Famille de Montréal (Bourgogne)

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Les Anséric furent les seigneurs de Montréal (bourg fortifié proche d'Avallon) du XIe siècle au XIIIe siècle.

Cette puissante famille, vassale des ducs de Bourgogne et des comtes de Champagne, compta parmi ses membres Anséric III, sénéchal de Bourgogne de 1150 à sa mort, puis Anséric IV, grand sénéchal de Bourgogne. Elle possédait de nombreuses terres, tant en Bourgogne qu'en Champagne. On doit à Anséric II la construction de la collégiale de Montréal. Anséric IV épousa Sybille, nièce du duc de Bourgogne. Le dernier, Anséric VII, devenu seigneur pillard, fut dépossédé de ses biens par le duc de Bourgogne en 1255 et enfermé dans la forteresse de Châtel-Gérard.

Historique[modifier | modifier le code]

Pierre tombale d'Anséric et de son épouse Nicole de Vergy.

Montréal est déjà une seigneurie importante lorsqu'apparaît vers la fin du XIe siècle le premier Anséric, d'une famille champenoise originaire de Chacenay et apparentée aux sires de Noyers. Mais le bourg a été pillé par les Normands et assiégé plusieurs fois par le comte de Nevers, Landry, au début du XIe siècle. En effet, par son emplacement aux limites du duché de Bourgogne et des comtés de Champagne et de Nevers, par la configuration naturelle de son site, Montréal suscite la convoitise et les assauts de ses puissants voisins.

Les premiers Anséric relèvent la petite cité de ses ruines, favorisent son développement en encourageant le commerce et en l'entourant de remparts. Ils se constituent une seigneurie dans l'Avallonnais et le Tonnerrois. Vassaux des ducs de Bourgogne, ils dépendent également des comtes de Champagne pour certaines de leurs terres. Par un habile jeu politique, ils s'attirent ainsi les bonnes grâces des uns et des autres.

Saint-Bernard prêchant la deuxième croisade à Vézelay en 1146.

Dans la seconde moitié du XIIe siècle, les seigneurs de Montréal accèdent aux premières places du duché : Anséric III reçoit la fonction de sénéchal de Bourgogne, c'est-à-dire de chef des armées ducales, de son retour de croisade en 1150 jusqu'à sa mort en 1174. Son fils Anséric IV accède à la même dignité ; il meurt en croisade au siège de Saint-Jean-d'Acre en 1191. Plusieurs actes donnent à Anséric IV le titre de comte de Montréal, titre qui n'était porté que par les plus grands seigneurs.

La réussite des Anséric, comme il était fréquent à l'époque, passe également par des alliances prestigieuses : en 1170 Anséric IV épouse Sybille, fille de Hugues le Roux et nièce du duc Eudes II. Les Anséric avaient contracté des alliances avec les maisons de Montbard, de Courtenay, de Vergy, de Thil, de Saint-Florentin, etc. Ils eurent aussi Arcis (par le mariage d'Anséric III) et Pisy.

Pierre tombale du dernier Anséric.

Les Anséric œuvrent pour le salut de leur âme par de nombreuses fondations religieuses : collégiale et chapitre de Montréal, prieurés de Montréal, de Saint-Jean les Bonhommes, de Vausse (1200). Un fils d'Anséric IV, Hugues de Montréal, est même évêque de Langres de 1219 à 1232.

Pourtant Anséric VII, dernier du nom, laisse derrière lui un sinistre souvenir. Ruiné, il opprime des établissements religieux et assassine un chanoine. Le roi saint Louis ordonne au duc de Bourgogne Hugues IV de mettre fin aux agissements de son vassal. Celui-ci le déposséde de ses biens et titres en 1255 et le fait enfermer à Châtel-Gérard, dans l'ancien château des Anséric.

Le duc donne la seigneurie de Montréal à son fils cadet Hugues, également vicomte d'Avallon. Il en fait sa résidence principale et est dès lors connu sous le nom d'Huguenin de Montréal. À sa mort en 1288, Montréal est annexé par les ducs de Bourgogne, qui y nomment un capitaine et y séjournent de temps à autre.

Si les Anséric de Montréal se sont éteints avec Anséric VII, une branche distincte issue d'Anséric III subsiste : celle des Beauvoir-Chastellux puis Chastellux, qui possède encore le château de Chastellux.

Blasonnement[modifier | modifier le code]

Blason Anseric de Montreal (Yonne).svg

Blason des Anséric (au début du XIIe siècle)
d'azur à une bande ondée d'or.

Après l'affranchissement de Montréal en 1228, ce blason est resté celui de la commune[1].

Les principaux Anséric[modifier | modifier le code]

Note : la numérotation des Anséric est donnée sous réserve, les textes étant souvent contradictoires.

Spectacle historique[modifier | modifier le code]

L'histoire des Anséric et de Montréal du XIe siècle au XIIIe siècle est racontée dans le spectacle de rue historique « Le vœu d'Anséric », présenté en juillet et août par les bénévoles de l'association "Montréal en lumière" (site officiel).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ernest Petit, « Seigneurie de Montréal-en-Auxois », Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne,‎ année 1865, 19e volume (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Victor Petit, Description des villes et campagnes du département de l'Yonne, librairie Voillot, Avallon, (réimpr. 2001)
  • Ernest Petit, « Seigneurie de Montréal-en-Auxois », Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne,‎ année 1865, 19e volume (lire en ligne)
  • association Lignes d'Horizon - Geneviève Honig, Montréal dans l'Yonne - haut lieu de Bourgogne

Articles connexes[modifier | modifier le code]