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Famille de Roquefeuil-Anduze

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Famille de Roquefeuil-Anduze
Image illustrative de l’article Famille de Roquefeuil-Anduze

Blasonnement écartelé aux 1 et 4 de gueules à trois étoiles d'or, aux 2 et 3 de gueules à une cordelière d'or passée en sautoir[1].
Devise en français : Honneur me reste, il suffit !

en occitan : Honour me resta, esta me basta !

Lignées Anduze
Versols
Branches la Tour
la Roquette
Londres
Saint-Etienne
Période XIIe siècle - 1892
Origine Languedoc, Rouergue
Demeures châteaux d'Algues,
de Versols,
de la Roquette
Charges grands d'Espagne,
ambassadeurs du roi
Fonctions militaires vice-roi du Pérou,
vice-roi de Majorque,
gouverneur de Montpellier,
Adelantado de Murcie,
généraux
Fonctions ecclésiastiques Grand maître de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem,
abbés et évêques,
ministre franciscain
Preuves de noblesse
Réformation de la noblesse en 1668

La famille de Roquefeuil-Anduze est une famille noble d'extraction féodale originaire du Languedoc éteinte en 1892.

Issue du mariage de Bertrand d'Anduze et d'Adélaïde de Roquefeuil en 1129, elle constitue la deuxième famille de Roquefeuil, l'une des plus importantes familles de la région au XIIe siècle.

Les membres de la famille Roquefeuil-Anduze ont pris part aux grands événements de la région entre le XIIe et le XVIIIe siècle. De cette famille sont issus durant le Moyen Âge de nombreux chefs militaires en France et en Espagne ainsi que de différents prélats catholiques.

La famille de Roquefeuil-Anduze est une branche cadette de la maison d'Anduze[2]. Elle est issue de l'union de Bertrand d'Anduze († v. /1171), seigneur du Luc, et d'Adélaïde, fille de Geoffroy et héritière de la première maison de Roquefeuil[2],[3]. Le contrat de mariage stipule que leurs descendants porteront le surnom maternel « de Roquefeuil »[4],[5]. Leur fils aîné, Raymond Ier, devient l'héritier du nom et des possessions de sa mère[4] et est à l'origine de la seconde famille de Roquefeuil[6].

La filiation de la famille Roquefeuil est incertaine avant cette union mais différents actes prouvent son existence aux Xe siècle et XIe siècle :

  • en 988, Saint-Fulcran rédige son testament, dans lequel il assure disposer d'une partie du chateau de Roquefeuil[7] ;
  • le 21 février 1002, Henry mentionne son fils Bernard dans un codicille où il approuve la fondation, à ses frais, de l'hôpital Notre-Dame du Bonheur, dont les ruines sont situées sur la commune de Valleraugue[4] ;
  • Seguin en 1032, et Raymond en 1080 effectuent des donations à l'abbaye de Saint-Guilhem[4],[7].

Successions et reprise du nom

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L'union, vers 1230, d'Isabelle/Isabeau, fille et héritière de Raymond II de Roquefeuil, de la branche aînée, à Hugues IV, fait passer la vicomté de Creyssel et les baronnies de Roquefeuil-Meyrueis dans la famille de Rodez[4]. Arnaud Ier de Roquefeuil succède à son frère Raymond II en tant que chef de famille et continue la filiation de la famille Roquefeuil-Anduze.

Avec le mariage, en 1380, de Catherine, fille d'Arnaud III de Roquefeuil, les biens et les titres passent à son époux, Jean ( ), seigneur de Blanquefort et de Pujols. Antoine, leur fils et héritier universel, reprend le nom « Roquefeuil » et donne naissance à la troisième famille de Roquefeuil, dite de Blanquefort[4].

Branche aînée

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En 1175, Raymond Ier de Roquefeuil épouse Guillemette de Montpellier, fille de Guilhem VII, seigneur de Montpellier, et de Mathilde de Bourgogne[8]. Ce mariage permet une parenté avec avec plusieurs maisons princières dont celles d'Aragon[9]. Son fils, Arnaud Ier, épouse la fille de Pierre-Bermond VI de Sauve d'Anduze et de Constance de Toulouse, renforçant également le lien avec les comtes[10].

Croisade des Albigeois

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En 1209, le pape Innocent III proclame la croisade des Albigeois, dirigée contre les territoires du Languedoc, où s’est diffusé le catharisme. Menacé dans ses possessions, Raymond II de Roquefeuil choisit de soutenir le comte de Toulouse Raymond VI, qui fait amende honorable cette même année, contrairement aux Trencavel, dont les terres sont progressivement confisquées[4].

Lors du concile de Latran de 1215, Raymond II interpelle directement le pape Innocent III, pour plaider la cause de son parent Raimond II Trencavel, prisonnier des croisés de Simon de Montfort. Il déclare[11] :

« Seigneur, vrai père, aie merci d'un enfant orphelin d'âge tendre et banni. Aie merci pour le fils de l'honorable comte de Béziers, tué par les croisés et par Simon de Montfort quand on le lui livra. Car de tiers ou de moitié ont décliné noblesse et courtoisie, depuis que, sans tort et sans péché un tel baron a été martyrisé. Car il n'y a pas dans la Cour, cardinal ou abbé dont la croyance soit plus chrétienne que la sienne. Mais puisqu'il est mort, à son fils déshérité rends sa terre et sauve ainsi ton honneur… Rends lui tout à jour fixe et prochain, sinon je te demanderai tout : la terre, le droit, et l'héritage au jour du jugement dernier, ce jour où tu seras jugé... »

Cette prise de parole lui vaut d'être excommunié et Raymond II doit faire amende honorable en 1226 pour retrouver les grâces du Pape[11].

Pour son soutien envers le comte de Toulouse, Raymond II reçoit les terres de Breissac et de Ganges[4].

Les monnaies de Roquefeuil

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Obole Roquefeuil-Anduze.

Au XIIe siècle, la famille d'Anduze et de Sauve possède la seigneurie de Sommières. Sa position à proximité de mines permet d'établir un atelier pour battre monnaie.

Raymond d'Anduze, héritier de la seigneurie de Roquefeuil, fait frapper des derniers et des oboles avec pour légende « ROCAFOLIEN »[12],[13]. Le numismate Émile Carron (1889) indiquait que Raymond a fait « frapper du même style que les autres seigneurs de sa maison, […] avec la même croix ancrée, avec la lettre R dans le champs, simulant le B du monnayage d'Anduse »[13]. Ce monnayage est daté par le numismate entre 1169 et 1239[13]. Il note par ailleurs que le monnayage d'Anduze prend fin en 1226[13].

Entre 1169 et 1239, Raymond de Roquefeuil fait produire des oboles jusqu'à ce que la fille de Raymond II de Roquefeuil épouse Hugues IV, faisant entrer une partie de la seigneurie dans la famille de Rodez. L'autre partie de cette terre est confisquée par le roi Louis IX, pour châtier Pierre-Bermond d'Anduze d'avoir pris le parti du comte de Toulouse lors de la guerre des Albigeois[13].

Septième croisade

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En 1244, le pape Innocent IV lance un appel à une nouvelle croisade. Louis IX, guéri de maladie, prend la tête d'une armée dont l'objectif était de rejoindre Jérusalem en passant par l'Égypte. Raymond III participe à cette septième croisade. L'objectif de reprendre Jérusalem n'est pas atteint ; Saint-Louis fait renforcer les défenses de ce qui reste du royaume de Jérusalem et notamment de Jaffa. En mai 1252, l'armée des croisés campe au pied de la citadelle et participe à ses fortifications durant près d'un an, jusqu'en juin 1253. C'est durant cette période que Raymond III est mentionné auprès d'Alphonse de Poitiers, frère du roi Saint-Louis, qui se porte garant de l'une de ses transactions[14],[15].

La guerre contre le roi de Majorque

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En 1343, Arnaud II, présenté comme l'un des principaux chevaliers de France, prend part au conflit opposant Pierre IV d'Aragon et Jacques III de Majorque. Il lève une armée pour venger la mort de son fils Bernard, tué par Jacques III, et offre son aide à Pierre d'Aragon. Ce dernier décline mais Arnaud II entre en guerre de son propre chef. Les archives de la baronnie de Castelnau précisent : « il y eut grand guerre ». Durant ce conflit, Jacques III est attaqué dans ses possessions continentales, ses troupes sont défaites et plusieurs places tombent aux mains d'Arnaud II. Désireux d'attaquer directement le roi de Majorque sur son île, Arnaud II entreprend la construction d'une flotte. Jacques III ne pouvant pas soutenir la lutte, sollicite l'intervention du pape Clément VI qui accepte l'arbitrage, et condamne Jacques III à abandonner notamment la baronnie du Pouget. L'intervention du roi Philippe de Valois est nécessaire pour faire appliquer l'arbitrage. Arnaud II de Roquefeuil aurait déclaré : « l'Honneur me Reste, Il suffit » qui devint la devise de sa famille[4],[16].

Guerre de Cent ans

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Durant toute la guerre de cent ans, la famille de Roquefeuil soutient la cause française. Dès 1345, les Roquefeuil combattent aux côtés des troupes de Pierre Ier de Bourbon opposé au comte de Derby. Dans ces campagnes, Arnaud II prend part aux combats avec son armée composée de deux chevaliers, 71 écuyers et 190 sergents. Ce dernier, nommé Lieutenant Général du Languedoc en 1345, s'oppose aux anglais dans la région[4].

En 1356, la défaite de Poitiers et la capture du roi Jean II entraine une vague de fortifications des villes. C'est notamment le cas pour la ville de Millau qui sollicite les conseils du Seigneur de Roquefeuil pour organiser sa défense. Arnaud III se rend dans la ville avec plus de 30 cavaliers. C'est durant cette période que des maisons, hôpitaux, ponts et églises hors les murs sont détruites. La ville réussira à résister aux incursions jusqu'au 12 août 1361, date à laquelle des lettres du roi confirment le rattachement de la sénéchaussée du Rouergue à la couronne d'Angleterre décidé lors du traité de Brétigny[17].

Après cet accord, qui place le Rouergue sous domination anglaise, la région se retrouve livrée aux grandes compagnies, ces mercenaires démobilisés qui ravagent les campagnes. Les efforts de fortification s'amplifient. En 1361, Arnaud II est nommé capitaine de la ville de Montpellier et reçoit tous pouvoirs sur les habitants de la cité pour fortifier et défendre la ville[18],[19].

Entre 1362 et 1367, Arnaud II aidé de son cousin Jean de Roquefeuil-Versols défend ses forteresses d’Algues et de Nant contre ces routiers, ainsi que contre les troupes du roi de Castille Henri II. Arnaud II et ses fils organisent la défense des lieux, repoussent plusieurs assauts et empêchent la prise de leurs villes, notamment lors des combats de juillet 1367 à Nant et Algues[5].

Plus tard, Arnaud III est mentionné en 1369 à la tête d'une nouvelle armée de 28 écuyers, accompagné de Guillaume de Roquefeuil, qui commande neuf autres écuyers[18]. Grâce à ses succès à Millau et à sa connaissance de la région, il peut négocier cette même année et au nom du roi Charles V, le rattachement de la ville à la couronne de France[17].

Branche des Roquefeuil-Versols

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Guillaume de Roquefeuil (Guillem de Rocafull) est un fils naturel d'Arnaud Ier de Roquefeuil[1]. Il épouse Ricarde dite de Beauvoisin avec qui il a deux enfants : Jean (Joan), qui suit et qui hérite des biens en France et fonde la branche des Roquefeuil-Versols ; Raymond (Ramón), héritier des biens situés en Aragon, auteur de la branche des Rocafull établie en Espagne et décrite ci-après[4],[20].

Jean hérite de la terre de Versols, dont ses descendants relèvent directement du roi par l’intermédiaire du sénéchal du Rouergue. De cette lignée naissent plusieurs rameaux, parmi lesquels celui de la Roquette érigé en marquisat le 22 janvier 1658 en faveur d’Henri de Roquefeuil, par lettres patentes[20]. La branche cadette s’éteint en 1766 avec la mort du dernier représentant légitime[21].

Grand schisme d'Occident

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À la mort du pape Grégoire XI, le conclave romain élit en 1379 Urbain VI, dont l’élection est d’abord reconnue par le roi de France Charles V et par Henri II, roi de Castille. Toutefois, le comportement autoritaire et intransigeant d’Urbain VI, rapidement jugé excessif par les cardinaux, provoque de vives tensions au sein de l’Église. Dans ce contexte troublé, Jean de Roquefeuil est désigné ambassadeur du nouveau pape auprès des cours ibériques. Il se rend en Castille, à Cordoue, puis au Portugal pour annoncer officiellement l’élection pontificale. Cependant, sous cette mission diplomatique se dissimule une fonction plus secrète : Jean de Roquefeuil est émissaire des cardinaux dissidents, notamment du cardinal de La Vergne, hostiles à Urbain VI. Lors de ses entretiens avec le roi du Portugal, Ferdinand Iᵉʳ, il lui révèle les intentions des cardinaux de contester l’élection et de choisir un nouveau pape sous le nom de Clément VII, bientôt installé à Avignon. Ces démarches marquent le début du Grand Schisme. Par son double jeu, Jean de Roquefeuil participe ainsi, à son échelle, à la rupture définitive entre les obédiences romaine et avignonnaise : Urbain VI à Rome, soutenu par une partie de l’Italie, et Clément VII à Avignon, reconnu par la France, la Castille et le Portugal[22].

Guerre de Trente Ans - Combat de Bordils

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Le 31 juillet 1645, Pierre de Roquefeuil, issu d'un rameau de la branche de Londres, est nommé capitaine au régiment de Mérinville, en pleine période des guerres franco-espagnoles qui prolongent le conflit de Trente Ans. La France et l’Espagne s’affrontent alors en Catalogne, où les Français soutiennent les Catalans révoltés contre la domination espagnole. C’est dans ce contexte que se déroule le combat de Bordils, près de Gérone, le 3 décembre 1653. Les troupes françaises, commandées par le maréchal d’Hocquincourt, y affrontent les forces espagnoles qui attaquent un convoi à destination de Roses. Pierre de Roquefeuil, qui avait entre-temps été promu colonel de son régiment, se distingue par sa bravoure : il mène personnellement la charge à la tête de ses hommes, enfonce les lignes de l’infanterie irlandaise au service de l’Espagne et fait plus de huit cents prisonniers[23].

Ligue d’Augsbourg (1688-1697)

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À la fin du XVIIᵉ siècle, Louis XIV engage une politique expansionniste pour étendre les frontières du royaume et affirmer sa prééminence sur l’Europe, qui se traduit par de nombreuses campagnes en Flandre et dans les Pays-Bas espagnols. Opposés à la France, le Saint-Empire romain germanique, l’Espagne, l’Angleterre, les Provinces-Unies et plusieurs princes allemands s'unissent en formant la ligue d'Augsbourg .

En 1692, les armées françaises, commandées par le maréchal de Luxembourg, assiègent Namur, place forte des Pays-Bas espagnols réputée imprenable. Au cours de ce siège victorieux meurt le lieutenant de Roquefeuil-Versols[20],[n 1]. Peu de temps après, le 29 juillet 1693, se déroule la bataille de Neerwinden, dans le Brabant. La victoire est francaise mais les combats entraîntent la mort de près de 30 000 hommes dont de nombreux officiers[24]. Parmi eux, figure Henri de Roquefeuil, lieutenant au régiment de Piémont, régiment d’infanterie de ligne réputé pour sa bravoure[20].

Trois ans plus tard, en 1695, Namur devient à nouveau le centre des affrontements. Cette fois, la forteresse, reprise par les Français en 1692, est assiégée par les forces alliées sous le commandement de Guillaume III . Après plusieurs semaines d’une résistance acharnée, la place capitule en septembre 1695. C’est au cours de ce siège que trouve la mort François-Ignace de Roquefeuil, capitaine de dragons[20].

Rigaud de Roquefeuil, marié en 1411 avec Béatrix de Maffred, dame de Parlatges, est l'auteur d'une branche puinée qui conserve la terre et le château de Versols[25]. Ce rameau s'éteint en ligne légitime, avec Henri de Roquefeuil, seigneur de Saint-Étienne, son dernier représentant légitime. N'ayant pas contracté d'alliance, il fait le donation, contre une rente viagère[25], de tous ses biens en faveur de l'un de ses neveux, Joseph Bessodes (1717-1802), y compris de reprendre son nom, ses titres et les armes des Roquefeuil Versols[n 2] ; il meurt trois ans après, le [21].

Soixante-dix ans après, son arrière-petit-neveu Louis-François-Hippolyte Bessodes, sera anobli et autorisé à joindre à son nom celui de Roquefeuil, par lettres patentes du roi Louis XVIII datées du [26]. Son fils, Louis-Francisque-Hippolyte Bessodes de Roquefeuil, né à Montpellier en 1824, fut un peintre de paysages, aquarelliste et graveur à l'eau. Elève de Jules Laurens, il a participé aux salons de Paris en 1857 et 1863. Connu sous le nom de Francisque de Saint-Étienne, il signait « Saint-Étienne »[27].

On trouve pour la première fois dans les Filiations languedociennes d'Hubert de Vergnette de Lamotte, qu'Henri de Roquefeuil avait laissé de Marthe Rudel un fils naturel, Henry Roquefeuil, dont on ignore la date et le lieu de naissance, et qui mourut en 1775 à Saint-Étienne-de-Gourgas. De son mariage le avec Marie Audibert, sont issues six générations de médecins[25].

Branche des Rocafull

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Au XIIe siècle Guillaume de Roquefeuil participe aux grandes manoeuvres militaires en Espagnes dirigées par son cousin germain Jacques Ier d'Aragon[n 3],[28],[29]. Victorieux, il reçoit de nombreuses charges et terres en Espagne qu'il transmet à son fils Ramón auteur de la branche espagnole dite des Rocafull[20].

Reconquista des royaumes de Valence et de Murcie

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Sceau de Guillaume de Roquefeuil sur le traité de Corbeil en 1258

Entre 1229 et 1245, Guillaume de Roquefeuil participe aux campagnes militaires menées par Jacques Ier d’Aragon pour la conquête du royaume de Valence, alors sous domination musulmane. Ces opérations aboutissent au siège et à la prise de la ville de Biar, dernière étape de l’expansion aragonaise dans la région, soutenue par le pape Grégoire IX. Après la pacification du territoire, Guillaume demeure au service du roi et joue un rôle important dans le nouveau royaume dès 1258[29] ou il signe le traité de Corbeil établissant une frontière entre la France et l'Aragon. En 1265, il accompagne Jacques Ier dans la conquête du royaume de Murcie, entreprise pour soutenir Alphonse X de Castille face à la révolte mudéjare. Cette campagne permet d’étendre l’autorité aragonaise et de renforcer durablement l’influence politique et militaire de la couronne d’Aragon dans la péninsule Ibérique.

Les services de Guillaume de Roquefeuil lui valent d’importantes récompenses : Jacques Ier lui concède plusieurs terres notamment en Espagne (sur le territoire du château de Corbera) et en France (Cournonsec, Mireval ou Gremian). Il exerce aussi la charge de lieutenant général de Montpellier[28],[29],[30]. Dans une lettre datée de Lérida, le 17 mai 1273, le roi légitime Guillaume en louant sa noblesse ancienne, leur proche parenté[4],son expérience de la guerre, ainsi que sa fidélité et sa prudence[30]. Enfin, Guillaume reçoit en 1284 le grade d'Adelantado mayor de Murcia (es) (lieutenant royal et grand-amiral du royaume de Murcie)[21], fonction qu'il transmet à son fils cadet Ramón[31],[32]. Ce dernier continue l’œuvre de son père en restant fidèle au roi Alphonse X durant la crise de succession de 1282[31].

Au service de la Chrétienté

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Raymond de Rocafull, seigneur d'Albatera, est mentionné en 1394 à la tête d'un corps de troupes à sa solde ; il aide le roi de Sicile Martin Ier à mater une révolte dans son royaume. Ce soutien lui vaut de participer, le , à la bataille de Vera contre les musulmans[20].

Sous le règne de Philippe II, Guillem de Rocafull, alors vice-roi de Majorque (1557 -1564)[33] défend l'île contre des incursions visant Alcúdia et Ciutadella. Il commande les troupes catholiques lors de la Bataille de Sóller contre les raids venus d'Afrique du Nord[34]. En 1560, il supervise les travaux de défense des principales villes dont il assure le gouvernement. La même année, il est chargé de secourir l'évêque de Majorque, Diego de Arnedo, prisonnier et, en 1564, il est mentionné parmi les chevaliers qui participent à la prise du Peñon de Velez[35].

En 1492, lors de la guerre de Grenade, Henri de Rocafull est mentionné auprès du roi Ferdinand le Catholique : il lui accorde un privilège avant la prise de la ville qui marque la fin de la Reconquista[20].

Lettre du Tsar Pierre Ier adressée à Raymond Perellos y Roccafull

Plus d'un siècle plus tard, Raimondo Perellos y Roccafull (1697-1720), œuvre en qualité de grand maître de l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem. Il est entré dans l'Ordre à 16 ans, et fut rapidement envoyé sur l'ile de Malte pour participer à la guerre contre les pirates berbères et la marine turque. Il s'illustre dans plusieurs batailles et reçoit différents honneurs dont la grand-croix de l'Ordre. De 1689 à 1697, il est commandant de Torrente, fonction lucrative qui lui permet de financer ses batailles. Le 7 novembre 1697, et sous le pontificat d'Innocent XII, il est élu à la tête de l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem. Avant tout chef militaire, il se distingua en renforçant la puissance de la marine de l'Ordre et en introduisant un nouveau système de lois commerciales et navales. Ces travaux sont connus jusqu'à la cour de Russie qui dépêche auprès de lui plusieurs ambassadeurs[35].

La vice-royauté du Pérou

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Créée en 1542 par Charles Quint, la vice-royauté du Pérou représente l'un des deux principaux districts administratifs imaginé par la couronne de Castille dans ses possessions d'outre-mer, l'autre étant la Nouvelle-Espagne centrée sur le Mexique. Investi dans la politique en Espagne, Melchior de Navarra y Rocafull s'oppose à don Juan José d'Autriche, qui s'appuyait sur les revendications des Aragonais pour pouvoir jouer un rôle politique[36]. Il est nommé vice-roi du Pérou en 1681. Dès son arrivée dans la vice-royauté, il lance de grands chantiers destinés à recenser les populations indiennes et à les protéger des abus des curés doctrineros, chargés de les évangéliser, mais qui profitaient souvent de leur situation pour s'enrichir illégalement[37]. Ce dernier projet est à l'origine d'une querelle avec Melchor de Liñán y Cisneros, archevêque de Lima et précédent vice-roi[38]. Il est enfin responsable des fortifications des villes de Trujillo et de Lima. Il meurt de la fièvre jaune à Portobelo alors qu'il retournait en Espagne en 1691, et est qualifié par Ricardo Palma du « plus vice-roi des vice-rois que connut le Pérou ».

Guerre de Succession d'Espagne

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En 1700, le roi Louis XIV reconnaît son petit-fils, Philippe V, comme roi d'Espagne. C'est le début de la guerre de succession d'Espagne. Guillem-Manuel de Rocafull prend le parti des français contre l'archiduc Charles de Habsbourg. Son implication débute avant 1640, date à laquelle il aliène une grande partie de ses biens. En récompense, Philippe V le crée Grand d'Espagne[20].

Cette branche établie en Espagne s'est éteinte en ligne masculine après 1712[20].

Généalogie simplifiée

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Elle est établie, pour la branche aidée par Roquerbertin-Rosen, dans son ouvrage Dossiers Bleus[39] et, pour les branches Roquefeuil-Versol et Rocafull, par Louis Moréri, dans son Grand Dictionnaire[20].

  • Bertrand/Bernard d'Anduze († apr. /1171), ∞ Adélaïde (Azalaiz), Dame de Roquefeuil.
    • Raymond Ier († apr. ), hériter des biens de sa famille maternelle, époux en 1200 de Guillemette de Montpellier († apr. ).
      • Raymond II, vicomte de Creyssel, seigneur de Roquefeuil et de Meyrueis, ∞ Dauphine de Turenne.
        • Isabelle/Isabeau ( ), héritière principale de son père épouse d'Hugues IV ( ), comte de Rodez.
        • Raymonde, ∞ Bernard d'Anduze, baron de Florac.
        • (?) Delphine, abbesse de Mègemont.
        • (?) Saure, ∞ (?) Déodat II de Caylus.
      • Arnal/Arnaud Ier, seigneur de Roquefeuil, ∞ (1) N.N. ; ∞ (2) Beatrix/Béatrice [d'Anduze].
        • (1) Guilhem/Guillaume, seigneur de Versols
          • Branche de Roquefeuil-Versols :
            Jean Ier († av. ), seigneur de Versols ∞ Hélix/Alix de Roquefeuil.
            • Guillaume II († apr. ), seigneur de Versols ∞ Hélix de Barrière
              • Jean II, seigneur de Versols ∞ Margueritte de Bar
                • Guillaume III († apr. ), seigneur de Versols ∞ Hélène de Vergne
                  • Pierre, seigneur de Versols ∞ (1395) Isabeau de Pelet
                    • Jean III, seigneur de la Tour
                      • Sicard, seigneur de la Tour
                        • Jean IV († apr. ), seigneur de la Tour ∞ Helix de Lauzieres
                          • François, seigneur de la Tour
                            • Louis († apr. ), seigneur de la Tour, mort sans héritier
                          • Jean V, héritier principal de son père ∞ (1534) Anne de Verniolles, fille du baron de la Roquette
                            • Fulcrand († apr. ), baron de la Roquette, gentillhomme de la chambre en 1595 ∞ (1, 1583) Marie de Fay ; (2, apr. 1626) Barbe d'Hebles
                              • (1) François ( ), baron de la Roquette, colonel d'infanterie ∞ (1618) Jaquette d'Aquellon
                                • Henri († apr. ), baron de la Roquette puis marquis de la Roquette en 1641 ∞ (1653) Grassinde de Griffy
                                  • Jean Baptiste ( ), marquis de la Roquette ∞ (1709) Margueritte de Murviel
                              • (2) Scipion, abbé de Saint Guilhem le Désert
                            • François, seigneur de Londres ∞ (1569) Louise d'Ombras
                              • Branche des seigneurs de Londres éteinte en 1892
                  • Rigaud, seigneur de Versols principal héritier de son père suite au décès de son frère ainé ∞ (1411) Béatrix de Maffred
                    • Adhémar († av. ), seigneur de Versols ∞ (1434) Flore de Clave
                      • Jean, seigneur de Versols ∞ (1461) Antoinette de Rhodes
                        • Jean († av. ), seigneur de Versols ∞ (1516) Delphine de Sales
                          • Tristan († apr. ), seigneur de Versols ∞ Charlotte de Beaune-Avejan
                            • Jean ( ), seigneur de Versols ∞ (1571) Marie de Narbonne
                              • Claude ( ), seigneur de Versols ∞ (1600) Anne de la Tude
                                • Jean, seigneur de Versols ∞ (1633) Alix de Chavagnac
                                  • Claude ( ), seigneur de Versols ∞ (1668) Marie de Lestang
                                • Claude († av. ), seigneur de Saint-Etienne ∞ Claire d'Icher
                                  • Pierre, seigneur de Saint-Etienne ∞ Louise Rourcairol
                                    • Henri († apr. ), seigneur de Saint-Etienne ∞ Marthe Rudel
                      • Guillaume, chevalier de saint Jean de Jérusalem, à la tête d'une commanderie en 1537
              • Béraude abbesse de Nonenque en 1328
            • Rose abbesse de Nonenque en 1313
          • Branche de Rocafull (Espagne)
            Raimond/Raymond (Ramón), grand amiral de Murcie ∞ Sanche Gil
            • Guillaume († apr. ), seigneur d'Abanilla[Qui ?]
              • Raymond III, seigneur de Bonnete
                • Guillaume II, seigneur de Bonnete ∞ Catherine de Pedroza, dame d'Albatera
                  • Raymond III, seigneur d'Albatera ∞ Thérèse de Sanchez
                    • Guillaume d'Albatera
                      • Raymond IV, seigneur d'Albatera ∞ Aldonce de Villanova
                        • Henri Ierer( ), seigneur d'Albatera ∞ Isabelle de Roquefens
                    • Pierre, seigneur de Molina dont la descendance inclue:
        • (2) Raymond III († apr. ), baron de Roquefeuil et comtor de Nant, ∞ Alazie/Alasacie de Châteauneuf du Tournel († apr. ).
          • Raymond IV (mort entre 1344/1348), baron de Roquefeuil et comtor de Nant. ∞ (1287) Vaurie d'Hébrard ou Atbrand, dite [d'Albret].
            • Arnaud II ( ), ∞ (1316) Jacquette, dame de Combret.
              • Arnaud III ( ), comtor de Nant, seigneur d'Algues épouse en 1361 Hélène de Gourdon, héritière de sa maison.
                • Jean II († apr. ), chevalier, seigneur de Montarnaud.
                • Catherine ( ), dame de Combret, ∞ (1, 1380) Jean, seigneur de Pujols et de Blanquefort ( ), ∞ (2, 1396) Pons de Châteauneuf , seigneur de Chaumont.
                • Marquise.
                • Isabeau († apr. ) épouse en 1380 Dieudonné de Clermont-Lodève, vicomte de Nébouzan.
                • Delphine, ∞ Raymond de Caussade, vicomte de Calvignac et de Puycornet.
              • Bernard, mort à la cour du roi de Majorque.
              • Jean, ∞ (1348) Eléonore d'Apchier.
              • Pierre ( ) abbé de Saint-Guilhem-le-Desert.
              • Catherine († apr. ) épouse Jean de Narbonne.
              • N. religieuse à Millau.
              • Dauphine, ∞ Bérenger d'Arpajon
            • Marguerite ( ), ∞ (1340) Jean de Polignac, baron de Random.
            • Alazie, Béatrix.
          • Arnaud, religieux au couvent de Gignac.
          • Béatrix († apr. ), ∞ Dragonet de Châteauneuf, seigneur de Joyeuse.
          • Miracle, Marquise abbesse de Nonenque.
          • Guillaume, Isabeau, Irdoine et Guize.
        • Hélène, Bernard
      • Guillaume, abbé de Saint-Guilhem-le-Désert (1228-1249).
    • Bernard [VI] d'Anduze († entre 1178-1181).

Personnalités

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Au service de l’Église

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Abbaye de Mègemont
Abbaye de Gellone à Saint-Guilhem-le-Désert

Plusieurs membres de la famille de Roquefeuil-Anduze ont occupé des fonctions importantes au sein de l’Église catholique, en Languedoc, aux XIIIe et XIVe siècles :

Militaires et vice-rois

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Image Armoiries
Roquefeuil Ancien
Roquefeuil-Anduze
  • Écartelé aux 1 et 4 de Gueules à trois étoiles d’or qui est d’Anduze ; aux 2 et 3 de Gueules à la cordelières d’or passée en sautoir, qui est de Roquefeuil.[51]
Roquefeuil-Versols
  • De gueules à trois cordelières d'argent.[52]
Roquefeuil-La Roquette, Londres et Gabriac
  • De gueules, écartelé par un filet d'or, à 12 cordelières du même, 3 dans chaque quartier[53]
Rocafull
  • Écartelé : aux 1 et 4 de gueules au roc d'or aux 2 et 3 d'argent à la cornette de sable le tout à la bordure d'or chargée de quatre chaudrons de sable et quatre cordelières de gueules[54],[55],[56]
  • Ces armes figurent notamment dans le palais de Guevara.

Possessions

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Baronnie de Roquefeuil-Meyrueis

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Baronnie de Roquefeuil-Meyrueis au XIVe siècle

La baronnie de Roquefeuil-Meyrueis naît de l'union entre Adélaïde de Roquefeuil fille de Raymond II avec Hugues IV de Rodez. Ces derniers unirent Roquefeuil et Meyrueis pour former une unique baronnie[57].

La première mention connue de la seigneurie de Roquefeuil, dont hérite Adélaïde, date de 988. À cette date, Saint Fulcran teste et se présente comme co-seigneur de Roquefeuil pour effectuer des donations à l'abbaye de Nant[7]. La baronnie de Roquefeuil était une terre considérable à la frontière du Languedoc et du Rouergue ; elle comprenait notamment les châteaux de Paules, de Valleraugue, de Brissac ou de Blanquefort[4].

Celle de Meyrueis appartenait à la maison d'Anduze et, notamment, à Almerade à la fin du Xe siècle. Raymond d'Anduze reçut l'entièreté de cette baronnie ; il la transmit à son fils, Bertrand, époux d'Adelais de Roquefeuil[57].

Ce nouvel ensemble, dont la capitale est Meyrueis, couvre une importante partie du causse Méjean avec des castra baronnaux tels que Blanquefort, Montjardin ou Les Pauses...

En 1230, le mariage d'Isabeau, fille de Raymond II avec Hugues IV fait entrer la baronnie dans la maison de Rodez. Elle y reste jusqu'en 1362. Les comtes laissent alors les Roquefeuil reprendre possession de la baronnie. Bérenger de Roquefeuil reconnaît devant le roi, en 1484, les domaines qu'il possède, dont la terre de Roquefeuil.

En 1618, Antoine III de Roquefeuil-Blanquefort fait ériger cette terre en marquisat[58].

Comtor de Nant

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Chapelle de Saint-Martin-du-Vican.

Au Xe siècle, le Rouergue était divisé en une cinquantaine de circonscriptions. Parmi elles, figurait le ministerium Nantensis, attesté en 930, qui devint la vicaria Nantensis entre 1005 et 1060[59]. Cette juridiction est associée au titre de comtor dès le XIIe siècle ; elle bénéficie d'une organisation administrative structurée autour de trois pôles : judiciaire à Nant, militaire à Cantobre et religieux à Saint-Martin-du-Vican[59].

Vers 1175, les Roquefeuil-Anduze héritent de cette terre et prennent le titre de comtor du Nantès[59],[60]. Raimond I est mentionné en qualité de comtor de Nant dans un acte de septembre 1188, relatif au partage de dix châteaux entre son frère Bernard d'Anduze et lui[61]. Ce titre est conservé par ses descendants, puis repris par la branche aînée des Roquefeuil-Blanquefort.

Baronnie de Castelnau-Montratier

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Baronnie de Castelnau aux XIIIe et XIVe siècles [62]

En 1362, Arnaud III épouse Hélène de Gordon, héritière de la baronnie de Castelnau-Montratier. Cette terre, attestée dès la première moitié du XIe siècle est tenue en franc-alleu, c'est-à-dire qu'elle n'est assujettie à aucun devoir ni droit seigneurial à l'égard d'un suzerain, comme le rappelle Philippe VI, en 1341.

La baronnie est divisée en deux vicairies dotées d'un pouvoir judiciaire: l'une à Flaugnac et l'autre à Saint-Sernin-de-Thézels[16]. Avec plus de trente-cinq paroisses, il s'agit de l'une des plus vastes entités géographiques de la région. Son développement se structure principalement autour du bourg de Castelnau-Montratier qui s'impose comme son centre économique et politique. Flaugnac, reste en revanche, un castra des plus important de la baronnie. C'est probablement la raison pour laquelle les Roquefeuil y séjourneront lors de leurs passages dans la châtellenie[62].

Cette terre considérable est, peu de temps avant d'entrer dans la maison de Roquefeuil, échangée contre la baronnie de Roquefeuil, la vicomté de Creyssels et toutes leurs dépendances alors passées dans la famille d'Armagnac. Hélène fait annuler cet acte avant de se marier et récupère les biens de sa famille[16].

Châteaux et places fortes

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La famille a possédé les châteaux suivants[4],[5],[62]:

Les principales alliances de la famille de Roquefeuil-Anduze sont[4] : de Montpellier (1169), de Turenne (1206), d'Anduze (1227) de Caylus (122x), de Rodez (1230), Jourdain de Creissels (123x et 132x), de Montcade (124x), de Boussagues (1245), Châteauneuf du Tournel (1259), de Mandagout (126x), de Joyeuse (1283), d'Esparron (1296), d'Hébrard (1287) de Thézan (1310 et 1318), de Polignac (1331), de Combret (1316), de Narbonne (132x), de Montpezat (134x), d'Apchier (1348), d'Arpajon (1361), de Gourdon (1362), de Caussade (1380), de Clermont-Lodève (1380), de Pujols de Blanquefort (1380 et 1380), de Castelnau-Brétenoux (1396).

Postérité

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Une variante de la légende bretonne des trois ermites met en scène trois chevaliers de la famille de Roquefeuil (Guiral, Loup, Alban)[n 4],[64],[65].

Notes et références

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  1. fils de Claude de Roquefeuil et de Marie de Lestang
  2. « par testament reçu le par Maitre Armely, notaire à Florensac, insinué le 3 juillet 1751 à Florensac , Henri de Roquefeuil fait donation entre vifs à toujours valable et irrévocable au profit de Joseph Bessodes, ancien lieutenant de cavalerie au régiment d’Hédicourt, de tous ses biens présents tant en meubles, qu’immeubles, ensemble de ses noms, armes, droits, titres et action et généralement de tout ce qui peut de droit lui appartenir. »
  3. « Guillem VIII de Montpellier semble être leur grand-père commun ».
  4. Selon cette légende ces trois chevaliers auraient été épris d'Irène la fille du seigneur de Rogues, partent en croisade pour mériter son amour. À leur retour, ils apprennent la mort de celle-ci, survenue pendant leur absence. Dévastés, ils choisissent de se retirer du monde et deviennent ermites, chacun s'installant sur une montagne différente : Guiral sur le rocher de Saint-Guiral, Loup sur le Pic Saint-Loup et Clair sur le Mont Saint-Clair. Ils auraient allumé chaque année un feu au sommet de leur ermitage pour signaler leur présence aux deux autres. Avec le temps, les feux cessèrent d’apparaître, symbolisant leur disparition. Les trois sommets portent aujourd’hui leurs noms, perpétuant cette légende locale à travers la géographie et la mémoire collective.

Références

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  1. a b et c Henri Jougla de Morenas et Raoul de Warren, Grand armorial de France. t. 6 - Richaudeau-Zylof de Steenbourg (sept volumes), (lire en ligne), p. 58-59.
  2. a et b Laurent Macé, Les comtes de Toulouse et leur entourage, XIIe – XIIIe siècles : rivalités, alliances et jeux de pouvoir, Toulouse, Privat, (réimpr. 2003), 445 p. (ISBN 2-7089-5600-0), p. 106.
  3. Charles Cawley, « Seigneurs d'Anduze », sur Foundation for Medieval Genealogy, MedLands.
  4. a b c d e f g h i j k l m n o et p Barrau 1853, p. 673 - 696.
  5. a b et c Elie Mazel, Monographie sur Nant d'Aveyron et son ancienne abbaye, depuis son origine jusqu'à la Révolution française, Rodez, Carrère, (lire en ligne), p. 116-.
  6. Lina Malbos, « Étude sur la famille féodale d'Anduze et Sauve du milieu du Xe siècle au milieu du XIIIe siècle », Mémoires de l'Académie de Nîmes, vol. LX,‎ , p. 209 (lire en ligne).
  7. a b et c Claude de Vic et Joseph Vaissette, Histoire générale de Languedoc, vol. 4, Toulouse, Privat, (lire en ligne), p. 137; 268.
  8. Henri Vidal, « Les mariages dans la famille des Guillems, seigneurs de Montpellier », Revue historique de droit français et étranger, vol. 62, no série 4,‎ , p. 231-245.
  9. Barrau 1853, p. 673.
  10. Barrau 1853, p. 678.
  11. a et b Guillaume de Tudèle, « CXLVI », dans La Chanson de la croisade contre les Albigeois, 1875, tome 2, Librairie Renouard, , 478 p. (lire en ligne).
  12. Faustin Poey d'Avant, Monnaies féodales françaises. Tome II, vol. 3, Paris, C. Rollin (lire en ligne), p. 297-298.
  13. a b c d et e Emile Caron, Les monnaies de Roquefeuil, Paris, Société Française de Numismatique, (lire en ligne), p. 5-14.
  14. Alphonse Léon de Delley de Blancmesnil, Les salles des croisades au musée de Versailles, Delaroque, (lire en ligne).
  15. Joshua Prawer, « Chapitre premier. La croisade de Saint Louis », dans Histoire du royaume latin de Jérusalem. Tome second : Les croisades et le second royaume latin, CNRS Éditions, coll. « Monde byzantin », , 319–357 p. (ISBN 978-2-271-07868-1, lire en ligne).
  16. a b et c Léopold Limayrac, Histoire d'une commune et d'une baronnie du Quercy, Cahors, Girma, , 654 p. (lire en ligne).
  17. a et b Florent Garnier, Un consulat et ses finances. Millau (1187-1461), Vincennes, Institut de la gestion publique et du développement économique, Comité pour l’histoire économique et financière de la France, , 947 p. (lire en ligne), chap. II (« Une ville en Rouergue »).
  18. a et b Alphonse Delouvrier, Histoire de la vicomté d'Aumelas et de la baronnie du Pouget (Hérault, (lire en ligne).
  19. Vincent Challet, « Une ville face à la guerre : l’entrée de Montpellier dans la guerre de Cent Ans (1352-1364) », Annales du Midi, nos 126-286,‎ , p. 161-180 (lire en ligne).
  20. a b c d e f g h i j k l m n et o Moréri 1759, p. 355 - 360.
  21. a b et c Josef Smets, « 1766, la fin d’une lignée de seigneurs languedociens, les Roquefeuil », Études héraultaises, nos 30-32-32,‎ (lire en ligne [PDF]).
  22. Noël Valois, La France et le grand schisme d'Occident, vol. 1, Paris, Alphonse Picard et Fils, Libraires-éditeurs, , 438 p. (lire en ligne), p. 198-199; 226-228
  23. Prosper Levot, Essais de biographie maritime, Brest, C. Le Blois, , 401 p. (lire en ligne), p. 192 - 193
  24. Louis de Rouvroy, Mémoires du duc de Saint-Simon, Paris, Hachette, , 563 p. (lire en ligne), p. 95
  25. a b et c Hubert de Vergnette de Lamotte, Filiations languedociennes, Tome 3 (M-Z), pages 223-224, Mémoire & Documents, 2006
  26. Albert Révérend, Titres, anoblissements et pairies de la Restauration, 1814-1830, H. Champion, (lire en ligne).
  27. Nouvelles archives de l'art français, Paris, Charavay Frères, 1885, tome I, p. 187.
  28. a et b (es) Juan Torres Fontes, La cultura murciana en el reinado de Alfonso X, Murcia, , 89 p. (lire en ligne [PDF]), p. 79.
  29. a b et c Pierre Guichard, « Participation des Méridionaux à la Reconquista dans le royaume de Valence », Cahiers de Fanjeaux, no 18,‎ , p. 115-131 (lire en ligne).
  30. a et b Louis de La Roque, Armorial de la noblesse de Languedoc, Généralité de Montpellier, 1860, page 441.
  31. a et b (es) Braulio Vázquez Campos, « Ramón de Rocafull », sur dbe.rah.es (consulté le ).
  32. Vázquez Campos, Adelantados y lucha por el poder en el reino de Murcia, Editorial Zumaque, (ISBN 978-84-96806-77-1).
  33. (es) Vicente Mut, Tomo II de la Historia del Reyno de Mallorca, en casa de los herederos de Gabriel Guasp, (lire en ligne).
  34. Vaquette d'Hermilly, Histoire du royaume de Majorque, Chez Jean-Edme Dufour & Philippe Roux, (lire en ligne).
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  38. (es) Rubén Vargas Ugarte, Historia general del Perú: Virreinato, 1596-1689, C. Milla Batres, (lire en ligne).
  39. Roquerbertin-Rosen, Dossiers Bleus (lire en ligne).
  40. a et b Claude de Vic et Joseph Vaissette, Histoire générale de Languedoc, vol. 4, Toulouse, Privat, , 1048 p. (lire en ligne), p. 541-542.
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  44. Pierre Péano, « Ministres provinciaux de Provence et Spirituels », Cahiers de Fanjeaux, vol. 10, no 1,‎ , p. 41–65 (lire en ligne, consulté le ).
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  50. Barrau 1853, p. 674.
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  52. Barrau 1853, p. 692.
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  54. Escudo cuartelado: 1° y 4°, de gules, con un roque de ajedrez, de oro, y 2° y 3°, de plata, con una corneta de sable. Bordura de oro con cuatro calderas de sable, alternando con cuatro cordones de gules
  55. (es) Alberto Garcia Carraffa et Arturo Gardia Carraffa, Enciclopedia Heraldica y Genealogica Hispano-Americana, vol. 79, Madrid, Radio, , 306 p. (lire en ligne), p. 27 et 70
  56. (es) Teruel, (lire en ligne), p. 152
  57. a et b Marc Antoine François Gaujal, Études historiques sur le Rouergue, P. Dupont, (lire en ligne).
  58. E. de Séréville, F. de Saint-Simon, Dictionnaire de la noblesse française Supplément, 1977, page 334.
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  60. (la) Cartulaire de Maguelone, Registre F, folio 123.
  61. (la) Archives départementales du Gard, Actes Saint-Jean-du-Bruel concernant la maison de Roquefeuil, , chap. AD30 - 1E1884/3.
  62. a b et c Florent Hautefeuille, « De l’espace juridique à l’espace réel : l’exemple de la châtellenie de Castelnau-Montratier (46) aux XIIIe et XIVe siècles », Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques, vol. 126, no 6,‎ , p. 179–200 (lire en ligne, consulté le ).
  63. Thierry Ribaldone, « Le château de La Roquette ou de Viviourès à Valflaunès et Le Rouet », Etude Héraultaises, no n°26-27,‎ (lire en ligne).
  64. Roman Siretchi et Marie-Annick Siretchi, Les Saints Villages de Bretagne, , 390 p. (ISBN 978-2-322-08286-5, lire en ligne), p. 21
  65. Pierre Macaire, Le Pic Saint-Loup sous toutes ses faces, Plein des Sens, , 244 p. (ISBN 978-87-90493-06-6, lire en ligne), p. 219

Sources et bibliographie

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Ouvrages généalogiques dédiés

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Ouvrages généalogiques généraux

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  • Hippolyte de Barrau, Documents historiques et généalogiques sur les familles du Rouergue, vol. 1, Rodez, Imprimerie de Ratery, , 755 p. (lire en ligne), p. 673 - 695.
  • Maurice Chérin, Généalogie de Roquefeuil en Rouergue, Bibliothèque Nationale (BNF 214D).
  • Maurice de Bonald, Documents généalogiques sur des familles du Rouergue, Lafitte Reprints, , 450 p..
  • François-Alexandre Aubert de La Chesnaye Des Bois, Dictionnaire de la noblesse, vol. 17, Paris, Schlesinger frères, , 976 p. (lire en ligne), p. 617 - 637.
  • Louis Moréri, Le grand dictionnaire historique, vol. 9, Paris, Libraires associés, , 664 p. (lire en ligne), p. 355 - 361.
  • Hubert de Vergnette de Lamotte, Filiations languedociennes, vol. 3, (ISBN 2-914611-49-8).

Autres sources

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  • Christian-Pierre Bedel, Nant, La Cavalerie, La Couvertoirade, L'Hospitalet, Sauclières, Saint-Jean-de-Bruel, Rodez, Mission départementale de la culture, , 239 p. (ISBN 2-907279-20-3)

Articles connexes

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Liens externes

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