Exploitation de pétrole de Pechelbronn

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L'exploitation de pétrole de Pechelbronn se fait de façon industrielle entre 1740 et 1970 et de façon artisanale depuis la Renaissance, principalement sur la commune de Merkwiller-Pechelbronn et aux alentours dans le département du Bas-Rhin, en région Alsace.

Histoire[modifier | modifier le code]

Publicité (La Vie en Alsace, 1933).
La cité Boussingault et la raffinerie.
Du pétrole brut de Pechelbronn.
Produits Antar.

Des affleurements sont exploités de façon artisanale depuis la Renaissance[1], Jacques Wimpfeling en fait mention dès 1498[2].

En 1627, une lettre patente autorisa son exploitation commerciale à Pechelbronn, en Alsace, d'une source qui produisait une « huile de pierre » réputée pour ses propriétés thérapeutiques.

Louis Pierre Ancillon de La Sablonnière Jean d’Amascéne Eyrénis, le fils du physicien/savant Eirini d'Eirinis[3], il obtient un permis de prospecter près de la source Baechel-Brunn (qui donnera Pechelbronn) au sud de Lampertsloch. En 1740, par l'offre de 40 actions en bourse, il crée la première compagnie pétrolière par actions en France[4],[5],[6],[7]. Le premier puits est creusé en 1745. Des sondages à tarière sont utilisés à partir de 1813 pour déterminer l’orientation des galeries. En 1879, l’extraction du pétrole se fait par injection d'eau, suivant le principe de Fauvelle. Les pompes sont utilisées des 1885. En 1916, l'exploitation minière avec galerie est relancée[2].

La Société anonyme d'exploitation minières Pechelbronn fonde en 1922 la Société alsacienne des carburants. Celle-ci commercialise en 1926 un lubrifiant, une huile industrielle, sous le nom d'Antar. La Société des huiles Antar (SHA) est constituée l'année suivante afin de distribuer des lubrifiants fabriqués par Pechelbronn. Le , les frères Schlumberger réalisent une prospection électrique sur le site de Pechelbronn, ce qui constitue une première mondiale[8]. L'activité est à son apogée en 1937 et l'on compte 2 770 employés à la Pechelbronn-SAEM[9].

En 1924, la société exploite des gisements situés à Gabian. L'exploitation industrielle du gisement cesse en 1935 du fait de l'épuisement du gisement, néanmoins l'exploitation se poursuit jusqu'en 1950[10]. En juillet 1936 la compagnie rachète les installations de l'exploitation de schiste de Creveney en Haute-Saône, puis les démantèle rapidement avant d'abandonner le site[11],[12]. En 1957, la compagnie récupère une unité de craquage Dubbs sur le site de la mine des Télots en Saône-et-Loire qui vient alors de fermer[13].

Le site est bombardé par l'United States Army Air Forces (USAAF) en 1944[2].

Le , l'exploitation ferme définitivement[14]. Le pays était alors connu sous le nom de « Karichschmiermann land » (pays du marchand ambulant de graisse minérale qui avec sa brouette vendait ce produit servant à graisser les essieux)[15]. La raffinerie de pétrole de Merkwiller-Pechelbronn ferme définitivement en 1970.

Reconversion[modifier | modifier le code]

Depuis 1970, c'est l'État français qui a la responsabilité de sécuriser les friches industrielles (terrils, galeries et puits) héritées de l'exploitation minière.

Des vestiges divers subsistent au début du XXIe siècle (ruines, matériel, terrils) et un musée du pétrole retrace l’histoire de l'activité.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Ensemble Industriel », notice no IA00118944, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. a, b et c « Historique », sur Musée du pétrole.
  3. Né vers 1630 en Bessarabie et décédé vers 1730, il a découvert en 1711 la Presta, une mine d'asphalte dans le district du Val-de-Travers, Neuchâtel.
  4. Marie-Pascale Rauzier, Lieux mystérieux et insolites en Alsace, Éditions Ouest France, , 144 p. (ISBN 978-2-7373-5812-8), p. 130.
  5. « Louis Pierre Ancillon de La Sablonnière » [PDF], sur Musee du Petrole.
  6. « Les Perses l'appelaient le "rhadinacé" ».
  7. « de la Presta mines d'asphalt ».
  8. « La première des Schlumberger », sur Le Musée du pétrole (consulté le 29 décembre 2015).
  9. « Tradition industrielle », sur parc-vosges-nord.fr.
  10. Site gabian.info : Gabian en terra d'Oc : l'aventure du pétrole (consulté le 4 mai 2014).
  11. « Exploitation de schiste de Creveney », notice no IA70000177, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  12. Christian Rénet, Aventure pétrolière en Haute-Saône : Les schistes bitumeux de Creveney, C. Rénet, (notice BnF no FRBNF37004781), p. 15.
  13. [PDF] Jean-Philippe Passaqui et Sylvain Bellenfant, Les Télots : une usine devenue friche industrielle aux portes d’Autun, Bourgogne-Nature, (lire en ligne), p. 5.
  14. Source : DRIRE Alsace.
  15. Encyclopédie de l'Alsace, Volume 10, Éditions Publitotal, 1985, p.5951.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Géo Marchal, « Pechelbronn, la mine française de pétrole », in La Vie en Alsace, décembre 1933, no 12, p. 283-286
  • René Walther, Pechelbronn, l'histoire du plus ancien site pétrolier français, Ronald Hirlé
  • Jean-Claude Streicher, Les pionniers de l'or noir, Strasbourg, Ronald Hirlé, 2011