Félix Archimède Pouchet

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Félix Archimède Pouchet
Description de l'image Portrait of Felix-Archimede Pouchet. Wellcome M0006271.jpg.
Naissance
Rouen (France)
Décès
Rouen (France)
Nationalité Drapeau de la France France
Domaines biologiste
Institutions Muséum d'histoire naturelle de Rouen

Félix Archimède Pouchet, né le à Rouen et mort le à Rouen, est un médecin biologiste français avocat de la théorie de l'hétérogénie qui est une théorie de génération spontanée et adversaire des thèses de Louis Pasteur.

Pouchet est, avec Charles Négrier, l'un des deux premiers chercheurs à avoir décrit scientifiquement le mécanisme de l'ovulation dans l'espèce humaine et chez les autres mammifères.

Il est le fils de Louis-Ezechias Pouchet qui a donné son nom à la rue Pouchet à Rouen. Et le père de Georges Pouchet, biologiste, spécialiste de l'anatomie comparée des Poissons et des Cétacés.

Biographie[modifier | modifier le code]

Lecteur du naturaliste Buffon (1707-1788) dans sa jeunesse, il poursuit des études de médecine et obtient le titre de chirurgien à Rouen. Il passe une thèse concernant les Solanées et finalement devient botaniste. Après quelques traités et mémoires, il travaille sur la zoologie. De retour à Rouen, en 1828, il est nommé professeur d'histoire naturelle au Muséum de la ville, qui vient d'être fondé[1]. Le 20 juillet 1834, il ouvre le Muséum au grand public[2], démarche novatrice[3] pour l'époque.

En 1845, il présente à l'Académie des sciences sa Théorie positive de l'ovulation spontanée et de la fécondation des mammifères et de l'espèce humaine, ouvrage qui sera couronné par l'Académie.

Il défend ensuite une théorie de la génération spontanée (« hétérogénie ») qui soulève une controverse avec des opposants menés par Louis Pasteur. En 1865, après six années de recherche, Pasteur est reconnu[4] avoir montré avec un protocole expérimental admis par Pouchet, la non-validité de la thèse hétérogéniste. Cependant, la controverse ne se terminera qu'à la mort de Pouchet qui jamais ne renoncera à sa théorie. Les idées de Pasteur triomphent et celles de Pouchet sont discréditées. Selon lui, si des microorganismes se tenaient dans l’air, il faudrait tant de germes dans l'air que celui-ci deviendrait un épais brouillard et serait irrespirable. Par ailleurs, pour Pouchet, l'expérience de laboratoire ne doit pas tenir de rôle essentiel dans les hypothèses scientifiques, même s'il a décrit en détail de nombreuses expériences menées pour prouver le bien-fondé de sa théorie[5],[6].

L'aéroscope de Pouchet.

Il inventa l'aéroscope, instrument servant à concentrer les poussières, à en apprécier la nature et à les dénombrer[7] (à ne pas confondre avec un appareil de prises de vue aériennes du même nom). Malgré sa défense obstinée de la génération spontanée, il a su faire preuve de clairvoyance novatrice dans certaines applications de la biologie, par exemple en montrant l'importance du maintien de l'hygiène et de la qualité de l'alimentation pour l'élevage des jeunes saumons[8].

Pouchet à propos de la découverte de l'ovulation[modifier | modifier le code]

Faisant l'historique de cette découverte, Pouchet écrit dans un ouvrage qui a obtenu le prix de physiologie expérimentale à l'Académie royale des Sciences de Paris au concours de 1845[9] :

Je réclame avec insistance mes modestes droits parce que ma conviction intime dit qu'ils sont équitables. Je les réclame, parce que si la découverte est aussi positive que j'en ai l'assurance, mu par une louable et noble émulation, mon désir est qu'elle concoure au trophée de notre science nationale.
Loin de moi l'idée d'avoir le premier annoncé la possibilité de l'ovulation spontanée. Non, j'ai fréquemment cité des physiologistes qui, entraînés par le besoin de soustraire leurs théories à d'accablantes objections fondées sur la présence décevante des corps jaunes chez des animaux vierges, avaient eux-mêmes admis la possibilité exceptionnelle de la chute spontanée des œufs. Mais ce n'étaient pour ces savants que des aveux forcés, arrachés par l'évidence des révélations accusatrices, tandis que le premier nous posions les éléments d'une théorie rationnelle et stable.
Lorsqu'en 1842 je publiai pour la première fois ma découverte, j'étais loin d'espérer qu'elle aurait une aussi rapide et heureuse destinée, car voici comment je m'exprimais à cet égard dans l'une des premières pages de mon livre[10] :
« J'ai accompli avec probité une œuvre utile, et je me présente avec franchise au tribunal de l'avenir. Pour le moment, je ne suppose pas que mon travail réunisse aucun élément de succès, je professe des doctrines qui s'éloignent trop du sentier de la routine pour ne pas éprouver le sort de tous les novateurs. Il est dans ma destinée de subir toutes les phases de la critique : d'abord on niera l'évidence en tranchant audacieusement la question, et en anéantissant légèrement, par une simple négation, plusieurs années de recherches et de travaux ; puis, quand les hommes probes et consciencieux reconnaîtront dans mon écrit quelques vérités fondamentales, la critique, pour ne pas rester désarmée, découvrira dans les auteurs anciens et modernes des passages obscures, des phrases indécises, dans lesquels elle prétendra reconnaître ma théorie. »

Liste partielle des publications[modifier | modifier le code]

  • Histoire naturelle et médicale de la famille des Solanées, Rouen : F. Baudry, 1829
  • Nouvelles considérations scientifiques et économiques sur le jardin botanique de Rouen, Rouen : F. Baudry, 1832
  • Traité élémentaire de zoologie, ou Histoire naturelle du règne animal, Rouen : E. Legrand, 1832, in-8°, X-643 p.
  • Flore ou statistique botanique de la Seine-Inférieure, Rouen : F. Baudry, 1834
  • Traité de botanique appliquée, 1835
  • Zoologie classique, 1841, ses cours
  • Théorie positive de la fécondation des Mammifères, Paris : Roret, 1842
  • Note sur les protoorganismes animaux et végétaux nés spontanément de l'air artificiel, 1845
  • Remarques sur les objections relatives aux protoorganismes rencontrés
  • Théorie positive de l'ovulation spontanée et de la fécondation des mammifères et de l'espèce humaine, Ouvrage qui a obtenu le prix de physiologie expérimentale à l'Académie royale des Sciences de Paris au concours de 1845, Paris, 1847 Texte en ligne
  • Histoire des sciences naturelles au moyen âge ou Albert le Grand et son époque considérés comme point de départ de l'école expérimentale, Paris, 1853. (Consultable sur Google Books.)
  • Hétérogénie, ou traité de la génération spontanée, Paris, 1859 Texte en ligne
  • Nouvelles expériences sur la génération spontanée et la résistance vitale, Paris : V. Masson, 1864
  • L'univers les infiniment grands et les infiniments petits, Paris : Hachette, 1865 (rééd. 1868 et 1872)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « C'est au marquis de Martainville, maire de Rouen, que l'on doit la création du Muséum d'histoire naturelle de Rouen. Il est officiellement fondé par décision municipale le 29 octobre 1828 » Site de l'Agence régionale de l'environnement de Haute Normandie.
  2. Ce Muséum, fermé depuis 1996 pour des raisons de sécurité, est de nouveau ouvert depuis le 23 février 2007.
  3. « Il ouvrira les portes du Muséum au public le 20 juillet 1834. C'est un précurseur, l'un des premiers à avoir rendu populaires les sciences naturelles. » Site de l'Agence régionale de l'environnement de Haute Normandie.
  4. après un long temps de réflexion de l'Académie suivi d'un vote le 20 février 1865
  5. Félix-Archimède Pouchet, Hétérogénie ou Traité de la génération spontanée basé sur de nouvelles expériences, Paris, J.B. Baillière et fils, , 668 p. (lire en ligne)
  6. Félix-Archimède Pouchet, Nouvelles expériences sur la génération spontanée et la résistance vitale, Paris, Victor Masson et fils, , 256 p. (lire en ligne).
  7. F. Pouchet, « Moyen de rassembler dans un espace infiniment petit tous les corpuscules normalement invisibles contenus dans un volume d'air déterminé », Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. 50, 1860, p. 748-750, consultable sur Gallica; J.C. Schrub, Le Dr F.A. Pouchet, CHU Hôpitaux de Rouen, Groupe Histoire des Hôpitaux de Rouen, séance du 26 mars 1997. [1] [PDF].
  8. F. Pouchet, « Pisciculture. De l'hygiène et de l'alimentation des poissons nouvellement éclos », Bulletin de la Société zoologique d'Acclimatation, Paris, Goin, Librairie centrale d'Agriculture et de Jardinage, vol. 1,‎ , p. 474-487 (lire en ligne)
  9. Félix-Archimède Pouchet Théorie positive de l'ovulation spontanée et de la fécondation des mammifères et de l'espèce humaine, Paris, 1847, consultable sur Google Books, Esquisse historique de l'ovulation spontanée, pp. VIII, IX et X.
  10. Pouchet. Théorie positive de la fécondation. Paris, 1842, p. 3.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Orientation bibliographique[modifier | modifier le code]

  • Maryline Coquidé-Cantor (1994). Un muséum de province au XIXe siècle : Félix-Archimède Pouchet et le Muséum d’histoire naturelle de Rouen, La Science pour tous. Exposition, Musée d'Orsay, Paris, 14 mars-12 juin 1994, Bruno Béguet, Maryline Cantor et Ségolène Le Men (dir.), 52, Réunion des musées nationaux (Paris), collection Les Dossiers du Musée d'Orsay : 49-60.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Pouchet est l’abréviation botanique standard de Félix Archimède Pouchet.

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