Famille Potier

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Famille Potier
Image illustrative de l'article Famille Potier
Armes

Blasonnement D'azur, à trois mains dextres appaumées d'or, au franc-quartier échiqueté d'argent et d'azur[1]
Devise « Dextera. Domini. fecit. virtutem »
Branches Blanc-Mesnil
Novion
Tresmes et Gesvres
Pays ou province d’origine Paris
Fiefs tenus Blanc-Mesnil, Novion, Villebon, Grignon
Charges Général des monnaies
Prévôt des marchands de Paris
Président à mortier au Parlement de Paris

La famille Potier est une famille éteinte de la noblesse française, originaire de Paris.

Histoire[modifier | modifier le code]

La famille Potier a été anoblie par la charge de conseiller en la Cour des monnaies de Paris en 1473 ou en 1475[2].

Elle était composée de trois branches :

  • Potier de Blanc-Mesnil, éteinte en 1704[3]
  • Potier de Novion, donnée comme éteinte en 1769[4]
  • Potier de Tresmes et Gesvres, éteinte en 1794[5]

Généalogie[modifier | modifier le code]

Premiers degrés[modifier | modifier le code]

Simon Potier, sieur de Blanc-Mesnil, Groslay, Courbevoie, et La Grange, marié avec Catherine Aubéry[6], eut pour fils :

  • Nicolas Ier Potier, sieur des mêmes terres, marchand apothicaire et épicier, échevin de Paris en 1466, nommé général des monnaies par Louis XI le 18 décembre 1475[6], mort en 1501, marié avec Madeleine de Marle, dont :

Sur les origines de cette famille il semble que l'on puisse remonter un peu avant le général des monnaies puisque les premiers Potier étaient connus comme fourreurs à Paris.

Cette famille a compté plusieurs branches, à savoir : les Potier de Tresmes et Gesvres, les Potier de Blancmesnil et Potier de Novion.

4e génération[modifier | modifier le code]

  • Nicolas IV Potier de Novion (mort en 1628), sieur d'Ovquerre, fils de Nicolas III. Neveu de l'évêque. Secrétaire d'État en 1622. Voltaire le décrit comme un « homme juste » dans la Henriade (Chant quatrième, vers 412),
  • Augustin Potier de Blancmesnil (mort le 19 ou 20[8] juin 1650), évêque de Beauvais succèdant à son oncle, en 1616, il y reste jusqu'à sa mort. Aumônier de la reine, fils de Nicolas III. Selon Retz : « Plus idiot que tous les idiots de votre connaissance », une « bête mitrée ». Éphémère Premier ministre de la régence, il aurait, selon Retz, « demandé aux Hollandais de se convertir à la religion catholique s'ils voulaient rester dans l'alliance de la France. La reine eut honte de cette momerie de ministère »[9]. » Selon La Rochefoucauld, il fut « le seul des serviteurs de la Reine que le cardinal de Richelieu n'avait pas jugé digne d'en être éloigné »[10]. » La reine ne tarde pas à mesurer les faibles capacités de son aumônier et l'écarte. Il revient dans son diocèse où il demeure jusqu'à sa mort, au château de Bresles en juin 1650. Il avait été sacré à Rome le 17 septembre 1617. Il avait donné sa démission du siège de Beauvais peu avant sa mort. Cet évêque avait été ami de Vincent de Paul ; à la fin de sa vie, il fut proche des jansénistes,
  • André Ier Potier de Novion (mort en 1645), fils de Nicolas III, marié à Catherine Cavelier, président au parlement,
  • René Potier, grand aumônier d'Anne d'Autriche, frère de Nicolas III, il était le fils d'un président au parlement de Paris. Nommé en 1595, il ne put prendre possession de son évêché que trois ans plus tard. Il ne résida pas à Beauvais, les affaires de l'État le retenant constamment à Paris. Il s'installe enfin à Beauvais en 1616 et meurt peu de mois après,

5e génération[modifier | modifier le code]

  • Nicolas Potier de Novion (1618-1er septembre 1693), fils d'André Ier, marié à Catherine Gallard. Neveu de l'évêque. Président à mortier en 1645. En 1677, premier président, il succède à Guillaume Ier de Lamoignon (1617-1677), à ne pas confondre avec son descendant (1683-1772). Nicolas Potier de Novion est obligé de démissionner en 1689. Membre de l'Académie française,
  • René Potier de Blancmesnil (mort le 17 novembre 1680), fils de Nicolas IV Potier de Blancmesnil. Président à mortier au parlement de Paris. Président de la première chambre des enquêtes (16 février 1645). Actif dans la Fronde parlementaire ; dit le « Président de Blancmesnil », arrêté avec Broussel le 26 aout 1648, ce qui provoque une émeute rue de l'Arbre-Sec[11] et la Journée des barricades. Il est rétabli en 1652. Dans ses notes écrites probablement vers 1657 pour le cardinal de Mazarin, il dresse ainsi le tableau du président du parlement de Paris : « Mélancolique, extravagant, bizarre, de très-mauvaise humeur, foible, de difficile accès, ne manque pas de sens, mais prend toujours les affaires à contre-pied, peu sûr et de qui on ne se peut rien promettre, obstiné quelquefois, par boutade au parti qu'il prend, n'a point de crédit dans sa chambre »,
  • Madeleine Potier de Blancmesnil (1623-1705), Nicolas IV Potier de Novion (mort en 1628), sieur d'Ovquerre, épouse de Guillaume de Lamoignon (1617-1677). Leurs fils : Chrétien-François de Lamoignon (1644-1709), président à mortier, et l'intendant du Languedoc, Nicolas Lamoignon, marquis de Baville (1648-1724). Madeleine Potier et Nicolas IV sont les grands-parents de Guillaume de Lamoignon de Blancmesnil (1683-1772), qui sera chancelier et les arrière-grands-parents de Malhesherbes[12],
Orants de Marguerite, René (par Pierre II Biard) et Louis Potier (par Étienne Le Hongre) (XVIIe siècle), Paris, église Saint-Gervais-Saint-Protais.
  • René Potier Ier (1579-1670), marquis de Gesvres, puis duc de Tresmes en 1663, chambellan d'Henri IV en 1648, conseiller d'État, pair de France. Époux de Marguerite de Piney-Luxembourg (morte en 1645). Leur fils Louis Potier fut tué en 1643 à Thionville,
  • Antoine Potier, seigneur de Sceaux (vers 1585-1621), homme d'État et diplomate,
  • Buzenval (mort en 1679), évêque de Beauvais qui succède à son oncle et à son grand-oncle.

6e génération[modifier | modifier le code]

  • André II Potier de Novion (mort en 1677), fils de Nicolas Potier de Novion, marié à Anne de Malon de Bercy. président au parlement en 1663,
  • Jacques Potier de Novion (1642-1709), fils de Nicolas Potier de Novion, prélat français,
  • Catherine Potier de Novion (1646-1709) épouse Antoine de Ribeyre (1632-1712) intendant, président au grand conseil, conseiller d'État,
  • Léon Potier, duc de Gesvres (1620-1704), premier gentilhomme de la chambre, gouverneur de Paris. Fils de René Potier, duc de Gesvres et de Marguerite de Piney-Luxembourg. Époux de Marie-Angélique de Fontenay-Mareuil (1632-1702), puis de Marie-Renée de Rommilley (morte en 1742).

7e génération[modifier | modifier le code]

  • André III Potier de Novion, marquis de Grignon (mort en septembre 1731) petit-fils de Nicolas Potier de Novion, fils d'André II. Président à mortier en 1689 et premier président en 1723. Il se démet rapidement de cette fonction,
  • Bernard Potier, marquis de Gesvres (1655-1739), puis duc de Gesvres, fils de Léon Potier duc de Gesvres. Premier gentilhomme de la chambre, gouverneur de Paris. Marié à Marie-Madeleine de Seiglière (1664-1702),
  • Léon Potier, cardinal de Gesvres (1656-1744), fils de Léon Potier duc de Gesvres. Archevêque de Bourges, abbé de Saint-Rémy de Reims,
  • Jules-Auguste Potier, chevalier de Gesvres (1662-1741), chevalier de Malte. Fils de Léon Potier duc de Gesvres.

8e génération[modifier | modifier le code]

  • Nicolas II Potier de Novion (1685-1720), conseiller au parlement, comte de Novion, marquis de Grignon, mort en octobre 1720 au château de Courances. Il épouse Anne-Marguerite-Catherine de Gallard le 11 décembre 1708,
  • François-Joachim Potier (1692-1757), marquis de Gesvres[13], fils de Bernard Potier, marquis de Gesvres. marié à Marie-Madeleine de La Verrière. Il reçoit le gouvernorat de Paris en survivance de son père,
  • Louis-Léon Potier, comte de Gandelus (1695-1774), frère du précédent, lieutenant général. Époux d'Éléonore-Marie de Montmorency-Luxembourg (morte en 1755),
  • Étienne-René Potier de Gesvres (1697-1774), frère des précédents. Évêque de Beauvais et cardinal,
  • Marie-Françoise Potier de Tresmes (1697-1764), sœur des précédents. Épouse du comte de Béthune (1671-1744).

9e génération[modifier | modifier le code]

  • André IV Potier de Novion (1711-1769), président à mortier: branche éteinte.
  • Louis-Joachim Paris Potier (1733-1794), marquis puis duc de Gesvres (1774), fils de Louis-Léon Potier, comte de Gandelus et d'Éléonore-Marie de Montmorency-Luxembourg. Pair de France, gouverneur général de I'Ile de France, il épousa en 1758 Françoise Du Guesclin. Suite à une conspiration dans la maison d'arrêt du Luxembourg, il fut guillotiné le 7 juillet 1794, sans laisser de postérité[14],[15],[5]. Il fut le dernier de sa branche[16] et les seuls descendants des ducs de Gesvres furent les maisons de Saulx-Tavannes et de Broglie-Revel[17].

Armoiries[modifier | modifier le code]

Image Armoiries de la famille Potier
Blason René Potier (v 1579-1670).svg Famille Potier

« D'azur, à trois mains dextres appaumées d'or, au franc-quartier échiqueté d'argent et d'azur. »[1]

Supports 
Deux amphiptères au naturel[1].
Devises 
  • « Dextera. Domini. fecit. virtutem » ((en français : « La droite du Seigneur fait leur vertu. »))
  • « Dextera fecit virtutem, dextera salvabit me[1]. »

Ces armes sont portées par la famille Potier de La Morandière[1].

Orn ext duc et pair OSE.svg
Blason René Potier (1579-1670).svg
René Potier (1579-1670), 31re vidame de Châlons (1621), 2e comte de Tresmes (1630), 1er duc de Tresmes (en) et pair de France (1648, création), chevalier du Saint-Esprit (reçu le 31 décembre 1619),

« Écartelé au 1 d’azur à la bande d’argent, accompagné de deux dragons qui est Baillet ; au 2 d’or, au chef de gueules chargé au franc quartier d’un écusson de Montmorency dont le premier quartier est chargé d’une étoile de sable qui est Aunoy; au 3 de Montmorency : au 4 d’argent au chef de gueules et au lion d’azur armé, lampassé et couronné d’or sur tout qui est Vendôme ancien et sur le tout de Potier qui est d’azur à deux mains dextre d’or au franc quartier citrique d’or et d’azur. »[18]


« Écartelé : au 1, d'argent, au lion de gueules la queue nouée fourchée et passée en double sautoir (Luxembourg) ; au 2, d'azur, à trois fleurs-de-lis d'or, au bâton alésé de gueules péri en bande (Bourbon) ; au 3, d'or, à la bande de gueules chargée de trois alérions d'argent (Lorraine) ; au 4, de gueules, à la croix d'argent (Savoie). Sur le tout d'azur, à trois mains dextres appaumées d'or, au franc-quartier échiqueté d'argent et d'azur (Potier) à la bordure engrêlée d'or. »[18],[1]

French heraldic crowns - chevalier.svg
Blason Antoine Potier (+1621).svg
Antoine Potier, seigneur de Sceaux (vers 1585 - 13 septembre 1621)

« Écartelé aux 1 et 4 d’azur à trois mains appaumées d’or, au franc quartier échiqueté d'argent et d’azur qui est Potier à la bordure de gueules sur le tout ; aux 2 et 3, d’azur à la bande d’argent, accompagné de deux dragons ailés d'or qui est Baillet. »

D'après Rietstap 
« D'azur, à la cotice de pourpre, côtoyée de deux amphiptères d'or. »[1]
Aujourd'hui,
Image Armoiries
Blason Blérancourt.svg

Blason Thorigny-sur-Marne.svg

des communes françaises portent les armes de la maison de Villeneuve :
Blérancourt (Aisne
« D’azur aux trois mains dextres appaumées d’or, au franc-quartier échiqueté d’argent et d’azur de quatre tires. »[réf. nécessaire]
Thorigny-sur-Marne (Seine-et-Marne
« D'azur aux trois mains dextres appaumées d'or, au franc-quartier échiqueté d'argent et d'azur, chaussé d'or aux deux ceps de vigne tigés et feuillés de sinople, fruités chacun de trois pièces de gueules. »
Blason Gesvres.svg

Blason Blanc-Ménil 93.svg

D'autre part, les blasons de :
Gesvres (Mayenne
« Burelé d'argent et d'azur à deux clés de gueules adossées en chevron et accompagnées de trois mains d'argent »[19]. ;
Le Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis
« D'azur à la croix engrêlée d'or cantonnée au premier d'un échiqueté d'argent et d'azur de quatre tires en référence a l'abbaye de Saint-Denis, au deuxième et au troisième d'une main dextre apaumée d'or, au quatrième d'un drageoir du même. »[20]

ne sont pas sans rappeler celui de la famille Potier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g Jean-Baptiste Rietstap, Armorial général, t. (tome 1 et 2), Gouda, G.B. van Goor zonen, 1884-1887
  2. Régis Valette, Catalogue de la noblesse française au XXIe siècle, Paris, 2002
  3. Jean-Baptiste-Pierre Jullien de Courcelles, Histoire généalogique et héraldique des Pairs de France, volume 6, 1826, page 4.
  4. André F. Borel d'Hauterive,Albert Révérend, Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe, 1876, page 180.
  5. a et b Henry de Woelmont, Notices généalogiques, Volume 1, 1923, page 321.
  6. a et b Michel Popoff, Prosopographie des gens du Parlement de Paris (1266-1753), Paris
  7. Robert Descimon, Elites parisiennes entre XVe et XVIIe siècles : du bon usage du Cabinet des titres, Bibliothèque de l'École des chartes 1997, tome 155, livraison 2
  8. selon les sources.
  9. Jean-François Paul de Gondi, Mémoires, Paris, Gallimard, La Pléiade, 1984, p. 170.
  10. François de La Rochefoucauld, « Mémoires 1624-1642 », in Œuvres complètes, La Pléiade, 1964, p. 64.
  11. Félix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments.
  12. Voir aussi famille de Lamoignon.
  13. La duchesse de Créquy décrit son entrée chez la duchesse de La Ferté : « À peine étions nous assises, qu'on entendit ouvrir les deux battants de toutes les portes de l'enfilade avec un fracas inconcevable, et que nous vîmes apparaître une petite figure qu'on apportait sur un grand fauteuil de velours vert galonné d'argent. C'était une sorte d'image enluminée, grimaçante et peinturlurée comme un joujou de Nuremberg, avec la bouche en cœur et deux petits yeux languissants. Cette étrange figure était habillée d'une étoffe d'argent brodée en chenille verte, et, de plus, elle avait un gros bouquet de verveine à la main. Le fauteuil était porté par quatre géants, habillés en valets de pied ; il était environné par cinq ou six petits pages, les plus jolis du monde, et c'était visiblement des enfants de bonne maison, car ils avaient tous la croix de Malte ou celle de Saint-Lazare. Un de ces pages était chargé d'un coussin pour mettre sous les pieds (toujours vert et argent) ; un autre portait une grosse gerbe de verveine et de rhue verte, afin de purifier l'air ; et la petite figure était celle de Monseigneur François Potier de Blancmesnil de Tresme, Duc de Gèvres et gouverneur de Paris. »
  14. Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe, 1859, page 481.
  15. Anselme (père), Honoré Caille Dufourny, Ange de Sainte-Rosalie (P.), Father Simplicien, Simplicien (père), Pol Louis Potier de Courcy, Histoire de la Maison royale de France, Volume 4, Éditions du Palais royal, 1968, page 735.
  16. Revue de Champagne et de Brie, Volumes 20 à 21, 1886, page 212.
  17. Édouard de Barthélemy, Les ducs et les duchés français avant et depuis 1789, 1867, page 278.
  18. a et b Michel Popoff et préface d'Hervé Pinoteau, Armorial de l'Ordre du Saint-Esprit : d'après l'œuvre du père Anselme et ses continuateurs, Paris, Le Léopard d'or, , 204 p. (ISBN 2-86377-140-X).
  19. « Site officiel de la mairie de », Gesvres (Mayenne), sur www.gesvres.mairie53.fr (consulté le 31 janvier 2012).
  20. GASO - Banque du blason - 93007.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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