Fajoles

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Fajoles
Fajoles
La mairie.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Lot
Arrondissement Gourdon
Intercommunalité Communauté de communes Quercy-Bouriane
Maire
Mandat
Fabienne Lalande
2020-2026
Code postal 46300
Code commune 46098
Démographie
Population
municipale
294 hab. (2018 en augmentation de 8,89 % par rapport à 2013)
Densité 33 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 48′ 14″ nord, 1° 23′ 50″ est
Altitude Min. 118 m
Max. 213 m
Superficie 8,98 km2
Unité urbaine Commune rurale
Aire d'attraction Gourdon
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Souillac
Législatives Première circonscription
Localisation
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Fajoles

Fajoles est une commune française, située dans le département du Lot, en région Occitanie.

Le site archéologique du Piage est mondialement connu dans les milieux préhistoriques pour avoir livré des vestiges datant de la transition entre Châtelperronien et Aurignacien.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Fajoles en Quercy est une petite commune du nouveau canton de Souillac (ancien canton de Payrac), située à 9 km au nord de son chef-lieu d'arrondissement et sous-préfecture Gourdon. Elle se trouve dans le nord-ouest du département du Lot, dans la région naturelle de la Bouriane.

Le village est relativement isolé hors des voies de grandes communications, malgré l'autoroute A20 qui passe à 8,5 km (à vol d'oiseau) à l'est ; les deux entrées/sorties les plus proches sont la no 55 « Souillac » à 22 km au nord-est et la no 56 « Montfaucon / Labastide-Murat » à 25 km au sud-est[1],[2].

Sa préfecture Cahors est à 56 km à l'ouest, Brive-la-Gaillarde (Corrèze) à 56 km au nord, Bergerac (Dordogne) à 94 km à l'ouest. Le parc naturel régional des Causses du Quercy est à 11 km à l'est (il se prolonge vers le sud-est), avec Rocamadour à 30 km et Gramat à 36 km. De l'autre côté du parc de trouve Figeac, à 67 km au sud-est[1],[2].

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Fajoles est limitrophe de sept autres communes, dont deux dans le département de la Dordogne. Veyrignac, au nord-ouest, n'est limitrophe que par un quadripoint, près du hameau les Cent Écus[2].

Carte de Fajoles et des communes avoisinantes.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Selon la terminologie définie par l'Insee et le zonage publié en 2020, Fajoles est une commune rurale, car elle n'appartient à aucune unité urbaine[Note 1],[3],[4].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Gourdon, dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 22 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[5],[6].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le toponyme Fajoles (Fajòlas en occitan) remonte à l'époque gallo-romaine. Il est basé sur le mot latin fagus qui désigne un arbre : le hêtre[7], avec le suffixe diminutif -eola (« petit bois de hêtres »)[8].

Peut-être est-ce un diminutif de Fages, il y a un repaire de ce nom.[réf. nécessaire]

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Le territoire de Fajoles est très anciennement peuplé. Au lieu-dit le Piage[9], un site archéologique préhistorique important est mondialement reconnu, car comportant des traces d'occupations de l'homme de Néandertal et de l'homme de Cro-Magnon, sur une longue période[10],[11].

La grotte du Piage est dans la vallée en rive droite (côté nord) de la Relinquière, affluent de la Melve, cette dernière affluent de la Germaine et sous-affluent de la Dordogne[9],[10]. Le site est d'abord fouillé à partir de 1958[12] jusque dans les années 1960 par Ferdinand Champagne et R. Espitalié[13],[14] ; en 1966 (un peu avant le début des fouilles au Roc de Combe voisin), François Bordes visite le Piage avec sa femme Denise de Sonneville-Bordes et avec Jean-Philippe Rigaud ; F. Bordes note la présence de Châtelperronien pris en sandwich entre deux couches d'Aurignacien[15]. Puis le site est de nouveau fouillé au début des années 2010 par Jean-Guillaume Bordes[16].

Dans la partie nord du site se mélangent des industries moustériennes, châtelperroniennes, protoaurignaciennes et de l'Aurignacien ancien. Mais ce mélange est dû à des événements de solifluxion, ce qui remet en cause l'interstratification entre Châtelperronien et Aurignacien - et donc la contemporanéité entre les derniers Néandertaliens et les premiers hommes anatomiquement modernes[13].
Les abords de cette zone ont livré un chenal karstique ou mini-canyon d'environ 50 cm de large pour 2 m de profondeur, encore actif, qui traverse de part en part la zone fouillée. Son plafond partiellement effondré a engendré un soutirage qui pourrait avoir contribué au remaniement des dépôts de cette zone. Les parois concrétionnées de ce chenal ont livré du mobilier moustérien discoïde à denticulés, mais pas de faune. Le même type d'industrie se retrouve dans les dépôts mélangés, mais les couches y sont très dégradées - ce qui indique que ces dépôts ne sont pas ici en place, mais ont été déplacés en suivant l'axe de ce chenal[13].

En 2011, la coupe dans le sud du site vise à comparer l'Aurignacien ancien et le Protoaurignacien sous-jacent. Cette dernière industrie, à l'époque encore rare et mal connue, présente alors des caractéristiques propres à remettre en cause la vue traditionnelle d'une rupture entre les dernières productions néandertaliennes (Châtelperronien) et les plus anciennes productions des hommes anatomiquement modernes (Aurignacien ancien)[13]. Une dent humaine y a été trouvée en 2012 ou 2013[17].

Antiquité[modifier | modifier le code]

On aurait également trouvé des tessons de poteries romaines, des médailles et d’antiques substructions au lieu-dit « les Frousses » (ou les Fourques, note n° 6) près du village de Sales. Lacoste et Saint Marty rapportent dans leurs ouvrage sur l'histoire du Quercy qu'il y aurait eu jadis en ce lieu une ville dont on ignore le nom et que les monnaies trouvées seraient à dater des Haut et Bas Empire romain. Ce lieu fut certainement habité depuis les temps les plus reculés comme en font foi les gisements préhistoriques qui s’y rencontrent.

Moyen-Âge[modifier | modifier le code]

La paroisse Notre-Dame de Fajoles est nommée comme dépendant du Vigan dans la charte de l’archevêque de Bourges de 1143 et la bulle de Anastase IV (1153).[réf. nécessaire]

Des fouilles vers l'année 2010 sur la place publique face à l'église ont mis au jour plusieurs sépultures, qui ne sont probablement pas contemporaines des premiers temps de fonctionnement de l'église. La question du noyau originel du cimetière médiéval reste posée[18].

Jusqu'au début du XXe siècle, il y avait dans un bois près de Caminel, dans le nord de la commune, une foire aux bestiaux vers octobre correspondant aux « passages » d'Auvergnats qui faisaient descendre les bêtes depuis les plateaux de Salers vers la Garonne ou la Charente[19].

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

La commune a été créée en 1841 avec des sections de Masclat[7].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs[20]
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
         
1841 1849 Pierre Baleste    
1849 1855 François Pezet    
1855 1871 Pierre Taillefer    
1871 1871 François Monfort    
1871 1874 Albin Baleste    
1874 1876 Pierre Taillefer    
1876 1878 Antoine Arteil    
1878 1882 Alain Baleste    
1882 1888 Antoine Arteil    
1888 1890 Jean Arteil    
1890 1892 Guillaume Giguet    
1892 1919 Jean Arteil    
1919 1925 Jean Aussel    
1929 1935 Jean Vacquie    
1935 1945 Albert Cler    
1945 1993 Éloi Denis PCF  
1993 2014 Laurent Rougière    
2014
(réélue en mai 2020)
En cours Fabienne Lalande    

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[21]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[22].

En 2018, la commune comptait 294 habitants[Note 3], en augmentation de 8,89 % par rapport à 2013 (Lot : +0,1 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1841 1846 1851 1856 1861 1866 1872
561541664617661685628638622
1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911 1921
618618627580578545519519431
1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982
414348355323286255262253243
1990 1999 2005 2010 2015 2018 - - -
220211255262288294---
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[23] puis Insee à partir de 2006[24].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église de Fajoles se présente sous la forme classique de croix latine. Le chœur, en cul de four, avec une voûte en pierre, forme une demi-coupole intérieure éclairée de trois côtés par des fenêtres romanes. On pénètre dans l’édifice par deux portes. Celle qui donne accès à la chapelle de l’Épître, face à l’ouest, comporte un arc en plein cintre surmonté intérieurement par deux arcs du même type s’inscrivant l’un dans l’autre et serait à dater de la fin du XIIe siècle. Quatre colonnettes à chapiteaux supportent les arcs et encadrent la porte. Sur ces chapiteaux, on voit trois personnages, Adam et Ève, chassés du Paradis, se tenant par la main et le troisième est en robe.

Au-dessus de cette porte, et décalé par rapport au centre, se situe un petit modillon anthropomorphe, la tête en bas (signifiant que le diable a été vaincu). La deuxième porte face au sud où la place n’a plus ses colonnes date de la fin du XIIe siècle, début XIIIe siècle.

L'église a été inscrite à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques le 30 mai 1978[25].

  • La maison du patrimoine, musée d'interprétation, ouverte en 2010 par la communauté de communes de la Haute Bouriane, présente les recherches archéologiques faites au lieu-dit du Piage et explique le mode de vie des hommes durant cette période.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abbé Paul Boisset (en collaboration avec Henry Viers), « Histoire d'une petite commune : Fajoles-en-Quercy », Bulletin de la Société des Études du Lot, t. LXXXVI, 1965, p. 273-286.
  • Christophe Loiseleur des Longchamps, Les fortifications médiévales dans le canton de Gourdon, Mémoire de maîtrise, Université de Toulouse - Le Mirail, 1994.
  • Philippe Loiseleur des Longchamps Deville, « À la découverte des petits sanctuaires du Gourdonnais », Vieilles maisons françaises, Paris, juillet 1884, no 103, p. 50-53.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Une commune rurale est une commune n'appartenant pas à une unité urbaine. Les autres communes sont dites urbaines.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Fajoles, carte », sur google.fr/maps (consulté le 16 novembre 2020). Les distances par route entre deux points donnés sont calculées dans le panneau latéral (voir l'onglet en haut à gauche de l'écran) - cliquer sur "itinéraires".
  2. a b et c « Fajoles, carte interactive » sur Géoportail. Couches « Cartes IGN classiques », « Limites administratives » et « Hydrographie » activées. Vous pouvez bouger la carte (cliquer et maintenir, bouger), zoomer (molette de souris ou échelle de l'écran), moduler la transparence, désactiver ou supprimer les couches (= cartes) avec leurs échelles d'intensité dans l'onglet de "sélection de couches" en haut à droite, et en ajouter depuis l'onglet "Cartes" en haut à gauche. Les distances et surfaces se mesurent avec les outils dans l'onglet "Accéder aux outils cartographiques" (petite clé à molette) sous l'onglet "sélection de couches".
  3. « Base des unités urbaines 2020 », sur https://www.insee.fr/, (consulté le 2 janvier 2021).
  4. Vianney Costemalle, « Toujours plus d’habitants dans les unités urbaines », sur https://www.insee.fr/, (consulté le 2 janvier 2021).
  5. « Base des aires d'attraction des villes 2020 », sur https://www.insee.fr/, (consulté le 2 janvier 2021).
  6. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc, Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur https://www.insee.fr/, (consulté le 2 janvier 2021).
  7. a et b Gaston Bazalgues, À la découverte des noms de lieux du Quercy : Toponymie lotoise, Gourdon, Éditions de la Bouriane et du Quercy, , 127 p. (ISBN 2-910540-16-2), p. 43, 111.
  8. Jean-Maire Cassagne, Villes et Villages en pays lotois, page 105.
  9. a et b « Le Piage, carte interactive » sur Géoportail.
  10. a et b [Bordes 2002] Jean-Guillaume Bordes, Les interstratifications Châtelperronien / Aurignacien du Roc-de-Combe et du Piage (Lot, France). Analyse taphonomique des industries lithiques ; implications archéologiques (thèse de doctorat en préhistoire et géologie du Quaternaire), Université Bordeaux I, , sur tel.archives-ouvertes.fr (lire en ligne), p. 22 (carte).
  11. [Méroc 1969] Louis Méroc, « Midi-Pyrénées », Gallia Préhistoire, vol. 12, no 2,‎ , p. 485-503 (lire en ligne [sur persee]), p. 487, 489.
  12. [Méroc 1961] Louis Méroc, « Circonscription de Toulouse - Informations archéologiques », Gallia Préhistoire, no 4,‎ , p. 268 (lire en ligne [sur persee]).
  13. a b c et d [Bilan scientifique 2011] Michel Vaginay, Laurence Murat, Patrice Georges, Jean-Guillaume Bordes et al., « Bilan scientifique de la région Midi-Pyrénées » [PDF], sur academia.edu, Direction régionale des affaires culturelles Midi-Pyrénées, service régional de l’archéologie, (consulté le 16 novembre 2020), p. 134-135.
  14. [Champagne & Espitalié 1981] Ferdinand Champagne, R. Espitalié, S. Beckouche, C. Champagne, H. Laville, J.-C. Marquet, L. Mons, C. Mourer-Chauviré et F. Poplin (préf. H. Delporte), Le Piage, site préhistorique du Lot, Paris, coll. « Mémoire de la Société Préhistorique Française » (no 15), , 288 p..
  15. [Bordes 2003] (en) Jean-Guillaume Bordes, « Lithic taphonomy of the Chatelperronian/Aurignacian interstratifications in Roc de Combe and le PIage (Lot, France) » (Actes du 14e Congrès UISPP, Université de Liège, Belgique, 2-8 sept. 2001, section 6.1, 356 p.), Trabalhos de Arqueologia, no 33 « The Chronology of the Aurignacian and of the Transitional Technocomplexes. Dating, Stratigraphies, Cultural Implications »,‎ (lire en ligne [PDF] sur academia.edu, consulté le 16 novembre 2020), p. 236.
  16. Bilan scientifique 2011, p. 121.
  17. [Bilan scientifique 2013] Michel Vaginay, Laurence Murat, Patrice Georges, Jean-Guillaume Bordes et al., « Bilan scientifique de la région Midi-Pyrénées » [PDF], sur culture.gouv.fr, Direction régionale des affaires culturelles Midi-Pyrénées, service régional de l’archéologie, (consulté le 16 novembre 2020), p. 162.
  18. Bilan scientifique 2011, p. 133.
  19. Vidal de Lablache, « Minutes de la séance du 27 avril », Bulletin de la Société des études littéraires, scientifiques et artistiques du Lot, t. 28, no 1,‎ , p. 142 (lire en ligne [sur gallica], consulté le 16 novembre 2020).
  20. « Les maires de Fajoles », sur Site francegenweb, (consulté le 27 novembre 2016).
  21. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  22. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  23. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  24. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  25. « Église », notice no PA00095070, base Mérimée, ministère français de la Culture