Famille Paulze d'Ivoy de La Poype

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Famille Paulze d'Ivoy
de La Poype
Image illustrative de l’article Famille Paulze d'Ivoy de La Poype
Armes

Blasonnement D'argent au chevron de gueules, accompagné de trois serres d'aigle d'azur les griffes en bas
Période XVIe siècle - XXIe siècle
Pays ou province d’origine Forez
Fiefs tenus Chasteignolles, Salayes
Demeures Château de la Mothe (Poitou)
Château de Courtiras
Charges Secrétaire du roi (1775-1790)
Fermier général
Préfet
Conseiller d'État
Pair de France
Diplomate
Fonctions militaires Général de division
Colonel
Fonctions ecclésiastiques Chanoine de Montbrison
Abbé
Récompenses militaires Grand-Croix de l'Ordre de la Légion d'honneur
Ordre de la Libération
Croix de guerre 1939-1945

La famille Paulze d'Ivoy de La Poype est une famille française originaire du Forez. Jacques-Alexis Paulze (1723-1794), ancêtre des porteurs actuels du nom, acquit en 1775 une charge anoblissante de secrétaire du roi en la Grande chancellerie de France. Deux autres ascendants de cette famille, nés Paulze d'Ivoy, furent autorisés à relever le nom de leur mère le 5 novembre 1864 et à s'appeler dorénavant Paulze d'Ivoy de La Poype.

La famille Paulze d'Ivoy de La Poype, famille subsistante d'ancienne bourgeoisie française, a produit, sous l'Ancien Régime, des avocats et deux fermiers généraux. À partir du XIXe siècle, elle a donné des hauts fonctionnaires, dont l'un sera pair de France en 1845, des officiers supérieurs et généraux, et un héros de la Seconde Guerre mondiale.

Origine[modifier | modifier le code]

On trouve la famille Paulze en Forez dès le XVIe siècle[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

La filiation suivie de cette famille remonte à Jean Paulze, sieur de Solayes, marchand et hôte à Usson, dans le Puy-de-Dôme[2], qui testa et mourut en 1625[1]. De son mariage en 1597 avec Marie Chalvon, fille de Jacques Chalvon, notaire à La Chaise-Dieu[2], il eut neuf enfants dont Simon, qui suit.

Simon Paulze, son fils, épousa en 2e noces Sybille-Marie Faure, fille d'un notaire, d'où postérité[1],[2]. Ses descendants exerceront des fonctions d'avocat, juge des terres de Roziers et Chalençon, châtelain d'Usson, conseiller du roi et procureur aux bailliages, domaine et sénéchaussées du comté de Forez[2].

Des membres de cette famille portèrent au XVIIIe siècle des qualifications nobles[Note 1],[Note 2],[Note 3],[Note 4],[Note 5].

Jacques Alexis Paulze (1723-1794), seigneur de Chasteignolles (ou Chassagnoles), avocat en parlement, commissaire du roi au bailliage et sénéchaussée de Forez, procureur au bailliage de Montbrison, devient fermier général en 1767. Il acquiert une charge anoblissante de secrétaire du roi en la grande chancellerie, dont il est pourvu le 3 décembre 1775 et qu'il occupe pendant 15 ans, jusqu'à la suppression des charges en 1790[3].

Après l'achat en 1803 de la terre d'Ivoy-Le-Pré en Berry par Sophie Gaudin[4], épouse de Christian-François Joseph Paulze (1755-1793), la famille Paulze ajouta ce nom de terre à son patronyme.

Par décret du 5 novembre 1864 deux membres de la famille Paulze d'Ivoy furent autorisés à joindre à leur nom celui de leur mère, née de La Poype[3] (famille d'extraction chevaleresque du Dauphiné éteinte en 1851 en ligne masculine)[5].

Personnalités[modifier | modifier le code]

  • Alexis Paulze, prêtre-chanoine de Notre-Dame de Montbrison.
  • Jacques Paulze, avocat en parlement, juge de Rosiers.
  • Balthazard Paulze (1689-1764), sieur de Salayes, avocat en parlement et ancien châtelain de la seigneurie d'Usson.
  • Jacques Paulze (1723-1794), écuyer[6],[7], seigneur de Chasteignolles, avocat en parlement, fermier général, pourvu le 13 décembre 1775 de la charge de conseiller-secrétaire du roi, maison, couronne de France et des finances près la Grande chancellerie de France.
  • Christian François Joseph Paulze, fils du précédent, écuyer[8], fermier général, conseiller clerc au Parlement de Paris, relevé de ses vœux lors de la mort de son frère ainé Balthazar.
  • Marie-Anne Pierrette Paulze (1758-1836), scientifique, artiste-peintre et illustratrice française. Elle fut l'épouse et la collaboratrice du chimiste Antoine Lavoisier (1743-1794).
  • Jacques-Christian Paulze d'Ivoy (1788-1856), préfet, conseiller d'État, pair de France (1845), officier de la Légion d'honneur. Marié en 1809 avec Agathe de La Poype, fille du général Jean François de La Poype.
  • Roland Paulze d'Ivoy (1812), préfet de l'Orne (1849), de la Haute-Marne (1851), de la Manche (1852), de l'Aude (1853-1854), de la Vienne (1856), des Alpes-Maritime (1860), du Cher (1861) et enfin d'Indre-et-Loire (1870), commandeur de la Légion d'honneur (1867)[9]. Marié le 17 août 1850 à Paris avec Florentine de Marcombe, fille du député Gédéon Florentin de Marcombe. Il est autorisé, ainsi que son frère (qui suit), à relever le nom de sa mère le 5 novembre 1864 et à s'appeler ainsi Paulze d'Ivoy de La Poype.
  • Antoine Jean Jacques Eugène Paulze d'Ivoy (1813), général de division, commandeur de la Légion d'honneur (1865)[10]. Marié le 30 mars 1850 à Paris avec Clotilde de Peyronnet, dont un fils, Élie, ESM Saint-Cyr, capitaine de cuirassiers.
  • Eugène Jacques Charles Paulze d'Ivoy (1816), frère cadet des 2 précédents, ESM Saint-Cyr (1832-1835), colonel commandant le 1er régiment de zouaves pontificaux, chevalier (1843) puis officier de la Légion d'honneur (1875)[11]. Mort pour la France.
  • Gédéon Jacques Christian Paulze d'Ivoy de La Poype (1851), lieutenant au 88e régiment de la Garde mobile, puis second secrétaire à la légation de France à Téhéran (1890), chevalier de la Légion d'honneur (1871)[12].
  • Roland Paulze d'Ivoy de La Poype (1920-2012), pilote d’aviation et as de l'escadrille Normandie-Niemen pendant la Seconde Guerre mondiale. Il fut l’un des compagnons de la Libération les plus décorés : grand-croix de la Légion d'honneur (2008), croix de guerre 39/45 avec douze citations et "Héros de l'Union soviétique". Après la guerre, il devint industriel, créa en 1952 le berlingot de shampoing Dop et en 1967 la carrosserie plastique de la Méhari. Il fonda en 1970 le Marineland d'Antibes[13].
  • Hubert Paulze d'Ivoy de La Poype, Saint-Cyr promotion Maréchal Bugeaud, colonel d'artillerie, chevalier de la Légion d'honneur, officier de l'Ordre national du mérite, croix de la valeur militaire avec citations.
  • Mgr Hugues Paulze d'Ivoy de La Poype, né le 14 avril 1966, élu le 25 mai 2015 abbé de l’abbaye Saint-Pierre de Champagne (Ardèche) et abbé général de la Congrégation des chanoines réguliers de Saint-Victor[14].

Situation nobiliaire[modifier | modifier le code]

Dans son Catalogue de la noblesse française (édition 2007)[15], Régis Valette classe cette famille parmi les 3 092 familles subsistantes de noblesse française, en donnant comme principe de noblesse "secrétaire du roi, Paris, 1775-1790".

Henri Jougla de Morenas dans Le second ordre (1947)[16], E. de Séréville et F. de Saint-Simon dans le Dictionnaire de la noblesse française (1975)[17], Pierre-Marie Dioudonnat dans Le Simili-nobiliaire français (2012)[3], classent cette famille dans les familles dites de noblesse inachevée.

Philippe du Puy de Clinchamps (Charondas) dans Le cahier noir (1959) et dans À quel titre (1970) indique que la famille Paulze d'Ivoy de la Poype n'appartient pas à la noblesse[18]. Cet auteur écrit : « Enrichi par la ferme, Jacques Paulze acheta en 1775 une charge de conseiller secrétaire du roi. Il fut, ensuite, guillotiné en 1794 comme fermier général, le même jour que son gendre Lavoisier. La noblesse des Paulze est donc inachevée puisque le "savonné" n'avait pas vingt ans de fonction lors de l'abolition des privilèges[19] ».

Antoine Bachelin-Deflorenne dans son ouvrage État présent de la noblesse Française contenant le dictionnaire de la noblesse contemporaine (1873-74) donne le nom page 1408 de deux membres de la famille Paulze d'Ivoy[20],[Note 6],[21].

Armes[modifier | modifier le code]

  • D'argent au chevron de gueules, accompagné de trois serres d'aigle d'azur les griffes en bas[17].

Depuis l'alliance entre Jacques-Christian Paulze d'Ivoy et Agathe de La Poype en 1809, certains membres de cette famille écartèlent les armes Paulze d'Ivoy et La Poype, ce qui donne :

  • Ecartelé, au I et IV, d'argent au chevron de gueules, accompagné de trois serres d'aigle d'azur les griffes en bas (qui est Paulze d'Ivoy), au II et III, de gueules à la fasce d'argent (qui est La Poype)[22]

Alliances[modifier | modifier le code]

Les principales alliances de la famille Paulze d'Ivoy de La Poype sont : Chalvon (1597), Faure (1653), d'Aurelle (1684), Barjon, Thoynet de Rozières (1752), Gaudin (1787), Lavoisier, Thomson (1805), de La Poype (1809), de Gramont-Vachères, de Marcombe (1850), de Peyronnet (1850), Law de Lauriston (1881), de Brossin de Méré (1882), Bonamy (1883), du Châtel (1885), Desmarest (1892), de Mieulle (1912), de Bon (1918), de Saint-Genys (1919), Rioult de Neuville (1920), Dupont de Dinechin (1958), Lawton (1981), Goullet de Rugy (1987), d'Aboville (1991), d'Aleyrac d'Aigremont (1992), etc.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Lors de son mariage en 1752 Jacques Paulze est qualifié dans l'acte de : Noble Jacques Paulze, avocat en parlement et ès cours de Forez, fils de noble Balthazard Paulze, aussi avocat en parlement...".
  2. Lors d'un procès en 1776 : "entre noble Jacques Paulze...".
  3. En 1764 : "scépulture de noble Balthazard Paulze sieur de Salayes, avocat en parlement et ancien châtelain de la seigneurie d'Usson.
  4. sans oublier la qualification d'écuyer données dans les actes à Jacques Paulze et à son fils Christian-François-Joseph Paulze, notamment dans l'acte de mariage de ce dernier, ou dans l'acte de naissance de son fils en 1788.
  5. Nous trouvons également un messire Alexis Paulze, un messire Pierre Paulze ou un messire Jérôme Paulze...tout cela tiré des Archives départementales de la Loire.
  6. Il avertit toutefois le lecteur que sont mentionnés dans son ouvrage « tous ceux qui passent ou se font passer pour nobles » et que pour « distinguer les faux nobles des vrais » il compte « sur le bon sens du public qui saura bien, de lui seul, distinguer le bon grain de l’ivraie. ». Il indique que ces notices (celles imprimées avec un blason) « sont publiées sous la seule responsabilités des intéressés » et précise « Cependant, nous avons, depuis trois années, travaillé énormément à cette nouvelle édition de l'état de la noblesse; nous avons recueilli avec soins tous les documents qu'il nous été possible de réunir, et avons enlevé tous les noms qui nous ont paru douteux ou usurpés »

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe, 1923, notice du duc de Caraman sur la famile Paulze d'Ivoy de la Poype, pages 254-258
  2. a b c et d Bulletin de la Diana, 1995, notice du comte O de Sugny, pages 317-320.
  3. a b et c Pierre-Marie Dioudonnat, Le Simili-nobiliaire français, Sedopols, 2012, page 418
  4. Grands notables du Premier Empire: Cher, Centre national de la recherche scientifique, 1978, page 315.
  5. Henri Jougla de Morenas, Raoul de Warren Grand Armorial de France, tome V, page 369.
  6. « La noblesse au XVIIIe siècle: de la féodalité aux Lumières De Guy Chaussinand-Nogaret »
  7. « Bulletin de la Diana, Volume 54,Numéros 5 à 8 »
  8. « Notes prises au archives de l'état-civil de Paris par le Comte de Chastellux - 1875 p469 »
  9. Base Léonore, dossier de la Légion d'honneur LH/2072/10.
  10. Base Léonore, dossier de la Légion d'honneur LH/2072/7.
  11. dossier de la Légion d'honneur LH/2072/8.
  12. Base Léonore, dossier de la Légion d'honneur LH/2072/9.
  13. Lepoint.fr du 24 octobre 2012 : « Décès de Roland La Poype, pilote du Normandie-Niémen et Compagnon de la Libération ».
  14. « La Croix , le 11/06/2015 à 14h40 »
  15. Régis Valette, Catalogue de la noblesse française, édition 2007, pages 150 et 289
  16. Société du grand armorial de France, Le second ordre, 1947, page 314 "Paulze d'Ivoy de la Poype".
  17. a et b E. de Séréville, F. de Saint-Simon, Dictionnaire de la noblesse française, 1975 : noblesse inachevé : page 1182
  18. Charondas, 'À quel titre, volume 37, Les Cahiers nobles, 1970.
  19. Charondas, Le cahier noir
  20. Antoine Bachelin-Deflorenne, État présent de la noblesse Française contenant le dictionnaire de la noblesse contemporaine, (1873-74), page 1408.
  21. Antoine Bachelin-Deflorenne, État présent de la noblesse Française contenant le dictionnaire de la noblesse contemporaine (1873-74), préface.
  22. « Armories de Roland Paulze d'Ivoy de la Poype », sur Héraldique Européenne (consulté le 15 mai 2019)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]