Fatimata Mbaye

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Fatimata M'Baye
Fatimata M’baye of Mauritania.jpg
Biographie
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Distinctions

Fatimata Mbaye, ou Fatimata M'Baye, née vers 1957[4], est une avocate mauritanienne.

Mariée de force à l'âge de douze ans, elle lutte activement pour le droit des femmes et contre la discrimination des noirs. Pour ce combat, elle est emprisonnée et torturée durant 5 ans, dès 1986. Présidente de l'Association mauritanienne des droits de l'homme, son action est reconnue et a été récompensée à plusieurs reprises au niveau international.

Vie privée et formation[modifier | modifier le code]

Fatimata Mbaye est mariée de force, à l'âge de 12 ans, avec un homme de 45 ans. Elle déclare, à la suite de cette union « ma révolte a commencé là. Il y a eu des bagarres, des fugues, des crises » et dénoncera le viol conjugal qui n’est pas pénalisé en Mauritanie[5].

Elle est la mère de trois enfants : Salimata, Baba et Tidjan qui l’« appellent (...) notre grande sœur »[5].

Fatimata MBaye fait des études de droit à Nouakchott de 1981 à 1985 : elle est alors la seule femme à s’inscrire au barreau pour devenir avocate[5]. Elle est d'abord avocate généraliste, puis se spécialise dans la défense des enfants, puis celle des droits des femmes. Bien qu'il y ait d'autres femmes avocates en Mauritanie, en 2013, elle est toujours la seule à plaider[5].

Actions militantes[modifier | modifier le code]

En 1986, le Manifeste du Négro-Mauritanien opprimé est publié par des intellectuels noirs. Il est adressé aux chefs d'État africains réunis à la conférence des non-alignés au Zimbabwe. Le président mauritanien ordonne l'arrestation des auteurs, mais aussi d'enseignants et d'étudiants : Fatimata MBaye est aussi arrêtée. Elle est de nouveau arrêtée en 1991, avec des militaires, puis en 1998 dans sa lutte contre l'esclavagisme. Ayant été victime d'abus en prison, elle rend visite régulièrement aux prisons de femmes et de mineurs, au service des « sans droits » et « sans voix » qu'elle défend gratuitement[6].

Le , elle participe à une manifestation à Nouakchott contre les violences faites aux femmes. Elle réclame aussi des quotas de 20 % pour l'emploi des femmes[5].

Le , le conseil national des barreaux français et son équivalent italien, relancent l'observatoire international des avocats en danger : il sera co-présidé par Fatimata Mbaye et Robert Badinter[7].

Récompenses[modifier | modifier le code]

Divers[modifier | modifier le code]

En 2015, elle fait partie du « Top 50, des femmes les plus puissantes d’Afrique », selon l'hebdomadaire panafricain Jeune Afrique[3].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Stadt Nürnberg/ Online-Büro, « Fatimata M'Baye - Human Rights Office of the City of Nuremberg », sur www.nuernberg.de (consulté le 14 septembre 2017)
  2. (es) « FATIMATA MBAYE. “No comprendieron nada, nació una rebelde” », sur blog de maria castroserantes, 3 juin de 2015 (consulté le 14 septembre 2017)
  3. a et b Michael Pauron, « Top 50 : les femmes les plus puissantes d’Afrique », sur Jeune Afrique.fr, (consulté le 16 janvier 2016).
  4. La plupart des sources indiquent 1957[1], mais certaines avancent d'autres dates, notamment le 21 décembre 1955[2], ou bien vers 1958[3].
  5. a b c d et e Nathalie Lacube, « Chaînes brisées », sur La Croix.com, (consulté le 18 janvier 2015).
  6. « Maître Fatimata Mbaye la très grande dame des droits mauritanient », sur mozaikrim.com (consulté le 18 janvier 2015).
  7. « Un Observatoire international pour les avocats », sur Le Figaro.fr, (consulté le 18 janvier 2015).
  8. a et b « Fatimata Mbaye médaillée d'or de la ville de Grenoble », sur Le Calame.info, (consulté le 18 janvier 2015).
  9. (en) « Site dédié aux héros du "TIP Report (rapport sur le trafic des êtres humains », sur tipheroes.org (consulté le 16 janvier 2016).