Explosion d'un missile Titan à Damascus

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L'explosion d'un missile Titan à Damascus est un accident survenu en 1980 dans un secteur rural de l'Arkansas, aux États-Unis. Les propergols d'un missile balistique intercontinental LGM-25 C Titan II explosent dans une installation de lancement le 19 septembre 1980. L'accident se produit dans le complexe de lancement 374-7 dans le comté de Van Buren, juste au nord de Damascus, à approximativement 80 kilomètres (50 miles) au nord de Little Rock. À l'époque de l'explosion, le complexe 374-7 contenait un des 18 silos placés sous le commandement de la 308e escadre de missiles stratégiques, et plus précisément un des 9 silos dépendant de la 374e escadrille de missiles stratégiques.

L'accident[modifier | modifier le code]

Vers 18h30 (Heure du Centre), le jeudi 18 septembre 1980, deux militaires appartenant à une équipe de transfert de propergols (propellant transfer system - PTS-) vérifient la pression du réservoir de comburant (peroxyde d'azote) sur un missile Titan II, sur le complexe de lancement 374-7 de la base aérienne de Little Rock. Par manque de temps, l'équipe PTS ne s'est pas équipée d'une clef dynamométrique, comme c'est depuis peu une obligation ; elle s'est procuré une clef à cliquet, instrument jusqu'ici utilisé, d'un poids de 11 kilos et d'une longueur de 30 centimètres (3 pieds, 25 livres). La douille, d'un poids de 3,6 kilos (8 livres) tombe accidentellement d'une hauteur de 24 mètres (80 pieds) et perce l'enveloppe du missile au niveau de réservoir de combustible du premier étage, provoquant la fuite d'un nuage d'aérozine 50.

Strategic Missile (SM) sites of 373rd & 374th SMSquadrons, reporting to 308th SMWing

L'aérozine 50 est un combustible hypergolique avec l'oxydant du Titan II, à savoir le peroxyde d'azote ; en d'autres termes, ces ergols explosent spontanément au contact l'un de l'autre. Le peroxyde d'azote est stocké dans un second réservoir dans le premier étage de la fusée, directement au-dessus du réservoir de combustible et sous le second étage et son ogive nucléaire W53 de 9 mégatonnes.

Finalement, l'équipe d'entretien du missile et l'équipe PTS évacuent le centre de contrôle du lancement, tandis que les équipes de secours civiles et militaires arrivent sur les lieux. Celles-ci s'inquiètent d'un possible effondrement du réservoir de combustible du premier étage, maintenant vide, ce qui entraînerait la chute du reste du missile et sa dislocation, ce qui permettrait au peroxyde d'azote d'entrer en contact avec l'aérozine 50 déjà présent dans le silo.

Missile balistique Titan dans son silo

Tôt dans la matinée (vendredi 19 septembre), une équipe PTS composée de deux hommes pénètre dans le silo. Puisque leurs détecteurs de vapeur indiquent une atmosphère explosive, ordre leur est donné d'évacuer. Puis on leur demande d'entrer à nouveau dans le silo pour mettre en marche un ventilateur extracteur d'air. Le caporal-chef David Livingston rentre dans le silo pour exécuter l'ordre et peu après, vers 3 heures du matin, les propergols hypergoliques explosent.

L'explosion initiale catapulte au loin le couvercle du silo, d'un poids de 740 tonnes, et éjecte le second étage ainsi que l'ogive. Le second étage explose dés sa sortie du silo. L'ogive W53 atterrit à environ 30 mètres (100 pieds) de la porte d'entrée du complexe de lancement ; ses dispositifs de sécurité fonctionnent correctement et empêchent la perte de matériel radioactif. Le caporal-chef David Livingston (promu sergent à titre posthume) est blessé sérieusement et meurt plus tard à l'hôpital. 21 autres personnes, qui se trouvaient à proximité de l'explosion, sont également sérieusement blessées. Tout le complexe de lancement est détruit.

À l'aube, l'armée de l'air retrouve l'ogive et la transporte à la base aérienne de Little Rock. Durant les opérations de récupération de l'ogive, le commandant de la 308e escadrille de missiles, le colonel John Moser, reçoit une aide importante de la part d'unités militaires et de décideurs fédéraux ou locaux.

L'ancien complexe de lancement est désactivé et démonté, et se trouve aujourd'hui sur un terrain privé. Le site figure depuis 2000 dans le "Registre national des lieux historiques".

Notes et références[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]