Fabien Saillard

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Fabien Saillard est un compositeur français de musique concrète/acousmatique né le 11 février 1971 à Genève.

Fabien Saillard entame, à partir de 1989, des études de musicologie à l'université Lumière Lyon II, tout en poursuivant la pratique du piano au conservatoire de Genève dans la classe de Freddy Felgenhauer. Dès l'année suivante, il s'inscrit dans les classes théoriques d'Histoire de la musique, d'Esthétique et d'Analyse du Conservatoire National de Région de Lyon (CNR) dont il sort diplômé en 1993 et 1994. En 1997, il rédige un mémoire de maîtrise en musicologie : Une Esthétique de l'engagement, Philosophie - Musique de 1945 à nos jours - et en 1999, un mémoire de DEA, la continuité de ce travail : Klaus Huber une esthétique de la souffrance. Tous les deux sont soutenus avec Mme Ivanka Stoïanova à l'université Paris 8 de Saint Denis.

En parallèle à ses études de musicologie, Fabien Saillard commence en 1993, au CNR de Lyon, des études de composition dans la classe d'acousmatique de Denis Dufour et de Jean-Marc Duchenne, il en sort diplômé en 1996. Il suit par la suite à l'ENM de Villeurbanne les cours de Bernard Fort.

En 1998, il devient pendant plusieurs mois journaliste musical à Lyon Capitale et anime, par ailleurs, à Lyon en l’an 2000, au côté du poète sonore Cyrille Bret, une émission sur Radio Canut consacrée à la poésie sonore et à la musique acousmatique.

De 1999 à 2004, il est membre, jusqu’à sa dissolution, du collectif de compositeurs lyonnais Vibrations Composées.

Depuis septembre 2003 et jusqu'en 2013, il fait partie du bureau de l’Inventaire Rhône-Alpes et met bénévolement en place des projets artistiques pluridisciplinaires pensés par un petit nombre de compositeurs acousmates et ensuite proposés à tous les compositeurs de musique acousmatique/concrète vivant en Rhône-Alpes. L’intérêt suscité par ces différents projets permet de créer des événements propres à intéresser un nombre toujours différent de compositeurs.

De 1992 à 1998, Recensement des partitions anciennes en Région Rhône-Alpes, mission lancée par la BNF.

Il enseigne depuis 1995 le piano dans différents centres culturels et MJC. Depuis 2001, il est professeur de composition électroacoustique à l'INSA dans le cadre des musiques-études (Institut National des Sciences Appliquées) à Villeurbanne. Il a enseigné entre autres la musique assistée par ordinateur à la faculté de musicologie de l'université Jean Monnet de Saint Etienne de 2001 à 2004 et entre 2000 et 2003, l'informatique musicale à la faculté de musicologie de l'université Lumière Lyon II. Il enseigna, par ailleurs, la Culture Musicale au conservatoire Jean-Philippe Rameau de Dijon durant l’année scolaire 2001-2002 et entre 2001 et 2003 l'Histoire de la musique et la culture générale au GRIM (école des régisseurs son et lumière) à Lyon. En 2000-2001, il est intervenant en milieu scolaire où il monte avec les écoles différents projets de sensibilisation à la musique acousmatique.

Il fonde en juillet 2005 avec Corinne Pédrinis, l’école de musique En Blanc et Noir (100 élèves à ce jour) où il enseigne, principalement, à Pont de Beauvoisin, Les Avenières et Passins (Nord-Isère), le piano, la formation musicale, l'éveil musical et la culture musicale. Il y anime, par ailleurs, des ateliers de création sonore. Depuis 2011, l'école de musique s'est ouverte sur l'enseignement d'autres instruments.

C'est à partir de 2012 qu'il propose au sein de sa maison, des concerts lectures pour jeune public l'après-midi et des concerts tout public en soirée.

Il présente chaque année des élèves au concours musical de France de piano, et au concours international de piano Svetlana Eganian où ses élèves ont remporté des 1er prix.

En janvier 2013, il organise un concert/conférence à la médiathèque de Bourgoin-Jallieu en partenariat avec le Conservatoire Hector Berlioz dans le cadre de : «L'Heure de la musique, qu'est-ce que la musique concrète.

Il aime aussi participer comme compositeur à des projets pédagogiques en tout genre. De Novembre 2008 à Février 2009, dans le cadre de Musique acousmatique au collège, (9 autres compositeurs étant en résidence dans 9 autres collèges du Nord-Isère) il présente son travail de compositeur au collège Le Guillon à Pont de Beauvoisin et initie une classe de 4ème à la musique acousmatique en animant un atelier de composition. La résidence se termine par un concert monographique du compositeur à la salle des fêtes de Pont de Beauvoisin en compagnie des élèves et parents d’élèves. Le concert était ouvert au public extérieur.

En mai 2012, il intervient dans une classe de quatrième du collège de Crémieu afin de sensibiliser les élèves à la musique acousmatique. Une promenade sonore en plusieurs stations sera proposée dans la ville de Crémieu avec prises de notes et description du paysage sonore rencontré. Les différents points d'écoute du parcours seront parallèlement enregistrés par le compositeur. L'idée finale étant de développer un vocabulaire autour de ces écoutes et de partir de ce vocabulaire pour générer un texte poétique, lequel sera mis en son par les collégiens eux-mêmes. Ces pièces seront composées par le compositeur à partir des matériaux générés par les collégiens. 1eret 2ème prix du concours de l'académie de Grenoble, « la voix est libre » 2012.

Les œuvres de Fabien Saillard sont jouées dans de nombreux festivals tels que : Futura, Licences, Musiques en scènes, Les 38e Rugissants, Vivre les sons 2004, Les chants mécaniques, Aujourd’hui musiques, Synthèse, Elektrophonie-Nuit Bleue, Le Bruit de la neige, la semaine des compositeurs (Villeurbanne), CNSM de Lyon (L’Inventaire), Villa Gillet (L’Inventaire)…

À ce jour, Fabien Saillard a principalement composé des pièces de concerts en stereophonie et multiphonie et quelques installations sonores. Jusqu'à aujourd'hui, la voix structure son œuvre, qu’elle soit parlée (provenant de la télévision, de la radio, du cinéma), chantée (opéra, musiques du monde), poétisée (poésie, théâtre, philosophie, sociologie) ou inarticulée (souffrance, torture, plaisir…). Ses toutes premières œuvres, parfois maladroites d'un point de vue formelle semblent avoir été les terrains d'expérimentation des œuvres à venir, et cela sur le plan des sons et des idées.

Dans ses premières compositions, Fabien Saillard opte pour une esthétique contestataire pour ne pas dire engagée et entre en composition dans le but juvénile de renverser les consciences par des œuvres à fortes charges émotionnelles. Durant cette période, il est fortement marqué par l'esthétique des compositeurs de musiques instrumentales comme Luigi Nono, Helmut Lachenmann, Bernd Aloïs Zimmermann et Klaus Huber ; il entamera, d'ailleurs à cette époque, un travail de recherche musicologique sur les œuvres du compositeur suisse. Des musiques comme : Le Sommeil de la Raison engendre des monstres (1995), Mes Visions de jeunesse (1996), Mo boma (1996), Résistances (1997), Petite messe à l'usage des foules (2002), Je me révolte donc nous sommes (2003) sont marquées par une esthétique qui tente de dénoncer une société basée sur la violence des flux bancaires, de gouvernances arbitraires et qui laisse pour compte des millions de personnes.

En parallèle, une Œuvre plus sensuelle et qui peut questionner les rapports amoureux voit le jour. Ces compositions sont peut-être la continuité musicale d'une réflexion théorique élaborée lors de l'écriture d'un mémoire d'esthétique pour le conservatoire et qui traite de la relation amoureuse dans les opéras de Mozart : L'Amour à mort dans les opéras de Mozart (1995). De quoi avez-vous donc peur ? (2000) basé sur un poème de Cyrille Bret n'est pas sans rappeler - par son esthétique et son sujet traité – certaines œuvres de Luc Ferrari. Musique sous silences (2002) œuvre autobiographique – donne à entendre des propos volés à la réalité intime du compositeur ; une mise à nu totalement assumée. Cette musique qui s'apparente au cinéma documentaire ouvrira les portes d'une écriture plus fictionnelle basée sur des dialogues tirés de films existants. Déjà dans Mes Visions de jeunesse la pièce se terminait dans un cinéma où apparaissait quelques bribes de paroles tirées de L'Age d'or de Bunuel et Des Amants de Louis Malle. En 2008, lors de l'élaboration d'une boîte sonore dans le cadre de l'Inventaire Rhône-Alpes, il compose Contemplation silencieuse sur un montage sonore tirées d'extraits de films.

Depuis 2014, Fabien Saillard travaille avec la structure Artzitude qui s'occupe de sa carrière de compositeur.