Famille de Laage

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

de Laage
Image illustrative de l’article Famille de Laage
Armes

Blasonnement D'azur au chevron d'or accompagné en chef de 2 roses d'or et en pointe d'une main soutenant un faucon d'or.
Devise « Sursum corda »
Branches de Saint Germain
de Meux
de Bellefaye
de La Rocheterie
Pays ou province d’origine Saintonge
Charges Fermier général, receveur des tailles, conseiller-secrétaire du roi, député
Fonctions militaires Officiers
Fonctions ecclésiastiques Vicaire général, abbé, chanoine

La famille de Laage (aussi orthographiée de Laâge), fait partie des familles de la noblesse française subsistante au XXIe siècle[1].

Cette famille s'est illustrée dans l'administration des finances de l'État (conseiller-secrétaire du roi, receveur des tailles, fermier général). Cette famille compte aussi parmi ses membres des hommes d'Église, un député, des officiers, etc.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le patronyme de Laage laisse deviner une contraction de l'écriture: l'aage ou la age. L'aage en trois syllabes est encore au XVIe siècle, la forme du mot âge, durée de vie. La contraction des deux a s'est faite au siècle suivant. Autre hypothèse, age est considéré comme une variante dialectale du mot haie; il peut être étendu à la clôture du champ et au champ lui-même.

Originaire de Saintonge, la filiation de cette famille est suivie depuis Élie de Laage, écuyer, qui vivait vers 1600 dans la paroisse de Chadenac. Son fils Jacques de Laage (1625-1692) était procureur fiscal à Lonzac en Charente.

La famille de Laage s'est scindée au XVIIIe siècle en plusieurs branches :

  • de Saint Germain (éteinte) ;
  • de Meux ;
  • de Bellefaye ;
  • de La Rocheterie.

La famille de Laage se répartit aujourd'hui en trois branches représentées par une nombreuse postérité:

  • La branche de Laage de Meux, établie en Saintonge et Orléanais, anoblie par la charge de secrétaire du roi exercée à Paris de 1759 à 1784, inscrite à l'ANF depuis 1984.
  • La branche de Laage de Bellefaye, originaire de Saintonge et de Paris, anoblie par la charge de secrétaire du roi exercée à Paris de 1718 à 1738, inscrite à l'ANF depuis 1993.

Membres notables[modifier | modifier le code]

  • Jacques de Laage (1668-?), receveur des tailles aux élections de Saintes et Poitiers (1705), conseiller-secrétaire du roi, maitre d'hôtel du duc de Berry. Il se sépara en 1719 des seigneuries de Meux et de Saint Germain de Vibrac pour acheter la baronnie de Bellefaye en 1720. Son portrait par Largillière est peut-être exposé au musée du Louvre.
  • Hélie Delaage (1676-1629). Né à Lonzac (Charente-Maritime) ; décédé à Paris. Frère cadet de Jacques, il lui achète en 1707 la charge de conseiller du Roi et de receveur des tailles en l'élection de Poitiers. Il épouse en 1709 Marie Madeleine de Roffay, fille d'un receveur des tailles à Châtellerault. En 1721 il devient seigneur de Meux et de Saint Germain de Vibrac. Père de 12 enfants, dont deux prêtres et trois religieuses. Il eut pour fils Hélie de Laage de Saint Germain, l'abbé Pierre-Léonard de Laage, Jérôme de Laage de Meux, Clément de Laage de Bellefaye.
  • Abbé Pierre-Léonard de Laage (1718-1793 ou 1796). Né à Poitiers, décédé en émigration en Espagne. Docteur en théologie, il occupa différentes charges ecclésiastiques : chanoine du chapitre de Saintes, vicaire général de Saint Jean d'Angély, abbé commendataire de Notre Dame de Bellefontaine en Anjou (diocèse de La Rochelle). Il achète le château du Douhet (situé entre Saintes et Saint Jean d'Angély) en 1770. Il émigra en Espagne en 1792, et Le Douhet fut vendu comme bien national après avoir été vandalisé. L'abbaye de Bellefontaine eut à souffrir des guerres vendéennes.
  • Jérôme de Laage de Meux (1720-1804). Né à Poitiers, décédé à Orléans. Seigneur de Meux (Charente -Maritime), de Vouzon et de La Motte-Beuvron (fiefs situés en Sologne). Il est à l'origine de la branche de Meux (il est l'ancêtre de tous les Laage de Meux actuels) et de l'implantation de cette famille en Orléanais. En 1742 (il a 21 ans), il est nommé président de l'élection de Saintes. En 1752 il devient receveur des tailles en Orléanais puis conseiller secrétaire du roi (de 1759 à 1784). De son mariage à Saintes en 1745 avec Adélaïde Faure il aura 11 enfants. Il acquiert le château de La Motte-Beuvron en 1765 et les 5000 hectares qui en formaient le domaine. Sous la Terreur le 8 mars 1794 il est incarcéré à Orléans à la prison des Minimes, avec ses fils Pierre de Laâge de La Motte et Antoine de Laâge de Meux. En mai son frère Clément de Laage de Bellefaye est guillotiné. Après la chute de Robespierre les conditions de détention s'assouplirent et le père et ses fils reçurent des visites de leur famille à partir du 4 août.
  • Clément de Laage (1724-1794), fermier général
  • Jérôme de Laage de Meux (1777-1856), officier, député de la Charente-Inférieure de 1824 à 1827.
  • Edouard de Laage de Meux (1784-1878), né et décédé à Orléans. Il contribua à la mise en valeur de la Sologne en asséchant les marécages par la plantation de pins sur ses terres de Maisonfort à Ardon et Montfranc (acheté en 1820) à Pierrefitte sur Sauldre.
  • Père Clément de Laage de Bellefaye , jésuite (1817-1894). né à Saint Omer, décédé à Lille. Auteur de livres religieux : "méditations et prières à l'usage des jeunes gens", "vie du Bienheureux Antoine Baldinucci"
  • Théophile de Laage de Meux (1833-1922), né à Pessines (Charente-Maritime), décédé à Saint Savinien (Charente-Maritime). Conseiller général de la Charente-Maritime. Auteur d'un intéressant opuscule en 1867: Paix à l'Allemagne.
  • Maxime de Laage de La Rocheterie (1837-1917), né à Orléans, décédé au château du Bouchet à Dry (Loiret). Historien, il publia des livres sur la Révolution française et notamment une biographie de référence de la reine Marie-Antoinette. Il fut conseiller général du Loiret (canton de Cléry de 1889 à 1907) et maire de Dry pendant près de 50 ans (1870-1917). Président du comice agricole d'Orléans, il présida aussi la société d'horticulture du Loiret et la mutuelle d'assurances "l'Orléanaise". Il épousa en 1862 Marcelline de Man d'Attenrode, fille d'un homme politique belge, ministre des finances.
  • Commandant Joseph de Laage de Meux (1863-1914), né à Orléans, mort pour la France à Maissin (Belgique). Saint-cyrien, capitaine d'infanterie à Bourges de 1896 à 1912, puis nommé chef de bataillon à Brest. Il tombe au champ d'honneur en entrainant ses hommes à une charge à la baïonnette lors de la bataille de Maissin le 22 aout 1914 (jour le plus meurtrier de l'histoire de France où 27 000 hommes ont perdu leur vie). Il laisse quatre filles. Une rue du commandant de Laage de Meux conserve sa mémoire à Maissin.
  • Baron Félix de Laâge de La Rocheterie de Man d'Attenrode et Wewere (1865-1933). Né à Orléans, décédé à Saint Bohaire (Loir-et-Cher). Inspecteur général des forêts de Philippeville (Congo belge). Marié en 1901 avec Anne d'Ormesson. Un arrêté du roi des Belges en 1910 l'autorisa à relever le nom de sa mère, et un an plus tard lui accordait le titre de baron.
  • Lieutenant Alfred de Laage de Meux (1891-1917), né au château de La Coussière à Clussais (Deux-Sèvres), mort pour la France à Eppeville (Somme). Ingénieur agronome, lieutenant de cavalerie (dragon), il obtient le brevet de pilote militaire en octobre 1915. Nommé commandant en second de l'escadrille La Fayette lors de sa création (18 avril 1916). L'escadrille La Fayette était composée de pilotes américains qui se sont engagés volontairement dans l'aviation militaire française naissante avant l'entrée de leur pays dans le conflit en avril 1917. Il meurt en pilotant son avion (SPAD VII) le 23 mai 1917 lors d'un exercice sur le terrain d'Eppeville (Ham) dans la Somme. Son nom est inscrit sur le monument commémoratif de l'Escadille La Fayette à Marnes-la-Coquette (parc de Villeneuve).
  • Lou de Laâge, née en 1990, actrice, prix Romy-Schneider 2016, deux fois nommée aux césars du cinéma (catégorie meilleur espoir féminin).


Alliances[modifier | modifier le code]

Les principales alliances de la famille de Laage sont : de Roffay (1709), Faure (1745), de Heere, de Man d'Attenrode (1862), d'Ormesson (1901), etc.

Armoiries, titres[modifier | modifier le code]

D'azur au chevron d'or accompagné en chef de 2 roses d'or et en pointe d'une main soutenant un faucon d'or

Propriétés familiales[modifier | modifier le code]

  • Château de Meux. Situé sur la commune de Meux en Charente-Maritime. La seigneurie de Meux entra par achat en 1712 chez les Laage. Le château fut vendu en 1850 par Hippolyte de Laage (1811-1883), conseiller général et municipal de Saintes.
  • Château de Bellefaye. Situé sur la commune de Nouhant dans la Creuse. La baronnie de Bellefaye fut acheté en 1720 par Jacques de Laage (vers 1670-vers 1725). Son frère Élie en devint possesseur par la suite. La baronnie fut adjugée en 1769 à Clément de Laage fermier général, qui prit le titre de baron de Bellefaye. Guillotiné pendant la Terreur en1794, le château fut vendu comme Bien National.
  • Château de Lamotte Beuvron en Sologne. Acheté en 1765 par Jérôme de Laage de Meux, seigneur de Vouzon et La Mothe. Il est revendu vers 1810 en raison d'une indivision. Napoléon III s'en porte acquéreur en 1852.Il est aujourd'hui le siège de la Fédération Française d'Equitation.
  • Château de Moléon en Sologne. Acheté en 1828 par Edouard de Laage, il appartient toujours à la famille.
  • Château du Bouchet à Dry (Loiret).Construit à partir de 1853 sur l'emplacement d'un château plus ancien par la famille de Laage de la Rocheterie. Depuis 1961 il appartient à l'office national de la chasse et de la faune sauvage.


Hommages[modifier | modifier le code]

  • Saintes a deux rues rendant hommage à cette famille :
    • Rue Delaâge, dans le centre ville. Ouverte sous le Second Empire à la suite de la construction du théâtre et la création des cours.
    • Rue Albin Delaâge, nominalement désigné en 1872. Elle porte le nom d'Albin de Laage de Meux (1807-1873), né et décédé à Saintes, qui a cédé un terrain permettant un tracé rectiligne de la rue. Durement exposé pendant la Révolution en raison de ses charges (Clément de Laage de Bellefaye sera guillotiné, son frère Jérôme emprisonné à Orléans, tandis que l'Abbé de Laage émigre), certains membres de la famille cherchent à se rendre moins visible et contractent leur nom en Delaage. Ainsi le fils d'Albin, Alexis (1843-1903) a du attendre un jugement du tribunal de Libourne en 1900 pour reprendre le patronyme de ses aïeux de Laage de Meux.
  • Maissin en Belgique a donné le nom de Commandant de Laage de Meux à l'une de ses avenues en souvenir de Joseph de Laage tombé glorieusement au combat en août 1914.
  • La commune d'Eppeville dans la Somme a donné le nom d'une rue nouvelle "rue du lieutenant Alfred de Laage de Meux le 21 mai 2017 sur les lieux même de la mort du pilote et commandant en second de l'escadrille Lafayette.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anonyme,Le tombeau de Maxime de Laage de La Rocheterie, Orléans ,1917
  • Baguenault de Viéville G., notice sur M.de Laage de Meux,Orléans,1878
  • Authier M.,Galbrun A., État de la noblesse française subsistante, volume 21, 1993
  • L'Escadrille La Fayette, tome 1 et 2, revue de l'aviation française Icare, N° 158 et 160,1997 et 1998
  • Kervyn de Lettenhove H., Famille de LAAGE: quelques portraits de famille,1930
  • Pirez M-A,Trouvelot M-H, les Delage ou Delaage, Archives et Cultures, 1994
  • Saintes et l'histoire de ses rues, Société d'archéologie et d'histoire de la Charente-Maritime, 1992

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Régis Valette, Catalogue de la noblesse française, Robert Laffont, 2007, p.108
  2. Base Atlas

Articles connexes[modifier | modifier le code]