Famille de Viry

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famille de Viry
Armes de la famille.
Armes de la famille : famille de Viry

Blasonnement Palé d'argent et d'azur
Palé d'argent et de gueules (alias d'azur), à la bande de gueules, brochante sur le tout
Pays ou province d’origine Comté de Genève
Allégeance Maison de Genève, Maison de Savoie
Fiefs tenus Viry
Charges baillis de Savoie ; conseillers d'État ; ministres plénipotentiaire ; diplomates
Fonctions militaires chevaliers croisés ; chevaliers de l'ordre de Saint-Jean ; officiers

La famille de Viry est une famille noble savoyarde d'extraction chevaleresque, sur preuve de 1160. Elle est originaire du comté de Genève, issue de la famille de Sallenove. Elle appartient depuis 1860, date de l'Annexion de la Savoie à la France, sous le Second Empire, à la noblesse française subsistante[1]. Elle est admise aux Honneurs de la Cour de France en 1763[1].

Un vieux dicton indique : « Terny (Ternier), Viry, Compey sont les meillous maisons du Genevey, Salenove (Sallanuvaz) e Menton ne les craignons/cedons pas d'un bouton »[2],[3],[4],[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

La famille de Viry est issue de la famille de Sallenove[6], qui selon l'archéologue genevois Louis Blondel (1885-1967) serait issue de la famille de Chaumont, tout comme la famille de Vidomne de Chaumont[7],[8]. La première mention d'un membre de la famille de Sallenove est dans un document de 1142[6]. Les membres de la famille portent sans distinction les noms de Sallenove, Viry ou Sallenove-Viry ou encore Viry-Sallenove[6],[9],[10].

Entre la fin du XIe siècle et le début du siècle suivant, la dame de Viry, Adélaïde, fait une donation au prieuré de Saint-Victor de Genève, soit l'ensemble des droits sur Essertet (aujourd'hui Viry)[ReG 1].

En 1239, une branche cadette porte le nom seul de Viry[6],[9]. Hugues II de Viry, par testament du , donne naissance à deux branches cadettes avec ses deux fils, Aimon et Guillaume (Vulliuerme)[6],[11],[12], « bien qu'ilz feussent ysseuz de mesme tige ont respectivement prins le nom de leur partage »[13]. Le premier reçoit la seigneurie de Sallenove, le second la terre de Viry[11].

En 1259, une transaction s'effectue entre le comte de Genève, Rodolphe, et le damoiseau Guillaume de Viry, ce dernier obtenant les dîmes antiques et novales de Chenay, le revenu annuel sur le péage dit de Chamieria[ReG 2].

Au cours du XIIIe siècle, l'avouerie de la chartreuse de Pomier est donnée par le comte de Genève Guillaume II à la famille de Viry[14]. En 1252, le comte signe un document, avec l'ensemble de sa famille, où il confirme les donations faites par son père Guillaume Ier en 1179[14],[ReG 3],[ReG 4],[15]. Il profite de cet acte pour les renouveler et les déclarer perpétuels[ReG 4].

Dans la seconde moitié du XVIe siècle, la branche cadette obtient par l'achat les biens de la branche aînée de Sallenove, qui est ruinée[10].

À partir de 1831, la chartreuse de Pomier, situé sur le territoire de la commune de Présilly, est transformée par les Viry en ferme[16],[17]. L'ensemble passe à Mme de Drée, issue de la famille de Viry, avant d'être revendu à la famille Girod[17].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de la famille de Viry

Les armes de la famille de Viry se blasonnent ainsi :

Palé d'argent et d'azur[9] ou encore Palé d'argent et de gueules (alias d'azur), à la bande de gueules, brochante sur le tout[18].

Devise : A VIRTUTE VIRI[19]

Blason famille fr Viry.svg

Titres et possessions[modifier | modifier le code]

Les Viry sont comtes puis barons (1484) de Viry[10],[9]. La famille de Viry réside au château de Viry reconstruit au XVIIIe siècle[19], qui fait place à l'ancienne maison-forte du Moyen Âge de la seigneurie, située dans la commune du même nom, en Haute-Savoie, et elle en conserve la propriété jusqu'au début du XXIe siècle[20].

Ils sont seigneurs puis barons de Mont-le-Vieux (1366), Rolle (1455)[21], Coppet (1484)[10],[22]. La famille détient le château de Rolle de 1455 à 1525[23].

Ils sont également[9] :

Des membres de la famille ont été châtelains[24] :

Personnalités[modifier | modifier le code]

  • Amédée de Viry devient en 1366 seigneur de Mont-le-Vieux[26].
  • Amédée II de Viry, seigneur de Mont-le-Vieux, obtient en 1409 l’inféodation du château de Luins et de son territoire[27].
  • Guillaume de Viry (v.1400-1474), châtelain de Cruseilles, conseiller et maître d'hôtel du duc Louis Ier de Savoie, nommé président de la Chambre des Comptes de Chambéry, par patentes du 29 septembre 1452. Il fut commandant des lances dans l'expédition contre le duc de Milan en 1426 [28].
  • Amédée III de Viry, chambellan , conseiller et ambassadeur du duc de Savoie, est à l'origine en 1490 du couvent de dominicains à Coppet [10]. Pour son sceau (1474), voir Galbreath[29].
  • Clauda, dame de Viry, vend en 1436 sa maison forte des Vaux à Gilly, domaine qui fera partie par la suite du Château de Vincy[30].
  • Michel de Viry, baron de Rolle, acquiert en 1520 le four banal de Gilly pour le donner à la chapelle Saint-Antoine en l’église de ce lieu[31].
  • Jean de Viry, seizième descendant d'Hugues Ier de Viry (1006). Il représente la branche cadette et il hérite en 1544 la seigneurie de Viry de la branche aînée en voie d'extinction, « en vertu des pactes de famille ». Il porte le titre de baron de Viry. Il est le fondateur de l'actuelle famille de Viry subsistante[32].
  • Marin de Viry, comte de Viry en 1598. Il exerce le commandement des troupes du duc Charles-Emmanuel de Savoie face aux Bernois. En 1562, il accompagne le duc de Savoie-Nemours à la Cour de France[9].
  • François-Joseph-Marie Henry de Viry ;
  • Albert (Gaspard Eugène) de Viry (1709-1794), baron, lieutenant-général de la cavalerie de Savoie, gouverneur de Pignerol, chevalier de l'Annonciade en 1780, mort à Turin le 6 janvier 1794, sans postérité[9].
  • Albert Eugène François de Viry (1784-1813), chambellan de l'Empereur Napoléon Ier. Mort à Viry en 1813, sans postérité[9].
  • Jean de Viry (1865-1937), ESM Saint-Cyr, Promo de Châlons - 1886-1888, général de Brigade, officier de l'Ordre de la Légion d'Honneur.
  • Pierre de Viry (?), continuateur de l'Armorial et nobilaire de l'ancien duché de Savoie du comte Amédée de Foras.

Des membres de la famille sont des religieux, notamment des chanoines au chapitre de Saint-Pierre à Genève[10].

Alliances[modifier | modifier le code]

Alliances anciennes[modifier | modifier le code]

Familles : d'Allinges, du Châtelard, de Châtillon, de Chevron Villette, de Compey, de Cordon, Costa de Beauregard, du Crest, de Drée, de Foras, de Genève, de Gerbais, de Grolée, de La Balme, de La Forest, de La Grave, de Lucinge, de Mareschal, de Menthon, de Morand de Gonfignon, du Nant, d'Oncieu, de Pelly, Piochet de Salins, de Rossillon, de Sallenove, de Seyssel, de Ternier, de Thiollaz[9].

Alliances contemporaines[modifier | modifier le code]

Familles : de Becdelièvre, de Berger, Chéreil de Rivière, Capitant de Villebonne, de Chevron Villette, de Foras, de Guillebon, de La Motte de Broöns de Vauvert, de La Moussaye, de Méhérenc de Saint-Pierre, de Menthon, de Montagnac, de Montfort, Passerat de La Chapelle, de Piolenc, de Rivoire, de Ville de Ferrières, de Villoutreys de Brignac, de Willecot de Rincquesen[36].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Baud, Jean-Yves Mariotte, Jean-Bernard Challamel, Alain Guerrier, Histoire des communes savoyardes. Le Genevois et Lac d'Annecy (Tome III), Roanne, Éditions Horvath, , 422 p. (ISBN 2-7171-0200-0).
  • Paul Bissegger, Les Monuments d'art et d'histoire du canton de Vaud VII, Rolle et son district, Société d'histoire de l'art en Suisse, coll. « Monuments d'art et d'histoire de la Suisse », (ISBN 978-3-03797-029-4).
  • Louis Blondel, Châteaux de l'ancien diocèse de Genève, vol. 7, Société d'histoire et d'archéologie de Genève (réimpr. 1978) (1re éd. 1956), 486 p..
  • André Borel d'Hauterive, Annuaire de la Noblesse de France et des Maisons souveraines, vol. A18, Grenoble, Allier Frères, (ISSN 2019-8086, lire en ligne), p. 388-389.
  • Georges Chapier, Châteaux savoyards - Faucigny et Chablais, vol. 5, Grenoble, Éditions Revue Les Alpes, , 410 p..
  • Georges Chapier, Châteaux Savoyards : Faucigny, Chablais, Tarentaise, Maurienne, Savoie propre, Genevois, Éditions La Découvrance, coll. « L'amateur Averti », , 410 p. (ISBN 978-2-8426-5326-2).
  • Jean-Louis Grillet, Dictionnaire historique, littéraire et statistique des départements du Mont-Blanc et du Léman, contenant l'histoire ancienne et moderne de la Savoie, vol. 3, t. 2, Chambéry, J.F. Puthod, , p. 435-445 « VIRY. De la maison de Viry ». (lire en ligne)
  • Comte Amédée de Foras, Armorial et nobiliaire de l'ancien duché de Savoie, vol. 5, Grenoble, Allier Frères, 1863-1966, p. 345-384, 510-520
  • Marin de Viry, Mémoires d'un snobé, Pierre Guillaume de Roux éditions, 2012.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Régeste genevois[modifier | modifier le code]

Actes publiés dans le Régeste genevois (1866), que l'on peut consulter en ligne dans le Répertoire chronologique des sources sur le site digi-archives.org de la Fondation des Archives historiques de l'Abbaye de Saint-Maurice (Suisse) :

  1. Acte publié entre 1078 et 1120 (REG 0/0/1/238).
  2. Transaction du (REG 0/0/1/913). Il s'agit probablement de Chavannaz que l'on retrouve dans le Regeste dans un acte précédent de 1253 (REG 0/0/1/855).
  3. Acte de l'année 1179 (REG 0/0/1/415).
  4. a et b Acte de l'année 1252 (REG 0/0/1/846).

Autres références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Régis Valette, Catalogue de la noblesse française, Chapitre 46 « Savoie », p. 191.
  2. Grillet, p. 28 (vol. III) (lire en ligne).
  3. Léon Menabrea, Des origines féodales dans les Alpes occidentales, Imprimerie royale, , 596 p., p. 279.
  4. Histoire des communes savoyardes 1981, p. 467, « Les Seigneurs de Ternier ».
  5. Abel Jacquet, Sur le versant du Salève : la chartreuse de Pomier. D'après le manuscrit d'André Folliet, Annecy, Académie salésienne, , 210 p. (lire en ligne), p. 7.
  6. a b c d et e Martine Piguet, « Sallenove, de » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne.
  7. Blondel 1956, p. 71.
  8. Histoire des communes savoyardes 1981, p. 359-360, « La seigneurie et le château de Sallenôve ».
  9. a b c d e f g h i et j Foras, p. V5 - pp.345-384.
  10. a b c d e et f Roberto Biolzi, « Viry, de » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne.
  11. a et b Grillet, p. 437 (lire en ligne).
  12. Blondel 1956, p. 193.
  13. Archivum heraldicum, Volumes 27 à 28, 1913, p. 180.
  14. a et b Abel Jacquet, Sur le versant du Salève : la chartreuse de Pomier. D'après le manuscrit d'André Folliet, Annecy, Académie salésienne, , 210 p. (lire en ligne), p. 10-11.
  15. Duparc 1978, p. 184 (Lire en ligne).
  16. Paul Guichonnet, Nouvelle encyclopédie de la Haute-Savoie : Hier et aujourd'hui, La Fontaine de Siloé, , 399 p. (ISBN 978-2-8420-6374-0, lire en ligne), p. 161, Article de P.G. « La chartreuse de Pomier ».
  17. a et b Chanoine Marie Rannaud (ancien archiprêtre de Saint-Julien), La Chartreuse de Pomier : diocèse d'Annecy (Haute-Savoie) 1170-1793, J. Abry, , 344 p., p. 313.
  18. Borel, p. 388-389.
  19. a et b Grillet, p. 435-434.
  20. Bottin mondain, Levallois-Perret, 2016, p. 1447.
  21. Bissegger 2012, p. 127, 279.
  22. Grillet, p. 440 (lire en ligne).
  23. Paul Bissegger, Les Monuments d'art et d'histoire du canton de Vaud VII, Rolle et son district, Société d'histoire de l'art en Suisse, coll. « Monuments d'art et d'histoire de la Suisse », (ISBN 978-3-03797-029-4), p. 279.
  24. « SA - Comptes des châtellenies, des subsides, des revenus et des judicatures », sur le site des Archives départementales de la Savoie - enligne.savoie-archives.fr (consulté en février 2018), p. 3
  25. Abbé Jean-François Gonthier (1847-1913), Les Châteaux et la chapelle des Allinges, Annecy, impr. de J. Niérat (Ancienne imprimerie Burdet), , 136 p. (lire en ligne).
  26. Bissegger 2012, p. 127.
  27. Bissegger 2012, p. 182.
  28. Foras, ibid, p.372
  29. Donald Lindsay Galbreath, Inventaire des sceaux vaudois, Lausanne/Genève 1937.
  30. Bissegger 2015, p. 148.
  31. Bissegger 2012, p. 142.
  32. Grillet, p. 440.
  33. a et b François Miquet, « Les Savoyards au XIXe siècle - Les premiers présidents et les procureurs généraux », Revue savoisienne,‎ , p. 219 (lire en ligne).
  34. François Miquet, « Les Savoyards au XIXe siècle - Les premiers présidents et les procureurs généraux », Revue savoisienne,‎ , p. 220-221 (lire en ligne).
  35. François Miquet, « Les Savoyards au XIXe siècle - Les premiers présidents et les procureurs généraux », Revue savoisienne,‎ , p. 221 (lire en ligne).
  36. Bottin Mondain, 2016, p. 1447-1448-1694.