Faustine Kowalska

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Faustine Kowalska
Image illustrative de l’article Faustine Kowalska
Photographie de Faustine Kowalska
Sainte
Naissance
Głogowiec (Pologne)
Décès (à 33 ans) 
Cracovie (Pologne)
Nom de naissance Helena Kowalska
Autres noms Maria Faustyna Kowalska
Nationalité Drapeau de la Pologne Pologne
Vénéré à Cracovie, sanctuaire de la Divine Miséricorde (chapelle Saint-Joseph) (pl)
Béatification  Place Saint-Pierre à Rome
par Jean-Paul II
Canonisation  Place Saint-Pierre à Rome
par Jean-Paul II
Vénéré par Église catholique
Fête 5 octobre

Helena Kowalska (en religion sœur Marie-Faustine), née à Głogowiec le , morte à Cracovie le , est une religieuse de Notre-Dame de la Miséricorde et mystique polonaise surnommée l'apôtre de la miséricorde divine[1]. L’Église catholique a reconnu que sa « vie mystique est d'une extrême richesse »[2]. Béatifiée en 1993, canonisée en 2000, elle est fêtée le 5 octobre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et jeunesse[modifier | modifier le code]

Helena Kowalska est née en 1905 dans le village de Głogowiec près de Łódź, ville industrielle textile de Pologne alors sous domination de l'Empire Russe, la troisième des dix enfants d'une famille d'agriculteurs pauvres[2]. Deux jours après sa naissance, elle est baptisée par l'abbé Józef Chodyński, à l'église Saint-Casimir de Świnice Warckie. Son parrain était Konstanty Bednarek, sa marraine Marianna Szewczyk. Elle fait sa communion en 1914. Deux ans plus tard, elle commence à se rendre à l'école primaire de Świnice Warckie. Après y avoir passé trois ans, elle doit renoncer à poursuivre sa scolarité pour faire place à ses frères et sœurs plus jeunes. A 16 ans, elle trouve un travail chez Leokadia et Kazimierz Bryszewski, à Aleksandrów Łódzki. Elle s'y occupe de la maison ainsi que de leur fils. Au bout d'un an, elle fait part à ses parents de sa volonté d'entrer au couvent, et s'heurte deux fois à leur refus. Durant l'automne, elle se rend à Łódż, où elle habite chez un cousin germain de son père, Michał Rapacki ; celui-ci gagne sa vie comme domestique pour le Tiers-Ordre franciscain. À partir de février 1923, elle aide à tenir la maison de Marcjanna Sadowska, la propriétaire d'une épicerie de Łódż.

Vocation religieuse[modifier | modifier le code]

Helena ressent pour la première fois un appel à la vie religieuse dès l'âge de 7 ans (1912).

À quinze ans, elle commence à travailler pour aider sa famille. À cette époque, elle est persuadée que Dieu lui-même l'appelle à devenir religieuse. En 1924, elle a une première apparition de Jésus, sous la forme du Christ souffrant, qui lui donne l'ordre d'entrer au couvent.

Helena part pour Varsovie sans le consentement de ses parents. Elle s'arrête au village d'Ostrówek, où elle travaille jusqu'en 1925 pour Aldona et Samuel Lipszyc, des connaissances de Jakub Dąbrowski, le curé de la paroisse Saint-Jakub de Varsovie. Elle tente par la suite d'être admise dans plusieurs couvents de la capitale, pour être à chaque fois refusée. Finalement, elle est admise au couvent de la congrégation des Sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde[3] à l'âge de 20 ans, le . Elle y prononce ses vœux le , et prend le nom de sœur Marie-Faustine du Saint-Sacrement.

Pendant ses treize années de religieuse, Faustine remplit les modestes charges de cuisinière, jardinière et sœur portière dans les différentes maisons de la congrégation (Varsovie, Płock, Wilno, Cracovie). Comme beaucoup de saints, elle vécut la nuit de la foi, porta des stigmates invisibles et eut le don de bilocation. À la demande de son directeur spirituel, le bienheureux Père Michał Sopoćko, sainte Faustine écrit le Petit Journal. Dans ce livre, elle décrit ses expériences mystiques et précise les demandes que le Christ lui transmet[4].

La Miséricorde divine[modifier | modifier le code]

Reliquaire de la sainte, chapelle saint Joseph[5], Sanctuaire de la Miséricorde Divine (Cracovie), Pologne.

Sœur Marie Faustine relate qu'elle a eu une vision du Purgatoire en présence de Jésus et de la Vierge Marie à plusieurs reprises, et qu'elle leur a parlé. Par la suite, Sœur Faustine a écrit dans son Petit Journal que le Christ lui a demandé de faire connaître au monde la profondeur de la Miséricorde divine, et ce particulièrement à travers quatre dévotions qu'il lui recommande d'annoncer.

  1. Réciter le Chapelet de la Divine Miséricorde : d'après sainte Faustine, Jésus lui dit : « Cette prière sert à calmer ma colère[6]. Tu la réciteras pendant neuf jours avec un chapelet du Rosaire de la façon suivante : d’abord tu réciteras le Notre Père, le Je Vous Salue Marie et le Credo. Puis, sur les graines du Notre Père tu diras les paroles suivantes : Père Éternel, je vous offre le Corps et le Sang, l’Âme et la Divinité de votre Fils bien Aimé et notre Seigneur Jésus Christ en expiation de nos péchés et de ceux du monde entier. Sur les grains des Je Vous Salue Marie, tu réciteras les paroles suivantes : pour sa douloureuse passion ayez miséricorde de nous et du monde entier. Enfin, tu réciteras trois fois ces paroles : Dieu Saint, Dieu Fort, Dieu Immortel, aie pitié de nous.» (Petit Journal, 474-476) « Ma miséricorde enveloppera les âmes qui réciteront ce chapelet pendant leur vie et surtout à l'heure de la mort » (P. J. 753) « A l’heure de la mort Je défends comme ma propre gloire chaque âme qui récite ce chapelet elle-même, ou bien si d’autres le récitent près de l’agonisant – l’indulgence est la même. Quand on récite ce chapelet auprès de l’agonisant, la colère divine s’apaise, une miséricorde insondable s’empare de son âme » (P. J. 811). Même les pécheurs les plus endurcis, s'ils récitent ce chapelet une seule fois, obtiennent la grâce de mon infinie miséricorde. » (P. J. 687)
  2. Honorer l'image de Jésus Miséricordieux : à Plock le , Jésus lui est apparu, portant un vêtement blanc, comme le « Roi de la Miséricorde divine ». Sa main droite se levant en signe de bénédiction et l'autre touchant le vêtement sur la poitrine. Dessous ses vêtements sortent deux grands rayons, l'un rouge, l'autre blanc. Se conformant aux ordres qu'elle dit avoir reçus du Christ, Faustine fait peindre une représentation de cette vision. Jésus promet à Faustine de défendre l'âme qui aura honoré cette image. « Mon regard sur cette image est le même que celui que j'avais sur la croix. » (P. J. 326) Avec l'aide du Père Michel Sopocko son confesseur, Faustine entreprend la mission confiée par Jésus lors de ses apparitions. Elle distribue à Cracovie et à Wilno des images devant lesquelles les gens commencent à prier. Elle écrit ensuite un journal intime, malgré son peu d'instruction. Son journal devait être publié sous le titre Miséricorde divine dans mon âme : le journal de sainte Faustina. Elle tente vainement de trouver une « Congrégation qui proclamât la Miséricorde de Dieu envers le monde et l'obtînt pour le monde par ses prières », mais ne reçut jamais de son couvent la permission de le quitter.
  3. Célébrer le Dimanche de la divine Miséricorde : Jésus demanda : « Je désire que le premier dimanche après Pâques soit la Fête de la Miséricorde.» (P. J. 299) « Qui s'approchera, ce jour là, de la source de vie, obtiendra la rémission de ses fautes et de leurs châtiments. » (P. J. 300)
  4. Vénérer l'heure de la miséricorde : Jésus demanda à Faustine que l'on vénère l'heure de sa mort sur la Croix, soit 15 h. D'après le Petit Journal, Jésus lui a dit « A trois heures, implore Ma Miséricorde, tout particulièrement pour les pécheurs. Et ne fût-ce que pour un bref instant, plonge-toi dans Ma Passion, en particulier au moment où j'ai été abandonné lors de Mon agonie ! C'est là une heure de grande Miséricorde pour le monde entier. Je te laisserai partager ma mortelle tristesse ; en cette heure, Je ne saurais rien refuser à l'âme qui prie par Ma Passion ». (P. J. 1319) C'est l'Heure de la Miséricorde[7]. Sœur Faustine Kowalska eut aussi une vision de l'Enfer, dans lequel elle s'est vue introduite par un ange[8].

Dernières années[modifier | modifier le code]

En 1936, Faustine tomba gravement malade, sans doute de la tuberculose, et fut transférée à l'hôpital de Prądnik Biały (en). Elle passa la plupart de son temps en prière, récitant le chapelet de la Miséricorde divine, priant pour la conversion des pécheurs. Elle passa les deux dernières années de sa vie à rédiger son journal.

En juin 1938, elle ne fut plus capable d'écrire, et il devint évident qu'elle n'avait plus longtemps à vivre. Elle mourut le 5 octobre 1938. En faisant l'inventaire de sa cellule, la mère supérieure trouva dans le tiroir de la table la peinture du Christ de la Miséricorde divine, maintenant répandue dans le monde entier, que sœur Marie-Faustine avait dessinée selon la vision qu'elle en avait eue sur un papier et avec des crayons de couleurs que sa supérieure lui avait précédemment remis.

Petit Journal[modifier | modifier le code]

Peinture du Roi de la Miséricorde Divine[9], 1934, Eugeniusz Kazimirowski.

Dans le Petit Journal[10] qu'elle a laissé, on peut lire les promesses qu'elle dit avoir reçues de Jésus, tout particulièrement pour ceux qui célébreraient le dimanche de la Miséricorde. Par ailleurs, Faustine indique que, au cours de révélations successives, Jésus a demandé à plusieurs reprises qu'on l'honore par une image miraculeuse, par le biais de la récitation d'une prière spéciale :

« Je promets que l'âme qui honorera cette image ne sera pas perdue. » (P. J. 48)

« Par cette image, j'accorderai beaucoup de grâces aux âmes... que chaque âme ait donc accès à elle. » (P. J. 570)

Béatification et canonisation[modifier | modifier le code]

En 1958, le Saint-Siège publia un document qui condamnait les travaux de l' Institut de la Miséricorde divine[11]. Par la suite, on attribua cette condamnation à des interprétations erronées faites par des théologiens qui n'avaient pas tenu compte du manque d'instruction de sœur Marie-Faustine qui maniait mal l'orthographe et la ponctuation ; il en résulte dans son journal beaucoup de phrases peu claires que l'on avait comprises comme des propositions hérétiques. Quoi qu'il en soit, le père Sopoćko reçut une sévère réprimande, et tout ce qu'il avait fait fut supprimé.

L'archevêque de Cracovie, toutefois, autorisa les religieuses à laisser le dessin original accroché dans leur chapelle, afin que celles qui souhaitaient continuer à prier devant lui puissent le faire.

C'est grâce à l'intervention de Karol Wojtyla, alors archevêque de Cracovie et futur pape Jean-Paul II, que finalement on mena sur la vie et le journal de sœur Marie-Faustine une nouvelle enquête à la suite de laquelle la dévotion de la Miséricorde divine fut de nouveau autorisée.

Sœur Marie-Faustine a été béatifiée le , puis canonisée le par le pape Jean-Paul II à Rome, et devient alors sainte Faustine Kowalska. C'était en la Fête de la Miséricorde Divine, instaurée le même jour pour l'Église Universelle. Le pape a souligné pendant la messe de canonisation de sœur Faustine :

« Il est important que nous recevions entièrement le message qui provient de la Parole de Dieu en ce deuxième dimanche de Pâques, qui dorénavant, dans toute l’Église, prendra le nom de Dimanche de la Miséricorde Divine »[12].

En canonisant sœur Faustine, la dernière du millénaire, Jean-Paul II donne un éclairage tout particulier à la vie de cette sainte. L'Église catholique prend position officiellement en l'an 2000 en instituant la fête de la Miséricorde Divine[13].

Cette fête a lieu chaque année, une semaine après le dimanche de Pâques. Elle est célébrée pour la première fois le .

Au début d'octobre 2011, à l'occasion du IIe congrès mondial de la Miséricorde Divine à Cracovie-Lagiewniki, plusieurs cardinaux et évêques ont demandé au pape Benoît XVI d'accorder à sainte Faustine Kowalska le titre de Docteur de l'Église. Le dossier a été ouvert.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le pape François l'appelle « le grand apôtre de la Miséricorde » au § 24 de sa « Bulle d'indiction Misericordiæ Vultus en date du 11 avril 2015 », sur Vatican.va (consulté le 12 avril 2015)
  2. a et b Biographie sur le site officiel du Vatican
  3. En effet en 1861, la comtesse Ewa (pl) Potocka (1814-1881) ainsi que deux autres femmes s'étaient rendues chez les sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde de Laval pour se familiariser avec les méthodes de travail des religieuses afin de mettre en place une œuvre similaire en Pologne ; après avoir maîtrisé l'esprit, les coutumes et les règles de la Miséricorde de Laval, les trois Polonaises adoptent l'habit religieux et un nouveau nom puis retournent en Pologne. En 1922, les sœurs polonaises se séparent de Laval pour former les sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde.
  4. Jésus, Roi de Miséricorde, p. 51.
  5. Parcours de sainte Sœur Faustine à Cracovie.
  6. Chapelet à la Miséricorde divine. Congrégation des Sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde.
  7. http://www.misericordedivine.org/catechese/c_lheure.html
  8. http://www.therealpresence.org/eucharst/mir/french_pdf/MIRACLE-FR-kowalska.pdf
  9. Tableau de Jésus Miséricordieux (tableau de Vilnius).
  10. Sainte Faustine - Héléna Kolwaska. Le Petit Journal.
  11. L’Institut de la Miséricorde Divine est un institut laïque pour les femmes qui se sont consacrées dans le Seigneur.
  12. DC 2000, n. 2226, p. 458
  13. La Miséricorde vue par la mystique Ste Faustine. KTO.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Elzbieta Siepak et Beata Hrehorowicz (Traduction), Un don de Dieu fait à notre époque : La vie et la mission de sainte Faustine, Editions Tequi, , 144 p. (ISBN 978-2740313978)
  • Sœur Faustine, Les lettres de sainte Sœur Faustine, Pierre Téqui, , 238 p. (ISBN 978-2740313053)
  • Sœur Faustine Kowalska, Petit journal de Sainte Faustine : Jésus j'ai confiance en Toi, Apostolat de la Miséricorde divine, , 688 p. (ISBN 978-2917242025)
  • Pascal Frey, Sœur Faustine, Mediaspaul, coll. « Une pensée par jour », , 120 p. (ISBN 978-2712212933)
  • Ewa K. Czaczkowska et Sébastian Piotrowski (Traduction), Sœur Faustine : Biographie d'une sainte, Salvator, , 412 p. (ISBN 978-2706710308)
  • Sœur Faustine, Message de la miséricorde : De Jésus-Christ au monde actuel, Le Laurier, , 78 p. (ISBN 978-2864953791)
  • Père Patrice Chocholski, Prier 15 jours avec sœur Faustine, Nouvelle Cité, coll. « Prier 15 jours », , 82 p. (ISBN 978-2853138062)
  • Jean-Louis Fradon et Philippe Barbarin (Préface), Sainte Faustine : L’Évangile de la Miséricorde, Editions de l'Emmanuel, , 348 p. (ISBN 978-2353895083)

BD[modifier | modifier le code]

  • Francine Bay et Anne-Charlotte Larroque (Illustrations), Sainte Faustine, la messagère de Jésus miséricordieux, Tequi, coll. « Les petits pâtres », , 32 p. (ISBN 978-2740318775)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]