Famille de Saint-Germain

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Famille de Saint-Germain
Image illustrative de l’article Famille de Saint-Germain
Armes

Blasonnement De gueules au chevron d'argent accompagné de 3 besants de même, 2 et 1
Devise Deo Fidelis Eius Rex
Branches d’Annebecq
du Houlme
d'Isigny et de Juvigny
de Parigny
Période XVe siècle - XXIe siècle
Pays ou province d’origine Drapeau de la Normandie Normandie
Demeures Château de Rânes

La famille de Saint-Germain est une famille subsistante de la noblesse française, d'ancienne extraction, originaire de Normandie. Elle forma plusieurs branches dont la jonction n'est pas établie. On trouve des porteurs du nom de Saint-Germain du XIe siècle au XIVe siècle sans qu'ils soient reliés à la filiation suivie.

Origines[modifier | modifier le code]

D'anciennes généalogies[1], ainsi que les registres de la Chambre des comptes de Normandie[2],[3], citent, sans les relier aux branches connues, des porteurs du nom de Saint-Germain mentionnés de 1180 à 1388.

Hector Artaud de La Ferrière écrit : « En 1180, et dans les comptes de la baillie de Caen, il est question d'Osbert et de Robert de Saint-Germain. Dans les premières années du XIVe siècle, Pierre de Saint-Germain était écuyer de l'hôtel du roi ; en 1378, Jean de Saint-Germain fit montre à Saint-Malo, suivi de neuf écuyers ; enfin Mego de Saint-Germain est compris dans les comptes de Christophe d'Anfernet, pour l'année 1388. C'est de ce dernier que la branche de Rouvrou doit être sortie[4]. »

« Un Saint-Germain figure au tableau des défenseurs du Mont Saint-Michel en 1423 ; mais ses armes [différentes de celles connues de la famille de Saint-Germain] sont : D'argent, à la fasce de gueules, accompagnée en chef d'un croissant accosté de deux étoiles, le tout de sinople, et, en pointe, d'un arbre terrassé, aussi de sinople »[5].

Oscar de Poli, dans la liste qu'il établit des défenseurs du Mont-Saint-Michel contre les anglais, identifie trois porteurs du nom de Saint-Germain[6] :

  • Gilles de Saint-Germain, écuyer en 1421 de Samson de Saint-Germain, servant sous le comte d'Aumale (désigné G. de Saint-Germain dans la pancarte commémorative) ;
  • Jean de Saint-Germain, écuyer en 1421 de Samson de Saint-Germain, servant sous le comte d'Aumale ;
  • Samson de Saint-Germain, en 1421 chef de 18 écuyers, servant sous Olivier de Mauny-Thiéville, lieutenant du comte d'Aumale (désigné S. de Saint-Germain dans la pancarte commémorative).

Histoire[modifier | modifier le code]

La famille de Saint-Germain a formé plusieurs branches dont la jonction n'est pas établie[7] :

  • la branche du Houlme, maintenue noble en 1674, fit en 1784 ses preuves pour le service militaire sur titres de 1600 ;
  • la branche d'Annebecq, de la Baleine, de Fontenay et de Saint-Georges, maintenue noble en 1669, fit ses preuves pour Malte en 1721 sur titres de 1537 ;
  • la branche de Parigny, de Folleville et de Bazoge, représentée au XVe siècle par Pierre de Saint-Germain (ou Jean)[8] (fils de de Samson de Saint-Germain), mentionné en 1453 et allié à Anne de Percy, dame de Parigny ;
  • la branche d’Isigny et de Juvigny.

Branche du Houlme (éteinte)[modifier | modifier le code]

Le lien de cette branche avec les autres n'est pas établi[7].

« Cette branche cadette, bien éloignée sans doute de la branche ainée de Parigny, brisait ses armes d'un chevron »[5].

Cette branche comparut à l'assemblée de la noblesse de Caen en 1789[7]. Elle s'est éteinte avec François Hervé de Saint-Germain (1803-1885), qui n'eut que deux filles de son mariage en 1831 avec Elisabeth du Bouëxic. Il fut député de la Manche (1849-1876) et sénateur de la Manche (1876-1879)[9].

Branche d'Annebecq (éteinte)[modifier | modifier le code]

Le lien de cette branche avec les autres n'est pas établi[7].

Dans son Histoire généalogique de la maison de Harcourt (1662), Gilles-André de La Roque indique qu'Anne de Saint-Germain, fille d'Aubert de Saint-Germain, seigneur de Rasnes et d'Asnebecq, a épousé François d'Harcourt, baron de Bonnétable (mort avant 1523). Sur les autres membres de la famille, il mentionne différents porteurs du nom qui tenaient fief et furent reçus chevaliers, mentionnés de 1226 à 1388. Il cite également le mari de Marguerite de Husson, Samson de Saint-Germain, baron d'Asnebecq, seigneur de Rouvrou, qui fit partie, aux côtés de Jacques de Bourbon et de Jean de Luxembourg-Soissons, des personnes dites "de marque et très qualifiées" à qui le roi Louis XI conféra l'ordre de chevalerie, lors de son couronnement à Reims le [10].

Il ajoute qu'une généalogie dit que Samson de Saint-Germain et Marguerite de Husson eurent pour enfants : Gilles (père d'Aubert de Saint-Germain, chevalier, seigneur de Rasnes et d'Asnebecq, dont les deux filles héritières, Anne et Jeanne, épousèrent François de Harcourt et Jean de Harcourt qui étaient cousins), Guillaume, Samson, Jean et Geoffroy[11].

Samson II de Saint-Germain (3e fils de Samson et de Marguerite de Husson) obtint la seigneurie de Rouvrou et fut nommé en 1488 capitaine des nobles du bailliage de Caen. Il épousa en 1487 Jeanne d'Arquenay, dont il eut : Jean de Saint-Germain, seigneur de Rouvrou, marié en 1525 à Prégente de Melun, qui comme son père commanda l'arrière-ban des nobles du bailliage de Caen, et Jean de Saint-Germain, lieutenant du château de Caen en 1551, qui semble être devenu protestant et fut tué au siège de Vire. Il fut l'auteur de la branche des seigneurs de la Celle et de Saint-Pierre d'Entremont[12]. Samson de Saint-Germain épousa en secondes noces Marie d'Harcourt, veuve de Robert de Fontenay[13].

Trois générations de cette branche continuèrent à Rouvrou et le dernier de cette branche, Claude de Saint-Germain, épousa noble Marie Turgot[12].

Branche de Parigny (subsistante)[modifier | modifier le code]

Jean de Saint-Germain (1504) épousa une des filles de Jean de Percy qui lui apporta en dot le fief de Parigny[8].

Raoul de Warren donne la filiation suivante de cette branche[7] :

  • Samson de Saint-Germain, dont :
    • Pierre de Saint-Germain, mentionné en 1453, marié à Anne de Percy, dame de Parigny (ou Jean de saint-Germain selon d'autres sources)[8], dont :
      • N de Saint-Germain, dont :
        • Jean de Saint-Germain, marié en 1513 à Gilette Le Maître de Maupertuis, dont :
          • Jean de Saint-Germain, seigneur de Parigny, marié à Gilette de Méchinot, dont :
            • Gilles de Saint-Germain, marié en 1573 à sa cousine, Léonore de St-Germain (branche de Juvigny), dont :
              • Bertrand de Saint-Germain, seigneur de Parigny, marié en 1602 à Anne de La Bazoge, dont :
                • Jacques de Saint-Germain, marié en 1633 à Hélène du Hamel, dont :
                  • Julien de Saint-Germain, seigneur de Parigny, maintenu noble en 1666, marié en 1662 à Madeleine de La Motte-Baracé, d’où :
                    • Pierre de Saint-Germain, qui continua la branche de Parigny, éteinte à la fin du XVIIIe siècle
                    • René de Saint-Germain, seigneur de Folleville et de Bazoge, marié en 1733 à Marie Gascher du Tertre, dont :
                      • Jean Félix de Saint-Germain, admis aux Etats de Bretagne en 1788, marié en 1770 à Constance de Fréval, dont :
                        • Jean Félix Samson de Saint-Germain, marié en 1825 à Caroline de Thoury de La Corderie dont :
                          • Félix Godefroy de Saint-Germain, marié à Julie Le Chapelier, dont :
                            • Ernest de Saint-Germain, sans postérité de Marie-Alexandrine de Freslon de La Freslonnière.
                            • Joseph de Saint-Germain, marié en 1895 à Marie-Adélaïde de Trogoff de Boisguézennec, dont postérité.
                          • Raoul Tancrède de Saint-Germain, marié en 1858 à Marie-Pélagie Lefebvre de Chevrus, dont :
                            • Emile de Saint-Germain, marié en 1887 à Aline Legrand d’Annerville, dont postérité.

Branche d’Isigny et de Juvigny (éteinte)[modifier | modifier le code]

Les Saint-Germain seigneurs d’Isigny et de Juvigny et les Saint-Germain seigneurs de Parigny avaient pour auteur commun Pierre de Saint-Germain, qui acquit en 1351 le fief du Bois-Flipot, à Isigny-les-Bois, s'étendant sur Parigny. Le fils ainé dudit Pierre fut seigneur de Naftel et la souche des seigneurs de Parigny, et son fils cadet, seigneur d'Isigny, dans la paroisse de Courson, près de Saint-Sever, élection de Vire[14].

Le fief de Juvigny, qui dépendait du comté de Mortain, passa dans cette branche vers 1530 par le mariage de Gilette de Juvigny, héritière de cette terre avec Geoffroy de Saint-Germain, sieur d’Isigny.

Samson de Saint-Germain, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi et capitaine de chevau-légers en 1594, fils de Jacques de Saint-Germain (vivant en 1582) rendit foi et hommage pour le fief de Juvigny le . Samson de Saint-Germain et sa femme Catherine Martel n’eurent qu’une fille qui épousa M. Galant de Francière, avocat à Mortain[15].

Noblesse[modifier | modifier le code]

« En 1666, Chamillart, intendant de Caen, chargé par le roi de faire une nouvelle recherche sur la noblesse, trouva nobles Julien de Saint-Germain, à Parigny ; Samuel de Saint-Germain, aux Biards ; Jacques de Saint-Germain, à Fontenay ; René de Saint-Germain à … Leurs armes étaient pour tous : De gueules à trois besants d'argent, ce qui prouve leur étroite parenté. »[16].

Régis Valette retient la date de 1453 pour la filiation suivie de la branche subsistante[17].

Galerie[modifier | modifier le code]

Armes[modifier | modifier le code]

  • De gueules au chevron d'argent, accompagné de 3 besants de même, 2 et 1[7]
  • Devise : Deo, Ecclesae et Regi Obediens et Fidelis, remaniée au XVIIe siècle en Deo Fidelis Eius Rex (Fidèle à Dieu, à son Roi)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Georges de Salverte, La Famille de Salverte et ses alliances, Impr. de E. Plon, Nourrit et Cie, Paris, 1887, p. 267, lire en ligne
  2. Jean-Jacques Desroches, Annales civiles militaires et généalogiques de Pays d'Avranches ou de la toute Basse-Normandie, Hardel, 1856, p. 259, lire en ligne
  3. Véronique Gazeau, Monachisme et aristocratie au onzième siècle : l'exemple de la famille de Beaumont, thèse de doctorat en histoire, soutenue en 1987 à Caen[source insuffisante]
  4. Hector de Masso La Ferrière-Percy, Histoire du canton d'Athis, Orne, et de ses communes, 1858, p. 263, lire en ligne
  5. a et b Mémoires de la Société d'archéologie, littérature, sciences & arts des arrondissements d'Avranches et de Mortain,, tome XI, 1893, p. 34 : de Saint-Germain, défenseur du Mont Saint-Michel[réf. non conforme], lire en ligne
  6. Oscar de Poli, Les Défenseurs du Mont-Saint-Michel (1417-1450), Paris, 1895, p. CLIII, lire en ligne
  7. a b c d e et f Raoul de Warren, Grand armorial de France, vol. 6, Paris, Société du Grand armorial de France, (lire en ligne [PDF]), p. 127
  8. a b et c Revue de l'Avranchin, Société d'archéologie, de littérature, sciences et arts d'Avranches, Mortain et Granville, 1910, p. 76[réf. non conforme], lire en ligne
  9. Annuaire des cinq départements de la Normandie, 1886, p. 487[réf. non conforme], lire en ligne
  10. Gilles-André de La Roque,Histoire généalogique de la maison de Harcourt, volume 1, 1662, p. 864-865, lire en ligne
  11. Gilles-André de La Roque,Histoire généalogique de la maison de Harcourt, volume 1, 1662, p. 867, lire en ligne
  12. a et b Hector de Masso La Ferrière-Percy, Histoire du canton d'Athis, Orne, et de ses communes. Précédée d'une étude sur le protestantisme, 1858, pp. 265-266, lire en ligne
  13. François-Alexandre Aubert de La Chenaye-Desbois, Dictionnaire de la noblesse, volume 10, 1866, p. 307, lire en ligne
  14. Mémoires de la Société d'archéologie, littérature, sciences & arts des arrondissements d'Avranches et de Mortain, 1893, p. 33[réf. non conforme], lire en ligne
  15. Annuaire du Département de la Manche, 1881, pp. 37-40, lire en ligne
  16. Revue de l'Avranchin, Société d'archéologie, de littérature, sciences et arts d'Avranches, Mortain et Granville, 1910, p. 78[réf. non conforme], lire en ligne
  17. Régis Valette, Catalogue de la noblesse française, Étions Robert Laffont, 2007, p. 171

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le pays Bas-Normand, Société d'art et d'histoire, 1919 ;
  • Jean-Jacques Desroches, Annales civiles militaires et généalogiques du pays d'Avranches ou de la toute Basse-Normandie, Hardel, 1856, lire en ligne ;
  • Raoul de Warren, Grand armorial de France, vol. 6, Paris, Société du Grand armorial de France, (lire en ligne [PDF]), p. 127 ;
  • Hector de Masso La Ferrière-Percy, Histoire du canton d'Athis, Orne, et de ses communes, 1858, page 263 et suivantes, lire en ligne ;
  • J.B. Rietstap, Armorial Général ;
  • Gilles-André de La Roque, Histoire généalogique de la maison de Harcourt, volume 1, 1662, page 864 et suivantes, lire en ligne ;

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]