Fayez el-Sarraj

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Fayez el-Sarraj
فايز السراج
Illustration.
Fayez el-Sarraj en 2017.
Fonctions
Président du Conseil présidentiel du gouvernement d'union nationale de l'État de Libye
(chef de l'État)
En fonction depuis le [N 1]
(2 ans, 8 mois et 1 jour)
Vice-président Ahmed Miitig (vice-président du Conseil présidentiel)
Premier ministre Lui-même
Prédécesseur Aguila Salah Issa (Tobrouk)
Nouri Bousahmein (Tripoli)
Premier ministre de Libye
(gouvernement d'entente nationale)
En fonction depuis le
(2 ans, 8 mois et 1 jour)
Élection
Chef de l'État Lui-même (président du Conseil présidentiel)
Gouvernement el-Sarraj
Prédécesseur Abdallah al-Thani (Tobrouk)
Khalifa al-Ghowel (Tripoli)
Ministre de la Défense
En fonction depuis le
(2 mois et 7 jours)
Chef de l'État Lui-même (président du Conseil présidentiel)
Premier ministre Lui-même
Gouvernement el-Sarraj
Prédécesseur Ewhid Najim (intérim)
Al-Mahdi Ibrahim al-Barghathi
Député de la Chambre des représentants pour Tripoli
En fonction depuis le
(4 ans, 3 mois et 9 jours)
Élection 25 juin 2014
Ministre du Logement et des Services publics

(15 jours)
Chef de l'État Nouri Bousahmein (transition)
Premier ministre Ahmed Miitig
Gouvernement Miitig
Législature Congrès général national
Député du Congrès général national pour Tripoli

(1 an, 11 mois et 27 jours)
Élection 7 juin 2012
Biographie
Nom de naissance Fayez Moustafa el-Sarraj
Date de naissance (58 ans)
Lieu de naissance Tripoli
Nationalité Libyenne
Parti politique Indépendant
Profession Architecte et homme d'affaires
Religion Islam sunnite

Fayez el-Sarraj
Chefs d'État libyens
Premiers ministres de Libye

Fayez el-Sarraj (arabe : فايز السراج), né le à Tripoli[1], est un architecte, homme d'affaires et homme d'État libyen. En vertu des accords de Skhirat, il est désigné, en décembre 2015, président du Conseil présidentiel et Premier ministre. Il prend ses fonctions le en exil à Tunis. Le 30 du même mois, son gouvernement s'installe à Tripoli.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né le 20 février 1960 à Tripoli, il est le fils de Moustafa el-Sarraj, plusieurs fois ministre sous le royaume de Libye[2].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Carrière de député[modifier | modifier le code]

Architecte[3] et homme d'affaires[4], Fayez el-Sarraj est élu en juillet 2012 au Congrès général national où il siège pendant deux ans[5], avant d'être élu le à la Chambre des représentants qui entre en fonction le 4 août suivant[6].

Chef de l'État et du gouvernement[modifier | modifier le code]

Le , un accord est conclu sous l'égide de l'ONU entre les deux autorités rivales libyennes, siégeant respectivement à Tobrouk et à Tripoli, dans le but de mettre fin à la guerre civile[7]. Sarraj est alors désigné pour prendre la tête du gouvernement d'union nationale dont la composition doit être validée par un vote des deux parlements antagonistes.

Le , il est victime d'une tentative d'assassinat sur la route entre Zliten et Misrata[8].

Le 19 janvier, il forme son gouvernement[9], auquel la Chambre des représentants refuse d'accorder sa confiance le 25 janvier[10], entraînant par conséquent la démission de Sarraj et de l'ensemble de ses ministres[11]. Le lendemain 26 janvier, il annonce cependant la formation d'un nouveau gouvernement dans les dix jours[12].

Le 2 février, il rencontre le général Khalifa Haftar[13].

Le 9 février, il demande une semaine de plus pour former le gouvernement[14] dont il annonce la composition cinq jours plus tard[15]. Cependant, reportée d'une semaine, faute de quorum suffisant[16], la séance censée approuver la composition du nouveau gouvernement n'a finalement pas lieu.

Malgré cet échec, il prend ses fonctions à Tunis le 12 mars suivant[17] à la tête d'un gouvernement installé sans vote de confiance, mais qui est soutenu par la France, les États-Unis, l'Allemagne, l'Italie et le Royaume-Uni[18].

Le nouvel exécutif, qui justifie sa légitimité par une pétition signée par la majorité des membres de la Chambre des représentants[18], s'installe à Tripoli le 30 mars[19]. Le lendemain, dix villes de l'Ouest du pays, dont Sabratha, Zaouïa et Zouara annoncent leur soutien au gouvernement d'union nationale[20]. Enfin, le 5 avril, le gouvernement de Tripoli lui cède également le pouvoir[21].

Politique intérieure[modifier | modifier le code]

Le 18 avril 2016, son gouvernement prend possession de deux ministères[22]. Après sa prise de fonction, il devient le seul dirigeant libyen reconnu par la communauté internationale et c'est ainsi que le pétrole commercialisé par ses rivaux de Tobrouk est restitué à son administration[23].

Le 5 mai suivant, le gouvernement d'union crée une cellule d'opérations militaires contre la branche État islamique en Libye[24]. Le 10 du même mois, son gouvernement annonce la création d'une garde présidentielle [25].

Le , son gouvernement s'installe dans des locaux officiels situés dans le centre de la capitale[26].

Le , Khalifa al-Ghowel annonce finalement que son gouvernement reprend le pouvoir après s'être emparé du siège du Haut Conseil d'État[27].

Le , al-Ghowel est de nouveau chassé du pouvoir après la reprise par les forces du GNA de l'hôtel Rixos, combats au cours desquels il est blessé[28].

Le , Khalifa Haftar rencontre Fayez el-Sarraj à Abou Dhabi pour la première fois depuis sa nomination à la tête du Conseil présidentiel[29]. Les deux protagonistes annoncent la publication prochaine d'un communiqué sur un accord[30].

Le 18 mai 2017, des forces liées à son gouvernement massacrent 140 personnes - civils ou militaires favorables au maréchal Haftar - dans une attaque dans le centre de la Libye. La Mission d’assistance des Nations unies pour la Libye se déclare « indignée » par les « crimes contre l’humanité » que constitueraient les égorgements et exécutions sommaires perpétrés durant le massacre[31].

Le , une réunion interlibyenne sous l'égide du gouvernement français se tient au château de La Celle, en présence du président de la République, Emmanuel Macron, et du ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. La réunion se conclut par la signature d'un accord entre Fayez el-Sarraj et le maréchal Haftar qui s'engagent à un cessez-le-feu en Libye[32].

Le , deux ans après la signature des accords de Skhirat, le maréchal Haftar affirme que le mandat du Conseil présidentiel, reconnu par la communauté internationale, mais qu'il n'a jamais reconnu, a pris fin[33].

Le , les différentes factions, réunies à Paris, annoncent la tenue d'élections présidentielle et législatives pour le [34].

Politique étrangère[modifier | modifier le code]
Fayez el-Sarraj avec le secrétaire d'État américain John Kerry.

En avril 2016, il participe au sommet de l'OCI à Istanbul[35].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En concurrence avec Aguila Salah Issa et Nouri Bousahmein pour la fonction de chef de l'État et avec Abdallah al-Thani et Khalifa al-Ghowel pour celle de Premier ministre, il est cependant le seul reconnu par la communauté internationale. Il est en exil du 12 au 30 mars 2016.

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.aljazeera.net/encyclopedia/icons/2015/12/19/فايز-السراج-الرئيس-غير-التوافقي-لحكومة-الوفاق-بليبيا
  2. « Biographie de Fayez Al-Sarraj, le premier ministre Libyen », sur Réalités (consulté le 14 avril 2016)
  3. « Le gouvernement d’union autoproclame sa légitimité », sur Courrier international (consulté le 14 mars 2016)
  4. « L'Expression - Le Quotidien - Le Conseil présidentiel instaure le gouvernement d'union » (consulté le 13 mars 2016)
  5. (en) « Libya national unity government announced by UN after months of talks », sur the Guardian (consulté le 24 décembre 2015)
  6. « Libye: l’ONU propose un nouvel accord pour pacifier le pays », sur RFI Afrique (consulté le 24 décembre 2015)
  7. « Libye: signature d’un accord de réconciliation déjà contesté », sur RFI Afrique (consulté le 18 décembre 2015)
  8. « Libye : Fayez Al-Sarraj échappe à une tentative d’assassinat - Kapitalis », sur Kapitalis (consulté le 24 janvier 2016)
  9. « Afrique - Libye : formation d'un nouveau gouvernement d'union nationale sous l'égide de l'ONU », sur France 24 (consulté le 19 janvier 2016)
  10. « Le Parlement libyen rejette le gouvernement d’union », sur Le Monde, (consulté le 25 janvier 2016)
  11. « Libye : le gouvernement d'union nationale mort-né », sur Le Point Afrique (consulté le 26 janvier 2016)
  12. Lefigaro.fr avec AFP, « Libye: un gouvernement proposé d'ici 10 jours », sur Le Figaro (consulté le 26 janvier 2016)
  13. Maryline Dumas, « En Libye, le gouvernement d'union fait toujours défaut », sur Le Figaro (consulté le 2 février 2016)
  14. « Libye: report demandé pour la formation du gouvernement d’union », sur 45eNord.ca (consulté le 10 février 2016)
  15. « Libye : formation d'un nouveau gouvernement d'union », sur leparisien.fr (consulté le 15 février 2016)
  16. « Libye : le Parlement n'a pas pu voter sur le gouvernement d'union », sur L'Orient-Le Jour (consulté le 23 février 2016)
  17. Lefigaro.fr avec AFP, « Libye: un gouvernement d'union proclamé », sur Le Figaro (consulté le 13 mars 2016)
  18. a et b « Libye: soutien occidental au nouveau gouvernement », sur Libération.fr (consulté le 13 mars 2016)
  19. Frédéric Bobin, « Climat de tensions à Tripoli après l’arrivée du gouvernement d’« union nationale » », sur Le Monde, (consulté le 31 mars 2016)
  20. « Libye: 10 villes soutiennent le gouvernement d'union nationale », Le Figaro, 1er avril 2016
  21. « Libye : les autorités de Tripoli cèdent le pouvoir au gouvernement soutenu par l’ONU », Le Monde, 5 avril 2016
  22. « Libye: le cabinet d'union prend le contrôle de deux ministères à Tripoli », sur L'Orient-Le Jour (consulté le 20 avril 2016)
  23. « Libye: du pétrole exporté illégalement rendu au gouvernement d'union national - RFI », sur RFI Afrique (consulté le 4 mai 2016)
  24. « Le gouvernement d'union en Libye forme un commandement des opérations militaires contre l’EI - France 24 », sur France 24 (consulté le 6 mai 2016)
  25. « Libye: le gouvernement d'union se dote d'une garde présidentielle », sur L'Orient-Le Jour (consulté le 14 mai 2016)
  26. Libye : le gouvernement d’union nationale s’installe dans des locaux officiels, dans le centre de Tripoli, Jeune Afrique avec AFP, 12 juillet 2016.
  27. « Libye : un rival du gouvernement d’union affirme avoir repris le pouvoir », Jeune Afrique, 16 octobre 2016
  28. « Fighting in Libya’s Capital as One Government Seizes Another’s Compound » (consulté le 16 mars 2017)
  29. « Rencontre entre les deux principaux acteurs de la crise libyenne », sur Le Monde, (consulté le 3 mai 2017)
  30. « Crise libyenne: Fayez al-Sarraj et Khalifa Haftar se mettent d'accord - RFI », sur RFI Afrique (consulté le 3 mai 2017)
  31. « En Libye, des forces liées au gouvernement de Tripoli commettent un massacre », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  32. Libération
  33. « Libye pour Khalifa Haftar, l'accord de Skhirat a expiré - RFI », sur RFI Afrique (consulté le 29 décembre 2017)
  34. « Libye : accord à Paris sur des élections le 10 décembre », sur L'Orient-Le Jour (consulté le 29 mai 2018)
  35. <« Agenzia Nova » (consulté le 17 avril 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]