Famille Barozzi

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Armoiries de la famille Barozzi

Barozzi est le nom de l'une des douze illustres familles dites « apostoliques » fondatrices de la cité de Venise autour du VIIe siècle.

Généralités[modifier | modifier le code]

Après les invasions barbares des IIe et IIIe siècles, les îles de la lagune ont été colonisées par les populations qui habitaient les territoires limitrophes. Cette famille originaire de Padoue faisait partie des douze familles tribunices, dites apostoliques, qui ont élu le premier doge de Venise en 724.

Une très ancienne légende fait descendre la famille Barozzi de Galla, 5e doge de Venise. On sait également que Antonio Barozzi, lors d’une expédition à Alexandrie en 828, a ramené à Venise les restes de Saint Marc. La famille, même si elle n'a jamais fourni de doge à la Sérénissime, participa toujours activement à la vie administrative et politique de Venise. Ses représentants ont souvent fait partie du Conseil des Dix, très important organe législatif, et ont été sollicités dans le cadre de négociations diplomatico-administratives en Grèce et en Asie mineure, comptoirs vitaux de l'économie vénitienne.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom italien Barozzi d'origine toscane provient du latin barus, qui veut dire courageux.

Historique[modifier | modifier le code]

Selon une tradition tardive, Jacopo Barozzi, de San Moisè, aurait reçu en fief d'un empereur latin les îles de Santorin et de Thirassia, en mer Égée[1]. Cette information a souvent été interprétée à la suite de Karl Hopf comme indiquant que Jacopo avait fait partie des compagnons de Marco Sanudo qui avait conquis les Cyclades après la chute de l’empire byzantin en 1204, et dont il aurait reçu l'île en fief. On considère cependant actuellement que la domination des Barozzi sur Santorin ne date que du début du XIVe siècle, l'île ayant été conquise au cours d'une guerre vénéto-byzantine par Jacopo II Barozzi[2], membre d'une branche installée en Crète.

Andrea Barozzi, consul de Venise à Négrepont en 1258, infligea une défaite à l'armée de Guillaume II d'Achaie au cours de la guerre de succession d'Eubée. Jacopo, son fils, qui endossa d’importantes responsabilités dans le gouvernement des colonies vénitiennes de la mer Égée jusqu’au début du XIVe siècle. Il fut recteur de la Canée, de Négrepont et duc de Candie vers 1301. Sa conquête de Santorin l'entraîna dans un conflit avec les ducs de Naxos qui dura plusieurs dizaines d'années et se solda par la perte définitive de l'île en 1335, le procès entre les deux familles se poursuivant cependant pendant une vingtaine d'années. Certains membres de la famille actuelle font toujours usage de titres plus ou moins fantaisistes rappelant cette période[3].

En 1463, Giacomo fut duc de Candie. En 1465, Giovanni fut patriarche de Venise.

Nombreuses furent ensuite les tâches confiées aux membres de la famille Barozzi par la Sérénissime.

Membres illustres[modifier | modifier le code]

Militaires[modifier | modifier le code]

La famille Barozzi a compté plusieurs généraux sur mer.

  • Andrea Barozzi s’est distingué à Acre durant la bataille contre les Génois.
  • Sorzi Barozzi s’est illustré durant la bataille de Lépante.
  • Lucas Barozzi défendit avec vaillance la Canée, en juin 1645 lorsque les Turcs débarquèrent en Crète.

Ecclésiastiques[modifier | modifier le code]

Parmi les nombreux ecclésiastiques de cette lignée, on peut citer :

  • Angelo Barozzi, patriarche de Grado en 1211 ;
  • Giovanni Barozzi, évêque de Bergamo 1449, patriarche de Venise en 1464.
  • Luigi Barozzi, archevêque de Zadar au XVIe siècle ;
  • Francesco Barozzi, mort en 1471, chanoine de Bergame puis évêque de Trévise, fut un grand jurisconsulte, bon orateur, et savant dans les lettres grecques et latines.
  • L’évêque Pietro Barozzi (1441-1507) fut un humaniste réputé.

Palais[modifier | modifier le code]

Le palais Civran Badoer Barozzi sur le Grand Canal

Divers[modifier | modifier le code]

L’histoire a retenu également Elena Barozzi (1514-1580) surnommée la Barozza par sa beauté célèbre, et qui fut la maîtresse de Lorenzino de Medicis.

Les papes Eugène IV et Paul II étaient apparentés à la famille Barozzi.

À la fin du XIXe siècle, le titre de Premier Surintendant des Beaux Arts et des Biens culturels du Royaume d'Italie fut donné à Dino Barozzi.

La précieuse Biblioteca Barozziana, aujourd’hui conservée à Oxford, fut constitué par le mathématicien Francesco Barozzi, puis complétée par son neveu Lorenzo. Jacopo Barozzi (1561-1615) qui en hérita de son père, la vendit au comte de Pembrock, qui la légua en 1629 à la célèbre université dont il était chancelier.

Il existe à Argyropoulou, près de Réthymnon, une église byzantine appelée de la Panagia de Barozzi, en souvenir des 200 ans d'influence de la famille sur l'île de Crète.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. cf par ex. Freschot,Lipregi della Nobilta' Veneta, Venise, 1682, p 249
  2. Louise Buenger Robbert, « Venice and the Crusades », dans Kenneth M. Setton, Harry W. Hazard, Norman P. Zacour, A History of the Crusades, Volume 5 : The impact of the Crusades on the Near East, Univ of Wisconsin Press, (ISBN 0-299-09140-6, lire en ligne) p.432, citant les travaux de Silvano Borsari et de R-J Loenertz
  3. ainsi, Benedetto Barozzi s'intitule-t-il « Prince des Îles de Santorin, Thira (sic) et Nasso [1] ; Cristiano Barozzi est désigné dans la presse comme « principe di Santorini » [2] ; Pierre Baruzy s'intitulait « baron de Santorin »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • C. Freschot B.,Lipregi della Nobilta' Veneta. Venise, 1682.
  • P. Daru, Histoire de la République de Venise. vol.7. Wouters, 1840.
  • L. Michaud, Biographie Universelle Ancienne et Moderne. vol.3. Paris. 1811-1828.
  • G. Trivellato, G. Mazzariol, A. Dorigato, Palais Vénitiens. Evergreen, 1998.

Articles connexes[modifier | modifier le code]