Parti de la liberté d'Autriche

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Parti de la liberté d'Autriche
(de) Freiheitliche Partei Österreichs
Image illustrative de l'article Parti de la liberté d'Autriche
Logotype officiel.
Présentation
Président Heinz-Christian Strache
Fondation
Siège Theobaldgasse 19/4A-1060 Vienne
Secrétaires généraux Herbert Kickl
Harald Vilimsky
Vice-présidents Gerald Hauser
Norbert Hofer
Barbara Rosenkranz
Positionnement Droite (originellement)
Extrême droite[1]
Idéologie National-conservatisme
Libéralisme économique
Euroscepticisme
Populisme
Affiliation européenne Mouvement pour l'Europe des nations et des libertés
Groupe au Parlement européen Europe des nations et des libertés
Affiliation internationale aucune
(Internationale libérale de 1979 à 1993)
Adhérents 40 000
Couleurs bleu
Site web fpoe.at
Représentation
Députés nationaux
38 / 183
Conseillers fédéraux
13 / 61
Députés européens
4 / 18

Le Parti de la liberté d'Autriche ou Parti libéral autrichien[2] (en allemand : Freiheitliche Partei Österreichs, FPÖ) est un parti politique nationaliste autrichien fondé en 1955. Longtemps dirigé par Jörg Haider, il est présidé depuis 2005 par Heinz-Christian Strache. Le parti adhère en 2007 au groupe Identité, tradition, souveraineté au Parlement européen, disparu la même année. En juin 2015, il rejoint le groupe Europe des nations et des libertés.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Le Parti de la liberté d'Autriche est fondé fin 1955, et était à ses débuts un parti aux visions relativement libérales. Il plonge ses racines dans le mouvement des nationalités du XIXe siècle et l'esprit de 1848. Il a ainsi attiré un éventail d’adhérents libéraux anticléricaux inquiets de l’isolement potentiel de l’Autriche catholique par rapport à l’Allemagne nationaliste. En 1980, l'aile européenne du FPÖ prend le contrôle du parti sous la direction de Norbert Steger. En 1983, celui-ci fait entrer le parti dans un gouvernement de coalition avec les sociaux-démocrates (SPÖ) du chancelier Fred Sinowatz. À la suite des premières élections législatives de 1986, le FPÖ fait son retour au gouvernement, toujours au côté du SPÖ, dans le premier cabinet de Franz Vranitzky.

Réorientation vers le nationalisme[modifier | modifier le code]

Jörg Haider, le dirigeant du FPÖ qui a réorienté le parti vers l'extrême droite.

À la convention nationale du parti en 1986 à Innsbruck, Jörg Haider, soutenu par les tendances nationales allemande et autrichienne, évince Norbert Steger et prend la direction du FPÖ. Peu de temps après, le chancelier autrichien annonce de nouvelles élections et forme une coalition avec les conservateurs (ÖVP), reléguant le FPÖ dans l'opposition. De 1986 à 2001, Haider va imposer sa marque sur le parti qu'il va positionner de plus en plus vers la droite nationaliste et populiste, n'hésitant pas à relativiser ou à réinterpréter le passé nazi de son pays. En 1989, Haider devient gouverneur de Carinthie avec l'aide des sociaux-démocrates mais il doit démissionner dès 1991, après ses premières déclarations controversées sur le Troisième Reich, lequel aurait été plus efficace que le gouvernement de Vienne dans la politique de l'emploi. En 1993, l'aile européenne du FPÖ quitte le parti pour fonder le Forum libéral. La même année, le FPÖ résilie son adhésion à l'Internationale libérale, puis, en 1994, une coalition noire-bleue avec l'ÖVP est mise en place dans le Vorarlberg.

Retour au gouvernement[modifier | modifier le code]

En 1999, Haider est réélu gouverneur de Carinthie avec la majorité absolue des suffrages. Aux élections législatives d'octobre 1999, le FPÖ obtient 27 % des suffrages, juste derrière les sociaux-démocrates. Il devance alors de 400 voix le parti conservateur ÖVP, conduit par le ministre des Affaires étrangères Wolfgang Schüssel. Les tractations pour mener une coalition débouchent sur une coalition inédite entre la FPÖ et l'ÖVP permettant à Wolfgang Schüssel de prendre la chancellerie. Le seul moyen d'obtenir une majorité parlementaire était une union de deux des trois principaux partis politiques autrichiens, mais le SPÖ refusa de s'associer au FPÖ, et l'ÖVP écarta l'idée d'une nouvelle grande-coalition avec les sociaux-démocrates.

Susanne Riess-Passer, principale figure du FPÖ à participer au gouvernement de coalition avec l'ÖVP.

La mise en place de la coalition noire-bleue provoque des critiques en Europe, où les 14 membres de l'Union européenne décident de mettre l'Autriche sous « surveillance » afin de vérifier que le pays respecte toujours les droits démocratiques les plus élémentaires. Les dirigeants européens se rendent rapidement compte que leurs critiques sont contreproductives, puisque renforçant le soutien de la population au gouvernement. Dès l'été 2000, il est officiellement constaté que l'Autriche demeure une démocratie et les contacts reprennent d'autant plus facilement que Haider ne fait pas partie du gouvernement et a renoncé à la présidence du parti en février 2000 pour se consacrer à la Carinthie.

Au sein du gouvernement, plusieurs membres du FPÖ émergent, comme Susanne Riess-Passer, vice-chancelière, et Karl-Heinz Grasser, ministre des Finances âgé de 31 ans. Ces deux personnalités dont la carrière dépendait de Haider entrent en conflit avec celui-ci à mesure que les résultats des élections locales sont de plus en plus mauvais pour le FPÖ. Haider en rejette la responsabilité sur le gouvernement, mais ses ministres font corps autour du chancelier. Aux élections de novembre 2002, l'ÖVP remporte une victoire historique avec 42 % des suffrages, tandis que le FPÖ s'effondre à 10 % des voix (- 17 points). Bien que perdant sept sièges, la coalition demeure majoritaire, et est reconduite en février 2003. Aux élections régionales de septembre 2003, le FPÖ est devancé par les écologistes.

Le parti se trouve donc en grande difficulté quand se profile en 2004 l'élection du gouverneur de Carinthie. Mais contre toute attente, Haider obtient la majorité relative des voix, avec 42,5 % des suffrages. L'ÖVP refusant de se joindre à lui, il trouve un allié inattendu chez les sociaux-démocrates pour retrouver son poste de gouverneur. Aux élections européennes de 2004, le FPÖ n'atteint que 6 % des voix et un seul élu. Le , Haider fait sécession et fonde un nouveau parti, l'Alliance pour l'avenir de l'Autriche (BZÖ). Souhaitant continuer l'alliance avec l'ÖVP du chancelier Wolfgang Schüssel, il laisse le FPÖ aux partisans d'un retour de ce parti dans l'opposition. Ursula Haubner, ministre des Affaires sociales, élue avec 79 % des voix en 2004, démissionne du parti pour rejoindre le BZÖ. Les six ministres FPÖ passent au BZÖ.

L'après-Haider[modifier | modifier le code]

Heinz-Christian Strache, le premier dirigeant du FPÖ de l'après-Haider.

Lors d'un congrès à Salzbourg en avril 2005, le FPÖ porte à la présidence Heinz-Christian Strache. Âgé de 35 ans, Strache, chef du FPÖ de la capitale, Vienne, et considéré comme un représentant de l'aile la plus dure de la droite, a obtenu 90,1 % des voix des 431 délégués présents. Il parle d'Haider comme d'un « Michael Jackson de la politique intérieure qui a tellement changé que ses proches ne le reconnaissent plus ». Il déclare aussi que « Vienne ne doit pas devenir Istanbul » et que « l'Union européenne n'est pas [leur] patrie ». Le , le FPÖ lance une campagne intitulée « Stoppt den EU-Wahnsinn! » (« Non à la folie de l'Europe ! ») pour un référendum contre l'Union européenne, contre l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne et contre l'immigration musulmane. L'objectif est d'obtenir pour cette demande populaire, lancée sous le slogan « Österreich bleib Frei! » (« Autriche, reste libre ! »), la signature de 100 000 Autrichiens, ce qui obligera le Parlement à en débattre. Selon un sondage, 80 % des Autrichiens sont opposés à l'adhésion de la Turquie[3].

Aux élections législatives de 2006, le parti obtient 11,2 % des voix et 21 sièges, soit un meilleur résultat qu'en 2002, avant la scission. Mais la constitution d'une grande coalition droite-gauche, qui aboutit en , le rejette cependant définitivement dans l'opposition. Lors des législatives anticipées de 2008, le FPÖ réalise 18 % tandis que le BZÖ fait 11 %, ce qui fait un total de 29 % pour l'extrême droite autrichienne. En , le BZÖ de Carinthie, refusant l'évolution du parti vers la droite libérale, annonce son départ de l'alliance nationale, fusionne avec le FPÖ local et annonce l'affiliation au FPÖ du nouvel ensemble, Die Freiheitlichen in Kärnten[4],[5]. Pour Strache, le « troisième camp » de la politique autrichienne est dès lors réunifié.

Lors de l'élection présidentielle de 2010, la candidate du parti, Barbara Rosenkranz, rassemble 15,24 % des voix. En octobre de la même année, lors des élections municipales à Vienne, le FPÖ obtient un score historique avec 27 % des voix, ce qui prive la gauche de la majorité absolue. Le parti est donc la deuxième force politique à Vienne. Aux élections législatives de septembre 2013, le FPÖ améliore son score de 2008 de 3 points en obtenant 20,5 % des voix. En Styrie, il arrive première devant ses deux rivaux politiques, le Parti social-démocrate d'Autriche (SPÖ) et l'ÖVP[6].

À la suite des élections régionales de 2015 au Burgenland, le parti de gauche SPÖ brise une ligne rouge établie 30 ans plus tôt lors de la rupture de la dernière coalition au niveau national entre le SPÖ et le FPÖ, en s'alliant dans cet État fédéré avec le FPÖ afin de le diriger[7].

Norbert Hofer, candidat du FPÖ, arrive en tête du premier tour de l'élection présidentielle de 2016 avec 35,1 % des suffrages[8]. Il s'agit du meilleur score réalisé par le parti au niveau fédéral depuis sa fondation[9]. Les candidats du SPÖ et du ÖVP sont quant à eux éliminés, et Norbert Hofer affronte au second tour le candidat indépendant soutenu par les écologistes, Alexander Van der Bellen, qui l'emporte avec 50,3 % des voix. Mais ce scrutin est ensuite annulé en raison d'irrégularités par la Cour constitutionnelle autrichienne, ce qui conduit à l'organisation d'un nouveau second tour[10] pour le [11], reporté au 4 décembre pour cause d'un problème d'impression des bulletins. Cette fois ci, en ne réalisant que 46,2%, Norbert Hofer perd largement contre Alexander Van der Bellen.

Ligne politique[modifier | modifier le code]

Le FPÖ est généralement considéré comme un parti populiste et nationaliste.

  • Économie : Le parti suit une ligne économique libérale. Il soutient, entre autres, la réduction des impôts et de l'intervention de l'État dans l'économie.
  • Islam : Le parti réclame un référendum sur l'interdiction du voile islamique et des minarets[12], proche de celle ayant eu lieu en Suisse en 2009.
  • Immigration : Le FPÖ souhaite l'interdiction de l'immigration en provenance de pays musulmans ainsi que la mise en place d'un « contrat d'intégration » pour les étrangers vivant en Autriche[13],[14].

Gaël Brustier et David Djaïz estiment que « depuis 2010, et l'élection municipale de Vienne, le FPÖ désormais dirigé par Heinz-Christian Strache se présente comme le « soziale Heimatpartei », son pangermanisme et sa défense de l'identité (politique) autrichienne se conjuguent à la mise en avant de la défense du Mittelstand (en) germanique-autrichien, la dénonciation de l'immigration et de l'islamisation du pays »[15].

Alors que le parti avait été créé dans les années 1950 sur fond d'antisoviétisme, il se rapproche au début du XXIe siècle du nationalisme russe incarné par Vladimir Poutine, établissant le 19 décembre 2016 un accord d'amitié avec le parti Russie unie[16].

Présidents[modifier | modifier le code]

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Élections au Conseil national[modifier | modifier le code]

Année  % Mandats Rang Gouvernement
1956 6,5
6 / 165
3e Opposition
1959 7,7
8 / 165
3e Opposition
1962 7,0
8 / 165
3e Opposition
1966 5,4
6 / 165
3e Opposition
1970 5,5
6 / 165
3e Opposition
1971 5,5
10 / 183
3e Opposition
1975 5,4
10 / 183
3e Opposition
1979 6,1
11 / 183
3e Opposition
1983 5,0
12 / 183
3e Gouvernement Sinowatz, Vranitzky I
1986 9,7
18 / 183
3e Opposition
1990 16,6
33 / 183
3e Opposition
1994 22,5
42 / 183
3e Opposition
1995 21,9
41 / 183
3e Opposition
1999 26,9
52 / 183
2e Gouvernement Schüssel I
2002 10,0
18 / 183
3e Gouvernement Schüssel II
2006 11,0
21 / 183
4e Opposition
2008 17,5
34 / 183
3e Opposition
2013 20,6
40 / 183
3e Opposition

Élections européennes[modifier | modifier le code]

Année  % Mandats Rang Groupe
1996 27,5
6 / 21
3e NI
1999 23,4
5 / 21
3e NI
2004 6,3
1 / 18
5e NI - ITS (2007)
2009 12,7
2 / 17
4e NI
2014 19,7
4 / 18
3e NI (2014-2015) - ENL (2015)

Élections présidentielles[modifier | modifier le code]

Année Candidat 1er tour 2e tour
% Rang % Rang
1957 Wolfgang Denka  48,9 2e
1963 Pas de candidat
1965 Pas de candidat
1971 Pas de candidat
1974 Pas de candidat
1980 Wilfried Gredler 16,9 2e
1986 Otto Scrinzi 1,2 4e
1992 Heide Schmidt 16,4 3e
1998 Pas de candidat
2004 Pas de candidat
2010 Barbara Rosenkranz 15,2 2e
2016 Norbert Hofer 35,1 1er 49,65b  ; 46,2 2d

a  Soutenu également par l'ÖVP.

b  Premier second tour annulé du fait d’irrégularités dans les votes par correspondance.

Élections régionales[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Résultats du FPÖ aux régionales.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Blaise Cauquelin, « l'extrême droite près du pouvoir en Autriche », (consulté le 9 décembre 2016)
  2. Traduction adoptée par l’encyclopédie universalis et par l’encyclopédie Larousse.
  3. Stéphane Kovacs, « La croisade de l'extrême droite autrichienne contre l'adhésion turque », sur Le Figaro, (consulté le 28 avril 2016).
  4. (de) « Viereinhalb Jahre nach Spaltung », sur orf.at (consulté le 28 avril 2016).
  5. (de) Saskia Jungnikl et Lukas Kapeller, « FPÖ und Kärntner BZÖ fusionieren », sur derstandard.at, (consulté le 28 avril 2016).
  6. (de) « Nationalratswahl: FPÖ legt deutlich zu », sur salzburg.orf.at, (consulté le 28 avril 2016).
  7. (de) « SPÖ-FPÖ-Koalition nun fix - news.ORF.at », news.ORF.at,‎ (lire en ligne)
  8. Blaise Gauquelin, « Autriche : les raisons de la poussée de l’extrême droite », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  9. (en) « Austria's Norbert Hofer: the far-right's 'soft' face », sur France 24, (consulté le 26 avril 2016).
  10. « L’élection présidentielle autrichienne invalidée », sur Le Monde, (consulté le 1er juillet 2016).
  11. « Le nouveau scrutin de la présidentielle en Autriche se tiendra le 2 octobre », sur LExpress.fr (consulté le 5 juillet 2016).
  12. Sylvia Westall, « En Autriche, le FPÖ à l'assaut de "Vienne la Rouge" », Reuters, (consulté le 11 octobre 2010).
  13. « Autriche : les mosquées font polémique », AFP, (consulté le 11 octobre 2010).
  14. « Autriche, L'immigration », sur bibliomonde.com (consulté le 28 avril 2016).
  15. Gaël Brustier et David Djaïz, « Vers un nouveau monde : les monstres sont dans l'isoloir (1/3) », sur lefigaro.fr, (consulté le 11 décembre 2016).
  16. « L’extrême droite autrichienne s’allie à Russie unie, le parti de Vladimir Poutine », lemonde.fr, 20 décembre 2016.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Parti de la liberté d'Autriche.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lionel Baland, Jörg Haider le phénix. Histoire de la famille politique libérale et nationale en Autriche, Collection « Politica », Éditions des Cimes, Paris, 2012. (ISBN 979-10-91058-02-5)
  • Patrick Moreau, De Jörg Haider à Heinz-Christian Strache. L'extrême droite autrichienne à l'assaut du pouvoir, Éditions du Cerf, 2012.
  • Dominique Reynié, Populismes : la pente fatale, Paris, Plon, 2011, 280 pages.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]