Anémophilie

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Les plantes anémophiles, comme ce pin, produisent de grandes quantités de pollen emportées par le vent.

L’anémophilie, appelée aussi fécondation anémophile ou anémogamie, est un mode de pollinisation dans lequel les gamètes mâles et femelles des végétaux se rencontrent transportés par le vent. Ce mode de pollinisation est majoritaire chez les gymnospermes, minoritaire chez les Angiospermes, chez qui il est présent pour 10% environ d'entre eux (graminées, joncs, scirpes, chénopodiacées, polygonacées). Les hypothèses scientifiques postulent que chez les Angiospermes, l'anémophilie est apparue dans les zones froides ou tempérés où les pollinisateurs n'étaient pas assez nombreux.[1].

Caractéristique[modifier | modifier le code]

Ce mode de pollinisation est apparu au moins 65 fois de façon indépendante chez les Angiospermes[2], ce qui interpelle à la fois sur la facilité de la transition vers la fécondation anémophile, mais aussi sur son peu de succès évolutif en termes de nombre d'espèces impliquées : environ 10 % des Angiospermes actuelles sont pollinisées par le vent[2], parmi lesquelles figurent les graminées (l’un des principaux responsables du rhume des foins). Ce processus semble relativement incertain et aléatoire par rapport à l'entomophilie.

La méthode la plus simple, mais la moins efficace, consiste à produire des quantités massives de pollen afin que le vent les transporte à bon port, La plante dépense ainsi beaucoup d’énergie à produire du pollen ; en revanche, elle n’a pas besoin de façonner des structures complexes pour attirer des pollinisateurs comme des fleurs colorées, du nectar ou des parfums odorants. Dans ce type de pollinisation, le pollen peut aussi être plus léger ou avoir des ballonnets d'air. Aussi les stigmates tels celui du chêne, du saule, du pin réceptionnent facilement le pollen par un stigmate long et plumeux. Une autre méthode consiste à modifier la texture pollinique lorsque la pollinisation entomophile a échoué. Cette anémogamie tardive « de secours » prend alors le relais[3]. Ou alors, certaines plantes utilisent un système mixte anémophile et entomophile: les chatons de saules ont la structure d'une fleur anémogame, mais produisent également du nectar[1].

Cette reproduction à l'inverse de l'entomophile (pollinisation par les insectes) peut avoir un effet allergisant. En effet, dans le cadre d'une pollinisation effectuée par le vent, le pollen transporté dans l'air peut irriter les yeux ou encore le nez des individus[4].

Adaptation des plantes anémophiles[modifier | modifier le code]

Parmi les formes d'adaptation des plantes à ce mode de reproduction, on en relever qui touchent au moment de la floraison, à la position, au nombre et à la forme des fleurs.

La quantité de pollen produite est très importante, car les chances pour un grain de pollen d'arriver sur une fleur femelle de la même espèce sont très faibles. Une estimation donne 50'000 grains de pollen par jour pour un seul épillet de seigle, et 4 millions pour un chaton de noisetier. La distance joue un rôle important dans la pollinisation par le vent: Les chances de pollinisation diminue lorsque la distance augmente. Une distance de pollinisation efficace est réduite à quelques mètres seulement pour les plantes herbacées, et à quelques dizaines de mètres pour les arbres élevés. Cela explique également que les plantes anémophiles se retrouvent en peuplement denses, prairies de graminées et forêts d'arbres.[1].

Le moment de la floraison est adapté: Ainsi les chatons des saules ou de noisetiers sont-ils mûrs en hiver, avant la sortie des feuilles, afin que celles-ci ne gênent pas l'effet du vent. Ils peuvent mûrir plus tôt dans l'année que les fleurs entomophiles, n'ayant pas besoin d'attendre l'arrivée des insectes. Dans les régions tropicales où la majorité des espèces de plantes gardent les feuilles, l'anémophilie est plus rare.

Les formes et la position des fleurs sont également adaptées. Les fleurs mâles et femelles sont séparées ou n'arrivent pas à maturité en même temps afin d'éviter le risque d'autopollinisation, Elles ne produise ni nectar ni odeur, sont de couleur discrète et de petite taille . Elles se dressent en cônes ou en épis, ou pendent en chatons, afin de donner prise au vent. Chez les graminées, les épis se dressent le plus haut possible au dessus du niveau des feuilles. Les fleurs mâles sont plus nombreuses que les femelles, afin d'assurer le plus de diffusion de pollen possible. Chez les fleurs femelles, le stigmate est long, plumeux afin d'augmenter les chances d'intercepter le pollen. Chez les fleurs mâles, pétales et sépales sont réduites ou disparues, alors que les étamines sont proéminentes et les anthères pendent pour lâcher le pollen au moindre souffle.[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Vincent Albouy, Pollinisation. Le génie de la nature, Versailles, Éditions Quae, , 184 p. (ISBN 978-2-7592-2800-3), pp. 42-45
  2. a et b (en) J. Friedman, SCH. Barrett, « A phylogenetic analysis of the evolution of wind pollination in the angiosperms », International Journal of Plant Sciences, vol. 169,‎ , p. 49–58.
  3. Encyclopædia universalis, Encyclopædia universalis France, , p. 757.
  4. http://www.allergens-controlled.com/blog/pollens-de-mediterranee-604

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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