Facteur g

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Le facteur g (diminutif de « facteur général », general factor en anglais), est un concept développé dans le cadre des recherches en psychométrie sur les habiletés cognitives. C’est une variable qui caractérise les corrélations positives que la recherche empirique a trouvé de façon constante entre les tests d’aptitudes mentales, quel que soit le contenu des tests. Le facteur g explique généralement 40 à 50 pour cent de la variance dans les résultats des tests de QI. Les termes intelligence générale, habileté mentale générale, QI ou simplement intelligence sont souvent utilisés de façon interchangeable pour se référer au noyau commun partagé par les tests d'aptitudes cognitives[1].

Mise en évidence[modifier | modifier le code]

L’existence du facteur g a été initialement proposé par le psychologue anglais Charles Spearman en 1904 grâce à ses travaux en psychométrie sur l'analyse factorielle. Spearman a suggéré que toutes les performances mentales pourraient être conceptualisées en un seul facteur d’habileté général, qu’il appela g, et un grand nombre de facteurs étroits, spécifiques à certains types de tâches.

Théories et modèles en psychométrie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Modèle de Cattell-Horn-Carroll.

Les modèles actuels de l’intelligence représentent typiquement les aptitudes cognitives comme une hiérarchie en trois niveaux, où il y a un grand nombre de facteurs au bas de la hiérarchie, une poignée de facteurs plus généraux au niveau intermédiaire et au sommet un facteur unique, que l’on appelle le facteur g et qui représente la variance commune à tous les tests.

Théories et modèles en neurosciences[modifier | modifier le code]

Traditionnellement, la recherche sur le facteur g a consisté en l’étude psychométrique des résultats des tests, avec un intérêt particulier pour l’analyse factorielle. Cependant, les recherches empiriques sur la nature de g ont aussi été menée en psychologie cognitive expérimentale, en neuroanatomie et neurophysiologie et en génétique moléculaire et quantitative[2].

Interprétation du facteur g[modifier | modifier le code]

Alors que l’existence de g est bien établie et non-controversée sur un plan statistique , il n’y a pas de consensus sur la cause de la corrélation positive entre les tests.

Pour certains, le facteur g est simplement un artefact statistique, sans réalité psychologique. C'est la théorie du positive manifold défendue par exemple par Van der Maas et collaborateurs en 2006[3].

Selon Flynn, le facteur g est un ensemble de plusieurs facteurs, génétiques, cognitives (provenant des entraînements) et social ou environnemental (l'influence des pairs, de la profession à l'âge adulte, etc)[4].

Corrélations entre facteur g et autres variables non cognitives[modifier | modifier le code]

Les recherches en génétique comportementale ont établi que g est hautement héréditaire. Il est corrélé avec de nombreuses autres variables biologiques, incluant la taille du cerveau. C’est aussi un prédicteur significatif des variabilités de réussite dans de nombreux domaines, particulièrement en ce qui concerne le monde du travail ou académique. Les théories contemporaines de l’intelligence les plus largement acceptées incorporent le facteur g[5].

Mise en cause du facteur g[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Intelligence humaine.

Des critiques de g soutiennent que l’emphase mise sur g est trompeuse et entraîne une dévaluation d’autres habiletés cognitives importantes. Cependant, la vaste majorité des chercheurs en psychométrie, psychologie cognitive et neurosciences, ne soutiennent pas les modèles qui défendent l'idée d'autres types d'intelligences indépendantes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Deary, I.J. et Penke, L., « The neuroscience of human intelligence differences », Nature Reviews Neuroscience, no 11,‎ , p. 201 (lire en ligne)
  2. (en) Jensen, A.R., The g factor: The science of mental ability, Praeger, , 664 p. (ISBN 978-0275961039)
  3. (en) van der Maas HL, Dolan CV, Grasman RP et Wicherts JM, « A dynamical model of general intelligence: the positive manifold of intelligence by mutualism. », Psychological review, vol. 113, no 4,‎ (ISSN 0033-295X, DOI 10.1037/0033-295X.113.4.842, lire en ligne)
  4. Flynn 2016, p. 119.
  5. (en) Neisser, U., Boodoo, G., Bouchard Jr., T.J., Boykin, A.W., Brody, N., Ceci, S.J., Halpern, D.F., Loehlin, J.C. et Perloff, R., « Intelligence: Knowns and Unknowns », American Psychologist, no 51,‎ , p. 77 (lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) James R. Flynn, Does your family make you smarter? Nature, Nurture and Human Autonomy, Cambridge University Press, , 258 p. (ISBN 978-1-316-60446-5).