhat.com, Red Hat,‎ (consulté le 2 août 2015)
  2. (en) « Interview de Linus Torvalds », sur TuxRadar, Linux Format,‎ (consulté le 10 juillet 2015)
  3. (en) Linus Torvalds, « The merge window being over, and things being calm made me think I should try upgrading to F21 », sur Google+,‎ (consulté le 10 juillet 2015)
  4. « Popularité des distributions », sur DistroWatch (consulté le 13 juillet 2015)
  5. (en) « Does Fedora permit anything under "Non-Free" licensing? », Projet Fedora (consulté le 13 juillet 2015)
  6. (en) « Staying close to upstream projects », Fedora Project (consulté le 13 juillet 2015)
  7. (en) « Fedora Release Life Cycle », Fedora Project (consulté le 13 juillet 2015)
  8. a, b et c « Fedora Spins », Fedora Project (consulté le 13 juillet 2015)
  9. (en) « FedUp », Fedora Project (consulté le 13 juillet 2015)
  10. (en) Ralf Spenneberg, « Security Hardened - Mandatory Access Control with SELinux » [PDF], Linux New Media USA,‎ (consulté le 7 octobre 2007)
  11. (en) « Fedora 22 Installation Guide », Fedora Project (consulté le 13 juillet 2015)
  12. (en) « Fedora Copr », Fedora Project (consulté le 13 juillet 2015)
  13. a et b (en) « DNF Software Management Tools in Fedora » (consulté le 13 juillet 2015)
  14. (en) Fedora Project, « APT and Fedora » (consulté le 13 juillet 2015)
  15. « Mandatory Access Control with SELinux » (consulté le 7 octobre 2007)
  16. (en) « Fedora Core 2 Release Notes » (consulté le 13 juillet 2015)
  17. « Fedora Core 3 Release Notes » (consulté le 13 juillet 2015)
  18. (en) « Fedora Core 1 Release Notes » (consulté le 13 juillet 2015)
  19. (en) « Fedora Robotics Wiki », Fedora Project (consulté le 13 juillet 2015)
  20. (en) « Pidora - Fedora pour Raspberry Pi », pidora.ca (consulté le 13 juillet 2015)
  21. a et b (en) « Releases/HistoricalSchedules », Fedora Project (consulté le 13 juillet 2015)
  22. (en) « End of life », Fedora Project (consulté le 13 juillet 2015)
  23. (en) Josh Boyer, « Release Name process ended », Fedora community advisory board mailing list,‎ (consulté le 13 juillet 2015)
  24. (en) « It’s Here! Announcing Fedora 21! », Fedora Magazine (consulté le 13 juillet 2015)
  25. (en) « Fedora 22 Released », Fedora Magazine (consulté le 13 juillet 2015)
  26. (en) « Releases/23/Schedule », Fedora Project (consulté le 13 juillet 2015)
  27. (en) « Liste des distributions bâties sur Fedora », sur DistroWatch (consulté le 13 juillet 2015)

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Origine :
Red Hat
Basé sur :
GNU/Linux
Fedora Variantes :
Workstation, Server, Cloud, Spins
Dérivés :
Korora, One Laptop per Child, Viperr