Faculté des lettres de l'université de Lausanne

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Faculté des lettres
Anthropole UNIL.jpg
Histoire et statut
Fondation
1837 (1537)
Type
Faculté de sciences humaines (Faculty of Arts)
Régime linguistique
Localisation
Campus
Lausanne, Dorigny
Localisation
Pays
Chiffres-clés
Etudiants
2233[3]
Divers
Site web

La Faculté des lettres de Lausanne (Suisse), fondée en 1837[4], est une institution de recherche et d'enseignement spécialisée dans les sciences humaines affiliée à l'Université de Lausanne.

Histoire[modifier | modifier le code]

XVIe siècle[modifier | modifier le code]

L'Ancienne Académie de Lausanne, construite en 1587.
Le Palais de Rumine, bâtiment hébergeant la faculté des lettres de 1902 à 1987.
Anthropole (ex BFSH2) bâtiment actuel de la faculté des lettres.

Dès la création de L'Académie de Lausanne, en 1537, les sciences humaines (arts libéraux, langues anciennes, philosophie naturelle et morale) occupent une place importante dans l'enseignement, parallèlement aux études théologiques[5]. Les chaires de grec et d'hébreu sont créées en 1537, puis sont rejointes par la chaire d'arts libéraux en 1542 (occupée par Caelio Secondo Curione, humaniste piémontais) puis celle de théologie en 1546. En 1545, le français Mathurin Cordier est nommé précepteur du collège, sa réputation de pédagogue attire de nombreux élèves étrangers. En 1558, à la suite d'un conflit avec les autorités bernoises qui ne voulaient pas voir s'installer le consistoire calviniste de Pierre Viret à Lausanne, Théodore de Bèze, professeur de grec depuis 1549 et recteur de l'Académie dès 1552, quitte Lausanne pour Genève. Pour remplacer les professeurs démissionnaires ayant suivi Bèze à Genève, le gouvernement de Berne nomme de nouveaux enseignants bernois et français, dont Blaise Marcuard (professeur de philosophie dès 1564, puis de théologie en 1576) et plus tard Claude Aubéry (philosophie, dès 1576).

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Une chaire d'histoire est créée en 1708[6] (Jean Barbeyrac) mais disparaîtra 33 ans plus tard sur décision du gouvernement bernois, défavorable à cet enseignement donné en français[7]. En 1741, quatre des sept chaires dispensent des enseignements en humanités (philosophie, éloquence et belles-lettres, grec et morale, hébreu), contre deux en théologie[8] et une en droit.

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

C'est en 1837 que la Faculté des lettres et des sciences (9 chaires sur les 17 que compte l'institution) voit le jour sous ce titre au sein de l'Académie, désormais sécularisée, conjointement aux deux autres facultés (droit et théologie). La Faculté des lettres sera ensuite séparée de la Faculté des sciences en 1869[9]. En 1890, enfin, l' Académie de Lausanne devient l' Université de Lausanne[10].

XXe siècle[modifier | modifier le code]

L'histoire plus contemporaine de la faculté des lettres est très fortement liée à celle de deux bâtiments atypiques qui l'ont hébergée : dès 1902, c'est au Palais de Rumine que la faculté tient ses quartiers, pour se déplacer en 1987 à l'Anthropole (alors Bâtiment des Facultés de Sciences Humaines 2[11]) sur le nouveau campus de Dorigny[12]. Ce bâtiment, dont l'architecture très particulière[13] (inspirée "de l'image de la ville, avec des maisons, des rues et des places"[14]), parfois labyrinthique[15],[16], lui a valu de nombreux débats lors de son édification[17],[18],[19], est aujourd'hui un élément-clé du dispositif infrastructurel et symbolique de l'université[20].

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Dès la rentrée d'automne 2016[21], la Faculté des lettres (conjointement aux facultés de Sciences sociales et politiques (SSP) et de Théologie et sciences des religions) lance un programme de Master en humanités numériques[22].

Enseignement et recherche[modifier | modifier le code]

Les recherches et enseignements de la Faculté des lettres sont répartis dans les unités suivantes :

Sections[modifier | modifier le code]

  • Section de philosophie (PHILO)
  • Section d'histoire (HIST)
  • Section de français (FRA)
  • Section d'archéologie et des sciences de l'Antiquité (ASA)
  • Section d'italien (ITAL)
  • Section d'espagnol (ESP)
  • Section d'allemand (ALL)
  • Section d'anglais (ANGL)
  • Section des langues et civilisations slaves et de l'Asie du Sud (SLAS)
  • Section des sciences du langage et de l'information (SLI)
  • Section d'histoire de l'art (HART)
  • Section d'histoire et esthétique du cinéma (CIN)
  • Ecole de français langue étrangère (EFLE)

Autres unités[modifier | modifier le code]

La Faculté des lettres héberge un certain nombre de centres de recherche, comme le centre de recherche sur les lettres romandes, le centre de traduction littéraire, le centre Benjamin Constant, le centre de linguistique et des sciences du langage, le centre d'études médiévales et post-médiévales, le centre des sciences historiques de la culture, le centre de recherche en langues et littératures européennes comparées, le centre de la formation doctorale interdisciplinaire ou le centre d'études cinématographiques.

Effectifs[modifier | modifier le code]

Evolution du nombre de professeur(e)s en Faculté de lettres depuis 1890[23]
Bleu clair = Professeur(e)s ordinaires (titulaires) / Bleu foncé = Total avec prof. assistants, associés et extraordinaires

En l'absence de statistiques détaillées années après années dès le XVIe siècle, on notera que le nombre de professeurs titulaires d'une chaire en humanités a peu évolué avant le milieu du XXe siècle : 3 au XVIe siècle, 4 au XVIIIe siècle puis 9 au XIXe siècle.

Personnalités[modifier | modifier le code]

Professeurs et professeures[modifier | modifier le code]

Théodore de Bèze, professeur de grec de 1549 à 1558[24].
Jean Barbeyrac, professeur de droit et d'histoire.

Historiques[modifier | modifier le code]

Actuels[modifier | modifier le code]

Cette liste ne contient que les professeur(e)s qui disposent d'une notice dans cette encyclopédie.

Ancien(ne)s étudiant(e)s[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Présentation du décanat sur le site de la Faculté des Lettres
  2. En 2014
  3. En 2015
  4. Les enseignements de lettres sont consécutifs à la création de la Schola Lausannensis en 1537, mais les facultés ne sont créées sous cette appellation qu'au XIXe siècle, voir "Université de Lausanne", dans le Dictionnaire historique de la Suisse.
  5. Crousaz, Karine, L'Académie de Lausanne entre Humanisme et Réforme (ca. 1537-1560), Brill, 2011, p.1.
  6. L'UNIL au 18e siècle
  7. 1537-1987 De l'Académie à l'Université de Lausanne, p. 88.
  8. Meystre-Schaeren, Nicole, Université de Lausanne, Dictionnaire Historique de la Suisse.
  9. L'UNIL au 19e siècle.
  10. Delessert, André, L'Université au défi: Une histoire sociale de l'Université de Lausanne, Payot, 1991, 352 p.
  11. Dorigny: un dernier gros crédit pour les Sciences humaines, Gazette de Lausanne, 18 octobre 1983, p. 3.
  12. De la cité au campus - 40 ans de l'UNIL à Dorigny, Actes du colloque Dorigny 40, 2011, 189 p.
  13. Cottet, Françoise, Les losanges du savoir, 24 Heures, 13 juillet 1987, p. 22.
  14. Les architectes et leur projet. Un espace à apprivoiser, in Unilausanne, n°43, 1987, p. 6.
  15. Un bâtiment qui perd ses utilisateurs, 24 Heures, 30 octobre 2002
  16. Se croiser, s'éviter, vidéo réalisée à l'occasion des 40 ans du campus.
  17. Le BFSH II cherche une âme, 24 Heures, 28 avril 1988.
  18. Facolta di science umane dell'universita di Losanna-Dorigny, in Rivista Tecnica della Svizzera italiana, n° 1-2, 1989, p.36.
  19. Le BFSH2 est-il un pensionnat de jeunes filles ?, Uniscope, n°38, 1989, p. 8
  20. Satineau, Maurice, Le paquebot des sciences, Journal d'Yverdon, 10 septembre 1987.
  21. L'Université de Lausanne crée un nouveau master sur LFM
  22. Master en Humanités Numériques sur le site de la Faculté des Lettres
  23. Données 1890-1999 tirées de Robert et Panese, Dictionnaire des professeurs de l'Université de Lausanne, Université de Lausanne, 2000, pp. 1408-1413.
  24. Berthoud, Jean-Marc, Théodore de Bèze, Pasteur et défenseur de la foi (1519-1605), La Revue Réformée, 2006/5, n°240. En ligne.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • De l'Académie à l'Université de Lausanne, 1537-1987 : 450 ans d'histoire, exposition au Musée historique de l'Ancien-Evêché, Denges-Lausanne: Verseau, 1987, 377 p.
  • Bielman, Anne, Histoire de l'histoire ancienne et de l'archéologie à l'Université de Lausanne, 1537-1987, Université de Lausanne, 1987, 200 p.
  • Borle Jean-Pierre, Le latin à l'Académie de Lausanne du XVIe au XXe siècle, Université de Lausanne, 1987, 116 p.
  • Bridel Pascal (dir.), L'invention dans les sciences humaines, Labor et Fides, 2004.
  • Christoff Daniel, Widmer Gabriel Ph., Voelke André-Jean et Javet Pierre, La philosophie dans la Haute Ecole de Lausanne 1542-1955, Université de Lausanne, 1987, 156 p.
  • Cunha Antonio, Delapierre Claudine et Lambelet Jean-Christian, L'Université dans la cité, à l'occasion du 450e anniversaire de la Haute Ecole Lausannoise 1537-1987, Université de Lausanne, 1987, 276 p.
  • Methée Pierre-Denis, Les mathématiques à l'Académie et à la Faculté des sciences de l'Université de Lausanne, Université de Lausanne, 1991, 168 p.
  • Paravicini Agostino (dir.), Ecoles et vie intellectuelle à Lausanne au Moyen Age, Université de Lausanne, 1987, 216 p.
  • Pradervand-Amiet Brigitte, L'Ancienne Académie de Lausanne: Innovation et tradition dans l'architecture scolaire du XVIe siècle, Université de Lausanne, 1987, 104 p.
  • Saugy Catherine, L'Ecole de français moderne de l'Université de Lausanne 1892-1987, Université de Lausanne, 1987, 124 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]