Félix Fontan

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Félix Paul Émile Fontan
Naissance
Aignan
Décès (à 34 ans)
Villers-Bretonneux
Mort au combat
Origine Drapeau de France Français
Allégeance Drapeau de la France France
Arme Infanterie
Gendarmerie
Grade Capitaine
Années de service 1900 – 1914
Commandement 12e compagnie du 99e régiment d'infanterie
Conflits Première Guerre mondiale
Faits d'armes Arrestation de Jules Bonnot
Distinctions Chevalier de la Légion d'honneur Chevalier de la Légion d'honneur
Croix de guerre 1914-1918, palme de bronze Croix de guerre 1914-1918, palme de bronze
Hommages Nom d'une caserne à Aignan et à Villers-Bretonneux

Félix Paul Émile Fontan (AignanVillers-Bretonneux) est un militaire, officier de gendarmerie français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Aignan dans le Gers, il est le fils de Jean-François Fontan et Marie Thérése Joséphine Rose Amélie Alquier[1].

Félix Fontan intègre l'École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1900 (promotion du Tchad)[2]. En 1902, il en sort 353e sur 515 élèves et intègre le 157e régiment d'infanterie (RI) à Jausiers (Basses-Alpes) en qualité de sous-lieutenant. Le , il est cité à l'ordre du 14e corps d'armée pour sa conduite lors de l'avalanche du col de la Pare au nord de Barcelonnette[3],[4] :

« Le , faisant partie d'un détachement chargé d'exécuter la reconnaissance du col de Parre [sic] et dont l’avant-garde venait d’être entraînée par une avalanche qui avait enseveli presque tous les hommes sous la neige, s’est porté sans hésitation au secours des victimes sur le terrain de l’accident avec tous les militaires du détachement. Ne tenant pas compte du danger, n’a pas cessé pendant plus de deux heures de prodiguer des soins aux blessés. Pendant la marche s’est appliqué à maintenir le moral de la troupe et a donné, en cette circonstance, un bel exemple de dévouement et de courage.[1] »

Il passe lieutenant dans la même unité le [1].

Officier de gendarmerie[modifier | modifier le code]

Le lieutenant Fontan est affecté à la 18e légion de gendarmerie, le . Il prend le commandement de la compagnie de gendarmerie départementale à Mauléon[5] dans les Basses-Pyrénées.

Le , il est affecté à la 8e compagnie du 2e bataillon du régiment d’infanterie de la Garde républicaine à Paris[1].

Il fait la « une » de l'actualité, lorsqu'à la tête de ses gendarmes, il met fin, le à Choisy-le-Roi, aux coupables activités de Jules Bonnot et de ses complices qui jusque-là, plongeaient la France dans l'angoisse[6].
Devant un public évalué à 20 000 personnes et sous les ordres du préfet Lépine, il conduit son action avec courage et efficacité.
Il est cité à l'ordre de la légion de la Garde républicaine[1] :

« À Choisy-le-Roi, le 28 avril 1912, commandant un détachement requis pour coopérer à l’arrestation de deux assassins dangereux, armés d’un revolver et réfugiés dans une maison isolée, le lieutenant Fontan contribue activement à leur capture en venant placer, au péril de sa vie et à trois reprises différentes, des explosifs au pied de cette maison qu’il parvient à faire sauter. Il pénètre ensuite le premier dans l’immeuble en flammes. »

— .

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le , le lieutenant Fontan est mobilisé. Le , il est détaché volontaire au 99e régiment d'infanterie[7] pendant la durée de la guerre. Nommé capitaine à titre temporaire le , il prend le commandement de la 12e compagnie du 99e RI[1]. Il est blessé à la tête le lors des préparatifs de l'attaque de Fay dans la Somme[8]. Transporté à l'ambulance de Villers-Bretonneux, il décède le lendemain, (à 34 ans), des suites de ses blessures de guerre[9].

Il est cité, à titre posthume, à l'ordre de l'armée[1] :

« Officier d'une bravoure et d'une énergie à toute épreuve, est tombé glorieusement à la tête de sa compagnie en donnant des ordres pour la préparation de l'attaque de la position ennemie le . »

— .

Il est reconnu « mort pour la France ».

Décorations[modifier | modifier le code]

Chevalier de la Légion d'honneur Chevalier de la Légion d'honneur (décret du 19 juin 1920 - à titre posthume)
Croix de guerre 1914-1918, palme de bronze Croix de guerre 1914-1918, palme de bronze (une citation à l'ordre de l'armée - à titre posthume[10])
Médaille d'honneur pour acte de courage et de dévouement, or Médaille d'honneur pour acte de courage et de dévouement, or (échelon "bronze" en 1904, échelon "or" en 1912)
Neth odrorangenassau rib.png Chevalier de l'ordre d'Orange-Nassau (Pays-Bas, 1913).

Postérité[modifier | modifier le code]

Il est le parrain de la 101e promotion (1995-1996) de l'école des officiers de gendarmerie de Melun qui dépose une plaque commémorative à Fay[11].

Les casernes de gendarmerie d'Aignan et de Villers-Bretonneux sont baptisées en l'honneur du capitaine Fontan.

Le musée Paul-Fontan honore sa mémoire à Aignan depuis juillet 2017[12]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f et g Bureau d'Auch : registre-matricule de recrutement. Classe 1900, matricule no 471.
  2. Jean Boÿ, « Historique de la 85e promotion de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr (1900-1902), promotion du Tchad » [PDF], sur www.saint-cyr.org, Association des élèves et anciens élèves de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr (Saint-Cyrienne), (consulté le 8 mars 2017), p. 5.
  3. 44° 26′ 24″ N, 6° 38′ 27″ E.
  4. « Une catastrophe : dans les Alpes, au col de la Parre, une compagnie d'infanterie surprise par une avalanche - six morts », Le Matin, no 7304,‎ , p. 2 (lire en ligne, consulté le 8 mars 2017)
  5. L’arrondissement de Mauléon est supprimé en 1926.
  6. Le Petit Parisien du 29 avril 1912, Comment Bonnot fut pris et tué
  7. Journal de marches et des opérations (JMO) du 99e RI, cote SHD 26 N 673/1, ministère français de la Défense.
  8. JMO du 99e RI, cote SHD 26 N 673/1, ministère français de la Défense.
  9. « Félix Emile Fontan », base Mémoire des hommes, ministère français de la Défense.
  10. Sa décoration se trouve au musée de l'École des officiers de la Gendarmerie nationale de Melun.
  11. 49° 53′ 08″ N, 2° 48′ 27″ E.
  12. « Ouverture du musée Paul-Fontan », ladepeche.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 3 août 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Frédéric Lavignette, La bande à Bonnot à travers la presse de l'époque, Fage Editions, 2008, (ISBN 9782849751411)

Liens externes[modifier | modifier le code]