Famille Paynel

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Famille Paynel
Armes de la famille.
Armes de la famille : Famille Paynel

Blasonnement D'or aux deux fasces d'azur, accompagnées de dix merlettes de gueules ordonnées en orle.
Lignées Fondue dans la Famille d'Estouteville
Période XIe-XIVe siècle
Pays ou province d’origine Drapeau du Duché de Normandie Duché de Normandie
Fiefs tenus Les Moutiers-Hubert, Hambye, Bricqueville, Olonde
Fonctions militaires shérif du Yorkshire
Fonctions ecclésiastiques évêque de Tréguier et Nantes
abbesse de Maubuisson
prieure de l'abbaye de la Trinité de Caen

La famille Paynel (ou Paynell) est une famille anglo-normande de moyenne importance qui pourrait être originaire des Moutiers-Hubert[1],[2] (au sud-est du Calvados).

On ignore s'ils ont toujours possédé la seigneurie des Moutiers-Hubert, où si elle a été acquise postérieurement à la conquête normande de l'Angleterre[1],[2]. Ils acquièrent aussi la seigneurie de Hambye (arrondissement de Coutances dans la Manche), possiblement par mariage.

L’orthographe du nom de famille peut varier selon les auteurs et la langue : Painel, Paynel, Peynel, Paisnel, Pesnel, Paganel[2], Pagnell.

Histoire de la famille[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs nobles normands portant le toponyme Paynel/Painel au XIe siècle, mais leur liens de parenté sont difficilement déterminables[3]. On trouve notamment un Guillaume qu'Orderic Vital mentionne parmi les « hommes illustres » qui meurent la même année que Guillaume le Conquérant (1087)[3]. Le poète normand du XIIe siècle Wace mentionne aussi un Painel seigneur des Moutiers-Hubert qui se serait trouvé à Hastings en 1066[3]. Un Hugues Painel dote l'abbaye Saint-Étienne de Caen de terres normandes entre 1089 et 1091[3]. Raoul Paynel est le premier membre attesté en Angleterre[1]. Il est possible que le Hugues mentionné précédemment soit son frère ou son demi-frère, mais il n'existe aucune source connue qui l'atteste[3].

C'est seulement au début du XIIe siècle que les relations de parentés entre les Paynel s'éclaircissent[3]. À la suite de la conquête normande de l'Angleterre, Raoul Paynel s'installe en Angleterre, et ses descendants forment les branches anglaises distinctes.

Son fils Alexandre est le primogéniteur des Paynel de Hooton Pagnell, leur seigneurie principale étant certainement Hooten dans le Yorkshire[1]. Il hérite des terres de son frère aîné Jordan, à savoir une grande partie de l'honneur de Richard de Surdeval, un vassal du comte de Mortain[1]. Il est aussi en possession des seigneuries de Bramham (Yorkshire) et Broughton. Comme son frère, il épouse une fille de la famille Fossard[1]. Son fils aîné Guillaume († 1202) hérite de la majeure partie de ses terres. Mais il meurt sans descendance mâle, et ses deux filles sont cohéritières de ses domaines. Un fils cadet d'Alexandre, Adam († vers 1205), est lord de Broughton[1]. Ses descendants continuent à posséder Broughton au-delà du XIIIe siècle[1], et une branche cadette acquiert la seigneurie de Boothby Pagnell dans le Lincolnshire[1]. Elle la tient jusqu'en 1595[1].

En 1204, Hugues (II) Paynel est seigneur des Moutiers-Hubert (en Normandie) et Middle Rasen (Lincolnshire)[2]. Son cousin Foulques (II) Paynel est seigneur de Hambye (Normandie) et Drax (Yorkshire)[2]. Le premier soutient le roi d'Angleterre Jean sans Terre et perd par conséquent ses possessions normandes, le second soutient le roi de France Philippe-Auguste, et perd ses possessions anglaises[2],[4].

Membres notables[modifier | modifier le code]

  • Raoul Paynel († avant 1124), shérif du Yorkshire. Pendant la rébellion de 1088 en Angleterre, Raoul sert comme shérif du Yorkshire[1]. Il s'empare des terres de Guillaume de Saint-Calais, dont le comportement dans cette rébellion est suspect, et assiste à son procès[1]. Il est tenant en chef (vassal direct du roi) de terres qui lui rapportent £80 annuellement[1]. Il tient aussi des terres de Ilbert (I) de Lacy dans le Yorkshire. Cela pourrait indiquer que Raoul aurait épousé une sœur ou une fille dudit Ilbert[1]. Après 1086, date à laquelle le Domesday Book est rédigé, Raoul acquiert des terres supplémentaires dans le Yorkshire et le Lincolnshire, peut-être par un second mariage avec une certaine Maud[1]. De ce dernier mariage, il a quatre fils et une fille[1]. Son fils aîné, Jordan, épouse une fille de la famille Fossard et meurt sans descendance, ses terres passant à un cadet, Alexandre, primogéniteur des Paynel de Hooten Pagnell[1]. Raoul refonde le prieuré de la Sainte-Trinité d'York, comme une dépendance de l'abbaye de Marmoutier[1]. Il est aussi un bienfaiteur de l'abbaye Sainte-Marie d'York et de l'abbaye de Selby[1].
  • Son fils Alexandre († 1153 ou avant) est le primogéniteur des Paynel de Hooton Pagnell, leur seigneurie principale étant certainement Hooten dans le Yorkshire[1]. Les descendants de son fils cadet Adam († vers 1205), sont lord de Broughton au-delà du XIIIe siècle[1]. Une branche cadette acquiert la seigneurie de Boothby Pagnell dans le Lincolnshire, et la tient jusqu'en 1595[1].
L'abbaye de Hambye fondée par Guillaume (I).
  • Guillaume (I) Paynel (v. 1076-1145/47), fils puiné de Raoul. En 1124, il est en possession des terres paternelles de Drax (Yorkshire) et Middle Rasen (Lincolnshire)[1]. Il est en possessions des seigneuries des Moutiers-Hubert et Hambye en Normandie, peut-être par son père[1]. Il acquiert des possessions supplémentaires dans le Leicestershire et le Nottinghamshire[1]. Son château de Moutiers-Hubert est attaqué par le comte d'Anjou Geoffroy Plantagenêt en septembre 1136[1]. Celui-ci agit contre le roi Étienne d'Angleterre qu'il accuse d'avoir usurpé le trône de son épouse Mathilde l'Emperesse, la fille d'Henri Ier d'Angleterre. Guillaume fonde le prieuré augustin de Drax (entre 1130 et 1139), et l'abbaye de Hambye (vers 1145/1147)[1]. Il continue le soutien familial aux monastères de la Sainte-Trinité d'Ork et de Selby[1].
    En premières noces, il épouse une fille de Guillaume fitz Wimund avec qui il a quatre fils, et en secondes noces, il épouse Avice de Rumilly, fille et cohéritière de Guillaume le Meschin, lord d'Egremont (Cumberland). Avec elle, il a une fille, Alice, qui épouse Richard de Courcy puis Robert de Gant, un jeune frère de Gilbert de Gand, le comte de Lincoln. Les deux maris d'Alice rentrent successivement en possession des terres anglaises de Guillaume (I). Mais en 1154, elles sont partagées entre Hugues (I) et Foulques (I), ses fils de son premier mariage, et Robert de Gant. Ses possessions normandes sont partagées entre les deux premiers.
  • Hugues (I) († v. 1179), est seigneur des Moutiers-Hubert et lord de West Rasen.
  • Foulques (I) († 1182/83), est seigneur de Hambye et lord de Drax. Il accompagne Henri II d'Angleterre dans sa campagne militaire en Bretagne en 1166. Il est l'un des garants d'un traité entre le roi anglais et le comte Humbert III de Savoie en 1173. Il est gouverneur d'Alençon et de La Roche-Mabile en 1180.

Autres lignages[modifier | modifier le code]

Vue des ruines du château de Hambye, tiré de l'Atlas de la Société des Antiquaires de Normandie, 1825.

Religieux :

Tableau généalogique[modifier | modifier le code]

Raoul († avant 1124), lord de West Rasen et Drax, peut-être seigneur des Moutiers-Hubert et de Hambye
│
├─> Alexandre († 1153 ou avant), peut-être lord de Hooton (Yorkshire)
│   ├─> Guillaume († 1202)
│   └─> Adam († v.1205), lord de Broughton
│
└─> Guillaume (I) († 1145/47), lord de West Rasen et Drax, seigneur des Moutiers-Hubert et Hambye
    │
    ├─> Alice, (x1) Richard de Curcy (x2) Robert de Gant
    │
    ├─> Hugues (I) († v. 1179), seigneur des Moutiers-Hubert, lord de West Rasen
    │   │
    │   └─> Pierre († avant 1200)
    │       └─> Hugues (II) (v.1181–1244), lord de West Rasen et Drax
    │
    └─> Foulques (I) († 1182/83), seigneur de Hambye et lord de Drax, (x1) Lesceline de Subligny, fille d'Harcoul, seigneur d'Avranches
        │
        ├─> William (II) († 1184), seigneur de Hambye et lord de Drax
        └─> Foulques (II) († avant 1230), seigneur de Hambye et lord de Drax

Héraldique[modifier | modifier le code]

Paynel (Normandie, vassal du roi de France)

  • d'or à deux fasces d'azur à l'orle de merlettes du même
  • d'or à deux lions de gueules passant l'un sur l'autre

Sources[modifier | modifier le code]

  • Paul Dalton, « Paynel family (per. c.1086–1244) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, édition en ligne, janvier 2008.
  • Lewis Christopher Loyd, Charles Travis Clay, David Charles Douglas, The Origins of Some Anglo-Norman Families, édition originale : Publications of the Harleian Society, vol. 103, Leeds 1951 ; republié par Genealogical Publishing Com, 1975, p. 77. (ISBN 0806306491).
  • Peter Coss, « Paynel, Gervase (d. 1194) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004
  • « Famille Paynell » sur Medieval Lands.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w, x, y, z, aa, ab et ac Paul Dalton, « Paynel family (per. c.1086–1244) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, édition en ligne, janvier 2008.
  2. a, b, c, d, e et f Lewis Christopher Loyd, Charles Travis Clay, David Charles Douglas, The Origins of Some Anglo-Norman Families, édition originale : Publications of the Harleian Society, vol. 103, Leeds 1951 ; republié par Genealogical Publishing Com, 1975, p. 77. (ISBN 0806306491).
  3. a, b, c, d, e et f Emily Zach Tabuteau, « The Role of Law in the Succession to Normandy and England, 1087 », Haskins Society Journal Studies in Medieval History, vol. 3, éditeur : Robert Patterson, Continuum International Publishing Group, 1991, pages 141 à 170 ; p. 163-164, note no 101.
  4. Christopher Daniell, From Norman Conquest to Magna Carta: England, 1066-1215, Routledge, 2003, p. 55. (ISBN 9780415222150).
  5. a, b, c, d, e, f et g Peter Coss, « Paynel, Gervase (d. 1194) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004.
  6. Abbé Jean-Jacques Desroches, Histoire du Mont Saint-Michel et de l'ancien diocèse d'Avranches, 1838, p. 392, d'après acte tiré du Cartulaire de la Bloutière (texte intégral, même page, n. 2).
  7. Desroches, Op. cit., p. 394. Voir la source
  8. Abbé Jean-Jacques Desroches, Histoire du Mont Saint-Michel et de l'ancien diocèse d'Avranches, p. 395, d'après acte tiré du Cartulaire de l'Hôtel-Dieu de La Haye-Pesnel, p. 8 (extrait de la charte, même page, n. 2).
  9. Fille de Robert VIII Bertrand, seigneur de Bricquebec, maréchal de France, et de Marie de Sully. Société française d'archéologie, Congrès archéologique de France, Volumes 123 à 124, A. Picard et fils, 1965.
  10. Fille de Robert IV d’Harcourt, baron de Beaumesnil, maréchal de France, et de Marguerite Mauvoisin, dame de Rosny.
  11. Fille de Jean de Champagne, seigneur d’Avrilly, et d’Agnès du Merle, dame de Gacé.
  12. Elle est dite la plus riche héritière de son temps.