Famille Mara

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Image représentant deux personnes Cette page explique l’histoire ou répertorie les différents membres de la famille Mara.

La famille Mara, devenue Marat pour certains membres établis en France, est une famille catholique espagnole[1], qui prétendait à l'hidalguia[2] mais qui serait selon Frantz Funck-Brentano[3] (1941) d'origine juive (marrane) espagnole, établie ensuite dans le territoire de Neuchâtel, dépendant du royaume de Prusse, actuellement subsistante.

Elle a donné le célèbre révolutionnaire Marat, rédacteur du journal L'Ami du peuple, puis conventionnel.

Origine[modifier | modifier le code]

  • Antonio Mara, de Sassari, appartient à une famille catholique espagnole qui serait selon Frantz Funck-Brentano, d'origine juive[4], qui s'est établie en Sardaigne, ancien territoire du Royaume d'Aragon qui faisait partie du Royaume d'Espagne. Il s'est marié le 11 mai 1698 à Cagliari avec Miliana Trogu, qui lui a donné au moins un fils :
  • Juan Salvador Mara (devenu Jean Mara puis Marat), d'abord moine capucin, baptisé le 9 août 1704 à Cagliari, en Sardaigne « qu'il a dû quitter à un moment où se déchaînait l'antisémitisme »[4] à en croire Frantz Funck-Brentano, en 1941, qui ne trouve pas illogique qu'un moine capucin et catholique fasse l'objet d'antisémitisme, pour s'établir à Genève où il se convertit au protestantisme et se marie le 21 décembre 1740 avec Louise Cabrol, d'une famille calviniste genevoise d'origine rouergate, fille de Louis (Camarès 1687) et de Catherine Molinier[5]. Ils avaient pour témoins Paul-Abraham Mendès[4]. De cette union sont nés six enfants vivants, trois fils et trois filles:
    • Marianne Mara (1742) mariée à M. Olivier ;
    • Jean-Paul Mara (1743-1793), vivait en concubinage avec Simone Évrard qui ne lui a pas donné d'enfants.
    • Henri Mara (Boudry 1745 ) ;
    • Marie Mara (1746) :
    • Pierre Mara (1753) ;
    • Pierre Antoine Mara (Peseux 1754-Neuchâtel 1756)
    • David Mara (Boudry 1756-1821) dit David de Boudry ;
    • Charlotte Albertine Marat (Neuchâtel 1760-Paris 1841), fabricante d'aiguilles et de rouages de montres, vivait à Paris pendant la Révolution avec son frère le Conventionnel.
    • Jean Pierre Marat (Neuchâtel 1767 - Carlsruhe 1858) s'établit à Carlsruhe où il devint un habile fabricant d'aiguilles de montres et de compensateurs, fit une belle fortune qu'il perdit par sa passion du jeu. En 1843, un de ses fils reviendra s'installer à Genève et sera le père de la romancière Marie-Ernestine Mara. Il est l'auteur de la famille actuelle.

Nationalité[modifier | modifier le code]

Jean Mara revendiquait la nationalité prussienne, Neuchâtel étant une possession du roi de Prusse, comme le montre une requête adressée en mai 1768 au vice-gouverneur de l'État de Genève où il se déclare "avec sa femme et sa famille dépendant de la domination du roi de Prusse, leur très puissant et généreux souverain, dont ils se feront toujours honneur d'être les très humbles et très fidèles sujets"[6]. Il avait obtenu la qualité d'habitant de Genève en 1741 et de bourgeois de Boudry (comté de Neuchâtel) le 21 avril 1765.

Par la suite, son fils Jean-Paul Marat, le médecin devenu conventionnel, se dira plusieurs fois d'origine espagnole et de naturalité prussienne[4], et il ne semble pas avoir fait l'objet de lettres de naturalisation avant 1789.

Principales personnalités[modifier | modifier le code]

Hommages publics[modifier | modifier le code]

  • Marat, cuirassé soviétique ayant connu les 1re et 2de Guerres mondiales.

Armes, blason, devise[modifier | modifier le code]

Lorsqu'il était médecin de l'écurie et des pages du comte d'Artois, frère du roi, Marat essaya vainement de faire reconnaître sa noblesse espagnole et enregistrer un blason[8] que l'on retrouve sur sa correspondance entre 1778 et 1789[9].

"Au 1er de (émail inconnu) à un demi-aigle de (émail inconnu) au vol abaissé mouvant du parti; au 2e tranché en chef de (émail inconnu), à la bande ou demi-chevron de (émail inconnu), et en pointe de pourpre." Écu surmonté d'une couronne de comte[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Baptêmes, mariages, sépultures, ordinations, prises d'habits des membres de cette famille sont enregistrés dans les registres de catholicité.
  2. Jacques De Cock, Fantasques éditions, 2003, p. 123.Concerne les armoiries nobles des Mara. Lire lettre de Marat : "J'espère que vous ne refuserez pas mes armoiries, voyant comment est assurée la noblesse de ma famille".
  3. Frantz Funck-Brentano, adepte de l'extrême droite, dans son livre Marat, ou le mensonge des mots, 1941, se déchaine contre le prétendu "sémite" Marat en usant de toute la rhétorique antisémite de ce temps.
  4. a, b, c et d Funk-Brentano, Marat
  5. Mariés à Genève le 24 octobre 1723.
  6. Funck-Brentano, Marat
  7. Revue britannique, 1873, p. 224.
  8. Cf. courrier de Marat au juge d'armes à ce sujet in Marat avant 1789, édité par Jacques De Cock, Fantasques éditions, 2003, p. 123, texte cité en ligne
  9. Selon Claudius Roux, "À cette époque, il se faisait appeler M. de Marat, essayait vainement de se faire anoblir, ayant par avance fait graver dans ce but un cachet avec des armoiries initiées de Genève et de Neuchâtel, surmontées d'une couronne de comte, cachet dont j'ai pu retrouver une empreinte intacte dans les archives de l'Académie des Sciences de Stockholm, et dont il existe une autre empreinte, brisée, dans les archives de l'Académie de Lyon."
  10. Description du cachet sur une lettre de Marat du 28 décembre 1789 à Camille Desmoulin par A. Duleau, "Le blason de Marat", in Revue historique, héraldique et nobiliaire, p. 84-85.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Bugnot, "Marat était-il juif ?", in l'Action française 22 avril 1938.
  • Augustin Cabanès, Marat inconnu: l'homme privé, le médecin, le savant, Paris, 1911, 3e édition
  • Hector Fleishmann, Marat et sa maîtresses, Paris, 1910.
  • Frantz Funck-Brentano, Marat, ou le Mensonge des mots, Paris, Grasset, 1941
  • Charlotte Goëtz, Marat en famille. La saga des Mara(t), tome I : Sardaigne-Suisse, tome II : Suisse-Grande-Bretagne-Hollande-France-Russie, Bruxelles, Pôle Nord, 2001.
  • Gérard Walter, Marat, Paris, 1936