Famille de Forbin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Forbin.
Famille de Forbin
Image illustrative de l'article Famille de Forbin
Armes

Blasonnement "D'or au chevron d’azur accompagné de 3 têtes de Léopard de sable, arrachées, armées et lampassées de gueules posées 2 et 1."
Devise « Regem ego comitem me comes regem »
« Tu m'as fait Comte, je te fais Roi »[1]
« Quo fortior, mitior »
Branches Janson, Soliers, Gardanne, La Barben, La Fare, Sainte-Croix, Les Issarts, La Roque.
Charges Premiers président au parlement de Provence
Fonctions militaires Un maréchal de camp
Un lieutenant général des galères
Deux chefs d'escadre des armées navales
Fonctions ecclésiastiques Un cardinal
Un archevêque
Un évêque
Récompenses civiles Commandeur de l'Ordre du Saint-Esprit
Récompenses militaires Chevalier de Saint-Michel
Chevalier de Saint-Louis

La famille de Forbin est l'un des plus importantes et l'une des plus célèbres familles de la noblesse provençale. Enrichis dans le commerce à Marseille, ses membres ont illustré l'histoire de la Provence et du Comtat. Plusieurs membres de cette famille se sont distingués au service du royaume de France et de l'Église catholique romaine. Cette famille a laissé un patrimoine considérable en Provence, et notamment les célèbres châteaux de La Barben, de La Verdière, de Sauvan, de La Fare, des Issarts et de Solliès.

Origine[modifier | modifier le code]

La famille Forbin est issue d'un pelletier de Langres[2]. Le nom de Forbin fait son apparition sur la scène provençale, au cours de la dernière décennie du XIVe siècle. Installé à Aix puis à Marseille, le maître peaussier Guillaume Forbin (alias Fourbin), originaire de la ville de Langres, et habitant d'Aix, s'établit définitivement dans la cité phocéenne vers 1392-1394. Enrichis dans le commerce maritime méditerranéen, les Forbin comptaient une cinquantaine d'années plus tard, au nombre des plus puissantes familles marchandes marseillaises[3],[2].

Pour certains généalogistes, des XVIIIe et XIXe siècles, le nom serait d'origine écossaise, seigneurie de Forbes, près d'Aberdeen, mais depuis, J. de Duranti de La Calade a découvert en 1926 que les Forbin sont venus de Langres à Marseille à la fin du XIVe siècle.

La meilleure source de la genèse familiale des Forbin reste celle des actes de la pratique notariale marseillaise et provençale du XIVe siècle, XVe siècle et de la première moitié du XVIe siècle[2].

  • 1391. Testament d'un Bourguignon qui exerçait à Aix en 1391 le métier de cordonnier, appelé Henri de Rouchan ou, plus probablement, Ronchamp, qui est le nom d'une commune de la Haute-Saône, canton de Champagney. Le testateur choisit Guillaume Forbin, pelletier de Bourgogne, habitant d'Aix, parmi ses exécuteurs testamentaires, et fait à Jean, fils de Guillaume, encore en bas âge, un legs sous la condition de réciter, chaque jour, les sept Psaumes de la Pénitence durant toute l'année qui suivra son décès[4].
  • 1405-1406. Décharge donnée par Guillaume Forbin et par Jean Forbin, son fils, pour la dot de Marguerite Davin, femme de ce dernier. C'est tout ce qui reste de ce mariage dans le protocole de Pierre Calvini, notaire de Marseille (1405, fol. 73), l'acte lui-même qui remplissait les feuillets 67 à 72, ayant été découpé et enlevé à dessein [5].

La famille de Forbin a fait l'objet de nombreuses publications, mais le lecteur consultera de préférence les travaux de l'historiographie ou de l'érudition contemporaine :

  • Notes sur les rues d'Aix aux XIVe et XVe siècles", par Jérôme de Duranti de La Calade, in "Annales de Provence (janvier-mars 1926, p. 34-41).
  • Inventaire analytique des titres de la maison de Forbin recueillis au château de Saint-Marcel par le marquis de Forbin-Oppède, par le Chanoine Joseph Mathias Hyacinthe Albanès (Marseille, 1900)
  • Inventaire des documents concernant la maison de Forbin conservés chez le marquis de Forbin des Issarts, par le Comte Georges de Forbin (Paris, 1902)
  • Les anciennes familles de Provence, Paris 1906-1907, 9e plaquette : généalogie de la maison de Forbin, par le Baron Scipion du Roure
  • Les Forbin survol de six siècles, par le marquis de Forbin (Avignon, 1976)
  • Structures familiales et solidarités lignagères à Marseille au XVe siècle : autour de l'ascension sociale des Forbin, par Christian Maurel, In Annales. Économies, Sociétés, Civilisations. (41e année, no 3, 1986. p. 657-681)
  • Une architecture versaillaise en Provence : le château de Sauvan, Bulletin du Patrimoine du Pays de Forcalquier, numéro 18, 2017, pp. 39-53, par Alexandre Mahue
  • Le château de la Verdière, Palais d'été d'une grande famille provençale, Revue des Vieilles Maisons Françaises, n°262, Juillet 2015, pp. 46-51, par Alexandre Mahue
  • Le château de la Verdière (Var), acteurs, enjeux historiques et évolutions architecturales, Bulletin du Patrimoine du Pays de Forcalquier, Janvier 2016, pp. 17-29, par Alexandre Mahue

Cette maison a formé plusieurs branches, dont les principales sont celles de Forbin-Janson, de Forbin d'Oppède, de Forbin-Solliès, de Forbin de Sainte Croix des Issarts, de Forbin-Gardanne, de Forbin-La Roque et de Forbin La Barben.

Membres[modifier | modifier le code]

Galerie de portraits[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Branches de la maison de Forbin[modifier | modifier le code]

Les différentes branches de la maison de Forbin d'après La Chenaye-Desbois[6].

  • La branche aînée s'éteint au XVe siècle[7].
    • Branche cadette éteinte au XVIe siècle[7].
    • Branche puinée[7], puis branche des seigneurs et marquis de Janson, dont le premier membre est Jean de Forbin (second fils de Guillaume de Forbin et Gauffride Borgarelli), consul de Marseille dans les années 1425, 1431, 1443. Il épouse Isogarde de Marini. Toutes les autres branches sont issues de celle-ci. Toussaint de Forbin-Janson appartient à cette branche, ainsi que Jacques II de Forbin-Janson et Joseph de Forbin. La terre de Janson est érigée en marquisat en mai 1626[6].
      • Branche de Soliers (ou Solliès), dont le premier membre est Palamède de Forbin dit « le Grand » (second fils de Jean de Forbin-Janson et Isogarde de Marini), conseiller et chambellan du Roi René dans les années 1470[6]. Son fils Louis de Forbin de Solliès fait également partie de cette branche.
      • Branche des seigneurs de Gardanne, dont le premier membre est Jacques (troisième fils de Jean de Forbin-Janson et Isogarde de Marini) frère de Palamède dit « le Grand », marié en 1452 avec Marthonne de Tenchevrière, premier consul de Marseille en 1480. Claude de Forbin appartient à cette branche[6].
      • Branche bâtarde établie à Lambesc, dont le premier membre est Paul, dit Paulet de Forbin (premier fils naturel de Jean II de Forbin)[6].
      • Branche des seigneurs de La Barben, dont le premier membre est Bernardin de Forbin (troisième fils de Jean II de Forbin et Martone de Lipazzi ou delli Pazzi), marié en 1513 avec Melchione de Cabanes dame de la Fare[6]. Auguste de Forbin appartient à cette branche[7].
        • Branche des seigneurs de la Fare, barons et marquis d'Oppède, dont le premier membre est Vincent de Forbin (second fils de Bernardin de Forbin La Barben et Melchione de Cabanes), trois fois premier consul de Marseille de 1545 à 1567[6].
          • Branche des seigneurs de la Sainte-Croix, dont le premier membre est François de Forbin, (second fils de Jean de Forbin, seigneur de La Fare, et Claire de Peruzzi), marié le 17 février 1605 avec Lucrèce de Barthélemy, dame de Sainte-Croix[6].
            • Branche des seigneurs des Issarts, dont le premier membre est Jean-Baptiste-Isidore-Ignace de Forbin des Issarts (fils de François-Palamède de Forbin seigneur de Sainte-Croix, des Issarts et des Angles, et Marie-Françoise Amat de Graveson), capitaine de Dragons au régiment de Septimanie, épouse en 1767 Léontine d’Arcussia. Joseph Forbin des Issarts fait partie de cette branche[7].
      • Branche des seigneurs de La Roque, dont le premier membre est Annibal de Forbin (second fils de Gaspard de Forbin et Marguerite de Pontevès), mort en 1612 lors d'un duel contre Alexandre Dumas de Castellane-Allemagne[6].

Armes et devise[modifier | modifier le code]

Armes : d’or au chevron d’azur accompagné de 3 têtes de léopard de sable, arrachées, armées et lampassées de gueules posées 2 et 1[6]. (Il existe une variante assez commune aux têtes de léopard d’azur)[7]

Devise : « Tu m'as fait comte, je te fais roi » (« Regem ego comitem me comes regem ») ; la devise est une référence au rattachement de la Provence au Royaume de France, pour laquelle Palamède de Forbin a eu un rôle important et fut récompensé en étant nommé gouverneur et lieutenant-général de Provence ; une fonction qui lui donnait autant de pouvoir qu'un roi, d'après une plaisanterie de Louis XI[1].

Hommages[modifier | modifier le code]

6 navires de la Marine nationale ont été nommés « Forbin » en l'honneur de Claude de Forbin[8], ainsi qu'une classe de croiseurs.

Voir :

Noms de lieux (liste non exhaustive) portant le nom Forbin, en lien avec la famille Forbin:

Une journée d'étude intitulée "La famille de Forbin au XVIIIe siècle, fastes et rayonnement d'une grande famille provençale" a été organisée par la Ville d'Aix-en-Provence et Alexandre Mahue, le 16 juin 2017, dans la salle des Etats de l'Hôtel de Ville d'Aix-en-Provence[19]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hélène Vésian en collaboration avec Évelyne Falvard et Claude Gouron, Châteaux et bastides en Haute Provence aux XVIe siècle, XVIIe et XVIIIe siècles, Avignon, Aubanel, , 167 p. (ISBN 2-7006-0145-9)
    Le pavillon Mont-Louis construit par les Forbin-Janson, p.137

Source[modifier | modifier le code]

  • Baron Auguste du Roure : Les anciennes familles de Provence. Généalogie de la maison de Forbin, Marquis des Issarts, de Janson, de la Marthe de Pont-à-Mousson, Barons de Lagoy, d'Oppède, de Villelaure, etc. Honoré Champion 1906
  • Généalogie disponible sur le site Racines histoire[7]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b M. de Barante, Histoire des ducs de Bourgogne de la maison de Valois, Muquarat, 1839 sur Google Livres, p. 109
  2. a, b et c Christian Maurel, Structures familiales et solidarités lignagères à Marseille au XVe siècle : autour de l'ascension sociale des Forbin, Annales: Économies, Sociétés, Civilisations, 1986, Volume 41, Numéro 3, pages 657-681.
  3. "D'un Parlement à l'autre", par Noël Coulet in Le Parlement de Provence 1501-1790 (publication de l'université de Provence, Marseille 2002)
  4. François Borrilli, protocole 1391 f°124-40, Archives du Palais. Fonds Lombard. in Annales de Provence, 1926
  5. Chez Me Decormis (Inventaire analytique, du chanoine Albanès)
  6. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Aubert de La Chenaye-Desbois, François-Alexandre (1699-1783). Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l'histoire et la chronologie des familles nobles de France, 1866, troisième édition, Tome 8. Consulté sur Gallica
  7. a, b, c, d, e, f et g [PDF] Étienne Pattou, Famille de Forbin, sur http://racineshistoire.free.fr/LGN, consulté le 02/07/2013
  8. Les bâtiments ayant porté le nom de Forbin sur http://www.netmarine.net, consulté le 03/07/2013.
  9. Place Forbin, Aix-en-Provence
  10. Forbin Historiques des rues d'Aix-en-Provence
  11. La Barben sur http://www.communes.com/, consulté le 11/07/2013
  12. Rue Claude Forbin Brest
  13. Au cœur d'Euromed, la rue de Forbin dévoile son nouveau visagesur www.LaProvence.com, consulté le 11/07/2013
  14. Rue De Forbin-Janson, Commission de Toponymie, Québec
  15. la-roque-d-antheron-13/centres-de-readaptation-de-convalescence sur www.pagesjaunes.fr consulté le 27/02/2013
  16. Les nom des rues de Salon-de-Provence, consulté le 11/07/2013
  17. Les nom des rues de Toulon, consulté le 11/07/2013
  18. Les nom des rues de Toulouse, consulté le 11/07/2013
  19. Les Amis des Salons et Jardins d'Olivary, « Les Forbin au XVIIIe siècle – Fastes et rayonnement d’une grande famille provençale », sur Les Amis des Salons et Jardins d'Olivary, (consulté le 27 juin 2017)