Exposition internationale de l'Est de la France de 1909

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Exposition internationale de l'Est de la France
Exposition internationale de l'Est de la France
Affiche de l'exposition internationale de Nancy par Pierre-Roger Claudin
Général
Type-BIE Spécialisée
Fréquentation 2 140 372 visiteurs
Participants
Compagnies 2 193
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Ville Nancy
Site Parc Sainte-Marie
Coordonnées 48° 40′ 50″ nord, 6° 10′ 15″ est
Chronologie
Date d'ouverture mai 1909
Date de clôture novembre 1909
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Exposition internationale de l'Est de la France
Géolocalisation sur la carte : Nancy
(Voir situation sur carte : Nancy)
Exposition internationale de l'Est de la France

L'Exposition internationale de l'Est de la France est une exposition internationale qui s'est tenue à Nancy de mai à novembre 1909.

Elle accueillit plus de deux millions de visiteurs (2 140 372 exactement) pour 2 193 exposants[1]. L'exposition est notamment connue pour son importance dans l'histoire de l'école de Nancy, dont le pavillon marqua le début du déclin[2]. L'Exposition internationale de l'Est de la France fut à la fois un acte politique, une démonstration de force économique et une vitrine culturelle, didactique et pédagogique.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1907, la ville de Nancy et la chambre de commerce et d'industrie de Meurthe-et-Moselle décident d'organiser un grand évènement réunissant les 12 départements de l'Est de la France[3]. À l'occasion de ce chantier, la Compagnie des chemins de fer de l’Est relie la gare de Nancy au parc Sainte-Marie et la municipalité ouvre trois nouvelles lignes de tramway[3].

Site[modifier | modifier le code]

Les bâtiments de l'exposition étaient installés dans le sud-ouest de la ville de Nancy, au sein du parc Sainte-Marie, entre la rue du Sergent-Blandan à l'ouest, la rue Jeanne-d'Arc à l'est, la rue Pasteur au nord, et l'avenue de la Garenne au sud[4], sur une superficie totale de 180 000 m2[5].

Palais[modifier | modifier le code]

Six palais, à l'architecture métallique recouverte de stuc, se sont partagé les centaines de travées où deux milliers exposants sont venus présenter leur savoir-faire[3]:

  • le palais de la Métallurgie (mines de fer, métallurgie, mines de sel, salines, houillères, etc.)
  • le palais de l'Électricité, à la gloire de cette fée électrique qui bouleversait le quotidien
  • le palais des Textiles (industrie du coton, de la laine, broderie, vêtements, chapellerie, industrie de la chaussure, etc.)
  • le palais des Arts libéraux (chimie, pharmacie, médecine, imprimerie, photographie, instruments de musique, verrerie, universités et écoles, etc.)
  • le palais de l'Alimentation (minoterie, brasserie, eaux minérales, biscuiterie, conserves alimentaires, épicerie, etc.)
  • lepalais des Transports (navigation fluviale, transports par voie ferrée, transports par route, etc.)

Ferme lorraine[modifier | modifier le code]

La Ferme lorraine fut construite sur les plans de l'architecte Emile André, dans le but d'inscrire l'agriculture régionale dans la modernité.

Village alsacien[modifier | modifier le code]

Pavillon alsacien, datant du XVIIIe siècle, seul subsistant de nos jours au parc Sainte-Marie.

De l'ensemble des constructions de l'exposition, seule subsiste la maison alsacienne provenant du village de Zutzendorf (Bas-Rhin) au colombage emblématique, qui illustrait avec d'autres pavillons le courant régionaliste. Le village alsacien se déployait le long d'un décor en trompe-l’œil conçu par Auguste Ramel.

Pavillon colonial[modifier | modifier le code]

Dans la lignée des expositions universelles, l'exposition internationale de l'Est de la France cherche à défendre la légitimité de la colonisation française en célébrant son empire colonial. Sont ainsi représentés un « village sénégalais », un souk tunisien, une réplique de l'hôpital de Casablanca et les investissements infrastructurels de l'institut colonial (transports, écoles, hôpitaux)[3].

Le village sénégalais est en réalité un zoo humain, peuplé de 18 familles sénégalaises (Toucouleurs, Benga, Thiam et Wolofs) embarquées à Dakar : les hommes font des démonstrations d'artisanat (bijoux, orfèvrerie, tisserands, cordonniers, broderie, forgerons, dessinateurs, constructeurs de pirogues) pendant que les femmes préparent des repas[6].

Évènements[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Isabelle Parfait et Pierre Labrude, « La chimie et la pharmacie à l'exposition internationale de l'Est de la France (Nancy, 1909) », Revue d'histoire de la pharmacie, vol. 49, no 329,‎ , p. 23–32 (24) (DOI 10.3406/pharm.2001.5180).
  2. Hubert Collin, « Histoire et art », dans Hubert Collin, Francine Roze-Canton, Michel Hachet, Jean Lanher, Pierre Demarolle, François Provin et Jean-Claude Bonnefont, Meurthe-et-Moselle, Paris, Bonneton, coll. « Encyclopédies régionales », , 317 p. (ISBN 2-86253-203-7), chap. 1, p. 7–90 (80).
  3. a b c et d Hélène Lenattier, « L'exposition internationale de l'Est de la France ».
  4. Félix Marcilhac, La Vie et l'Œuvre de Jacques Majorelle : 1886–1962, Courbevoie, ACR, coll. « Les orientalistes », , 288 p. (ISBN 2-86770-031-0), p. 16.
  5. Parfait et Labrude, op. cit.
  6. Revue de l’Exposition de Nancy 1909 ; n°42 bis ; 30 avril-1er mai 1909, page 358

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Documents d'époque[modifier | modifier le code]

  • Louis Laffitte, L'Essor économique de la Lorraine : Rapport général sur l'exposition internationale de l'Est de la France, Nancy, 1909, Nancy, Berger-Levrault, , 933 p.
  • Le Journal de l'exposition : Organe officiel de l'administration, gérant Louis Laffitte, Nancy, du 1er mai au 1er novembre 1909, 78 numéros
  • Revue générale de l'Exposition de Nancy, 1909, et palmarès de la section industrielle de l'Est, Nancy, Société industrielle de l'Est, 1910, 625 p.

Documents d'analyse[modifier | modifier le code]

  • Frédéric Descouturelle, Bernard Ponton, Francis Roth et Hélène Sicard-Lenattier, Nancy 1909 : Centenaire de l'exposition internationale de l'Est de la France, triomphe de l'industrie, de la science et de l'art nouveau, Nancy, Place Stanislas, , 186 p. (ISBN 978-2-35578-023-3)
  • Anne-Laure Dusoir, « L'École de Nancy à l'exposition internationale de l'Est de la France, 1909 », lors du colloque Les expositions universelles et internationales, organisé par le Réseau Art Nouveau Network, au Laboratoire historique 1 de Bruxelles, le 22 octobre 2005
  • L'École de Nancy à l'exposition internationale de l'Est de la France, 1909, exposition-dossier présentée au musée de l'École de Nancy du 27 mai 2009 au 3 janvier 2010
  • (en) Béatrice Damamme-Gilbert, « The 1909 Nancy International Exhibition : Showcase for a Vibrant Region and Swansong of the Ecole de Nancy », Art on the Line,‎ (ISSN 1478-6818, lire en ligne)

Fiction[modifier | modifier le code]

  • Jérôme Thirolle, Le boiteux du parc Sainte-Marie, Haroué, Gérard Louis, , 293 p. (ISBN 978-2-35763-031-4)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]