Far East Combined Bureau

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Le FECB ou Far East Combined Bureau, un des deux avant-postes du GC&CS de Bletchley Park, est installé à Hong Kong en mars 1935, afin de suivre les transmissions japonaises, chinoises et soviétiques. Plus tard, le FECB est déplacé à Singapour, Colombo (Ceylan), enfin à Kilindini (Kenya). L'autre avant-poste de BP est le Wireless Experimental Centre de Delhi.

Hong Kong[modifier | modifier le code]

Le FECB est sis dans un immeuble de bureaux du chantier naval. Une sentinelle peu discrète devant la porte. À Stonecutters Island, de l'autre côté du port, le site d'interception est armé par une douzaine d'hommes de la RAF et de la RN (et, plus tard, par quatre transmetteurs de l'armée de terre). La section de décryptage comprend des interprètes de russe et de chinois, sous la direction du trésorier de marine Shaw, avec Dick Thatcher et Neil Barnham. Le FECB est commandé par le COIS (Chief of Intelligence Staff), capitaine de vaisseau Waller, puis capitaine de vaisseau Wylie.

Ayant pris l'habitude de traiter directement avec le GC&CS et le Commandement en chef Extrême-Orient à Shanghai, Shaw s'aperçoit que Waller veut que tout passe par lui, et qu'il se moque de la confidentialité des sources. En 1936, les deux officiers se parlent à peine. À son arrivée, le colonel Burkhart juge que le bureau est en pleine guerre de plates-bandes. Finalement, les deux rivaux admettent qu'ils n'ont aucune prise sur l'exploitation de leurs compte-rendus.

Au départ, la section Y se concentre contre les trois principaux codes japonais, le Chiffre Naval Général, le Code des Officiers Généraux et le “tasogare” code basique qui sert à rendre compte des déplacements des navires. En 1938, une section est créée pour d'attaquer les trafics commerciaux japonais, afin de pister les convois de ravitaillement. À partir de 1936, nombreux sont les messages envoyés à Londres pour y être décryptés par John Tiltman, qui casse le JN-25a en 1939[1].

Singapour[modifier | modifier le code]

En août 1939, le FECB passe à Singapour, à bord du HMS Birmingham. Le plastron laissé à Hong-Kong, un décrypteur (Alf Bennett) et quatre radio-intercepteurs, est capturé par les Japonais, à la Noël 1941.

FECB va à la base navale de Seletar, la station d'interception de Kranji. Une unité de décryptage de la RAF (52 Wireless Unit) arrive à Singapour, début novembre 1941[2]. Comme BP se concentre contre les trafics Enigma, beaucoup de la section navale japonaise de la Hutte 7 sont mutés au FECB, Singapour. En mai 1940, les quarante personnes qui travaillent sur le JN-25 uniquement, sont capables de lire des messages simples. Introduit le 1er décembre 1941, le JN-25b est immédiatement brisé, puisque les additifs sont les mêmes[3].

Le FECB coopère avec la station CAST de l'OP-20-G de Corregidor, mieux située pour intercepter les trafics de la marine impériale japonaise. Le FECB ne reçoit que la flotte japonaise depuis ses eaux territoriales, et de nuit. Le FECB collabore avec la station d'interception 6 de l'US Army à Fort McKinley, près Manille. BP expédie une machine américaine PURPLE, à bord d'un navire de guerre. À Durban, la machine est transbordée sur le chargeur Sussex. Le capitaine jure avoir mis la machine à terre, aux entrepôts de la flotte de Singapour, fin décembre 1941, mais le chef des entrepôts affirme ne rien savoir. Puisse la machine avoir été détruite ou jetée à la baille ! Par contre, la machine Hollerith (trieuse à cartes perforées), moins une pièce vitale qu'il faudra emprunter aux chemins de fer indiens de Bombay, arrive intacte à Colombo[4].

FECB coopère avec la « Kamer 14 (salle 14) », unité hollandaise sise au collège technique de Bandung, Java. Quelques-uns du FECB y transitent, après la chute de Singapour[5]. Un officier de la Kamer 14, capitaine de corvette Brouwer de la marine hollandaise, est évacué à Colombo, puis Kilindini, enfin à BP, Hutte 7.

Colombo, Ceylan[modifier | modifier le code]

Quand les Japonais envahissent la péninsule malaise, les terriens et les aviateurs du FECB passent au Wireless Experimental Centre de Delhi, Inde.

Les marins du FECB passent à Colombo (Ceylan) en janvier 1942, à bord du transport de troupes HMS Devonshire (les douze automobiles des décrypteurs voyagent sur le pont). Pembroke College, école de garçons indiens, devient station combinée d'interception et de décryptage. Le FECB rend compte à l'amiral Somerville, commandant la flotte d'Extrême-Orient.

Kilindini, Kenya[modifier | modifier le code]

En avril 1942, la plupart des décrypteurs marins de Colombo partent pour Kilindini, près Mombasa (Kenya), à l'abri de la flotte japonaise. Deux décrypteurs et les sans-filistes civils restent à Colombo. Le FECB réquisitionne l'école indienne de garçons d'Allidina, un mile de Mombasa, avec vues sur l'océan indien. Le centre est baptisé HMS Allidina[6].

L'interception est encore pire qu'à Colombo, seuls les plus forts signaux sont reçus. Le belliqueux Fabian de FRUMEL répugne à troquer les trafics captés. Toutefois, en septembre, le FECB brise JN-40, code de la marine marchande japonaise, dès qu'un message est émis deux fois avec des variantes. JN-40 est un chiffre par transposition, pas un code surchiffré comme JN-25. Également brisés, JN-152, un simple chiffre par transposition et substitution qui sert aux alertes de navigation, et l'impénétrable JN-167, encore un chiffre de la marchande[7]. Ces succès permettent aux sous-marins alliés de torpiller les convois ennemis. En août 1945, la marchande japonaise est détruite à 90%.

Retour à Colombo[modifier | modifier le code]

Le FECB revient à Colombo, à compter d'août 1943. Le détachement précurseur arrive à Ceylan le 1er septembre. Le site choisi est le golf d'Anderson, à 6 miles de Colombo. Le centre est baptisé HMS Anderson. Bruce Keith aurait préféré un site en altitude, mais le directeur du renseignement de la Flotte Orientale insiste pour avoir ses décrypteurs à portée de la main. Meilleure qu'à Kilindini, la réception est gênée par une ligne à haute tension et par l'aérodrome voisin[8].

Conclusion[modifier | modifier le code]

Michael Smith écrit : "Les décrypteurs (tels John Tiltman, Hugh Foss et Eric Nave) commencent tout juste à recevoir la reconnaissance qu'ils méritent pour avoir brisé les codes et chiffres japonais"[9].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Smith (2001) p. 130-133
  2. Smith (2000) page 95
  3. Smith (2000) page 79
  4. Smith (2000) page 105-107
  5. Smith (2000) page 106 & (2001) p. 133-138
  6. coastweek.com
  7. Smith (2000) page 195 & (2001) p. 140-143
  8. Smith (2000) page 207
  9. Smith (2001) page 151

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Elphick, Peter: Far Eastern File: The Intelligence War in the Far East 1930-1945 (1997 & 1998, Hodder & Stoughton, London) ISBN 0-340-66584-X
  • Jenkins, David: Battle Surface: Japan’s Submarine War against Australia 1942-44 (1992, Random House Australia) ISBN 0-09-182638-1
  • Smith, Michael: The Emperor’s Codes: Bletchley Park and the breaking of Japan’s secret ciphers (2000, Bantam London) ISBN 0-593-04642-0
  • Smith, Michael and Erskine, Ralph (editors): Action this Day (2001, Bantam London; pages 127-151) ISBN 0-593-04910-1 (Chapter 8: An Undervalued Effort: how the British broke Japan’s Codes by Michael Smith)
  • Stripp, Alan: Codebreaker in the Far East (1989, Oxford University Press) ISBN 0-19-280386-7

Articles connexes[modifier | modifier le code]