Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles

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FNSEA
Image illustrative de l'article Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles

Devise : « Un syndicalisme de solutions »

Création 1946
Type Organisation patronale
Siège 11 rue de la Baume 75008 Paris
Langue (fr)
Budget 12 millions d'euros[1]
Membres 212 000 adhérents[1]
Présidente Christiane Lambert
Organisations affiliées Syndicat professionnel de loi 1884
Site web fnsea.fr

La Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), fondée en 1946, est le syndicat professionnel majoritaire dans la profession agricole en France avec 53,39 % des votes aux élections aux chambres d’agriculture en 2013, dans la liste commune avec le syndicat Jeunes Agriculteurs. Il fait partie des organisations patronales françaises et des organisations professionnelles agricoles.

Origines[modifier | modifier le code]

La FNSEA trouve son origine dans la Confédération générale de l'agriculture[2] mise en place à partir de 1943 par François Tanguy-Prigent, qui s'opposa à la Corporation paysanne mise en place par le régime de Vichy, certes disparue à la Libération, mais dont la FNSEA a hérité des structures, ce qui explique la situation de quasi-monopole syndical que cette organisation a longtemps eu dans la France d'après-guerre[3].

La liberté syndicale est rétablie en France par la loi du et le congrès constitutif de la FNSEA se déroule dans la nuit du 13 au . Eugène Forget, son premier président, fait voter à main levée le serment de l'unité paysanne[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

1945-1953, la prise de pouvoir de la FNSEA au sein de la CGA[modifier | modifier le code]

Entre le Plan Monnet et le plan Marshall, au sein de la Confédération générale de l'agriculture dont elle est issue[5], la FNSEA met en place dès 1946 un « modèle de prise du pouvoir », dont la « mise en oeuvre va se perpétuer pendant plus de cinquante ans »[6]. D'anciens membres de la Corporation paysanne vichyste, les propriétaires exploitants et plus généralement la droite paysanne ne peuvent s'en prendre de front à la CGA née de la libération. Plutôt que de la renverser, ils parviennent à la marginaliser, à isoler les syndicalistes de gauche pour la réduire à une coquille vide[7].

Lors des élections départementales désignant les délégués au tout premier congrès de la FNSEA en mars 1946, les anciens syndics de Vichy obtiennent un tiers des places : « les petits notables locaux, les cadres paysans ayant fait leurs preuves à la Corporation, sans pour autant collaborer, sont légitimés par les urnes »[8]. Une modification des statuts permet au Bureau de la FNSEA d'être élu au scrutin majoritaire, ce qui renforce leur position[9]. La FNSEA obtient également le non-cumul des mandats parlementaires et syndicaux[10], ce qui exclut de fait plusieurs élus de gauche.

Sous l'impulsion de René Blondelle, ancien syndic régional de la Corporation paysanne de 1941 à 1944, élu en 1946 secrétaire général de la FNSEA, les associations spécialisées par filières ou par produits obtiennent un statut et une commission permanente au sommet de la FNSEA[11]. Blondelle obtient le 13 janvier 1948 la démission de Tanguy-Prigent de la CGA[12]. Pour affirmer leur contrôle sur la FNSEA, les grands céréaliers du Bassin parisien, souvent des anciens de la Corporation, créent en 1948 un comité secret, le Comité agricole de défense et d'action syndicale, ou Cadas[13]. Le congrès de 1949 décide d'orienter les moyens financiers et techniques vers les exploitations spécialisées plutôt que vers celles pratiquant la polyculture-élevage[14].

La FNSEA convainc la même année Pierre Pfimlin de rétablir les prérogatives des chambres d'agriculture, afin de bénéficier de financements publics sûrs : « Elles permettent aux syndicalistes de sortir de leur rôle pour mettre la main sur la gestion de l'espace rural dans leur seul intérêt »[15]. Elles renaissent le 17 mai 1949, mais posent rapidement le problème d'une multiple représentation des intérêts paysans, notamment lorsque René Blondelle devient président de l'Assemblée permanente des présidents de chambres d'agriculture en 1952[16], en déclarant qu'il s'agit avec les chambres d'agriculture « de renouer, et sans rien renier de ce qui a été fait depuis 1940 sur le plan de la Corporation et de la CGA, avec l'organisation professionnelle qui était non seulement l'aspiration, mais la réalité de nos mouvements d'avant-guerre »[17].

Le congrès de 1950 autorise l'adhésion des propriétaires non-exploitants, et voit l'éviction des derniers dirigeants de gauche. Blondelle, avec le soutien financier du CNPF, prépare les membres de la FNSEA à se présenter aux élections législatives de 1951[18]. Ils doivent notamment souscrire à un programme « d'action civique » élaboré par le syndicat et participer à « l'amicale parlementaire agricole » créée cette même année[19].

Le 26 novembre 1953, les dirigeants de la FNSEA ne reconnaissent plus le caractère représentatif de la CGA, réduite à un simple rôle de coordination[20].

1953-1960, unité et ruptures[modifier | modifier le code]

Le contexte économique change radicalement : en raison de la modernisation opérée dans les exploitations, « on passe de la pénurie de produits agricoles à la surproduction. Comme le syndicat a privilégié une politique de prix plutôt qu'une politique de maîtrise des marchés (...), les prix agricoles partent en chute libre »[21]. Plusieurs lignes de fracture se dessinent au sein de la FNSEA, et d'abord celle des éleveurs du Comité de Guéret, en 1953, contre les céréaliers[22], qui aboutit à la création de l'Onibev en 1972, ou celle des producteurs de lait qui obtiennent la création d'un second outil de régulation du marché en 1954, Interlait[23].

La confrontation entre Marcel Bruel pour la FNSEA et l'Union de défense des agriculteurs de France, syndicat agricole créé en 1955 par Pierre Poujade, prend des formes violentes[24].

Le Modef créé en 1959, pour la défense des exploitations familiales et contre la CEE, « objet d'aversion pour les exploitants familiaux en lutte », obtient en 1970 jusqu'à 32,8% des voix paysannes et devient la deuxième force syndicale agricole de France[25].

La Jeunesse agricole catholique enfin, qui représente « une troisième voie entre capitalisme et marxisme »[26] et s'inscrit en outre dans un conflit de générations entre anciens et modernes, est plutôt mal perçue par l'aile dure au pouvoir au sein de la FNSEA. Elle investit cependant en 1956 le CNJA, qui s'installe comme organisation représentative de l'agriculture, alors qu'elle n'est statutairement qu'une composante de la FNSEA : « Cette confusion sert les deux sigles : au gré des situations, on additionne les voix ou on fait valoir les différences. [...] Pour certains, la CNJA est une antichambre où jeunesse se passe ; pour d'autres un moyen de capter des idées neuves ; enfin, pour ceux qui ont quitté la FNSEA, c'est une variante du bonnet blanc/blanc bonnet... »[27].

Les conflits longtemps latents à la FNSEA, localement entre petits paysans traditionnels et exploitants modernistes, sur le contrôle des marchés régionaux par les paysans ou les négociants, voire à l'échelle nationale sur l'opposition de droite ou d'extrême-droite à de Gaulle[28] éclatent en 1960 autour de la crise du marché légumier breton. Le 4 juin, lors d'élections cantonales, « des commandos de la FNSEA volent les urnes dans trois communes et brûlent les bulletins de vote »[29]. Cette crise consacre le modèle des paysans capitalistes, l'habitude de l'entre-soi et la légitimation de la violence par le syndicat : la clémence envers les débordements de la FNSEA s'explique par l'intérêt électoraliste des pouvoirs publics et notamment du Sénat pour les bastions ruraux conservateurs, comme par le fait que cette violence de la FNSEA ne conteste pas directement le pouvoir politique en place, du moins jusqu'en 1981[30].

1960-1981, vers le capitalisme à marche forcée[modifier | modifier le code]

La réforme de structures réclamée par le CNJA et Michel Debatisse, contre la FNSEA[31], révolutionne les campagnes françaises. Avec le soutien du ministre Edgard Pisani, le Fonds d'aménagement pour les structures agricoles recense les exploitations qui sont en-deçà du seuil de rentabilité, propose des groupements de producteurs et assiste les départs volontaires de paysans avec une indemnité viagère de départ, alors qu'en même temps la Safer regroupe et remembre les terres libérées. Le Crédit agricole octroie des prêts bonifiés aux jeunes agriculteurs désireux de s'installer, et qui ont la chance d'être choisis par les échelons départementaux de la FNSEA et du CNJA[32]. La FNSEA s'oppose particulièrement au projet de loi qui limite les cumuls de propriétaires non exploitants. La loi est votée le 26 juillet 1962, et la mobilisation très médiatisée de la CNJA contre ces propriétaires non-exploitants, notamment en 1962 à travers l'exemple de Jean Gabin, propriétaire de quatre fermes dans l'Orne, « ébranle l'univers mental des propriétaires et rompt avec la pensée mélinienne qui a dominé jusque là le syndicalisme agricole et l'approche de la question par le personnel politique. La propriété agraire ne fonde pas l'agriculture, et l'exercice paysan n'est pas une fin en soi »[33].

En 1965, Michel Debatisse organise une scission droitiste au sein de la FDSEA du Puy-de-Dôme en créant l'UDSEA. Selon l'historien Michel Luneau, « pendant trois décennies, l'ambiance va être difficile à vivre, car tout ce joli monde, qui se hait farouchement, se croise quotidiennement au sein des différents organismes agricoles. [...] La FNSEA, oriflamme de l'Unité paysanne, a non seulement semé la discorde, mais aussi la haine entre paysans »[34].

Engagement[modifier | modifier le code]

Prises de position[modifier | modifier le code]

D'après le site de la FNSEA, celle-ci souhaite « agir pour les agriculteurs et défendre leurs intérêts collectifs et individuels, dialoguer avec les citoyens et les consommateurs pour expliquer notre métier et comprendre les attentes de la société, rassembler autour d'une agriculture innovante, citoyenne et durable »[35].

En 2017, la FNSEA fait 13 propositions aux candidats à l'élection présidentielle, parmi lesquelles un plan quinquennal d'investissement pour « assurer la compétitivité et la durabilité du secteur agricole », la mise en place d'une TVA sociale, une augmentation du taux du Crédit d'impôt compétitivité emploi afin de baisser le coût du travail salarié et limiter les distorsions de concurrence. Le syndicat demande également « une simplification des normes administratives et environnementales, ainsi la suppression du principe de précaution par le remplacement de la notion «d'innovation» »[36].

Activité de lobbying auprès des institutions de l'Union européenne[modifier | modifier le code]

La FNSEA est inscrite depuis 2009 au registre de transparence des représentants d'intérêts auprès de la Commission européenne. Elle déclare en 2015 pour cette activité trois équivalents temps plein et des dépenses d'un montant compris entre 100 000 et 200 000 euros[37]. La FNSEA est également membre[37] de l'association des fermiers européens COPA-COGECA, inscrite depuis 2009 au même registre, et qui déclare en 2014 pour l'activité de représentation d'intérêts des dépenses d'un montant compris entre 1 000 000 et 1 250 000 euros[38].

Organisation[modifier | modifier le code]

La FNSEA est une fédération de fédérations départementales et d'associations spécialisées par production. Son organisation repose sur une triple représentation basée sur l’idée de représenter les Hommes, les produits et les territoires[39].

Les adhérents se retrouvent selon :

  • leur territoire : 15 000 syndicats d'exploitants agricoles, 96 fédérations et unions départementales (FDSEA ou UDSEA), 22 fédérations régionales (FRSEA) ;
  • leurs productions : 31 associations spécialisées défendent les intérêts économiques et techniques, par secteur de production, réunis en 3 collèges : productions animales, spéciales et végétales ;
  • leur statut social : la FNSEA comprend quatre sections sociales : les agricultrices, les propriétaires, les fermiers, les anciens exploitants.

De plus, le syndicat Jeunes agriculteurs (JA) adhère à la FNSEA et ses membres sont représentés à tous les niveaux.

Fédérations, unions départementales et fédérations régionales[modifier | modifier le code]

Les fédérations et unions départementales sont majoritairement des échelons départementaux de la FNSEA. Ce sont des fédérations de syndicats d'exploitants agricoles locaux, syndicats qui peuvent être communaux, intercommunaux ou cantonaux.

Ces FDSEA ou UDSEA sont un rouage essentiel de la représentation des agriculteurs : « Dans la mesure où les élections syndicales concernant les chambres d’agriculture se jouent au niveau départemental, l’importance de ces Fédérations (ou Unions) départementales (FDSEA ou UDSEA) n’est pas négligeable »[40].

Outre les syndicats d'exploitants agricoles, les fédérations départementales peuvent être constituées d'unions syndicales cantonales, de sections sociales et de sections ou associations spécialisées.

Elles sont regroupées au niveau régional. Chaque fédération régionale est composée d'une équipe administrative : directeur et animateurs régionaux de filière. Un Conseil d'administration est également élu tous les 3 ans, composé d'un président régional et un président régional par section.

Le Conseil fédéral est l'instance de coordination des fédérations et unions départementales au sein de la FNSEA. La Commission syndicale de la FNSEA est leur instance de coordination des fédérations régionales au sein de la FNSEA.

Certaines FDSEA sont entrées en dissidence et ont fait scission de la FNSEA, donnant ainsi naissance au Modef en 1959, puis à la Confédération nationale des syndicats de travailleurs paysans en 1981 et à la Fédération nationale des syndicats paysans en 1982, deux syndicats qui fusionnent en 1987 pour former la Confédération paysanne. La Coordination rurale naît également de scissions de FDSEA en 1991[40].

Associations spécialisées FNSEA[modifier | modifier le code]

Les associations spécialisées (AS) de la FNSEA sont des syndicats spécialisés adhérents à la FNSEA au titre des productions. Elles sont regroupées en trois collèges au sein de la FNSEA :

  • Collège des productions végétales
  • Collège des productions animales
  • Collège des productions spécialisées

Il existe également une confédération d'associations spécialisées (Confédération nationale de l'élevage) et une union d'associations spécialisées (ORAMA). Quelques productions (apiculture, viticulture, etc.) ne sont pas organisées en Association spécialisée mais en Sections spécialisés de la FNSEA.

Productions et associations spécialisées de la FNSEA[modifier | modifier le code]

Sections sociales[modifier | modifier le code]

Chaque section sociale est composée d'élus issus des différents secteurs qu'ils représentent et a pour mission de veiller aux intérêts de leurs adhérents. Elles sont dotées d'une assemblée générale composée de délégués des sections sociales des FDSEA ou UDSEA et de conseils d’administration élus au niveau des régions syndicales de la FNSEA. Ainsi la section nationale des anciens exploitants concentre ses travaux sur la retraite agricole et son évolution future, la commission nationale des agricultrices a pour mission d'obtenir une égalité de droits entre les femmes et les hommes travaillant en agriculture, etc. Les FDSEA, UDSEA et FRSEA, sont également dotées, à l'image de la FNSEA, des sections sociales correspondant aux quatre sections sociales de la FNSEA, voire d'autres sections sociales[réf. nécessaire].

Vie syndicale[modifier | modifier le code]

L'agenda syndical[modifier | modifier le code]

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L’agenda syndical est marqué par cinq temps forts :

  • Tous les six ans, les élections aux chambres d’agriculture où sont désignés au suffrage universel direct, des élus au nombre de 45 à 48 par chambre, pour représenter les exploitants (21), les anciens exploitants (2), les propriétaires (2), les salariés de la production (4), les salariés d'organismes (4), les groupements professionnels (11) et le CRPF (1 à 4). La FNSEA et les JA sont majoritaires dans les chambres d’agriculture : les listes départementales ont réuni 54,9 % des voix aux élections de 2007.
  • La FNSEA se réunit en congrès une fois par an pour définir les grandes orientations du syndicat. Le rapport d’orientation voté au congrès de Saint-Malo en 2011 s’intitulait : « Inscrire nos exploitations dans une croissance durable. »
  • Le conseil d’administration, composé de membres élus pour 3 ans par le congrès et de quatre représentants des jeunes agriculteurs, se réunit une fois par mois. C’est l’organe décisionnaire de la structure.
  • Le conseil d’administration élit un bureau qui se réunit une fois par semaine et prépare avec les diverses commissions (composées de membres élus) et groupes de travail (auxquels participent des membres désignés par les régions) les décisions qui seront prises par le conseil d’administration.
  • Le conseil fédéral se réunit quatre fois par an et rassemble en vue de débats et d’échanges les présidents départementaux, et les présidents des syndicats spécialisés.

Fédération de fédérations, la FNSEA représente aussi l’agriculture française au niveau, national, européen et mondial. Elle est membre du Conseil de l'agriculture française (CAF) en France, du Comité des organisations professionnelles agricoles (COPA) dans l'Union européenne et l’Organisation mondiale des agriculteurs (en lien direct avec l'Organisation mondiale du commerce) au niveau mondial.

La FNSEA est également l’unique organisation représentative des employeurs agricoles. À ce titre, elle négocie avec les partenaires sociaux de la production agricole et siège dans toutes les instances de dialogue social : commission nationale de la négociation collective, Conseil d’orientation des retraites, Haut Conseil du dialogue social, Haut Conseil du financement de la protection sociale, Conseil d’orientation de l’emploi…

Au niveau local, les FDSEA sont signataires de plus de 150 conventions collectives couvrant toutes les productions agricoles.

Présidents[modifier | modifier le code]

Syndicats concurrents[modifier | modifier le code]

Les trois autres syndicats français, qui sont minoritaires mais présents dans le paysage agricole, sont :

Critiques[modifier | modifier le code]

Promotion de l'agriculture intensive et lobbying[modifier | modifier le code]

D'après la confédération paysanne, organisation syndicale représentative[42], la FNSEA soutient le système agricole conventionnel, promeut l’industrialisation des exploitations, l’exploitation animale, l’utilisation de pesticides dans un but de rentabilité, de productivité et de compétitivité. Elle défend activement les droits et causes des agriculteurs intensifs lorsque leurs intérêts sont menacés et s'oppose régulièrement aux normes et contraintes environnementales par l'organisation d'importantes manifestations et lobbying[43].

La FNSEA est également critiquée pour son emprise sur un autre syndicat agricole, les Jeunes Agriculteurs[44].

Enfin, certains dénoncent une situation de conflit d'intérêt du fait des multiples casquettes portées par Xavier Beulin, président du syndicat jusqu'en février 2017[45].

Position dominante[modifier | modifier le code]

Le député européen et candidat écologiste à la présidentielle de 2017, Yannick Jadot, critique en 2016 ce qu'il appelle la « cogestion par l'État et la FNSEA de l'agriculture », en souhaitant que les citoyens aient également accès aux débats agricoles :

« Il faut passer d'une sorte de cogestion Etat-FNSEA à une logique de démocratie alimentaire, où il y aurait une pluralité de syndicats agricoles représentés (dans les discussions), mais aussi les associations travaillant sur la santé, l'environnement, l'alimentation. »

Il indique que ce débat devient nécessaire au moment où « la FNSEA est pour la première fois dirigée par l'agro-industrie », faisant référence à la présidence de Xavier Beulin[46]. Le syndicat estime alors que les propos de Yannick Jadot « ne sont pas dignes »[47].

Soupçon d'abus de pouvoir au sein de la SAFER[modifier | modifier le code]

Le reportage de France Télévisions, dans l'émission Pièces à conviction, met en cause en 2017 le rôle de la FNSEA dans la gestion de la SAFER, présentée comme un « établissement public paritaire, chasse gardée de la FNSEA »[48]. En Charente-Maritime, « un exploitant [...] dénonce la manière dont le syndicat règne sur le marché des terres agricoles »[49].

Accusation de détournement de fonds[modifier | modifier le code]

Les dirigeants de la chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme, membres de syndicats concurrents[49], accusent en 2017 « le premier syndicat agricole de détournement de fonds ». Selon le magazine Pièces à conviction, « pendant des années, une branche locale de la toute-puissante FNSEA aurait été financée illégalement (mais directement) par la chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme[50]. »

Selon le magazine Le Point, qui met en ligne en 2012 le rapport Perruchot,

« Le syndicat agricole dominant, la FNSEA, a un art éprouvé pour confondre fonds publics et militantisme[51]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Eric de La Chesnais, « Que pèse aujourd'hui la FNSEA sur la scène agricole? La réponse en 5 chiffres clés », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  2. Voir sur larousse.fr.
  3. Yves Tavernier, Le Syndicalisme paysan : FNSEA, CNJA, Fondation nationale des Sciences politiques, Armand Colin, 1969 (ISBN 2-7246-0277-3).
  4. Voir sur le site de la FNSEA.
  5. Luneau 2004, p. 115
  6. Luneau 2004, p. 118
  7. Luneau 2004, p. 122-124
  8. Luneau 2004, p. 129
  9. Luneau 2004, p. 134
  10. Lemétayer 2003, p. 23
  11. Luneau 2004, p. 136
  12. Luneau 2004, p. 150
  13. Luneau 2004, p. 153
  14. Luneau 2004, p. 156
  15. Luneau 2004, p. 158-159
  16. Lemétayer 2003, p. 26-27
  17. Luneau 2004, p. 166
  18. Luneau 2004, p. 160-161
  19. Luneau 2004, p. 162
  20. Luneau 2004, p. 167
  21. Luneau 2004, p. 175
  22. Luneau 2004, p. 180-196
  23. Luneau 2004, p. 204-205
  24. Luneau 2004, p. 207-219
  25. Luneau 2004, p. 231-242
  26. Luneau 2004, p. 253
  27. Luneau 2004, p. 267
  28. Luneau 2004, p. 334
  29. Luneau 2004, p. 345
  30. Luneau 2004, p. 364-372
  31. Luneau 2004, p. 394-395
  32. Luneau 2004, p. 388-389
  33. Luneau 2004, p. 398-399
  34. Luneau 2004, p. 450-454
  35. « découvrir la FNSEA », sur le site de la FNSEA (consulté le 16 janvier 2017)
  36. Eric de La Chesnais, « Présidentielle 2017: le plan choc de la FNSEA pour sauver l'agriculture française », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne)
  37. a et b « Registre de transparence », sur Commission européenne (consulté le 15 décembre 2016)
  38. « Registre de transparence », sur Commission européenne (consulté le 15 décembre 2016)
  39. Qu'est-ce que la FNSEA ?, L'Archipel, 2003.
  40. a et b Pierre Mayance, « Défendre « l'agriculture » ou les « employeurs agricoles » ? », Savoir/Agir, no 10,‎ , p. 23–32 (ISSN 1958-7856, DOI 10.3917/sava.010.0023, lire en ligne)
  41. Suffrages supérieurs à 15 % aux dernières élections des chambres d'agricultures.
  42. a, b et c Voir sur chambres-agriculture.fr.
  43. « Très critique sur la manifestation menée par la FNSEA, la Confédération paysanne parle d'un "enterrement de première classe" », sur L'Obs (consulté le 25 février 2016)
  44. Voir sur lepoint.fr.
  45. Voir sur lemonde.fr.
  46. AFP, « Agriculture: Jadot dénonce une "cogestion" Etat-FNSEA », Sciences et Avenir,‎ (lire en ligne)
  47. « Réaction de Jérôme DESPEY, Secrétaire Général Aux propos de Yannick JADOT », sur le site de la FNSEA (consulté le 16 janvier 2017)
  48. Eric de la Chesnais, « Programme TV : Pièces à conviction enquête sur la FNSEA », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  49. a et b Antoine d’Abbundo, « Sur France 3, l’empire vacillant de la FNSEA », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne)
  50. « VIDEO. La FNSEA accusée de détournement de fonds », Franceinfo,‎ (lire en ligne)
  51. Patrick Bonazza et Mélanie Delattre, « Argent des syndicats : l'intégralité du rapport Perruchot », Le Point,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Michel Lemétayer, Qu'est ce que la FNSEA, Paris, L'Archipel, , 120 p. (ISBN 284187429X). 
  • Gilles Luneau, La forteresse agricole : une histoire de la FNSEA, Paris, Fayard, , 856 p. (ISBN 2213615535). 
  • Pierre Mayance, « Défendre " l'agriculture " ou les " employeurs agricoles " ? La FNSEA ou l'ambiguïté historique d'un syndicat « d'exploitants » », Savoir/Agir,‎ , p. 23-32 (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]