Fédération nationale de l'enseignement, de la culture et de la formation professionnelle - FO

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Fédération nationale de l'enseignement, de la culture et de la formation professionnelle- FO
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Cadre
Forme juridique Syndicat
Zone d’influence Drapeau de la France France
Fondation
Fondation
Fondateurs Francis Perrin
Gilbert Walusinski
Gaston Pollet
Identité
Siège 6/8 rue Gaston Lauriau
93513 Montreuil cedex
Secrétaire général Hubert Raguin
Affiliation internationale Confédération internationale des syndicats libres (CISL)
Internationale de l'éducation.
Membres 55 000 adhérents revendiqués en 2007
Slogan La Force syndicale
Site web http://fo-fnecfp.fr/

La Fédération nationale de l'enseignement, de la culture et de la formation professionnelle (FNEC FP-FO) regroupe les syndicats Force ouvrière des personnels de l'Éducation nationale, de la Culture et de la Recherche.

Historique[modifier | modifier le code]

Issue de la Fédération des membres de l'enseignement laïque de France constituée en août 1919 et de la Fédération générale de l'enseignement CGT de Léon Jouhaux créée le , la Fédération nationale de l'enseignement, de la culture et de la formation professionnelle - FO (FNEC FP-FO) est fondée le sous le nom de Fédération de l'Education Nationale Force Ouvrière (FEN-FO). Lors de ce congrès constitutif elle met en place une direction de trois secrétaires généraux : Francis Perrin pour l’enseignement supérieur ; Gilbert Walusinski pour l’enseignement du second degré et Gaston Pollet pour l’enseignement technique[1]. Leur succèdent d'abord Pierre Giraud, puis en 1953 Pierre Galoni[2] .

Elle se dote d'une publication L'Université Force ouvrière qui paraît de juin 1948 à 1950[3]. Elle compte en 1950 environ 5.000 adhérents [4]. À l'origine, son organisation prend en compte différents cas de figure : sections départementales où s'expriment les isolés, syndicats n'autorisant pas la double affiliation à Force Ouvrière et à la Fédération de l'Éducation nationale autonome (le SNET-FO ou le Syndicat des manufactures des Gobelins), syndicats qui le permettent (Syndicat du personnel de l'enseignement du second degré...). Walusinski justifie cette double appartenance par l'impossibilité de se « séparer de cette partie des enseignants syndiqués à qui le temps doit fatalement montrer que leur position autonome n’est pas durablement viable »[5]. Mais cette situation ne va pas sans occasionner de nombreuses difficultés notamment lorsque la FEN autonome accepte, fin 1948, de participer à un comité d’unité d’action avec l’UGFF (CGT) et la Fédération postale CGT. « Le bureau de la FEN FO [...] met en garde les membres de l’Enseignement contre le confusionnisme d’une action qui permettra au parti communiste d’exploiter les revendications corporatives à des fins politiques. Il déclare que si la FEN autonome continue cette unité d’action avec UGFF, elle rendra impossible le maintien des syndicats FO dans la FEN autonome » [6]. Finalement le 21 octobre 1954 le bureau confédéral de la Confédération générale du travail - Force ouvrière demande à ses adhérents de mettre fin à la double appartenance. Dès lors, la FEN-FO n'est vraiment présente que dans les centres d'apprentissage.

Comme l'indique Pierre Galoni, l'influence de la fédération dépasse le seul nombre de ses adhérents. « La FEN Force Ouvrière a su établir de solides liaisons avec les bureaux du Ministère de l'Education nationale. Le personnel administratif de ce ministère est, moins que le personnel enseignant tenté par le retrait dans l'autonomie. [...] Ces atouts dont nous disposons, au sein même de l'Education Nationale, nous permettent de défendre, avec une efficacité comparable à celle des Syndicats affiliés à la FEN Autonome et avec un esprit syndical certainement plus authentique les intérêts particuliers de tous ceux qui nous accordent leur confiance »[7].

1957-1958 voit l'échec du projet lancé par Denis Forestier, secrétaire général du SNI, Roger Lapeyre, secrétaire général des travaux publics et transports CGT-FO, et Aimé Pastre, secrétaire général de la pénitentiaire CGT, visant à la réunification syndicale avec la FEN et la CGT[8]. Jusqu'en 1968, la FEN-FO est dirigée par Pierre Galoni (Paris, 1915 – Montcusel, Jura, 2004)[9] puis de 1968 à 1983 par Maurice Mascrier professeur de l'enseignement technique[10].

Lors de son congrès de mars 1970, la FEN-FO décide de changer de nom pour devenir la Fédération Nationale de l'Education Force Ouvrière (FNEC-FO). Il s'agit selon les délégués d'insister « sur la nécesité de ne pas dissocier l'enseignement de l'Education et de la Culture »[11]. En février 1972 paraît le n°1 de "Formations" le nouvel organe de la fédération, dont le directeur de publication est le secrétaire général[12] . En 1977, la FNEC-FO présente des candidats pour les élections aux commissions paritaires dans la presque totalité des collèges enseignants[13].

De 1983 jusqu'à avril 1986[14], Jean-Pierre Cambot O.P.2, jusqu'alors secrétaire régional du SNLC-FO de Bordeaux est secrétaire général de la fédération[15]. Après la réforme Le Pors en 1982 du conseil supérieur de la fonction publique qui prive Force ouvrière de sa première place, André Bergeron décide d'encourager le développement de la FNEC[16]. Il organise le 11 novembre 1983 avenue du Maine une Conférence nationale pour la défense du syndicalisme enseignant[17]. Il lance un appel solennel aux enseignants en juin 1984[18]. Un texte de FO intitulé Pour une école qui instruise est largement diffusé[19] et lors de son xve congrès la Force Ouvrière rédige une résolution sur l’enseignement public[20]. Ces efforts s'avèrent fructueux. En 1983-1984, la fédération se renforce considérablement avec l'arrivée de plusieurs centaines de militants de la FEN[21]. Ces enseignants reprochaient à leur ancienne fédération de ne pas défendre suffisamment la laïcité, d'accepter la remise en cause de la transmission des savoirs et, surtout, de ne pas s'opposer à l'interventionisme croissant des parents d'élèves dans l'Éducation nationale. Aux élections professionnelles de décembre 1984, les syndicats enseignants de Force ouvrière obtiennent près de 12 % des suffrages au lieu des 2,5 % recueillis deux ans plus tôt[22].

Lors de son 8e congrès des 20, 21 et 22 juin 1989, la Fédération Nationale de l'Education et de la Culture Force Ouvrière (FNEC-FO), modifie son nom en Fédération Nationale de l'Enseignement de la Culture et de la Formation Professionnelle Force Ouvrière (FNEC FP -FO) [23]. D'avril 1986 à mars 2008[24] François Chaintron[25], un instituteur, est porté à la tête de la Fédération. Hubert Raguin lui succède comme secrétaire général de la FNEC-FP-FO en mars 2008[26].

Professeur d'enseignement général de collège de lettres histoire géographie, Hubert Raguin est affecté au collège Jean Lurçat d'Angers[27]. Il milite d'abord au SNI-PEGC, mais il fait partie des professeurs qui, en désaccord avec la ligne de ce syndicat, décident de rejoindre Force Ouvrière en 1983. Il devient secrétaire de la section départementale de la FNEC FP FO 49[28]. Elu à la commission exécutive de la FNEC FP FO en novembre 1995[29] puis au secrétariat fédéral de la FNEC FP FO en mars 1999[30], il est rédacteur en chef du Syndicaliste indépendant , la publication de la FNEC FP FO, de septembre 1999 à mars 2008[31]. En 2007, il est élu membre de la commission exécutive confédérale de Force Ouvrière[32]. Depuis novembre 2009, il est membre du bureau fédéral de la Fédération générale des fonctionnaires - Force ouvrière[33]

La Fédération nationale de l'enseignement, de la culture et de la formation professionnelle - FO est membre fondateur de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) en 1949, puis en 1993 de l'Internationale de l'éducation.

Composantes[modifier | modifier le code]

La FNEC FP-FO regroupe 55 000 adhérents[34] dans les syndicats suivants :

Organisation[modifier | modifier le code]

Le Congrès composé des délégués des syndicats ou sections affiliés se réunit une fois tous les trois ans. Il délibère sur le rapport moral et sur le rapport financier et décide des orientations de la Fédération jusqu'au prochain Congrès.

Dans l'intervalle des Congrès, la Commission exécutive fédérale (CEF), administre la Fédération. Elle se réunit au moins quatre fois par an et élit les membres du Secrétariat fédéral. La Commission exécutive fédérale est composée pour moitié des représentants des syndicats nationaux ou sections fédérales nationales et pour moitié de membres élus par le congrès parmi les candidats présentés par leur section ou syndicat affiliés.

Le secrétariat fédéral comprend :

  • un secrétaire général
  • un trésorier
  • un trésorier adjoint
  • un nombre pair de secrétaires fédéraux.

Le secrétariat fédéral accomplit toutes les tâches permanentes d'administration et de gestion. Il met en œuvre les décisions de la CEF. Il se réunit chaque semaine[39].

La FNEC FP-FO adhère à la Confédération générale du travail Force ouvrière et à ce titre est représentée dans les instances de la Fédération générale des fonctionnaires - Force ouvrière (FGF-FO). La FNEC FP-FO a son siège 6/8 rue Gaston Lauriau 93513 Montreuil cedex. Elle édite une revue Le Syndicaliste indépendant[40].

Congrès[modifier | modifier le code]

  • 4e congrès: du 28 au 29 avril 1977 à Besançon
  • 5e congrès: du 27 au 30 avril 1980 à La Croix-Valmer
  • 6e congrès: 1983
  • 7e congrès: en avril 1986 à Aix-les-Bains
  • 8e congrès: du 20 au 22 juin 1989 à Paris
  • 9e congrès : du 31 mars au 2 avril 1992 à Evry
  • 10e congrès: du 20 au 23 novembre 1995 à Bourg en Bresse
  • 11e congrès: du 21 au 24 juin 1999 au Croisic
  • 12e congrès: du 11 au 13 mars 2002 à Super Besse
  • 13e congrès: du 4 au 6 avril 2005 à Blainville sur Mer
  • 14e congrès: du 10 au 12 mars 2008 à Seignosse
  • 15e congrès: du 18 au 19 octobre 2010 à Saint Jean de Monts
  • 16e congrès: du 8 au 12 avril 2013 à Seignosse
  • 17e congrès: du 10 au 14 octobre 2016 à Gravelines

Positions[modifier | modifier le code]

La FNEC FP-FO affirme son attachement aux principes de l’indépendance syndicale établis par la Charte du Congrès confédéral d’Amiens de 1906. Elle s’interdit, dans ses assemblées, toute discussion d’ordre politique. En conséquence, elle n’adhère à aucune organisation politique et ne participe à aucun congrès ou rassemblement politique, chacun de ses membres restant, à cet égard, libre de faire individuellement ce qui lui convient mais ne pouvant, en aucun cas, se prévaloir de sa fonction syndicale dans ces activités

La FNEC FP-FO et ses syndicats défendent le statut de fonctionnaire d'État, les conventions collectives, les intérêts des personnels contractuels et non titulaires.

La FNEC FP-FO revendique l'amélioration de travail des salariés ainsi que l'arrêt des suppressions de postes et des mutualisations de services.

La FNEC FP-FO s'oppose à la remise en cause des salaires, de la protection sociale, de la retraite que ces politiques soient menées au nom de la rigueur et de l'austérité ou sous couvert du remboursement de la dette publique et de la lutte contre les déficits.

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Le 2 décembre 2005, la FNEC FP-FO obtient 30 309 voix (6,64 %), et le 6 décembre 2008, 31 793 suffrages (6,78 %)[41],[42].

Lors des Élections professionnelles enseignantes de 2011, les syndicats de la FNEC FP-FO obtiennent 35 245 voix soit 10,09 % des suffrages exprimés[43], ce qui représente une hausse de 3,3 points par rapport aux élections précédentes de 2008. Force Ouvrière devient ainsi la troisième organisation de l'Éducation nationale.

La FNEC FP-FO continue de progresser lors des élections professionnelles de 2014. Sa liste au Comité Technique Ministériel de l'Éducation Nationale rassemble 52 579 voix soit 13,58 % des suffrages exprimés, ce qui représente une hausse de 3,49 points par rapport aux élections précédentes de 2011 et un gain de 17 334 voix[44]. Par rapport à 2011, elle obtient 18 sièges supplémentaires dans les CTA et 35 dans les CTSD[45].

Dans l'enseignement supérieur, en 2014, la FNEC obtient 6 424 voix au C.T.M.E.S.R (1 élu) et 1 166 au C.T.U (1 élu)[46]. Elle a rassemblé 771 suffrages au comité technique du ministère de la culture.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://data.over-blog-kiwi.com/0/54/13/97/201310/ob_2c3bb8_perrin-francis-biographie.pdf
  2. Apprentissage et syndicalisme, no 30, décembre 1953, p. 16.
  3. http://catalogue.bnf.fr/servlet/biblio?idNoeud=1&ID=32885803&SN1=0&SN2=0&host=catalogue
  4. Alain Bergounioux, Force Ouvrière , Seuil, 1975, p.116
  5. La Nouvelle Tribune n°3 mai-juin 1948, p.2
  6. La Nouvelle Tribune n°7 décembre 1948, p.3
  7. Force Ouvrière, n°722, 14 janvier 1960, p.8
  8. Ivan Sainsaulieu, La contestation pragmatique dans le syndicalisme autonome: la question du modèle SUD PTT, 1999, p. 70
  9. http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article23880&id_mot=167
  10. http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/33/30/79/PDF/Les_cols_blancsFO.pdf
  11. FO hebdo, n°1217, 8 avril 1970, p. 8
  12. "Le Syndicaliste indépendant", n°200, avril 2017, p.9
  13. Alain Bergounioux, Force ouvrière, Que sais-je, no 2053, p. 96
  14. https://www.lemonde.fr/recherche/?keywords=%22+Jean-Pierre+Cambot%22&qt=recherche_globale
  15. Le Syndicaliste des lycées et collèges, mai 1983, édition particulière aux personnels des catégories C et D.
  16. Jacques Giraud, Les enseignants dans la société française au XXe siècle: itinéraires, enjeux, 2004, p. 172
  17. F.O Hebdo no 1772, 18 novembre 1983 p. 12
  18. F.O Hebdo no 1804, 4 juillet 1984 p. 15
  19. F.O Hebdo no 1817, 14 novembre 1984 p. V-IX
  20. F.O Hebdo no 1818, 28 novembre 1984 p. 28-29]
  21. https://books.google.fr/books?id=4Z5eRrfOPzQC&pg=PT155&dq=%22F%C3%A9d%C3%A9ration+nationale+de+l'%C3%A9ducation+et+de+la+culture%22&hl=fr&sa=X&ei=5ZlfU9DfAaH00gWG6oGoBw&ved=0CDgQ6AEwAQ#v=onepage&q=%22F%C3%A9d%C3%A9ration%20nationale%20de%20l'%C3%A9ducation%20et%20de%20la%20culture%22&f=false
  22. Bernard Geay, Le Syndicalisme enseignant, La Découverte, 2005, p. 95.
  23. Informations FNEC FP FO , 1er trimestre 1989/1990, p11'
  24. http://www.archivum.info/fr.education.divers/2008-02/00487/Re-Solidarit.html
  25. https://books.google.fr/books?id=4Z5eRrfOPzQC&pg=PT155&lpg=PT155&dq=%22Fran%C3%A7ois+Chaintron%22+fo&source=bl&ots=O1WaWCah9z&sig=bwEJyRMK03EBjYsv_7hissHAb6Y&hl=fr&sa=X&ei=k9ROU_a-A83DPNTWgfAE&ved=0CE8Q6AEwCQ#v=onepage&q=%22Fran%C3%A7ois%20Chaintron%22%20&f=false
  26. http://snudifo94.free.fr/Congres%20national/fnec%20fp%2016%20eme%20congres%20042013%20AEF%20-%20agence%20informations.pdf
  27. SNLC Info Nantes, supplément au0 no 18 14 mars 1989, p. 3
  28. Formations FNEC FP FO no 73 septembre 95 p. 47
  29. Formations FNEC FP FO no 75 mars 96 p. 34
  30. Formations FNEC FP FO supplément au no 1 au no 87 du 31 mars 1999 p. 34
  31. Le Syndicaliste indépendant, formations no 89 septembre 1999, p. 1
  32. "Force ouvrière : la nouvelle équipe dirigeante" sur le site de l'Institut Supérieur du Travail
  33. La Nouvelle Tribune, n°382, décembre 2009, p.22
  34. Quid, 2007
  35. http://www.force-ouvriere.fr/page_principal/semaine/index.asp?id=2054
  36. http://snetaanice.fr/?page_id=6
  37. http://www.ietd.com/
  38. http://fo-fnecfp.fr/spip.php?article86
  39. https://web.archive.org/web/20080205061318/http://fo-fnecfp.fr/spip.php?article15
  40. http://snfolc44.free.fr/Guides/1er%20poste.pdf
  41. http://40.fo-snudi.fr/IMG/pdf_SNUDI-FO_communique-elections-_7_dec.pdf
  42. http://media.education.gouv.fr/file/01_janvier/52/7/elections-professionnelles-enseignants-resultats-definitifs_42527.pdf
  43. http://media.education.gouv.fr/vote_electronique_2011/pdf/result_TMXXXNAT.pdf
  44. http://cache.media.education.gouv.fr/vote_electronique/2014/pdf/TMXXXXXXNAT.pdf
  45. http://fo-fnecfp.fr/IMG/pdf/e_lections-communique_8_de_cembre.pdf
  46. http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid84477/resultats-des-elections-professionnelles-2014-dans-l-enseignement-superieur-et-la-recherche.html

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]