Fédération nationale des associations d'usagers des transports

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FNAUT
Fédération Nationale des Associations
d'Usagers des Transports
Logo de l’association
Cadre
Forme juridique association loi 1901
But trois objectifs : représenter et défendre les usagers et consommateurs ; promouvoir les transports collectifs et les modes de déplacements non motorisés de personnes ; protéger l'environnement.
Zone d’influence France, Europe
Fondation
Fondation 24 juin 1978
Identité
Siège Paris
Président Bruno Gazeau[1]
Vice-président Jean Sivardière
Affiliation européenne Fédération Européenne des Voyageurs
Transport et Environnement
Initiative Transport Europe
Financement indépendant
Membres 160 associations
80 000 membres revendiqués[1]
Site web fnaut.fr

La Fédération nationale des associations d'usagers des transports (FNAUT) est connue pour sa défense des transports publics, c'est une association française fédérant près de 160 associations nationales ou locales. Ses objectifs sont notamment la représentation des usagers des transports en commun, la promotion des moyens de déplacement non motorisés, et la promotion d'une politique de transports, y compris de marchandises[2], permettant un développement durable (en particulier au travers de l'intermodalité[3],[4], même dans le monde rural[5]).

La FNAUT est aussi l'une des 15 associations de consommateurs agréée par l'État français[6], ce qui lui permet de représenter et défendre en justice des clients et usagers.

La FNAUT diffuse dix bulletins mensuels d'information de huit pages. La diffusion se fait par abonnement. Depuis 2019, ces bulletins sont disponibles gratuitement sous forme électronique[7].

Création[modifier | modifier le code]

La Fédération nationale des associations d'usagers des transports (FNAUT) est fondée le 24 juin 1978[8]. Cette création est préparée par la tenue des quatre premières Convention Nationale des Usagers des Transports : la première à Grenoble les 22 et 23 novembre 1975 ; la deuxième à Cannes les 10 et 11 avril 1976 ; la troisième à Paris les 13 et 14 novembre 1976 ; la quatrième à Paris les 26 et 27 novembre 1977[9].

Organisation[modifier | modifier le code]

Statuts[modifier | modifier le code]

D'après les statuts en vigueur, adoptés le , c'est une association fédérative ayant la forme d'une association loi de 1901, dont le siège social est 32 rue Raymond Losserand à Paris 14e[10]. Les ressources de l'association proviennent des cotisations des membres, de subventions émanant exclusivement de fonds publics, de dons privés, et des recettes des publications et activités conformes à son objet. L'article 3 précise l'indépendance de l'association de tout organisme officiel ou privé.

L'action de l'association est sous-tendue par trois objectifs qu'elle estime « indissociables et complémentaires » : représenter et défendre les usagers et consommateurs ; promouvoir les transports collectifs et les modes de déplacement non motorisés de personnes ; protéger l'environnement[10].

La FNAUT est membre du Réseau Action Climat[11] et de Stay Grounded (en)[12].

Sur le plan européen, la FNAUT a contribué à la création de la Fédération européenne pour le transport et l'environnement[12] et de la Fédération européenne des voyageurs[13].

Conseil et Bureau National[modifier | modifier le code]

La fédération est gérée par un conseil national, comportant un maximum de 54 membres élus pour trois ans, il se réunit au moins trois fois par an et édicte le Règlement intérieur. Afin de conforter l'indépendance de l'association, ce mandat est incompatible avec celui d'élu d'une assemblée institutionnelle nationale, régionale ou départementale, ou celui de maire ou maire adjoint d'une commune de plus de 10 000 habitants. Le Conseil élit un Bureau national[14] qui gère au quotidien la fédération et les salariés dans le respect du Règlement intérieur, entre les réunions du conseil national.

En avril 2015, Bruno Gazeau remplace Jean Sivardière à la présidence après 23 ans d'exercice de ce mandat[1].

Charte associative[modifier | modifier le code]

Une charte permet de préciser les relations entre la FNAUT et les associations membres, ainsi qu'entre la fédération nationale et son réseau de fédérations régionales. Le rôle de ses représentants dans les différentes instances officielles y est également défini.

Associations adhérentes[modifier | modifier le code]

Associations nationales[modifier | modifier le code]

Début 2021, près de 160 associations françaises adhèrent à la FNAUT[15] dont, au niveau national[16] :

Associations locales et FNAUT régionales[modifier | modifier le code]

Le site de la FNAUT permet d'accéder a l'ensemble des associations locales membres et des fédérations FNAUT régionales, à partir d'une carte de la France[27].

FNAUT Île-de-France[modifier | modifier le code]

Interlocuteur d'Île-de-France Mobilités, l'association des usagers des transports FNAUT Île-de-France (AUT Île-de-France) regroupe des associations d'Île-de-France[28].

Alors qu'en 2017 le Gouvernement s'interroge sur les coûts du Grand Paris Express, l'AUT Île-de-France propose de réaliser prioritairement la rocade formée par les différentes sections de la ligne 15 et des prolongements de la ligne 14 où sont attendus les plus forts trafics, de différer la ligne 16 et d'abandonner le choix du métro pour les lignes 17 et 18, une desserte de type tramway pouvant suffire pour cette dernière[29].

L'AUT s'inquiète début 2019 des moyens qui pourraient être dévolus au CPER et demande « l’attribution d’un montant minimal de 300 millions d’euros pour les autorisations d’engagement de l’État », estimant qu’un « montant inférieur serait un très mauvais signal alors que la priorité aux transports du quotidien est affirmée par votre gouvernement »[30]. Concernant le projet CDG Express de ligne directe entre Paris et Roissy, n'est pas hostile si la priorité reste accordée aux transports du quotidien, notamment au RER B, proposant que cette nouvelle liaison soit mise en service pour les JO sans atteindre les performances prévues ou de manière complète mais de manière différée pour lisser les travaux[30].

FNAUT Grand Est[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de la création du Grand Est, la FNAUT décide de créer une association régionale FNAUT Grand Est, qui rejoint la confédération France Nature Environnement Grand Est (même si la FNAUT ne fait plus partie de France Nature Environnement). Cette association fait part de son opposition au Grand Contournement Ouest de Strasbourg[31]. Les transports en commun, en particulier le train, permettraient d'éviter la construction de nouvelles autoroutes autour des métropoles[32].

La région va moderniser la ligne TER Charleville-Mézières – Givet et électrifier la ligne Paris – Troyes – Belfort (entre Gretz et Troyes)[33]. Les négociations menées avec l'État conduisent au transfert de la gestion de trois « trains d'équilibre du territoire » à la région, à savoir Paris – Troyes – Belfort, Reims – Dijon, et Hirson – Metz[34] : la FNAUT y voit la volonté d'« améliorer considérablement le service » offert au voyageur[35] de la part de la région du Grand Est, dont la démarche menée par Philippe Richert, puis Jean Rottner[36] s'inscrit dans la continuité de celle jadis initiée par Adrien Zeller, à la tête de l'ancienne région d'Alsace, et Hubert Haenel[37]. Ils avaient fortement œuvré en faveur du renouveau du train en Alsace. C'est un grand motif de satisfaction. La FNAUT critique les menaces qui pèsent sur les relations TGV Lorraine-Côte d'Azur et Strasbourg-Marseille (via Lons-le-Saunier)[38], ainsi que sur le train d’équilibre du territoire (TET) Paris-Strasbourg[39]. 2018 a vu la création de l'Association des Usagers des Transports du Sud Alsace, sise à Mulhouse.

L'association de défense des riverains de l'Euroairport (ADRA) craint que le raccordement ferroviaire de ce dernier ne soit un prétexte pour faire de Bâle un aéroport de délestage (ang. reliever airport) de Zurich[40],[41], cependant qu'au niveau national, la FNAUT préconise le raccordement ferroviaire du même aéroport[42].

Citiz Grand Est, membre de FNAUT Grand Est, est un acteur devenu national dans le domaine de l'autopartage. Il entend développer l'intermodalité avec le ferroviaire[43], pour limiter l'emprise de la voiture individuelle (que ce soit au travers de l'énergie grise que réclament les voitures, ou de la place qu'elles accaparent au sein de l'espace public).

Le site internet Fluo Grand Est[44] encourage l'utilisation des transports collectifs dans toute la région. Ce site contribue au développement de l'intermodalité, que la FNAUT appelle de ses vœux.

Positions[modifier | modifier le code]

La FNAUT prend position dans tous les domaines concernant les transports.

Économie[modifier | modifier le code]

Selon la FNAUT, les voitures s'avèrent plus chères à l'usage que les transports en commun[45].

À l'instar de l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP), elle est opposée à la gratuité totale des transports publics[46], mais elle demande que le taux de TVA sur les transports publics soit abaissé à 5,5 %[47], idée reprise par la Convention citoyenne pour le climat[48].

En 2015, alors que les prix de l'essence sont moins élevés, la FNAUT propose de davantage taxer les carburants pour financer les transports publics[49].

Environnement[modifier | modifier le code]

La FNAUT voit d'un bon œil le covoiturage sur courte distance, pour des raisons environnementales, mais considère que le covoiturage à longue distance s'avère négatif, car il prend des parts modales au train[50].

Même si les lignes régulières d'autocar présentent des avantages au nombre desquels figurent un meilleur maillage (entre villes qui n'étaient pas reliées), la possibilité de se déplacer à faible prix, et la diminution de la part modale de la voiture, l'inconvénient, selon la FNAUT, réside dans la diminution de la part modale du train, ce qui s'avère écologiquement négatif[51],[52].

La FNAUT fait sienne la déclaration de l'astrophysicien Aurélien Barrau selon laquelle « bientôt, des canicules empêcheront les gens de sortir de chez eux […]. Le réchauffement climatique nous privera de la liberté de nous déplacer! Il faut s’imposer de petites restrictions pour éviter une catastrophe bien plus liberticide »[53],[54]. Le réchauffement menace également les infrastructures de transports, et même, l'air très chaud réduit la portance des avions[55].

La fédération réitère son attachement à la liaison ferroviaire transalpine Lyon - Turin par tunnel, nonobstant l'opposition de nombre d'associations environnementales, eu égard au trafic de poids-lourds entre la France et l'Italie, ce d'autant plus que le pergélisol fond en montagne[56]. Elle se lance également dans un vibrant plaidoyer en faveur des petites lignes ferroviaires, qu'il s'agisse de voyageurs ou de fret[57].

La fédération pense qu'un transfert du trafic de l'avion vers le train est nécessaire. Il peut s'agir du train de nuit, du TGV, voire du TGV de nuit[58],[59].

La fédération mesure avec étonnement l'écart qui existe entre les discours officiels sur le réchauffement climatique, et la réalité des projets de construction de nouvelles routes et autoroutes, et d'agrandissement d'aéroports[60].

La fédération se dit d'ores et déjà satisfaite du plan de relance, mais attend qu'il soit pérennisé[61].

Société[modifier | modifier le code]

Au premier semestre 2017, la FNAUT lance une seconde enquête sur le harcèlement sexiste dans les transports en commun[62]. Son enquête de 2016 avançait que 87 % des femmes avaient déjà été victimes de harcèlement dans les transports en commun et 48 % adaptaient leur tenue vestimentaire pour éviter les mauvaises réflexions. 34 % d'entre elles adoptent des stratégies d'évitement et se détournent de tout transport collectif pour opter pour le vélo, le taxi ou un véhicule personnel [63].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Florence Guernalec, « Bruno Gazeau est élu président de la Fnaut », mobilicites.com, (consulté le )
  2. Dépliant FNAUT sur fnaut.fr
  3. FNAUT transport - consommation - environnement 254 mai 2017 édition nationale infos sur fnaut.fr
  4. Politique des transports : nos grandes orientations sur fnaut.fr; voir fin du document.
  5. On peut se passer d’auto dans le rural, montrent l’Allemagne, l’Italie et l’Autriche sur reporterre.net, site de Reporterre. L'auteur, Jean Sivardière, est vice-président de la FNAUT.
  6. Arrêté du 29 janvier 2020 portant renouvellement de l'agrément de la Fédération nationale des usagers des transports (FNAUT)
  7. Archives FNAUT Infos sur fnaut.fr
  8. Mathieu Flonneau, L'automobile à la conquête de Paris : chroniques illustrées, Presses des Ponts, 2003 (ISBN 9782859783730), page 201 : 1978 - « 24 juin, création de la Fédération nationale des usagers des transports (FNAUT) ».
  9. Textes de référence de la FNAUT (pdf) (statuts, règlement intérieur, chartes et motions). p. 11 : Chartes et motions (Convention Nationales des Usagers des Transports). lien du fichier pdf, site FNAUT, page Documentation en ligne (consulté le 3 avril 2010).
  10. a et b Statuts, règlement, charte, FNAUT, , 16 p. (lire en ligne [PDF]), « Statuts de la FNAUT », p. 3.
  11. « Réseau Action Climat - France », sur Réseau Action Climat.
    Les associations membres apparaissent en bas de page, parmi lesquelles figure la FNAUT.
  12. a et b « Défense des usagers de la mobilité », sur FNAUT.
  13. « FNAUT Infos », n°hors série 2016 [PDF], FNAUT.
  14. « Le Bureau et l'équipe », FNAUT (consulté le 3 avril 2010).
  15. « La FNAUT près de chez vous »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur FNAUT (consulté le ).
  16. « Associations nationales » (version du 14 décembre 2012 sur l'Internet Archive), sur FNAUT.
  17. Site officiel AFAC, lire en ligne
  18. Site officiel COPEF, lire en ligne
  19. Site officiel FGRCF, lire en ligne
  20. Site officiel Les Droits du Piéton, lire en ligne
  21. Site officiel AFVAC lire en ligne
  22. Site De la revue de l'association : Transports Urbains lire en ligne
  23. Site officiel association Rue de l'Avenir, lire en ligne
  24. Site officiel AUTAUT, lire en ligne
  25. Site officiel association Cyclo Trans-Europe, lire en ligne
  26. Site officiel association FUB, lire en ligne
  27. Site FNAUT, La FNAUT dans votre région lire en ligne
  28. « Association des Usagers des Transports FNAUT Île-de-France » (consulté le )
  29. Jean-Gabriel Bontinck, « Grand Paris Express : les propositions chocs de l’association des usagers », leparisien.fr, (consulté le )
  30. a et b « La Fnaut Ile-de-France demande à Édouard Philippe 300 millions pour le contrat de plan », sur ville-rail-transports.com, (consulté le )
  31. Journal Dernières Nouvelles d'Alsace en date du mardi 10 octobre 2017. Voir article page 15.
  32. Comment valoriser les étoiles ferroviaires des métropoles de province? sur fnaut.fr
  33. Modernisation du réseau ferroviaire du Grand Est, site web www.grandest.fr.
  34. [PDF] TET sur grandest.fr
  35. Grand Est: volonté d'améliorer considérablement le service sur fnaut.fr
  36. 21 trains supplémentaires pour relier le Grand Est sur .grandest.fr
  37. Le Train, une Passion Alsacienne 1839-2012 de Nicolas Stoskopf, Édition Vents d'Est (ISBN 979-10-90826-01-4)
  38. La FNAUT dénonce la régression dangereuse de l'offre ferroviaire sur fnaut.fr
  39. #GRANDEST Non à la suppression le 20 mai 2019 de la desserte Strasbourg - Paris en train 100% Eco sur fnaut.fr
  40. Plus de trains pour plus d'avions? sur alteralsace.org
  41. ADRA sur adra-bale-mulhouse.fr
  42. [PDF] Conclusions de la FNAUT: la politique souhaitable de l’État et des collectivités territoriales sur fnaut.fr; voir page 2.
  43. TER-Citiz sur ter.sncf.com
  44. Fluo Grand Est
  45. Beauvais Consultants, « Estimation des dépenses unitaires selon les différents modes de transport en 2011 », .
  46. UTP et FNAUT, « Pour un développement durable du service de transport public, non à la gratuité totale », sur Union des transports publics et ferroviaires, .
  47. Michel Feltin-Palas, « Ramenons la TVA sur les transports publics à 5,5 % », L'Express, .
  48. Alice Galopin, « Transport, alimentation, logement... Ce qu'il faut retenir des propositions de la convention citoyenne pour le climat », sur France Info, .
  49. Victoria Masson, « Une association veut taxer les carburants pour financer les transports publics », Le Figaro, .
  50. [PDF] Fnaut infos n° 261 sur fnaut.fr
  51. Les cars Macron? Un bilan financier et environnemental négatif sur reporterre.net, site de Reporterre.
  52. [PDF] Fnaut infos n°272 sur fnaut.fr
  53. [PDF] FNAUT Infos n° 272 sur fnaut.fr; voir page 5.
  54. Urgence climatique: à quand des actions dans le secteur des transports?
  55. Le changement climatique fragilise de plus en plus les infrastructures de transport sur reporterre.net, site de Reporterre, par Jean Sivardière, vice-président de la FNAUT.
  56. Liaison Lyon-Turin sur transalpine.com
  57. « Petites lignes »: leur rénovation est essentielle pour l’aménagement du territoire sur fnaut.fr
  58. La FNAUT préconise un transfert de l’avion vers le train sur mobilitesmagazine.com
  59. [PDF] Le transfert nécessaire d’une partie du trafic aérien sur le train sur fnaut.fr
  60. [PDF] Des aéroports, des routes: le climat, on verra plus tard! sur fnaut.fr
  61. « La transition écologique reléguée au 2ème plan de la relance », sur Réseau Action Climat, .
  62. Lise F., « Participez à l’enquête sur le harcèlement sexiste dans les transports », madmoizelle.com, (consulté le )
  63. Arnaud Focraud, « Harcèlement : une femme sur deux dit "adapter" sa tenue vestimentaire dans les transports », lejdd.fr, (consulté le )

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Un lobby d’intérêt général : la FNAUT », par Jean Sirvardière, dans Évaluer et décider dans les transports, revue Metropolis, no 106-107, 1987 (numéro en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]