Fêtes de l'ours en Vallespir

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Les fêtes de l’Ours du Haut-Vallespir *
Image illustrative de l’article Fêtes de l'ours en Vallespir
Fête de l'ours d'Arles-sur-Tech en 2015
Domaine Pratiques festives
Lieu d'inventaire Occitanie
Pyrénées-Orientales
Arles-sur-Tech
Prats-de-Mollo-la-Preste
Saint-Laurent-de-Cerdans
* Descriptif officiel Ministère de la Culture (France)

La Festa de l’Os (en français : fête de l'Ours) ou Chasse à l’ours (caça ou cacera de l’ós) ou encore Jour de l'ours / des ours (diada ou dia de l’ós / dels óssos) est une pratique festive carnavalesque de la région du Haut-Vallespir, dans les Pyrénées-Orientales. Elle se déroule dans trois communes : Arles-sur-Tech, Prats-de-Mollo-la-Preste et Saint-Laurent-de-Cerdans, à la fin de l’hiver, au mois de février.

Historique[modifier | modifier le code]

Les fêtes de l’ours sont la correspondance païenne de la Chandeleur.

Célébration de légendes et croyances populaires[modifier | modifier le code]

Dans la religion chrétienne, le 2 février, jour aujourd’hui choisi pour la Chandeleur, correspond à l’évènement de la présentation de l’enfant Jésus au temple. Mais cette date semble être la récupération par l’église de célébrations païennes bien plus anciennes. Le 2 février marque en effet la fin du solstice d’hiver et le retour du printemps. C’est le début du cycle carnavalesque. Selon les croyances populaires, c’est ce jour que l’ours dans les Pyrénées sort de son hibernation. Les regards sont alors tous tournés vers le ciel puisque la météo va déterminer l’attitude de l’ours et par cela des récoltes à venir. En effet, la croyance veut que s’il fait soleil le 2 février, l’ours retourne dans sa grotte et hiberne 40 jours supplémentaires, ce qui signifie que l’hiver se prolonge au détriment du printemps et des cultures. L’animal fait aussi partie de légendes l’assimilant à l’être humain, notamment celle de Jean de l’Ours, connu pour être né de l’accouplement d’une femme et d’un ours. C’est cet accouplement qui est représenté dans les fêtes, puisque la femme a d’abord été enlevée par l’ours avant de mettre au monde l’être hybride. Les fêtes de l’ours sont donc des représentations de ces légendes populaires qui reflètent l’opposition nature/culture et animalité/humanité. Si le déroulement des fêtes a surement évolué dans le temps, son historique n’est pas connu. En revanche, on peut affirmer que ces célébrations sont très anciennes puisqu’elles descendraient de cultes préhistoriques, puis des Lupercales romaines, puis des cultes à l’ours au Moyen Âge. Le texte le plus ancien connu à ce jour évoquant la présence de l’ours dans des fêtes date de 1424 et se trouve en Catalogne. Si aujourd’hui on retrouve les fêtes de l’ours dans leur état d’origine seulement dans le Haut-Vallespir, le culte de l’ours est toujours présent dans certaines régions et notamment dans les Pyrénées (Béarn, Pays basque…) dans d’autres manifestations telles le Carnaval.

Inventaire du PCI et Unesco[modifier | modifier le code]

Le 17 décembre 2014, les trois fêtes sont inscrites à l'Inventaire du patrimoine culturel immatériel en France[1] en vue d'une candidature à l'inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO. L'annonce officielle est faite le 19 janvier suivant par les maires des trois communes[2].

Scénario des fêtes de l’ours[modifier | modifier le code]

Les fêtes de l’ours opposent les hommes et les femmes. Les hommes sont déguisés en ours et envahissent les villages en simulant l’enlèvement des femmes et jeunes filles. Cela donne lieu à des courses poursuites à travers les rues, mais aussi à des confrontations avec un troisième type de personnage, les chasseurs. Le rituel se termine toujours de la même manière, par la démonstration de la domination de l’homme sur l’ours, à travers sa capture symbolique et le rasage de la fourrure. Ces pratiques sont très anciennes et s’étendaient autrefois sur une partie bien plus large du territoire français et international, en particulier dans l’hémisphère nord.

Chasse à l’ours d’Arles-sur-Tech[modifier | modifier le code]

Chasse à l’ours de Prats-de-Mollo-la-Preste[modifier | modifier le code]

Chasse à l’ours de Saint-Laurent-de-Cerdans[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Violet Alford, 2004 [1937], Fêtes Pyrénéennes, Loubatières, Barcelone.
  • Joan Amades, 1950, Costumari català (5 volumes), Edicions Salvat, Barcelone.
  • Sophie Bobbe, 1986, Trois fêtes de l’ours en Catalogne, Mémoire de maîtrise d’ethnologie, Université Paris X-Nanterre.
  • Robert Bosch, 2013, Fêtes de l’ours en Vallespir, Trabucaire, Perpignan.
  • Basil Collier, 1939, Catalan France, Londres.
  • Daniel Fabre, 1993 « L'ours, la Vierge et le taureau », Ethnologie française, t. XXIII, n° 1 : 9-19.
  • Dominique Marie Joseph Henry, 1835, Histoire de Roussillon : comprenant l’histoire du Royaume de Majorque, livre premier, Imprimerie Royale, Paris.

C’est la plus ancienne description connue des fêtes de l’ours: […] une mascarade de tradition que chaque année voit se renouveler. Un homme de la lie du peuple se déguise en ours ; ses camarades vêtus de haillons les plus sales, et barbouillés de la façon la plus ignoble, l’accompagnent et le font danser au bruit assourdissant de sifflets, entonnoirs, crécelles et de tambours […] un usage de grande antiquité.

  • Jean-Dominique Lajoux, 1996, L’homme et l’ours, Glénat, Grenoble.
  • Émile Leguiel, 1908, « Le Carnaval d’autrefois à Prats-de-Mollo (Souvenirs de ma belle-mère)», Revue Catalane (Société d’étude catalane), tome II, Perpignan, vol. n°21 p. 262-267 ; vol. n°22, p. 299-304 ; vol. n°23, p. 367-370 ; vol. n°24, p. 387-392.
  • Oriol Lluís Gual, Les derniers ours : une histoire des fêtes de l'Ours, Quaderns del Costumari de Catalunya Nord, , 495 p. (ISBN 978-2-9559318-1-3).
  • Magali Pages, Culture populaire et résistance culturelle régionales, Fêtes et chansons en Catalogne, Paris, L’Harmattan, 2010.
  • Michel Pastoureau, 2007, L’ours, histoire d’un roi déchu, Paris, Seuil.
  • Arnold Van Gennep, 1999, Le folklore français, du berceau à la tombe. Cycles de Carnaval-Carême et de Pâques, Robert Laffont, Paris.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Domaine des pratiques festives de l’Inventaire du patrimoine culturel immatériel en France
  2. « Les Fêtes de l’ours toquent à la porte de l’Unesco » sur latribune.fr