Extrême gauche par pays

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L'extrême gauche[1] désigne une catégorie politique aux contours relatifs. Ainsi, ce terme peut qualifier des courants révolutionnaires visant à abolir le capitalisme tels que les organisations marxistes, anarchistes ou féministes, voire certains partis socialistes ou écologistes.

Selon les pays et les contextes, le terme « extrême gauche » est, de fait, utilisé pour quatre types de visions ou de mouvances :

  • Les mouvements siégeant à la gauche des partis socialistes (ou sociaux-démocrates) et des partis communistes locaux[2].
  • l'ensemble des mouvements et des partis siégeant, lorsqu'ils ont des élus, à l'extrême gauche de l'hémicycle, il convient alors de parler de « l'extrême gauche de l'échiquier politique » ou « extrême gauche parlementaire » ;
  • un ensemble de partis et groupes révolutionnaires se distançant nettement du parlementarisme par leur idéologie ;
  • un ensemble de groupuscules insurrectionnels violents, voire terroristes[3].

Il n'existe pas de définition qui puisse réellement circonscrire l'extrême gauche en termes de valeurs ou d'organisations, d'autant que la classification est parfois rejetée par les intéressés. Du fait d'une définitions aux contours flous, ces organisations se caractérisent comme étant situées à la gauche des partis socialistes et communistes.

Selon Irène Pereira, « Les notions de « gauche radicale » ou de « gauche de la gauche » sont d'abord le résultat de l’effondrement du Bloc de l'Est et du fait que le Parti communiste n'est dès lors, plus capable de polariser l'extrême gauche. C'est aussi la nécessité de se situer par rapport au Parti socialiste devenu un parti de gouvernement depuis les années 1980, qui justifie leur emploi[4]. » Désignée comme « gauche radicale », « gauche combative » ou « gauche anticapitaliste » par les politologues ces groupes se situent à la « gauche de la gauche » des mouvements réformistes et antilibéraux.

Afrique[modifier | modifier le code]

Afrique du Sud[modifier | modifier le code]

Le logo officiel du parti communiste sud-africain.

Le principal mouvement se revendiquant d'extrême gauche (bien qu'il soit souvent classé à l'extrême droite[réf. nécessaire] pour ses positions racistes et mugabesques notamment celle d'exprorier et de chasser les "Blancs") est le parti Economic Freedom Fighters, parti se revendiquant anticapitaliste et panafricain dirigé par un dissident de l'ANC, Julius Malema. On compte également parmi les rangs de l'extrême gauche sud-africaine le Parti communiste sud-africain et les différents mouvements qui lui sont affiliés. Certains politologues considèrent Nelson Mandela comme étant d'extrême gauche pour ses liens avec des mouvements communistes[5].

Le Parti communiste sud-africain est fondé le au Cap. Il est issu de l'union entre la ligue internationale socialiste, la fédération sociale-démocrate du Cap, le parti communiste du Cap, la société juive et socialiste du Cap, la société juive et socialiste de Johannesburg, le club marxiste de Durban et quelques autres entités locales d'Afrique du Sud. Selon son manifeste, il proclame sa foi dans l'avènement d'une Afrique du Sud des travailleurs, blancs et noirs, au sein d'un pays débarrassé du système capitaliste et de la distinction entre classes sociales. William H. Andrews, un syndicaliste et ancien parlementaire travailliste qui s'était opposé à l'entrée en guerre au côté du Royaume-Uni en 1914, est alors élu pour être le premier secrétaire général du parti.

L'anarcho-communiste plateformiste Zabalaza Anarchist Communist Front s'investit dans les luttes de base avec une perspective communiste autogestionnaire et révolutionnaire en Afrique du Sud et désormais dans le reste de l'Afrique australe[6].

Amérique[modifier | modifier le code]

Amérique latine[modifier | modifier le code]

Les mouvements d’extrême gauche sont très implantés en Amérique du Sud depuis 1930. On y retrouve principalement des groupes armés comme les Forces armées révolutionnaires de Colombie ou le Mouvement révolutionnaire Tupac Amaru et le Movimiento 19 de Abril par exemple, financé par le trafic de drogue ainsi que les prises d'otages (Íngrid Betancourt) . Che Guevara et Fidel Castro ont été des figures de l'extrême gauche sud-américaine.

On y retrouve également des partis plus démocratiques comme le mouvement de la gauche révolutionnaire au Chili créé par des étudiants chiliens et des syndicalistes bien que son passé lui attribue plus un groupe armé jusqu'en 1995. Ou encore le Mouvement révolutionnaire oriental, parti politique uruguayen, au passée semblable que le mouvement de la gauche révolutionnaire avant de devenir démocratique en 1985.

Canada[modifier | modifier le code]

Les partis politiques canadiens d'extrême gauche ne se présentent à aucune élection comme le parti socialiste du Canada, un petit parti marxiste (tendance dite impossibiliste refusant le réformisme) fondé en 1904-1905 par fusion de la Canadian Socialist League et du Parti socialiste de la Colombie-Britannique. On peut également citer le parti communiste du Canada, parti anti-révisionniste au départ maoïste avant de s'orienter vers le courant dit « pro-albanais », considérant la République Populaire de Chine comme étant « révisionniste ».

Québec[modifier | modifier le code]

États-Unis[modifier | modifier le code]

Couverture d'une brochure antiraciste éditée en 1931 par le Parti communiste des États-Unis d'Amérique.

L'extrême gauche américaine était très actifs dans les années 1960 et 70. Elle se démarque au niveau idéologique par une lutte plus marquée ( et parfois violente) pour les droits des minorités. On peut citer l'American Indian Movement, le Black Panther Party, le National Black United Front ou le Parti communiste révolutionnaire, États-Unis, entre autres.

L'American Indian Movement (AIM) est un groupe de droits civils des indiens des États-Unis. Il est fondé à Minneapolis-Saint Paul par Dennis Banks et Clyde Bellecourt avec le soutien de l'attorney Douglas Hall et l'avocat des Black Panthers Matt Eubanks[7]. En 1972 le mouvement occupa le quartier général du BIA (Bureau of Indian Affairs) à Washington DC Il est surtout connu depuis l'occupation de Wounded Knee en 1973.

Le Black Panther Party (à l'origine le Black Panther Party for Self-Defense) est un mouvement révolutionnaire afro-américain formé en Californie en 1966 par Bobby Seale et Huey P. Newton. Il a atteint une échelle nationale avant de s'effondrer à cause de tensions internes et des actions menées par l'État. L'organisation est connue pour son programme « Free Breakfast for Children », l'utilisation du terme « pigs » (cochons) pour décrire les agents de police corrompus ainsi que pour avoir apporté des armes à feu à l'assemblée législative californienne.

Le National Black United Front est un mouvement afro-américain formé en juin 1980 à Brooklyn (New York) [8],[9]. Selon le NBUF, près de 1 500 personnes venant de 35 États des États-Unis et de 5 autres pays formèrent ce collectif en 1980, le groupe passant en cinq ans de 5 sections locales à plus de 18, étant présent dans plus de 40 villes[10]. Outre ses activités nationales, le groupe soutint alors Maurice Bishop, leader du Gouvernement révolutionnaire populaire de la Grenade assassiné en 1983 (événement qui provoqua l'invasion américaine)[10], ainsi que des groupes anti-apartheid comme le Congrès national africain ou le Congrès panafricain[10]. Le NBUF établit aussi des contacts avec Cuba et l'Irak[10]. Il a été décrit comme un mouvement chrétien de gauche, plus ou moins proche du Nationalisme noir [11],[12], travaillant dans la continuation de la Million Man March[13] et de Malcolm X[14]. En 1979, le NBUF était dirigé par le père Herbert Daughtry, qui salua l'évasion d'Assata Shakur, une militante de la Black Liberation Army, dans un article publié dans The New York Amsterdam News intitulé « Run Hard Sister, Run Hard » (Cours vite sœur, cours vite !) [15].

Asie[modifier | modifier le code]

Inde[modifier | modifier le code]

Le principal parti d'extrême gauche indien est le Parti communiste d'Inde qui s'était lui-même divisé en 2 mouvements :

D'autres partis d'extrême gauche régionaux existe mais ils ne sont pas très connus. Certains partis d'extrême gauche se sont rassemblés avec d'autres partis de gauche et de centre-gauche au sein du Front de gauche (Inde) dont le Parti communiste d'Inde (marxiste) et le Parti communiste d'Inde.

Israël et territoire palestinien[modifier | modifier le code]

Turquie[modifier | modifier le code]

Quatrième force politique du pays, le Parti démocratique des peuples est parfois considéré comme étant d'extrême gauche de pars son idéologie progressiste, social-démocrates et en faveur des minorités sexuelles et ethnique mais aussi de pars ces liens avec des partis de gauche radicale et d'extrême gauche européens comme SYRIZA ou le Parti communiste français. Il existe aussi des mouvements armée d'extrême gauche comme le Parti communiste de Turquie/marxiste-léniniste, principal mouvement d’extrême gauche armée turque. Le Parti des travailleurs du Kurdistan qui utilise la lutte armée depuis les années 1970 pour l'indépendance du Kurdistan est également considéré comme d'extrême gauche. Le Parti de la liberté et de la solidarité est aussi considéré comme d'extrême gauche par ses liens. Bien qu'il soit nationaliste, le Parti des travailleurs est aussi considéré d'extrême gauche à cause de son idéologie maoïste et populiste.

Europe[modifier | modifier le code]

Allemagne[modifier | modifier le code]

L'extrême gauche allemande existe depuis le XIXe siècle. Après la guerre de 14-18, elle tenta de prendre le pouvoir en vain. Sous le troisième Reich, elle fut persécutée. Dans les années 1970, différents mouvements communistes, anarchistes et révolutionnaires ont pris les armes, dont la tristement célèbre Fraction armée rouge qui fit environ 34 morts en 2 ans, la Revolutionäre Zellen où la Rote Zora. Actuellement les principaux partis d'extrême gauches allemand actuel sont :

Dans les années 2010, les autorités du pays observent une recrudescence des actes de violence commis par des membres de l'extrême gauche. Entre 2014 et 2015, le nombre ce ces actes est ainsi passé de 995 à 1 608. Le nombre d'extrémistes de gauche violents est évalué à 7 700 en 2015[21].

En 2016, l'Office fédéral de protection de la constitution publie une étude concernant les délinquants violents d'extrême gauche à Berlin et précise leur profil moyen : sur 873 suspects identifiés, 84 % sont des hommes, 16 % des femmes. 72 % sont âgés entre 18 et 29 ans. La plupart d'entre eux ne travaillent pas et un tiers d'entre eux est enregistré au chômage. 92 % d'entre eux vivent encore chez leur mère[22]. Entre 2009 et 2013, l'Office attribue aux militants de gauche à Berlin onze tentatives de meurtre et deux tabassages ayant pu entraîner la mort[22].

En aout 2017, le site linksunten.indymedia.org, considéré comme la principale plate-forme internet d'extrême gauche du pays, est interdit par le gouvernement[23].

Autriche[modifier | modifier le code]

Le Parti communiste d'Autriche est parfois considéré comme étant un parti d'extrême gauche; cependant, sa ligne est plus réformiste que les partis considérés traditionnellement comme étant d'extrême gauche. Il ne compte plus de député au Nationalrat depuis 1959, mais obtient depuis 2005 des résultats très élevés en Styrie.

Belgique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Extrême gauche en Belgique.

À l'instar de la plupart des pays européens, l'extrême gauche est présente en Belgique depuis bien longtemps. Historiquement, elle correspond au Parti ouvrier belge (POB, fondé en 1885) et au Parti communiste de Belgique (PCB). Les trotskistes et des militants de la gauche catholique du PWT et de l'UGS créent en 1970 la Ligue révolutionnaire des travailleurs (LRT). La LRT deviendra la section belge de la Quatrième Internationale. De leur côté, plusieurs organisations marxistes-léninistes influencées par la Révolution culturelle chinoise ou par les événements de Mai 68 en France avaient vu le jour : Action communiste (AC), Lutte communiste (LC), Centre d'action, de recherche et d'études marxistes (Carem) et La Parole au Peuple (d'orientation mao-spontex)[24] . Les années 1980 ont vu la disparition des derniers élus communistes au Parlement, ainsi que dans les conseils communaux en région bruxelloise. Aux élections communales de 1988, des listes Ensemble vers l'alternative (EVA) ont été présentées dans quelques communes bruxelloises par le POS trotskyste, le PC et d'autres organisations de gauche, Solidarité et participation et Verts pour une gauche alternative. Elles n'ont obtenu aucun élu. Une tentative similaire, Gauches Unies, connaîtra le même échec électoral aux élections européennes de juin 1994, aux communales d'octobre 1994 et aux régionales bruxelloises de juin 1995[25]. Actuellement le principal parti d'extrême gauche belge est le Parti du travail de Belgique qui est marxiste-léniniste et qui compte quelque représentants dans les parlements régionaux[26].

Chypre[modifier | modifier le code]

Le Parti progressiste des travailleurs est un parti politique chypriote, d'orientation marxiste-léniniste. Il existe aussi trois autres partis d'extrême gauche chypriotes: le Rassemblement du Comité pour une Gauche Radicale (communiste), la Nouvelle Gauche Internationaliste (trotskiste), et Démocratie des Travailleurs (trotskiste également).

Danemark[modifier | modifier le code]

La Liste de l'unité est un parti danois classé à l’extrême gauche, par sa position au Folketing, le Parlement danois. Le parti est fondé en 1989 grâce à la collaboration de VS (Socialistes de gauche, Venstresocialisterne, ou socialistes de gauche), DKP (Parti communiste du Danemark, Danmarks Kommunistiske Parti) et SAP (Parti socialiste des travailleurs, Socialistisk Arbejderparti, section danoise de la Quatrième Internationale). Le parti est anticapitaliste et écosocialiste et compte 4 députés. L'extrême gauche libertaire est quant à elle représentée par l'organisation Libertære Socialister.

Espagne[modifier | modifier le code]

Les mouvements d’extrême gauche espagnol les plus connus sont le parti indépendantiste basque Batasuna et sa branche armée Euskadi ta Askatasuna, ainsi que le Movimiento Ibérico de Liberación (mouvement anarchiste et anti franquiste). Mais il existe aussi des partis d’extrême gauche qui ont lutté contre le franquisme dont le Parti ouvrier d'unification marxiste qui a participé activement à la guerre d'Espagne contre le général Franco, le Parti communiste ouvrier espagnol (1973) qui lui aussi participa à la guerre contre le franquisme. Actuellement, le Parti communiste d'Espagne est plus réformiste qu'auparavant et est plus difficilement classable à l'extrême gauche. Il faut également souligner le poids du syndicalisme libertaire représenté par la Confédération générale du travail (plus grand syndicat libertaire au monde), par la Confédération nationale du travail (CNT, deuxième plus grand syndicat anarchiste au monde) et par Solidaridad Obrera. Le parti anti-austérité PODEMOS est considéré de gauche radicale voire d'extrême gauche pour son idéologie et ces revendications[27],[28]. Il possède 5 députés européens et 134 élus au sein des parlements régionaux. En mai 2016, le parti s'allie avec d'autres formations de gauche radicale pour former Unidos Podemos. Cette coalition remporte plus de 20 % des voix aux élections générales de 2016 et devient ainsi la 3e formation politique du pays.

Estonie[modifier | modifier le code]

Le Parti de la Gauche unie (en estonien, Eestimaa Ühendatud Vasakpartei) est un parti politique estonien créé le 28 juin 2008 par la réunion du Parti de la Gauche et du Parti de la Constitution.

France[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Extrême gauche en France.

Parmi les organisations d'extrême gauche qui ont connu par leur action une large notoriété, Action directe, un groupe terroriste armé anarcho-communiste regroupant des militants provenant de milieux anarchistes, libertaires ou maoïstes[29]. Ses membres ont revendiqué plus de 80 attentats ou assassinats sur le territoire français entre 1979 et 1987. Selon le criminologue Jean-François Gayraud, l'organisation compta 200 sympathisants et militants sur huit ans d'existence[30].

Les mouvements trotskistes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Trotskisme en France.
Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte ouvrière, à Reims pendant la campagne pour l'élection présidentielle de 2012.

Le mouvement trotskiste en France se distingue par une présence visible dans la vie politique française et les luttes sociales. Deux figures sont particulièrement populaires en raison de leurs fréquentes apparitions télévisées et de leur score électoraux élevés à l’échelle de l’extrême gauche mondiale : Olivier Besancenot et Arlette Laguiller.

Ce courant se caractérise par la stabilité de trois courants majeurs depuis les années 1953-1956, malgré les changements de noms : la Ligue communiste révolutionnaire (section française de la IVe Internationale), Lutte ouvrière (ou Union communiste (trotskyste), membre de l'UCI (Union communiste internationaliste), et le Courant communiste internationaliste (CCI), courant majoritaire du Parti des travailleurs, qui se réclame du trotskisme. Ces trois organisations disposent d’une présence effective dans les luttes sociales, d’une bonne implantation syndicale et associative, de quelques élus locaux, et bénéficient de financements publics en raison de leurs scores électoraux.

Par son fonctionnement propice aux discussions internes, la Ligue communiste révolutionnaire a attiré de nombreuses petites organisations trotskistes, qui estiment qu’il est plus intéressant de militer en son sein que de poursuivre une existence autonome. C’est le cas notamment de l’Alliance marxiste révolutionnaire, Voix des travailleurs, Pouvoir ouvrier, Socialisme international, Socialisme par en bas et d’une partie de la Gauche révolutionnaire. Le groupe subsistant de la Gauche révolutionnaire et le Groupe communiste révolutionnaire internationaliste pourraient faire de même dans le cadre du projet sur le nouveau parti anti-capitaliste initié par la LCR.

À l’inverse, les nombreuses scissions des organisations trotskistes ont entraîné la création d’un nombre considérable de groupes d’influence limitée, même s’ils disposent le plus souvent de quelques cadres syndicaux bien implantés localement. C’est le Courant lambertiste (nom donné au courant trotskiste à l'intérieur du Parti des Travailleurs, par référence à son fondateur, Pierre Lambert) qui a le plus de branches, avec La Commune, Toute la vérité, Carré rouge, et les rameaux issus de la scission de Stéphane Just, dont proviennent le Comité communiste internationaliste (trotskiste), le Comité pour la construction du Parti ouvrier révolutionnaire, l’Abeille rouge… Il reste peu de scissions subsistantes de la Ligue communiste révolutionnaire, les plus notable étant la Ligue trotskiste de France et sa propre scission, le Groupe internationaliste.

Enfin, plusieurs courants trotskistes internationaux essaient de s’implanter en France en suscitant des organisations sœurs. Outre celles qui militent au sein de la Ligue communiste révolutionnaire, on peut citer La Riposte, qui a la particularité de militer dans le Parti communiste français, mais aussi des groupes plus restreints comme Le Militant, issu de la tendance trotskiste internationale Militant de Ted Grant, Stratégie internationale d'origine Argentine, ou encore le Parti communiste révolutionnaire trotskiste (PCR/T) affilié à la Quatrième internationale posadiste et issu des thèses de Juan Posadas.

Stand du NPA lors de la manifestation du 1er mai 2009 à Paris.

Le mouvement libertaire[modifier | modifier le code]

Article connexe : Anarchisme en France.
Manifestation contre l'EPR, Lyon, 17 mars 2007, place Bellecour. Banderole de la fédération anarchiste.

Si le « mouvement libertaire » s'investit pleinement dans les mouvements sociaux radicalisés, il refuse globalement de se laisser enfermer sous l'étiquette « extrême gauche » : ses bases théoriques et son passé historique l'oppose radicalement aux courants marxistes autoritaires (léninisme, trotskisme, stalinisme, etc).

Groupes, collectifs, syndicats qui composent le mouvement libertaire (liste non exhaustive) :

Groupes issus du maoïsme[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Maoïsme et Mao-spontex.

Le courant maoïste est apparu en France dans les années 1960. Complexe en raison de son usage fait de la Révolution culturelle de Mao, on peut le distinguer en deux groupes principaux :

Ce second courant a très fortement décliné au cours des années 1975-1985. Aujourd'hui l'influence politique des maoïstes est quasi-inexistante.

Depuis les années 1980[modifier | modifier le code]

Les années 1980 sont un tournant pour beaucoup de militants de l'extrême gauche qui abandonnent les mouvements groupusculaires pour pratiquer un large entrisme dans la vie politique "classique", ce notamment par l'intermédiaire des associations luttant contre le racisme comme SOS Racisme, pour intégrer rapidement le Parti socialiste. Typiques sont en cela les parcours de Lionel Jospin, Julien Dray, Jean-Christophe Cambadélis et bien d'autres[33]. Beaucoup font une carrière dans les médias tels Michel Field, Serge July ou Edwy Plenel[34].

Avec la désaffection idéologique pour le communisme et l'effrondement du "bloc de l'Est", une partie des militants de ses groupuscules se reconvertit dans la lutte contre le Front national, au nom de la lutte contre le « fascisme », terme utilisé à multiples reprises par le Parti communiste durant son histoire pour lutter contre ses opposants politiques, en créant de multiples associations comme Ras l'front[35], Section carrément anti Le Pen ou Action antifasciste Paris-Banlieue, dans la lutte pour soutenir les mal-logés (Droit au logement)[36],[37] ou enfin dans le soutien des immigrés illégaux comme dans le réseau transnational No Border[38]. Ils se sont enfin investis dans tout un ensemble d'organisations altermondialistes dont ATTAC sera la plus représentative[39].

Finlande[modifier | modifier le code]

Le premier parti d'extrême gauche finnois est le Parti communiste de Finlande (1918), créé par des réfugiés communistes après la guerre civile finlandaise. Elle resta illégal jusqu'à la fin de la 2d guerre mondiale, puis se présenta plusieurs fois aux élections et participa à divers gouvernements. Lors de la guerre froide, le parti fut l'un des partis communiste les plus puissants d'Europe de l'Ouest. Le parti fut dissout après la chute du mur de Berlin. Son nom fut repris par un autre parti communiste, le Parti communiste de Finlande (1997), ce parti n'a pas de représentant au parlement. L'Alliance de gauche peut être considéré comme d'extrême gauche pour ces revendications axés sur la justice social et l'écologie et ces liens avec des partis communiste européens [40] .

Grèce[modifier | modifier le code]

Le principal parti d'extrême gauche grec est le Parti communiste de Grèce (KKE), d'orientation marxiste-léniniste. SYRIZA, dirigée par Aléxis Tsípras, une coalition de partis de gauche radicale, comptant 71 députés, est parfois considérée comme étant d'extrême gauche, notamment car elle comporte en son sein plusieurs organisations trotskistes ou maoïstes[41] (comme le Synaspismós où l'Organisation communiste de Grèce . En janvier 2015, SYRIZA gagne les législatives anticipé avec 36,34 % des voix et son chef, Aléxis Tsípras, devient Premier ministre. Certains de ses membres sont impliqués dans des actions (parfois violentes) contre le parti néonazi Aube dorée. En août 2015, les députés les plus à gauche de SYRIZA créent l'Unité populaire, mouvement explicitement d'extrême gauche[42]. Le pays compte également une autre organisation ouvertement d'extrême gauche : l'ANTARSYA, rassemblant trotskistes, marxistes-léninistes, maoïstes et écosocialistes où le Mouvement je ne paie pas, branche politique de mouvement anti-austérité "je ne paie pas"[43].

Hongrie[modifier | modifier le code]

Le Parti ouvrier hongrois est un parti politique hongrois fondé en 1989 par la minorité orthodoxe de l'ancien parti unique de la République populaire de Hongrie : le Parti socialiste ouvrier hongrois. Il ne compte aucun élu. On peut aussi citer la Gauche verte comme étant d'extrême gauche.

Irlande[modifier | modifier le code]

Le principal parti d'extrême gauche irlandais est le Parti socialiste. Son idéologie est principalement le trotskisme. Le parti est représenté au Parlement irlandais avec 3 députés.

Italie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Extrême gauche en Italie.
Logo du Parti communiste des travailleurs italien.

Après le congrès de Livourne (1921), et l'apparition du Parti communiste italien, elle se situe à la gauche de ce dernier et souvent en opposition frontale et inconciliable. Elle a parfois été proche de formes d'activisme, voire de terrorisme, comme les Brigades rouges. Tous ces mouvements prolifèrent après 1968. Ce n'est qu'après la mort d'Aldo Moro en 1978, avec la naissance de Démocratie prolétarienne qui en a longtemps été le plus important représentant, que la quasi-totalité des mouvements d'extrême gauche renoncent à toute forme de violence, avec l'épisode tardif mais mineur des Nouvelles Brigades rouges au tournant du XXIe siècle. La plupart des mouvements qui avaient eu leur importance, critique, médiatique et même électorale, finissent par disparaître peu à peu de la scène politique italienne, notamment après l'Opération Mains propres et le bouleversement profond qui en a résulté.

Dans un contexte politique très différent de ce qu'il était dans les années 1970, seul le Parti communiste des travailleurs peut aujourd'hui relever de cette catégorie politique, ainsi que quelques groupuscules auxquels il est possible de joindre la Gauche critique, dissidence du Parti de la refondation communiste en 2007 mais qui ne s'est pas présentée aux élections générales italiennes de 2013.

Bien que généralement classée à gauche, ou au centre-gauche, Gauche, écologie et liberté est classée à l’extrême gauche par le politologue italien Giovanni Orsina dans un entretien accordé au Figaro[44].

D'autres partis d'extrême gauche mineurs existent, on cite notamment :

Luxembourg[modifier | modifier le code]

La Gauche est un mouvement politique luxembourgeois de gauche, fondé en 1999. Il fait partie du Parti de la gauche européenne et est associé au groupe parlementaire de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique. D'orientation plutôt réformiste, il pose la question de sa classification à l'extrême gauche.

Norvège[modifier | modifier le code]

Le premier vrai parti d'extrême gauche norvégien est l'Alliance populaire qui donna naissance au Rouge, qui entre pour la 1re fois au Parlement en 2017. Le principal parti d'extrême gauche en Norvège est le Parti socialiste de gauche, parti anticapitaliste et socialiste. Le parti arrive en 5e position lors des législatives de 2017, gagnant 11 sièges au Parlement et fait partie du groupe européen Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique. On peut également citer la principale organisation anarchiste norvégienne qu'est Motmakt[45].

Pays-Bas[modifier | modifier le code]

Le principal parti d'extrême gauche néerlandais est le Nouveau parti communiste des Pays-Bas, fondé en 1992 et se revendiquant du marxisme-léninisme. Ce parti ne compte aucun député. Le Parti socialiste, 4e formation politique du pays, est aussi parfois considéré d'extrême gauche en raison de ces revendiquations populiste de gauche et de ces liens historiques avec le maoïsme.

Portugal[modifier | modifier le code]

Graffiti en soutenant le Parti communiste portugais

Le Parti ouvrier d'unité socialiste fut l'un des premiers parti d'extrême gauche notable, fondée en 1976, elle fut membre de la Quatrième Internationale (lambertiste). Actuellement, il existe deux partis d'extrême gauche au parlement portugais :

Il existe d'autres petites formation d'extrême gauche comme le Parti ouvrier d'unité socialiste qui se réclame de la Quatrième Internationale. Le parti n'a jamais eu plus de 1,8 % des voix lors des législatives [46].

République tchèque[modifier | modifier le code]

Le Parti communiste de Bohême et Moravie est le principal parti marxiste du pays. Le parti compte 26 députes, un sénateur et trois eurodéputés devenant ainsi le troisième parti du pays. Comme pour nombre de parti membres de la Parti de la gauche européenne, il est difficile de le classer clairement à l'extrême gauche.

Roumanie[modifier | modifier le code]

Le principal parti d'extrême gauche roumain est le Parti communiste roumain, héritier du Parti communiste de la guerre froide ; il n'est pas reconnu par les autorités. D'autres partis se réclament du marxisme mais sont plus réformistes que le PCR, tels que le Parti socialiste roumain, membre du Parti de la gauche européenne.

Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Stand du Parti socialiste des travailleurs à Londres (2011).

Les partis d’extrême gauche britannique ne sont pas représentés au parlement mais il en existe comme :

Russie[modifier | modifier le code]

La Russie fut dirigée de 1917 à 1991 par le parti bolchevique, qui deviendra après la création de l'URSS le Parti communiste de l'Union soviétique. La Russie actuelle compte plusieurs organisations d'extrême gauche, avec cette particularité qu'elles sont, pour certaines, teintées de nationalisme, comme le Parti communiste de la Fédération de Russie. Des organisations trotskistes et communistes libertaires existent également, sur une orientation internationaliste.

Slovaquie[modifier | modifier le code]

Le Parti communiste slovaque est le parti qui succéda au parti unique communiste de la Guerre froide. Il ne compte aucun représentant. Le parti prône notamment le marxisme-léninisme.

Suède[modifier | modifier le code]

Parti de gauche lors de la Gay Pride en 2010.
Article détaillé : Anarchisme en Suède.

Le Parti de gauche, fondé en 1917 sous le nom de Parti communiste de Suède, siège au parlement depuis 100 ans[48],[49].

En 1967, le Parti communiste de Suède (SKP) fait scission du Parti de gauche, rejetant la ligne eurocommuniste de ce dernier et adoptant une ligne pro-Pékin. Il est désormais inactif.

En 1977, le Ligue communiste des marxistes-léninistes (révolutionnaires) (KFML(r)), fait scission du SKP et adopte une ligne anti-révisionniste. Il entretient désormais des liens avec d'autres partis d'extrême gauche comme le Parti communiste de Grèce, le Front populaire de libération de la Palestine, le Front Polisario et le Parti du travail de Corée [50].

Par ailleurs, la principale force de l'extrême gauche libertaire en Suède est le syndicat Sveriges Arbetares Centralorganisation.

Suisse[modifier | modifier le code]

À gauche toute ! (composé de SolidaritéS et du Parti ouvrier et populaire), le Mouvement pour le Socialisme, le Parti suisse du travail, La Gauche Anticapitaliste et « La Gauche - Die Linke » sont des mouvements de la gauche anticapitaliste, ils se caractérisent en étant situé politiquement à la gauche du Parti socialiste suisse. Ils demandent entre autres la régularisation des sans-papiers, l'émancipation des femmes et la stimulation de l'« action directe », les mobilisations et les actions syndicales. Ces mouvements sont proches d'autres partis anticapitaliste dont le Nouveau Parti anticapitaliste (France) et Parti socialiste des travailleurs (Royaume-Uni)[51]. L'extrême gauche suisse est également représentée par l'Organisation socialiste libertaire.

Ukraine[modifier | modifier le code]

Le principal parti d'extrême gauche ukrainien est le KPU, parti d'inspiration marxiste-léniniste et populiste de gauche, qui est le successeur de l'ancien Parti communiste de l'époque soviétique. Le parti a obtenu ses meilleurs scores lors des législative de 2002 où le parti obtient presque 20 % des voix. Pendant les manifestations Euromaïdan le PC a soutenu le président Viktor Ianoukovytch, en particulier en votant à l’unanimité[52],[53] en faveur des lois liberticides du 16 janvier 2014[54].

En 2015, le gouvernement de Petro Porochenko interdit par décret au Parti communiste d’Ukraine de se présenter aux élections [55] .

Océanie[modifier | modifier le code]

Australie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Anarchisme en Australie.

Les principaux partis d'extrême gauche australiens sont l'Alliance socialiste et le Alternative socialiste mais il existe certains autres groupuscules communistes et anarchistes.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nonna MAYEER, Pascal PERRINEAU, Le comportement politique des Français, Armand Colin, Paris, 1991.
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