Formation à distance

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École à distance (par radio) au Queensland vers 1960.

La formation à distance est un dispositif d'enseignement appartenant à la grande catégorie de la Formation Ouverte et/ou à Distance (FOAD). La FOAD inclut un éventail de pratiques hétéroclites, allant des cours par correspondance, aux MOOC en passant par les formations en ligne. Elle est présente « à tous les niveaux de la formation initiale et continue, des enseignements primaires et des connaissances de base à l’enseignement supérieur en passant par divers domaines des formations professionnelles. »[1].

Le terme de FOAD est apparu pour la première fois en 1991, au sein d’un groupe de travail de la Commission européenne[2],[3]. Elle est définie officiellement depuis 2001 par la Délégation Générale à l’Emploi et à la Formation Professionnelle (DGEFP) comme : « un dispositif souple de formation, organisé en fonction de besoins individuels ou collectifs, qui comprend des apprentissages individualisés, l’accès à des ressources et à des compétences locales ou à distance, et qui n’est pas exécuté nécessairement sous le contrôle permanent d’un formateur. »[4].

Le notion de FOAD est privilégiée dans le milieu académique pour regrouper tout un ensemble de dispositifs auparavant appelé « formation à distance », « enseignement à distance » (EAD) ou encore « apprentissage à distance ». La différence entre les trois appellations précédentes réside dans le point de vue adopté : le terme « apprentissage à distance » se place du côté de l'élève tandis que celui d'« enseignement à distance » insiste sur le rôle du professeur. Cette dernière dénomination est particulièrement utilisée par les institutions éducatives et politiques[1]. Enfin le terme de « formation à distance » recouvre quant à lui les deux temps du processus éducatif. Chez les anglo-saxon, « formation à distance » se traduit par « distance education » puisque le mot training réfère plutôt à la formation professionnelle.

Les différents types de FOAD[modifier | modifier le code]

La rupture de l’unité de temps et de lieu dans l’apprentissage[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs manières de catégoriser les dispositifs de formation ouverte et/ou à distance. L'une d'entre-elle consiste à observer le type de rupture observé par rapport à un enseignement présentiel « classique »[5] :

  • S’il y a rupture de l’unité de lieu, c’est-à-dire si les étudiants et les professeurs ne sont pas au même endroit lors de l’enseignement, on utilise le terme de « formation à distance » ;
  • S’il y a rupture de l’unité de temps et d’action, c’est-à-dire si les enseignements peuvent être suivis à des moments différents (même au sein d’un lieu donné), on utilise le terme de « formation ouverte » ;
  • Si les unités de temps et de lieu sont rompues, on utilise le terme de « formation ouverte et à distance ».

À noter que la notion d' « ouverture » de la formation diffère avec la langue anglaise. En français, elle traduit une certaine liberté dans le contenu, les supports ou le rythme d’apprentissage. En anglais, la notion d’ouverture est à comprendre en tant qu’« accessible » : d’une part au niveau des conditions de suivi et de transmission du savoir (par voie postale, radio, internet...), mais également au niveau des conditions d’admission. Dans son sens anglais, une formation est dite ouverte si ses conditions d’accès sont souples. Ce sens renvoie à la genèse des « universités ouvertes » (open-university) dont la première est l’Open University britannique. Comme l'écrit Bernard Blandin : « La formation à distance n’a rien à voir avec la formation ouverte, puisqu’au départ le terme « ouvert » signifiait « ouvert sans diplôme », c’est-à- dire accessible à tout le monde. Lorsque l’Open University a été créée, on pouvait s’y inscrire sans pré-requis, sans diplômes initiaux. ». Le terme anglais pour « formation ouverte » est au final plus proche de l’expression « flexible learning » qui permet aux apprenants « d’apprendre quand ils veulent (fréquence, rythme, durée), comme ils veulent (modes d’apprentissages) et ce qu’ils veulent (c’est-à-dire que les apprenants peuvent définir ce qui, pour eux, est un apprentissage »[6].

Cette typologie comporte deux limites principales (qui seront dépassées dans la typologie suivante). La première est le fait que certains dispositifs jouent sur deux tableaux à la fois : les classes inversées par exemple, peuvent comporter à la fois une phase présentielle interactive et une phase à distance, digitalisée ou non. Elles sont donc à la fois des formations présentielles classiques (unité de temps et de lieu dans l'apprentissage) et des formations ouvertes et à distance (rupture de l'unité de temps et de lieu). Les cours par correspondance supervisés, consistant à réunir des étudiant-es par correspondance au sein d'un même lieu sous la supervision d'un tuteur, sont également dans un entre-deux. Certes, les étudiant-es sont dans un même lieu (unité de lieu) au même moment (unité de temps) : mais l'enseignement suivi a lieu ailleurs (rupture de l'unité de lieu). On retrouve ce types de dispositifs dans des zones faiblement habitées comme l’Australie, mais aussi plus récemment en France avec le projet de « Campus connectés » où « les jeunes peuvent suivre, près de chez eux, des formations à distance dans l'enseignement supérieur tout en bénéficiant d'un tutorat individuel et collectif. »[7]. On parle alors ici de « formations hybrides », c’est-à-dire de formations alliant les dimensions à distance et en présence.

En fonction de l'utilisation (ou non) de réseaux électronique et la présence (ou non) de formateurs[modifier | modifier le code]

Il est possible de préciser la classification des dispositifs de FOAD croisant deux variables : la présence ou l’absence de réseau électronique ; la présence ou l’absence de formateurs. Élaborée par Bernard Blandin en 1999[8], cette typologie présente un schéma divisé en quatre quadrants avec de gauche à droite : l'absence ou la présence de réseau électronique ; de haut en bas : la présence ou l'absence de formateur.

  • Les dispositifs de « formation à distance traditionnels » constituent le premier quadrant. Ils regroupent les cours par correspondance, les cours par radio et les cours par télévision. L’apprentissage s’effectue en l’absence de professeurs et de réseaux électroniques, en délivrant un contenu prévu à l’avance (respectivement écrit, oral ou visuel).
  • Les dispositifs « basés sur des centres de ressources » constituent le second quadrant. L’apprentissage combine la mise à disposition de ressources pour les utilisateurs sur un lieu donné (absence de réseau électronique) suite à la définition d’un plan de formation personnalisé (présence d’un formateur). On trouve des centres de ressources sur des sites industriels ou des centres de formation professionnels ou universitaires, comme le Réseau Universitaire des Centres d’Autoformation (RUCA).
  • Les dispositifs de téléformation et campus virtuels constituent le troisième quadrant. L’apprentissage s’effectue en présence d’un formateur et d'un réseau électronique. Ces deux modes d’enseignement consistent à reproduire les conditions d’études présentielles, en ligne. La téléformation (incluant la visioconférence et l’audioconférence) tente de reproduire les interactions en temps-réel de la salle de classe, recréant une unité de temps dans l’apprentissage. On parle alors de dispositifs « synchrones » : « L’apprentissage est synchrone si l’élève suit à distance un cours qui a lieu au même moment ou participe à un chat dont l’objet est l’approfondissement de notions à acquérir (classe virtuelle). L’apprentissage est asynchrone si l’élève peut accéder à des cours ou à des ressources pédagogiques au moment qu’il lui convient, compte tenu de ses contraintes d’emploi du temps (cas des étudiants qui travaillent, voyagent ou ayant des contraintes domestiques). »[9]. Les campus virtuels (à ne pas confondre avec les « classes virtuelles » citées plus haut) désignent l’ensemble des fonctionnalités offertes par une institution pour reproduire les conditions de travail étudiantes présentielles. Ils tentent de « recréer une « université virtuelle » avec toutes ses fonctionnalités : administration des cursus, inscriptions, informations administratives, cours en ligne, contacts étudiants/enseignants, bibliothèque et centre de ressources en ligne, échanges entre étudiants, échanges entre enseignants... »[8]. Selon l’auteur, les exemples les plus aboutis se trouvent en Amérique du Nord. Il cite la Western Governors University et la California Virtual University. Au Canada, il présente le Telecampus du New Brunswick et le programme d'éducation à distance en français Télécolombie. Les « campus virtuels » sont surtout en lien avec les « universités ouvertes » (comme l'Open University Britannique) ces universités axant leur développement sur des formations en ligne aux conditions d’accès souples (tant au niveau des modalités de suivi que d’inscriptions) avec l’accompagnement d’un tuteur-rice (en ligne).
  • Les dispositifs d’auto-formation en ligne constituent le quatrième quadrant. L’apprentissage se déroule en ligne, sans présence d’un professeur. Typiquement, ce sont les MOOCs. On différencie une formation à distance de l’autodidactie lorsqu'une institution éducative est impliquée, car « il ne suffit pas d’apprendre seul en dehors d’un établissement d’enseignement pour être en formation à distance » comme l'explique la chercheuse Viviane Glikman[1].

Les deux tableaux ci-dessous récapitulent les deux classifications énoncées plus haut par Blandin (la première de 2004 et la seconde de 1999). Le premier reprend les éléments relatifs à la distinction réseau/professeur, tandis que le second revient sur la définition formation ouverte et/ou à distance en fonction du type de rupture. Ces deux tableaux mettent en évidence la diversité des classifications au sujet des dispositifs de formations à distance. Le chiffre de la première colonne indique le chiffre du quadrant de la typologie de Blandin (1999) dont une partie des exemples est tirée de son article. Les chiffres entre parenthèse signifient un ajout.

TABLEAU 1 : LES DIFFÉRENTS TYPES FORMATIONS À DISTANCE. INSPIRÉ DE LA TYPOLOGIE DE BERNARD BLANDIN (1999).
Dispositifs Caractéristiques Type Exemples
1 Formation à distance « traditionnelle »
  • Absence de formateur
  • Absence de réseau électronique
Cours par correspondance Des cours par correspondance de Pitman en 1840 aux cursus par universitaires par correspondance actuels
Cours par radio et télévisés Radio Sorbonne ou la RTS (Radio Télévision Scolaire)
2 Centres de ressources
  • Présence de formateurs
  • Absence de réseau électronique
Au sein des entreprises ou des Universités Réseau universitaire des centres d’autoformation (RUCA)
(2) Enseignement à distance supervisé Cours par correspondance sous la supervision d’un tuteur Dans les zones faiblement habitées (Australie...). En France : Les Campus Connectés
3 Téléformation
  • Présence de formateurs
  • Présence d’un réseau électronique
Classes virtuelles Au sein des Universités, des écoles d’ingénieurs et des entreprises...
Préceptorat/tutorat à distance (face-à-face) Formations de bureautiques en interne et commerciales...
3 Campus virtuels Ressources en ligne et dispositifs d’échanges (chat, classe virtuelles, forum...) Western Governors University, Université Ouverte de Catalogne, la Fern-Universität...
3 Classe inversée Une partie de l’apprentissage se déroule en ligne à distance, l’autre en présence et interactive. Khan Academy
4 Auto-formation en ligne
  • Absence de formateur
  • Présence d’un réseau électronique
Ressources en ligne utilisables sans accompagnement Moocs en tous genre (institutionnels, associatifs, privés...)
TYPE DE FORMATION EN FONCTION DE L’UNITÉ DE TEMPS ET DE LIEU. INSPIRÉ DE LA TYPOLOGIE DE BERNARD BLANDIN (2004).
Dispositifs Rupture unité de lieu Rupture unité de temps Type de formation
1 Formation à distance « traditionnelle » Oui Oui Formation ouverte et à distance
2 Centres de ressources Non Oui Formation ouverte
(2) Enseignement à distance supervisé Oui/non Oui Formation ouverte et à distance
3 Téléformation Oui Non Formation à distance
3 Campus virtuels Oui Non Formation à distance
(3) Classe inversée Oui/non Oui/non Formation ouverte
4 Auto-formation en ligne Oui Oui Formation ouverte et à distance

Contexte social[modifier | modifier le code]

Ces formations utilisent de plus en plus les outils numériques et les moyens de l'Internet. La formation à distance est l'une des cinq filières composant les industries éducatives (Edtech)[10]. En France, dans le Bulletin officiel du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle - No 2001/16 - du 5 septembre 2001 la formation ouverte et à distance est définie comme ''un dispositif souple de formation organisé en fonction de besoins individuels ou collectifs (individus, entreprises, territoires). Elle comporte des apprentissages individualisés et l’accès à des ressources et compétences locales ou à distance. Elle n’est pas exécutée nécessairement sous le contrôle permanent d’un formateur''[11].

Si la formation à distance peut répondre à des situations d'éloignement avec la formation souhaitée, elle peut également être mise en avant pour les situations de handicap, la formation ne nécessitant pas de travaux pratiques, de non-disponibilité horaire pour la personne souhaitant suivre une formation, de contraintes financières, etc. Elle peut concerner tant des élèves, des étudiants, des personnes en période d'inactivité que des personnes en période d'activité.

Les formations à distance peuvent se caractériser par leur flexibilité qui permet de les désigner comme « ouvertes », dans le sens où elles ne requièrent aucun prérequis autre que technique[12]. L'apprenant peut alors gérer, de manière autonome, le temps consacré à son apprentissage et peut choisir d'entrer ou de sortir librement d'un dispositif. En outre, une formation est « ouverte » dans la mesure où elle est facilement accessible matériellement. Enfin, la formation « ouverte », « flexible », se veut accessible au plus grand nombre, et à toute personne souhaitant suivre une formation, contrairement à des enseignements inscrits dans un cursus académique normatif.

Le tutorat, l'apprentissage et des séances de cours traditionnels en salle peuvent y être associés. Il existe des tutorats à distance.

Formation par correspondance[modifier | modifier le code]

Correction des copies dans les locaux parisiens de l'École universelle (entre-deux-guerres). Les copies sont ensuite renvoyées aux élèves.

Dans le cadre de cours par correspondance, la personne doit disposer d'une adresse postale pour recevoir les documents de formation (DVD, livres, logiciels) afin de retourner ses travaux pour correction en utilisant un service de transport du courrier. La formation est alors effectuée en différé, de manière asynchrone. Parfois, l'élève peut aussi étudier sur un espace de formation en ligne dédié. En France, les formations à distance sont disponibles via des organismes privés, des universités sur certains diplômes ou encore le Centre National d'Enseignement à Distance (CNED), un établissement public français spécialisé dans l'enseignement par correspondance.

Formation en ligne[modifier | modifier le code]

Ce type d'enseignement est récent (apparu dans les années 1990). Il a été permis par les progrès de l'informatique associés à ceux des moyens de télécommunication (téléphonie, visioconférence, Internet et courrier électronique, forum de discussion, messagerie instantanée...)[13]. Il existe différentes plates-formes et applications pour la communication et le téléchargement de tâches et pour des sujets spéciaux (Moodle, Coursera, Preply, Duolingo).

La formation en ligne permet aux enseignants d'envoyer des documents aux étudiants de manière simultanée, peu importe la distance. L'élève peut télécharger ou consulter en ligne des supports divers. Le cours peut offrir une plus grande interactivité, ce moyen permettant aux étudiants d'avoir des échanges en direct pour poser des questions ou y répondre. L'apprentissage à distance est donc un nouveau moyen pour augmenter la participation et la compréhension des étudiants.

Au-delà d’une plus grande flexibilité dans l’emploi du temps, la formation en ligne permet une large appropriation du temps universitaire. Le fait de bénéficier d’outils pédagogiques plus innovants et moins scolaires permet ainsi un apprentissage plus personnalisé et adapté aux besoins de chacun. Les formations en ligne concourent de ce fait au décloisonnement des savoirs et à la flexibilité réclamée aujourd’hui par les étudiants, qui souhaitent en parallèle de leurs études, acquérir une expérience professionnelle par des stages en entreprise.

Cela nécessite l'utilisation et souvent la possession d'un moyen de se connecter à l'Internet, mais permet l'accès en temps réel à de nombreux contenus selon les technologies utilisées sur la plate-forme pédagogique. Les organismes de formation à distance proposent souvent un accès à des vidéos et proposent des dispositifs en direct (chat, voip, visioconférence) selon une plage horaire bien définie.

Selon le cadre des cours, la personne peut avoir accès à de nombreux contenus et services mis à disposition par l'utilisation de nombreuses technologies de gestion de l'information (GED, CMS) et de communication (Messagerie), de partage d'information (Groupware, wiki, blog, syndication RSS), de l'organisation du temps/personnes/lieu (calendrier) et la prise en compte des demandes de l'apprenant (CRM). Un LMS a pour but de fournir la structure de base autour de laquelle seront liés des services propres à chaque contexte d'apprentissage.

Les principaux intérêts aux développements des formations en ligne sont : le coût, l'absence de contrainte géographique, les disponibilités horaires, une meilleure communication entre l'enseignant et l'étudiant, un suivi. L'emploi du télé-enseignement est apparu rapidement dans l'étude des langues. Grâce à l'informatique et au téléphone, il est possible de suivre un cours en temps réel avec un enseignant. Il est devenu possible d'acquérir des compétences grâce à des formations non diplômantes, comme la comptabilité, et l'emploi d'outils (traitement de texte, tableur, etc.).

Des stages pratiques de courte durée en entreprise peuvent être réalisés dans le cadre d'une formation à distance[14]. Ils permettent de mettre en pratique les connaissances apprises durant la formation et de découvrir les réalités du terrain. La difficulté est parfois de trouver l'organisme qui correspond au besoin car les typologies sont multiples et les benchmarks manquants[15]

Modalités de formation[modifier | modifier le code]

La formation à distance englobe des formations parfois très différentes. On distingue généralement trois modalités de formations, certains auteurs en comptent quatre voire cinq. Le point commun des différentes réflexions sur ces modalités de la formation à distance est qu'elles portent le curseur de l'analyse sur un axe présence - distance[16].

Formation à distance[modifier | modifier le code]

Formation en présence réduite[modifier | modifier le code]

La formation à distance en présence réduite se fait avec la majeure partie des apprentissages effectués à distance. On remarque une grande souplesse dans la gestion des temps d'apprentissage : l'apprenant choisit les moments qu'il consacre à la formation. Il s'agit d'une formule appropriée pour les salariés en reprise d'études, par exemple : les locaux du centre de formation ne sont utilisés qu'occasionnellement, et le reste de la formation se fait par Internet, ce qui demande une grande aisance avec ces outils ainsi qu'une grande autonomie dans le travail. « [Avec le présentiel réduit], il est moins question d'envisager une simple transmission d'informations mais plutôt de créer des conditions pédagogiques et organisationnelles favorables à l'apprenant »[17].

Certains risques sont inhérents à ce type de modalité où le paradigme dominant est l'autoformation : sentiment d'isolement, découragement, décrochage et abandon. Des stratégies d'étayages peuvent limiter ces risques. Il s'agit par exemple de créer une communauté d'apprenants via un espace numérique de travail (ENT) ou d'organiser un tutorat :

  • Le tutorat peut prendre des formes synchrones (téléphone, visioconférence, classe virtuelle, tchat) ou asynchrone (courriel, forum de discussion, bureau virtuel).
  • Organiser une communauté d'apprenants peut également limiter les risques de décrochage. La communauté peut se retrouver sur un ENT dédié aux apprentissages et déclencher des phénomènes d'émulation, de stimulation, de création de réseau, etc.
  • Enfin, quelques rencontres en présence pourront avoir plusieurs avantages : dynamiser la communauté, insister sur des points essentiels ou difficiles du cours, vérifier les apprentissages en mettant en place des mises en situations concrètes, des travaux dirigés, etc.

Formation en présence améliorée[modifier | modifier le code]

Ici, l'apprentissage est divisé de façon relativement égale sur le double canal présence/distance.

On retrouve ici des points communs à la modalité « en présence réduite » : mise en place d'un ENT avec un éventuel tutorat, utilisation des outils de formation en ligne (forum, courriel, tchat, podcast, etc.) et usage impératif d'Internet. La création et l'animation d'une communauté d'apprenants sont des facteurs de réussite indéniable. Les parties de cours diffusées par Internet prennent une forme plus évoluée qu'un manuel classique : vidéos, questionnaires, exercices, cas pratiques ou tout autre élément téléchargeable. Les locaux seront toutefois utilisés de manière plus intense lors de rassemblements. Dans ces parties en présence de la formation, des documents plus traditionnels peuvent être utilisés (polycopiés).

Tout en laissant une certaine autonomie dans la gestion du temps de travail de l'étudiant, la présence améliorée permet d'endiguer, dans une certaine mesure, les risques d'abandon. Les temps de présence permettent de baliser les apprentissages (le cursus est organisé en séquences) et offre une possibilité de soutien direct, individuel et régulier des parcours. Cependant, pour les apprenants salariés, la présence régulière dans les locaux de formation peut présenter des difficultés : un aménagement du temps de travail professionnel constitue un avantage.

Formation en présence enrichie[modifier | modifier le code]

Les temps de formation en présence concentrent ici le cœur des apprentissages, on reste donc dans des pratiques pédagogiques plus classiques : unité de temps et de lieu pendant la formation entre enseignants et étudiants (les locaux de formation sont donc utilisés de manière assez soutenue). Les outils de formation en ligne sont utilisés, en général pour approfondir ou illustrer le cours.

Enseignants et élèves subissent moins de perturbations en présence enrichie qu'en présence réduite ou améliorée : les pratiques de la présence enrichie sont plus traditionnelles. La mise en place d'un ENT est possible mais les temps de présence laissent en général la possibilité aux étudiants de s'échanger adresses courriel, téléphone, voire de constituer des groupes par affinité et de travailler sur des outils qu'ils utilisaient avant l'entrée en formation (adresse courriel personnelle, réseaux sociaux, etc.).

Cependant, la mise à disposition de cours sous forme de diaporama, par exemple sur l'ENT, semble aujourd’hui incontournable.

Une grande partie des formations universitaires sont aujourd’hui construites sur ce modèle. Les risques liés à la présence réduite sont ici relativement maîtrisés par un suivi régulier, même si le risque d'abandon reste grand, en première année universitaire par exemple.

Les avantages et les inconvénients[modifier | modifier le code]

Ce mode d'apprentissage peut être un inconvénient ou un avantage selon la personnalité et la maturité, l'autonomie, la sociabilité de l'apprenant en dehors des facteurs liés au budget, à la distance et à l'emploi du temps de celui-ci.

Avantages (pour l’organisme et le participant)[modifier | modifier le code]

  • Approche pragmatique des sujets de formation ;
  • Échanges d’expérience ;
  • Configuration du programme à la carte ;
  • Aucune perturbation liée à l’absence du personnel.

Inconvénients[modifier | modifier le code]

  • Manque de contact humain ;
  • Nécessité d'une bonne motivation, d'une discipline de travail soutenue.

Utilisation en France[modifier | modifier le code]

L'Éducation nationale[modifier | modifier le code]

Le Centre national d'enseignement à distance (CNED) concerne notamment les élèves ne pouvant suivre une scolarité « classique ». L'Éducation nationale par le CNED délivre des formations allant de la grande section de maternelle au baccalauréat. Le Cned offre également la possibilité de suivre des enseignements plus spécialisés et permet ainsi de se former tout au long de la vie.

m@gistère[modifier | modifier le code]

Depuis 2014, la plateforme m@gistère permet aux enseignants rattachés au ministère de l'Éducation nationale de suivre des formations aux modalités multiples (en présence, à distance, hybride), dans le cadre de la formation initiale ou continue.

Spécifiquement, la plateforme s'adresse :

  • aux enseignants du 1er et du 2d degré, CPE et professeurs documentalistes des établissements publics et privés sous contrat ;
  • aux personnels d’encadrement et inspecteurs ;
  • aux étudiants et professeurs des Inspé.

Les formations peuvent être mises en œuvre dans le cadre du plan départemental, académique ou national de formation, et contextualisées par des formateurs qui accompagnent les activités des apprenants. Les enseignants ont aussi la possibilité d'accéder à un catalogue de formations en autoformation, bénéficiant d'un accès immédiat à des parcours de formation courts, en autonomie. Qu’elles soient à distance ou en présence, individuelles ou collectives, ces activités permettent des interactions sociales fondamentales dans tout dispositif de formation, comme le précise la présentation du dispositif.

Les alternatives au CNED[modifier | modifier le code]

Depuis quelques années, le soutien scolaire à distance se développe soit par des cours et des exercices interactifs en ligne comme le propose gratuitement l'association Sesamath (uniquement pour les mathématiques) ou encore Maxicours, soit par des cours en ligne et en direct comme le propose gratuitement Prof Express (maths, français, anglais, histoire, géographie, philosophie, sciences physiques, sciences de la vie et de la terre)[18] depuis 2007 ou de manière payante Channel Progress[19] depuis 2010. Il existe aussi des spécialistes de l'apprentissage des langues à distance par télé-enseignement comme Telelangues ou elycee pour le développement du français à l'étranger. Depuis 2009, le premier établissement d'enseignement à distance en direct par Internet pour le secondaire a été créé : l'École Française en Ligne. Il s'agit d'un collège et d'un lycée qui propose aux enfants déscolarisés par contrainte ou par choix tous ses cours par télé-enseignement.

L'enseignement supérieur[modifier | modifier le code]

À la suite du développement des nouvelles technologies, un rapide développement du télé-enseignement auprès de l'enseignement supérieur est apparu. Auparavant, les formations étaient limitées à certains domaines de l'enseignement supérieur comme le droit, les lettres. L'apparition du télé-enseignement permit de rendre accessibles des formations techniques comme l'informatique, les mathématiques, la physique…

L'enseignement à distance fut encouragé par le ministère de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la recherche par la création de la FIED qui vise à regrouper les Centres de Télé-Enseignement Universitaires (CTEU), les Services d'Enseignement à Distance (SEAD)…

Le CNAM, ou Conservatoire national des arts et métiers, propose également des formations à distance, comme alternative aux cours du soir. Deux périodes d'inscription : en septembre et en février.

Enfin, le référencement de l'ensemble des formations à distance du secteur public de l'enseignement supérieur est regroupé sur le portail : sup-numerique.gouv.fr. Ce portail référence également les MOOC (modules de formation courts et gratuits en ligne) ainsi que les ressources en auto-formation proposés par les établissements publics de l'enseignement supérieur. Sup-numerique a pour partenaires le Cned, le CNAM et la FIED.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Viviane Glikman, Des cours par correspondance au e-learning : panorama des formations ouvertes et à distance, Presses universitaires de France, 2002. (ISBN 2-13-052785-X et 978-2-13-052785-5, OCLC 300482680, lire en ligne)
  2. Bernard Blandin, « Formations ouvertes et à distance - Histoire et processus de développement d’un paradigme : hypothèses pour un état de l’art », Actualité de la formation permanente n°156.,‎ , p 55-62. (lire en ligne)
  3. Commission européenne, « Apprentissage ouvert et à distance dans la communauté européenne », Memorandum Com 91-388., Bruxelles / Luxembourg.,‎ (lire en ligne)
  4. Ministère de l'emploi et de la solidarité, « Circulaire DGEFP n°2001/22 du 20 juillet 2001 relative aux formations ouvertes et/ou à distance « FOAD » », Délégation générale à l'emploi et à la formation professionnelle,‎ (lire en ligne)
  5. Bernard Blandin, « Historique de la formation ouverte et à distance », Actualité de la formation permanente n°189, Centre Inffo,‎ mars-avril 2004., p 69-71.
  6. (en) Lieve Van Den Brande, Flexible and Distance Learning, New York, John Wiley,
  7. Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, « 89 campus connectés répartis sur le territoire », sur Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, (consulté le )
  8. a et b Bernard Blandin, « « La Formation ouverte et à distance: état des lieux début 1999 » », Actualité de la formation permanente n°160 – Centre Inffo,‎ , p 18-28
  9. François Orivel, Estelle Orivel, « « Analyse économique de l’e-learning : quelques pistes pour le futur » », Université de Bourgogne, Iredu-Cnrs, Keynote Lecture, XXIIe Conference de la CESE Grenade,‎ 3-6 juillet 2006. (lire en ligne [PDF])
  10. Pierre Mœglin, Les industries éducatives, Paris, Puf, coll. « Que sais-je ? »,
  11. Ministère de l'Emploi et de la solidarité, « Bulletin Officiel du Travail, de l’Emploi et de la Formation Professionnelle. Numéro 2001/16 du mercredi 5 septembre 2001 », sur travail-emploi.gouv.fr
  12. Petit lexique de la FOAD, 2002 Forum français pour la formation ouverte et à distance
  13. Kaplan Andreas M., Haenlein Michael (2016) Higher education and the digital revolution: About MOOCs, SPOCs, social media, and the Cookie Monster, Business Horizons, Volume 59.
  14. « Stage sur place - CNFDI », sur cnfdi.com (consulté le )
  15. « Trouvez votre organisme de formation », sur Disruptif RH, (consulté le )
  16. Chantal D’Halluin et Michel Loonis, « Les formations ouvertes et à distance », Revue internationale d’éducation de Sèvres, no 23,‎ , p. 107–116 (ISSN 1254-4590, DOI 10.4000/ries.2755, lire en ligne, consulté le )
  17. « ACCOMPAGNER DES FORMATIONS OUVERTES - Conférence de consensus - Collectif de Chasseneuil - livre, ebook, epub », sur editions-harmattan.fr (consulté le )
  18. « Classip - Incubateur Belle de Mai », sur Incubateur Belle de Mai (consulté le ).
  19. Channel Progress

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Binant, Éléments d'histoire du cinéma numérique, Paris, CST, (lire en ligne).
  • Bellier, S. (2001). Le e-learning. Paris, éditions Liaisons.
  • Mœglin, P. (2010). Les industries éducatives, Paris, Puf, Que sais-je ?
  • Distances et Médiation des Savoirs, https://journals.openedition.org/dms/
  • Référentiel de bonnes pratiques de la FOAD, AFNOR/FFFOD
  • Collectif de Chasseneuil (2001). Accompagner des formations ouvertes. Paris, L’Harmattan.

Articles connexes[modifier | modifier le code]