Facilitation sociale

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La facilitation sociale est un phénomène social selon lequel la présence d'autrui, en situation d'audience ou de co-action, a un effet bénéfique sur les performances d'un individu.

Les prémisses de la facilitation sociale[modifier | modifier le code]

En 1898, le psychologue social Norman Triplett s'interroge sur les performances des cyclistes. Il observe que ceux ci semblent produire de meilleures performances lorsqu'ils sont en compagnie d'autres cyclistes que lorsqu'ils sont seuls. Dans son article, Triplett[1] nous explique l'expérience qu'il a menée sur la relation entre la compétition et l'augmentation des performances, suite à l'observation des résultats dans le livre des records de la Ligue Américaine des cyclistes. Selon lui, la présence de compétiteurs produirait un effet dynamogène sur les performances des cyclistes. La présence d'autrui aurait ainsi une influence positive sur la performance individuelle.

Pour tester son hypothèse, Triplett réalise une expérience auprès d'un échantillon de 40 enfants âgés de 8 à 17 ans. Leur tâche était d'enrouler 16 mètres de fil sur un moulinet de canne à pêche le plus rapidement possible, d'abord seuls (première condition) puis en compagnie d'un autre enfant (deuxième condition). Les moulinets étaient raccordés à un dispositif qui permettait d'enregistrer le rythme avec lequel les participants moulinaient et donc de déterminer la rapidité de l'action. Les résultats observés ont ainsi permis à Triplett de confirmer l'hypothèse selon laquelle la présence de co-acteurs lors d'une tâche motrice favorise la performance individuelle des sujets. En effet, l'expérience montre que la moitié des enfants enroulaient les moulinets plus rapidement lorsqu'ils étaient en compagnie d'un autre enfant.

Mais faut-il nécessairement qu'il y ait co-action pour influencer la performance des sujets? La réponse est apportée par le psychologue Ernst Meumann[2], en 1904. Ce chercheur, qui s'intéressait à l'effort musculaire (et non directement au phénomène de la facilitation sociale), a réalisé une expérience auprès de ses étudiants en leur demandant de réaliser des tâches simples se trouvant à la limite de leurs possibilités physiques. Une de ces tâches pouvait être, par exemple, de soulever, durant un temps déterminé, un poids à l'aide d'un seul doigt. Meumann se rend alors compte que la performance des étudiants s'améliore en sa présence, alors qu'il n'est que simple observateur (effet d'audience). Il pose ainsi l'hypothèse que la simple présence d'un autrui passif suffit à améliorer les performances motrices des sujets.

Ce n'est que presque 30 ans après la découverte de Triplett, en 1924, que ce phénomène fut baptisé "facilitation sociale" par Floyd Allport. Ce terme qualifie alors l'influence positive que la présence active (effet de co-action) ou passive (effet d'audience) d'autrui peut avoir sur les performances motrices d'un individu.

Inhibition ou facilitation sociale : la théorie du Drive[modifier | modifier le code]

Notre expérience personnelle nous fait constater que, parfois, notre performance diminue, au lieu d'augmenter, en présence d'autrui. Prenons l'exemple d'une présentation orale devant un public : Notre prestation par rapport à un sujet pourra être meilleure en présence d'un auditoire, alors que la présentation en public d'un autre sujet pourra nous être défavorable.

De plus, rappelons que dans les premières observations de Triplett, seule la moitié des participants avait amélioré sa performance. En effet, sur les 40 enfants, un quart d'entre eux avaient obtenu de moins bons résultats lorsqu'ils étaient en groupe. Comment expliquer cette différence? Comment la présence de l'autre peut-elle agir tantôt positivement (effet facilitateur), tantôt négativement (effet inhibiteur) sur notre rendement individuel? La réponse à cette question est proposée par Zajonc[3], en 1965.

Selon cet auteur, la présence des autres stimule l'organisme de l'individu et peut faciliter l'apparition d'une réponse dominante chez ce dernier (c'est à dire la réponse qui est la plus susceptible d'apparaitre dans une situation déterminée). Selon que la tâche soit familière ou complexe, la réponse dominante sera associée à une bonne ou mauvaise réponse. Si la réponse dominante est correcte, on pourra observer un phénomène de facilitation sociale. En revanche, si la réponse dominante est incorrecte, il s'agira d'un phénomène d'inhibition sociale et la présence des autres sera défavorable à la performance de l'individu. Il est important de noter que les réponses dominantes peuvent être apprises au cours de l'existence. Les réponses que nous produisons face à une tâche complexe, fausses au départ, peuvent devenir correctes au fur et à mesure que nous effectuons la tâche.

La présence des autres, que ce soit dans un effet d'audience ou de co-action, aura ainsi un effet négatif en début d'apprentissage, lorsque l'acquisition n'est pas encore faite, et un effet positif lorsque la tâche est maîtrisée. Selon les termes de Zajonc, la présence d'autrui inhiberait l'apprentissage mais favoriserait la performance.

La théorie de l'appréhension de l'évaluation[modifier | modifier le code]

Cette théorie est développée par Cottrell [4], en 1972.

Autres modèles explicatifs[modifier | modifier le code]

L'hypothèse du conflit-distraction[modifier | modifier le code]

L'hypothèse du contrôle social[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Triplett N. The dynamogenic factors in pacemaking and competition, American Journal of Psychology, 9, 507-533, 1898
  2. In Leyens, J.P. & Yzerbyt, V. Autrui et la sociabilité, Mardaga, Psychologie sociale (15-31), Belgique, 1997
  3. Zajonc, R. B. & Sales S. M. Social facilitation of dominant and subordinate responses, Journal of Experimental Social Psychology, 2, 160-168, 1966
  4. Cottrell, N. Social facilitation, Experimental social psychology, 185-236, 1972 cité par Muller, D. Facilitation sociale et comparaison sociale: de la menace de l'auto-évaluation à la focalisation attentionnelle, U.F.R Science de l'Homme et de la Société, Grenoble, 2002

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • N. Cottrell, Social facilitation, Experimental social psychology,‎ , 185 - 236 p.
  • Jacques Philippe Leyens et Vincent Yzerbyt, Autrui et la sociabilité, Mardaga. Psychologie sociale,‎ , 15 - 31 p.
  • Dominique Muller, Facilitation sociale et comparaison sociale : de la menace de l'auto-évaluation à la focalisation attentionnelle, U.F.R Science de l'Homme et de la Société,‎
  • Norman Triplett, The dynamogenic factors in pacemaking and competition, vol. 9, American Journal of Psychology,‎ , 507 - 533 p.
  • R. B. Zajonc et S. M. Sales, Social facilitation of dominant and subordinate responses, vol. 2, Journal of Experimental Social Psychology,‎ , 160 - 168 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]