Fayçal Ier (roi d'Irak)

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Fayçal Ier
فيصل الأول
Le roi Fayçal Ier d'Irak.
Le roi Fayçal Ier d'Irak.
Titre
Roi d'Irak

(12 ans et 16 jours)
Premier ministre Abd Al-Rahman al-Gillani
Abd al-Muhsin as-Sa'dun
Jafar al-Askari
Yassin al-Hachimi
Abd al-Muhsin as-Sa'dun
Jafar al-Askari
Abd al-Muhsin as-Sa'dun
Tawfiq al-Suwaidi
Abd al-Muhsin as-Sa'dun
Tawfiq al-Suwaidi
Nouri Saïd
Naji Shawkat
Rachid Ali al-Gillani
Prédécesseur Fonction créée
Abdülmecid II
(calife et sultan ottoman)
Successeur Ghazi Ier
Roi de Syrie

(4 mois et 6 jours)
Premier ministre Rida al-Rikabi
Hachem al-Atassi
Ala ad-Din ad-Durubi Basha
Jamil al-Ulchi
Prédécesseur Fonction créée
Successeur Mandat français en Syrie
Biographie
Dynastie Hachémite
Nom de naissance Fayçal ben el-Hussein ben Ali el-Hâchimi
Date de naissance
Date de décès (à 48 ans)
Père Hussein ibn Ali
Mère Abdiya bint Abdullah
Conjoint Huzaima Pasha, Chérifa de La Mecque
Enfants Ghazi Souverain

Fayçal Ier (roi d'Irak)
Monarques d'Irak
Monarques de Syrie

Fayçal ben Hussein el-Hachimi Eljai (فيصل بن الحسين الهاشمي en arabe) (), fils de Hussein ben Ali, chérif de La Mecque et roi du Hedjaz, il est lui-même le premier roi d'Irak sous le nom de Fayçal Ier de 1921 à sa mort, après avoir été le premier et unique roi de Syrie du 7 mars au 27 juillet 1920.

Origines familiale et rôle avant la Révolte arabe[modifier | modifier le code]

Il fait partie de la lignée hachémite qui remonte au prophète de l'islam Mahomet. Sa famille contrôle les lieux saints de l'Islam depuis le XIIème siècle et retire de ce fait un grand prestige dans le monde musulman. Fayçal est le 3ème fils du Chérif avec deux aînés : Ali (né en 1879) et Abdallah (né en 1882). Il a aussi un jeune demi-frère Zaïed (né en 1898). Les rapports entre les enfants et leur père sont marqués par une extrême rigidité protocolaire. Il est fréquent que les enfants du Chérif signent leurs correspondances par "Votre esclave" quand ils s'adressent à leur père.

Au début du XXème siècle, le Chérif, même s'il jouit d'une grande autonomie vis-à-vis du pouvoir d'Istanbul craint de plus en plus les velléités centralisatrices de la politique des Jeunes-Turcs arrivé au pouvoir en 1908. Le projet d'une extension de la ligne de chemin de fer du Hedjaz jusqu'à La Mecque (dont le terminus originel est Médine) pousse Hussein à entrer en contact avec les nationalistes syriens de Damas et les Anglais du Bureau arabe du Caire.

Fayçal est désigné pour représenter secrètement son père lors des réunions avec les Syriens. En route vers Istanbul, il s'arrête le 26 mars 1915 à Damas, reçu par Ata Pacha Al-Bakri, qui le met en relation avec Al-Fatah et Al-Ahd (deux sociétés secrètes nationalistes). Cette entrevue marque le début d'une alliance entre le Chérif et les nationalistes connu sous le nom de "Protocole de Damas". Fayçal quitte Damas en bernant Djemal Pacha (meneur de l'armée ottomane pendant la Première guerre mondiale) et lui promettant la venue de 1500 chameliers hedjazis.

Le 5 juin 1916, après la découverte par les Ottomans de la correspondance Hussein-MacMahon, Le Chérif déclenche la révolte arabe (la Thawra), symboliquement marquée par un coup de fusil tiré en l'air à La Mecque, conclusion d'un discours qui attaque les mesures laïcisantes prises par le CUP. Fayçal dans l'organisation du nouveau gouvernement du Hedjaz reçoit le ministère de l'Intérieur, tandis que son frère Ali devient premier ministre et Abdallah ministre des affaires étrangères.

Déclenchement et rôle dans la révolte arabe[modifier | modifier le code]

C'est lui qui mène la grande révolte arabe contre les forces ottomanes. Au départ l'influence de la révolte de dépasse pas le cadre de la péninsule arabique et se limite à des escarmouches avec les ottomans et une guérilla dans le désert. La Révolte prend une dimension géopolitique de premier plan avec la prise d'Akaba en 1917 où Aouda Abou Taya (sheik de la tribu des Taoueihas) jouera un rôle déterminant. Fayçal explique :

« Le but des mouvements nationalistes arabes (…) est d’unir finalement les Arabes en une seule nation (…). Nous croyons que notre idéal d’unité arabe en Asie est justifié sans avoir besoin d’argument[1]. »

Éphémère roi constitutionnel de Syrie (Mars à Juillet 1920)[modifier | modifier le code]

Le 7 mars 1920, le Congrès national syrien (en) vote l’indépendance de la Syrie et son unité intégrale avec la Palestine et la Transjordanie, et proclame l'émir Fayçal ben Hussein « roi constitutionnel » du Royaume arabe de Syrie sous le nom de Fayçal Ier.

Le 25 avril 1920, la Syrie est placée sous mandat français par la conférence de San Remo. Cédant à l'ultimatum du haut-commissaire, le général Gouraud, et ses partisans étant écrasés par les troupes françaises dirigées par le général Mariano Goybet à la bataille de Khan Mayssaloun, le 24 juillet 1920, le roi Fayçal est contraint à l'exil.

Roi d'Irak (1921-1933)[modifier | modifier le code]

Après la conférence du Caire de Mars 1921, Les Britanniques lui proposent le trône d'Irak, durant la période du Mandat britannique de Mésopotamie. C'est "La solution Hachémite" : un moyen commode pour la Grande-Bretagne de maintenir son influence à moindre coût dans une zone qui connaît une agitation permanent depuis la fin de la Guerre. A l'inverse de la liesse que manifesta la population de Damas lors de son arrivée en octobre 1918, l'accueil est glacial à Bagdad. Il mène le pays sur le chemin de l'indépendance, obtenant en 1932 l'autonomie pleine et entière du Royaume d'Irak et son adhésion à la Société des Nations. En dépit de ces succès l'Irak reste solidement lié à la Grande-Bretagne et ne recouvre sa complète indépendance qu'après la révolte de 1958 et le renversement de Fayçal II.

Durant son règne, il conservera ses opinions panarabes et nationalistes, mais devient plus prudent dans leur expression et dans son action politique. Il reste roi jusqu'à sa mort en 1933. Son fils aîné Ghazi Ier devient roi d'Irak la même année.

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Dans le film Lawrence d'Arabie, son rôle est interprété par Alec Guiness.

Hommages[modifier | modifier le code]

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le rêve brisé de Feysal (Premier roi d'Irak), Éditions Jeune Lévrier.
  • La saga des Hachémites, Remi Kauffer, Éditions Perrin, 2012
  • La décennie qui ébranla le Moyen-Orient (1914-1923), Nadine Picaudou, Éditions Complexes, 1992

Liens externes[modifier | modifier le code]