Fanny Eaton

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Fanny Eaton
Stocks, Walter Fryer, Mrs. Fanny Eaton, ca. 1859.jpg
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Fanny Eaton, née le dans la paroisse de Saint Andrew (Jamaïque) et morte le à Acton (Royaume-Uni), est une modèle et une employée de maison jamaïcaine.

Elle est surtout connue pour son travail de modèle pour le cercle des Préraphaélites entre 1859 et 1867. Elle est, entre autres, représentée dans l'œuvre The Mother of Moses de Simeon Solomon exposée à la Royal Academy de Londres en 1860.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Fanny Eaton naît Fanny Antwistle ou Entwhistle[1], le 23 juin 1835 dans la paroisse de Saint Andrew, en Jamaïque. Sa mère, Matilda Foster, une femme d'origine africaine serait née esclave. Aucun père n'a été nommé sur l'acte de naissance, ce qui laisse penser que Fanny Eaton est née d'une union illégitime[2]. Sa mère et elle se rendent en Angleterre dans les années 1840. En 1851, Fanny Eaton est enregistrée comme vivant à Londres et travaillant comme domestique. En 1857, elle épousa James Eaton[3], propriétaire et chauffeur de cabines de chevaux, né le à Shoreditch. Ensemble, ils ont 10 enfants[4].

Carrière[modifier | modifier le code]

Fanny Eaton commence à poser comme modèle par nécessité financière pour subvenir aux besoins de sa famille. Ses traits distinctifs sont choisis par les artistes pour dépeindre une variété d'ethnies et de personnages. Les premières études connues qui la représentent sont des croquis au crayon de l'artiste Simeon Solomon réalisés en 1859[5]. Ces croquis ont servi de préparation de l'œuvre The Mother of Moses, aujourd'hui conservée au Delaware Art Museum[6]. Deux dessins spécifiques de cette série montre Fanny Eaton prenant la forme des deux figures bibliques de Yokébed et Myriam. Le tableau fini est exposé à la Royal Academy en 1860.

Fanny Eaton semble avoir travaillé avec d'autres artistes, amis de Simeon Salomon, parmi lesquels William Blake Richmond et Albert Joseph Moore. On retrouve son visage dans le tableau de William Blake Richmond intitulé The Slave daté de 1886. L'œuvre fait aujourd'hui partie des collections de la Tate, suite à un achat en 1995[7].

En 1865, Dante Gabriel Rossetti la représente en demoiselle d'honneur dans son œuvre The Beloved[8]. Elle apparaît également dans un dessin à la craie noire de l'artiste, maintenant conservé au Cantor Arts Center de l'Université de Stanford[9].

Le tableau Jephthah (1867) de John Everett Millais montre également Fanny Eaton debout sur le côté droit[10]. Elle est également présente dans les œuvres entre autres de Joanna Mary Boyce[11],[12] et Rebecca Solomon[13].

Bien que la carrière de modèle de Fanny Eaton semble avoir été courte, le corpus d'œuvres dans lequel elle figure est assez vaste. Dans une lettre à Ford Madox Brown[14], Dante Gabriel Rossetti fait l'éloge de la modèle pour sa beauté incomparable et sa « tête très fine »[15], un exploit non négligeable étant donné que l'époque est tristement célèbre pour ses normes de beauté rigides et ses préjugés raciaux.

Par sa présence, Fanny Eaton représente un groupe social souvent exclus de représentations traditionnelles. Son apparition dans les peintures attire l'attention sur personnes noires dans la société victorienne, mettant en avant les attentes sociétales des femmes noires. L'art de l'époque dépeignait généralement les personnes de couleur comme des personnages décoratifs, elles étaient rarement considérées comme des modèles de premier plan[réf. nécessaire].

Décès[modifier | modifier le code]

En 1881, alors devenue veuve, Fanny Eaton travaille comme couturière[16]. Puis, au cours des dernières années de sa vie, elle a travaillé comme domestique sur l'île de Wight pour un marchand de vin et sa femme, John et Fanny Hall[17]. En 1911, elle réside avec sa fille Julia, son gendre Thomas Powell et ses petits-enfants Baden et Connie Powell à Hammersmith[18].

Fanny Eaton meurt à Acton le 4 mars 1924 à l'âge de 89 ans de sénilité et de syncope.

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

En 2018, pour célébrer le 100e anniversaire du droit de vote des femmes, le journal The Voice a répertorié Fanny Eaton - aux côtés de Kathleen Wrasama, Olive Morris, Connie Mark, Diane Abbott, Lilian Bader, Margaret Busby et Mary Seacole - parmi huit femmes noires qui ont contribué au développement de la Grande-Bretagne[19].

En octobre 2019 à janvier 2020, elle était l'une des 12 femmes incluses dans l'exposition Pre-Raphaelite Sisters à la National Portrait Gallery de Londres[20],[21].

Le 18 novembre 2020, un Google doodle lui rend hommage[22].

Voir également[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jan Marsh, Belonging in Europe - The African Diaspora and Work, Routledge, (ISBN 9781317989769), « Pictured at Work: Employment in Art 1800-1900 »
  2. Giles, Laura M., « New Acquisition: Walter Fryer Stocks's Mrs. Fanny Eaton », Princeton University Art Museum
  3. (en) Caroline Bressey et Hakim Adi, Belonging in Europe - The African Diaspora and Work, Routledge, (ISBN 978-1-317-98976-9, lire en ligne)
  4. (en) « Fanny Eaton: Jamaican Pre-Raphaelite muse | Art UK », sur artuk.org (consulté le 8 octobre 2020)
  5. (en) Skye Sherwin, « Joanna Boyce Wells’s Study of Fanny Eaton: strong and graceful », sur Guardian, (consulté le 8 octobre 2020)
  6. (en) Anna-Marie Crowhurst, « Fanny Eaton: Pre-Raphaelite muse & Victorian Britain’s most visible black woman », sur Stylist, (consulté le 8 octobre 2020)
  7. (en-GB) Tate, « ‘The Slave’, Sir William Blake Richmond, c.1886 », sur Tate (consulté le 8 octobre 2020)
  8. Jan Marsh et Manchester City Art Gallery, Black Victorians: black people in British art 1800-1900, Lund Humphries, (ISBN 0853319308)
  9. Virginia Surtees, The Paintings and Drawings of Dante Gabriel Rossetti (1828–1882), Oxford, Clarendon Press, , 204 no.556 p.
  10. « Amgueddfa Cymru — National Museum Wales »
  11. Pina, Stephanie Graham (3 February 2014), "Image of the Week: Head of Mrs. Eaton by Joanna Boyce Wells". Pre-Raphaelite Sisterhood.
  12. (en-US) Peter Saenger, « Women Who Shaped a Movement », Wall Street Journal,‎ (ISSN 0099-9660, lire en ligne, consulté le 8 octobre 2020)
  13. Ferrari, Roberto C., 2014, "Fanny Eaton: The 'Other' Pre-Raphaelite Model", Columbia University Academic Commons, DOI:10.7916/D8X92900.
  14. (en-US) « 'They Seized the Opportunities': A New Exhibition Tells the Remarkable Stories of the Women of the Pre-Raphaelite Movement », sur artnet News, (consulté le 8 octobre 2020)
  15. (en-GB) Judy Raymond | Issue 143, « Fanny Eaton: forgotten beauty », sur Caribbean Beat Magazine, (consulté le 8 octobre 2020)
  16. « New Acquisition | Walter Fryer Stocks's Mrs. Fanny Eaton | Princeton University Art Museum », sur artmuseum.princeton.edu (consulté le 8 octobre 2020)
  17. « Fanny Eaton | British Museum », sur www.britishmuseum.org (consulté le 8 octobre 2020)
  18. (en) Mary Ellen Snodgrass, Women's Art of the British Empire, Rowman & Littlefield, (ISBN 978-1-5381-2690-5, lire en ligne)
  19. Sinclair, Leah (6 February 2018), "Suffrage 100: The Black Women Who Changed British History", The Voice.
  20. (en-US) Lizzy Vartanian Collier, « Pre-Raphaelite Women Don't Quite Get Their Due », sur Hyperallergic, (consulté le 8 octobre 2020)
  21. « Hommage à Fanny Eaton », sur www.google.com (consulté le 18 novembre 2020)

Liens externes[modifier | modifier le code]