Fatou Bensouda

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Fatou Bensouda
Illustration.
Fonctions
Procureure générale de la Cour pénale internationale
En fonction depuis le
(8 ans, 8 mois et 11 jours)
Président Song Sang-hyun
Silvia Fernández de Gurmendi
Chile Eboe-Osuji
Prédécesseur Luis Moreno Ocampo
Successeur Karim Khan (désigné)
Ministre de la Justice
Procureure générale

(2 ans)
Président Yahya Jammeh
Prédécesseur Hawa Sisay-Sabally
Successeur Pap Cheyassin Secka
Biographie
Nom de naissance Fatou Bom Nyang
Date de naissance (60 ans)
Lieu de naissance Banjul (Gambie)
Nationalité Gambienne
Diplômée de Université Obafemi Awolowo
Profession Avocate
Religion Islam

Fatou Bensouda
Procureurs généraux de la Cour pénale internationale

Fatou Bom Bensouda, née le à Banjul, est une avocate gambienne, procureure générale de la Cour pénale internationale (CPI)[1], après en avoir été pendant huit ans procureure-adjointe.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Fatou Bensouda naît à Banjul au sein d'une famille musulmane polygame[2]. Son père a six enfants de l'une de ses épouses (la mère de Fatou) et sept enfants de sa seconde épouse[3]. Son père est fonctionnaire, sa mère travaille dans le service de restauration scolaire d'un lycée[3].

Formation[modifier | modifier le code]

Fatou Bensouda est très jeune intéressée par la défense des droits des personnes, notamment des femmes et assiste à des procès[3]. Après une scolarité secondaire brillante, elle devient quelque temps greffière au tribunal de Banjul[4]. Grâce à une bourse de l'État gambien, elle entreprend des études de droit au Nigéria, d'abord de 1982 à 1986 à l'université d'Ife, aujourd'hui nommée Université Obafemi-Awolowo. Puis à la Nigerian Law School de Lagos, où, en 1987, elle obtient un diplôme de droit, dit barrister at law[5].

Après trois années d'activité professionnelle, en 1990 elle s'inscrit à l'International Maritime Law Institute basé à Malte, une agence des Nations Unies qui lui décerne son diplôme de droit maritime en 1991[6]. Après être sortie du gouvernement gambien, Fatou Bensouda obtient d'autres diplômes, notamment en novembre 2001 un diplôme en bénévolat au sein du Comité international olympique à New York, ainsi qu'un diplôme d'études en langue française (DELF) 1er degré délivré par le ministère de la Jeunesse, de l'Éducation Nationale et de la Recherche de la République française[7].

En 1987, elle est admise au barreau en Gambie. La même année, elle est nommée conseillère auprès du gouvernement de Gambie de Dawda Jawara. En février 1994, elle obtient un poste de procureur.

Rôle dans le régime de Yahya Jammeh[modifier | modifier le code]

Après le coup d'État de juillet 1994, elle joue un rôle central en tant que solliciteur général et conseillère juridique auprès du président Yahya Jammeh. Elle est promue en 1996 procureur principal, jusqu'en 1998 où elle devient procureur général de Banjul et ministre de la Justice du gouvernement gambien[5],[8], fonction qu'elle occupe jusqu’à son licenciement en mars 2000.

Le régime de Yahya Jammeh est dénoncé pour son non respect des droits de l'homme[9] et est parfois considéré comme l'« une des pires dictatures du monde »[10]. Le régime est accusé par des organisations des droits de l'homme pour différents crimes[11] et pour avoir persécuté l'opposition et la presse[12].

Elle est remise en cause pour son rôle dans les crimes de la dictature militaire[13],[14],[15],[16]. Fatou Bensouda a « catégoriquement nié » les accusations concernant son rôle dans les crimes et les cas de tortures commis par le régime dont elle faisait partie[17].

Domaine privé[modifier | modifier le code]

Après sa fonction dans le régime de Yahya Jammeh, elle ouvre un cabinet d'avocat et prend la direction d'une banque de 2000 à 2002.

TPIR[modifier | modifier le code]

En mai 2002, elle devient conseillère juridique et substitut du procureur au Tribunal pénal international pour le Rwanda, à Arusha en Tanzanie[18].

Cour pénale internationale[modifier | modifier le code]

Depuis 2004, elle est en poste à la Cour pénale internationale de La Haye. Elle y est d'abord procureure adjointe du procureur général Luis Moreno Ocampo[1], puis elle lui succède, comme procureure générale le , et prête officiellement serment le . Elle a été choisie par les 120 États membres du tribunal, au terme d'un processus de sélection auquel participaient 52 candidats.

Elle est interdite de visa par le gouvernement américain à partir d'avril 2019. Ceci fait suite à la décision de son Bureau d’ouvrir une enquête sur des crimes de guerre présumés commis par l'armée américaine en Afghanistan[19].

En décembre 2019, le Premier ministre israélien l'accuse de « pur antisémitisme », déclarant : « On dit que les Juifs n’ont pas le droit de vivre dans le pays des Juifs, dans la Terre d’Israël. Eh bien, nous disons, honte à vous ». Elle avait affirmé ses intentions de mener une enquête sur le conflit israélo-palestinien qu'elle décrit comme « une enquête sur la situation en Palestine » et que des responsables israéliens, ainsi que des groupes armés palestiniens, avaient peut-être commis des crimes de guerre dans les zones revendiquées par les Palestiniens[20]. La Cour pénale internationale (CPI) se déclare effectivement compétente le 5 février 2021 pour les faits survenus dans les territoires palestiniens occupés, ce qui pourrait conduire à une enquête pour crimes de guerre. Cette décision est applaudie par l'Autorité palestinienne[21].

Le 2 septembre 2020, Fatou Bensouda est listée dans la base de données des personnalités faisant l'objet de sanctions des États-Unis (liste SDN), ce qui interdit à tous les citoyens et les entreprises américaines de faire des affaires avec elle[22].

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • Elle figure sur la liste des 100 personnes les plus influentes au monde en 2012 selon le magazine Time.
  • Jeune Afrique l’a désignée comme « l’une des 50 femmes africaines qui, de par leurs actions et leurs initiatives dans le cadre de leurs fonctions respectives, font avancer le continent africain (2014 et 2015) »[23].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Elle est mariée à un économiste et géographe maroco-gambien[3], devenu industriel. Ils ont deux enfants[24].

Fatou Bensouda est musulmane pratiquante[25]. Interrogée en 2011 sur le rôle de l'islam dans sa nouvelle fonction de procureure générale, elle a répondu : « Absolument, définitivement. L'islam, comme vous le savez, est une religion de paix et il vous donne cette force intérieure, cette capacité intérieure et un sens de la justice. Avec mon expérience, cela aidera beaucoup »[26].

L'une de ses sœurs est parlementaire, une autre fut la première femme journaliste à présenter le journal télévisé en Gambie, une autre travaille pour un programme des Nations unies destiné aux femmes[3].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « La Gambienne Fatou Bensouda élue procureure de la CPI », Le Monde et AFP, 12 décembre 2011
  2. « AFRIQUE 3.0. Fatou Bensouda, Gambie », sur Courrier international, (consulté le 6 décembre 2020)
  3. a b c d et e Annick Cojean, « Le monde à juger », M, le magazine du Monde,‎ , p. 42-44 (lire en ligne, consulté le 5 juillet 2013)
  4. « Oped Armed Conflict Fatou Bensouda », ONU Femmes | Le Programme d’action
    de Beijing a 20 ans
    ,‎ (lire en ligne, consulté le 1er septembre 2017)
  5. a et b (en) David Perfect, Historical Dictionary of The Gambia, Rowman & Littlefield, , 5e éd., 614 p. (lire en ligne), p. 59-60
  6. IMLI "Serving the Rule of International Maritime Law" page 6 « Class of 1991 : Ms. Fatou Bensouda (The Gambia) »
  7. Fatou Bensouda, Grands Avocats
  8. « Mme Fatou Bensouda, procureur de la CPI », site officiel de la CPI, consulté le 7 mai 2016.
  9. (en) Pa Nderry M'Bai, Gambia: The Untold Dictator Yahya Jammeh's Story, iUniverse, (ISBN 978-1-4759-6154-6, lire en ligne)
  10. (en-US) « President Yahya Jammeh: The Worst Dictator You've Never Heard Of », sur news.yahoo.com (consulté le 28 juillet 2020)
  11. (en) « Gambia pulls out of ‘racist’ ICC amid fears of a mass African exodus », sur The Independent, (consulté le 6 décembre 2020)
  12. (en-GB) « Africa's Fatou Bensouda is new ICC chief prosecutor », BBC News,‎ (lire en ligne, consulté le 6 décembre 2020)
  13. « Fatou Bensouda interpellée sur les crimes commis sous Jammeh en Gambie », sur allAfrica.fr, (consulté le 6 décembre 2020)
  14. « Bensouda accusée d'avoir tu les crimes commis sous Jammeh », sur amp.dw.com (consulté le 6 décembre 2020)
  15. « Fatou Bensouda affrontera-t-elle la Commission vérité en Gambie ? », sur www.justiceinfo.net (consulté le 6 décembre 2020)
  16. « Que savait Fatou Bensouda des crimes commis en Gambie sous le régime de Yahya Jammeh ? », sur Cameroonvoice, (consulté le 6 décembre 2020)
  17. « Gambie : Fatou Bensouda peut-elle être inquiétée par l’enquête sur le régime de Yahya Jammeh ? – Jeune Afrique », sur JeuneAfrique.com, (consulté le 6 décembre 2020)
  18. Cécile Sow, « CPI : la Gambienne Fatou Bensouda favorite pour succéder à Moreno-Ocampo », Jeune Afrique,‎ (lire en ligne)
  19. « CPI : Fatou Bensouda interdite de visa par les États-Unis », sur Africanews,
  20. « Fatou Bensouda : l'accusation d'antisémitisme de Netanyahu est "regrettable" », sur The Times of Israël, (consulté le 14 décembre 2020)
  21. Antoine Malo, « Fatou Bensouda, la procureure de la Cour pénale internationale qui défie Benjamin Netanyahou », sur Le JDD,
  22. « Washington sanctionne la Gambienne Fatou Bensouda, procureure de la CPI », sur VOA (consulté le 6 décembre 2020)
  23. Fatou Bensouda – Atténuer les guerres et les conflits, autonomiser les femmes, site Beijing20.unwomen.org, [lire en ligne]
  24. Alfred de Montesquiou, « Fatou Bensouda, procureur de la CPI », in Paris Match, du 28 juin au 4 juillet 2012, n°3293, page 107.
  25. « Fatou Bensouda, trait d’union entre la Cour et l’Afrique », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le 6 décembre 2020)
  26. (ar) « ICC’s new prosecutor on Arab conflicts, how Islam plays a role in guiding her and her vision for the international court », sur العربية,‎ (consulté le 6 décembre 2020)