Expédition de Sardaigne

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Expédition de Sardaigne

Informations générales
Date 15 février -
Lieu Cagliari
Archipel de La Maddalena
Issue Victoire sarde
Belligérants
Drapeau de la France République françaiseDrapeau du Royaume de Sardaigne Royaume de Sardaigne
Commandants
Laurent Truguet
Raphaël de Casabianca
Pierre-Paul Colonna de Cesari Rocca
Forces en présence
4 600 hommes
9 canons
7 compagnies d'infanterie
600 fusiliers suisses
3 compagnies de dragons
1 corps franc
400 miliciens
Pertes
InconnuesInconnues

Guerres de la Révolution française

L’expédition de Sardaigne est une opération militaire menée en 1793 par les armées de la jeune République française contre le Royaume de Sardaigne.

Contexte et plan de campagne[modifier | modifier le code]

Depuis 1791, la République française est en guerre contre le roi de Sardaigne, de Savoie et du Piémont, Victor-Amédée III. La Convention décide en 1792 de l'attaquer simultanément au Piémont et en Sardaigne.

En Sardaigne, l'opération se fait sur deux fronts : l’attaque principale sur Cagliari, et une manœuvre de diversion sur les îles de la Madeleine (Archipel de La Maddalena), à 10 kilomètres au sud du port de Bonifacio.

Préparatifs et forces en présence[modifier | modifier le code]

Chez les Français[modifier | modifier le code]

Lorsqu'il arrive le 15 décembre à Ajaccio, le contre-amiral Laurent Truguet, commandant en chef de la flotte de Méditerranée, dispose de neuf navires (deux vaisseaux, le Vengeur et la Perle ayant été perdus en cours de route)[1]. Lors du second bombardement de Cagliari, il aligne également trente-trois bateaux de transport[2].

L'organisation de l'expédition est confiée à Pascal Paoli : il met sur pied un contingent de 2 000 hommes, au lieu des 6 000 qui lui sont demandés par la Convention[3] composé des bataillons de volontaires de Martigues, de l'Union, de Luberon, de Tarascon, d'Aix et du 5e de Vaucluse[4].

Il confie le corps expéditionnaire principal au général Raphaël de Casabianca, qui aligne 4 000 soldats et six canons lorsqu'il débarque à Cagliari[5]. Le contingent chargé de mener l'attaque de la Maddalena est placé sous les ordres du colonel Pierre Colonna Cesari[6]. Celui-ci dispose d'une force de 600 hommes, qui comprend 450 volontaires des 2e et 4e bataillons corses, ainsi qu'une compagnie de 150 grenadiers sous les ordres du capitaine Ricard. L'artillerie et le génie sont confiés respectivement au lieutenant-colonel Bonaparte et au capitaine Moydié[7].

Chez les Sardes[modifier | modifier le code]

L'armée sarde comprend la garnison de Cagliari, soit un demi-bataillon piémontais et 600 fusiliers suisses, ainsi que deux compagnies de dragons commandées par le baron de Saint-Amour et une compagnie d'infanterie légère[8]. La ville d'Alghero est gardée par deux compagnies d'infanterie ainsi que par un corps franc de déserteurs graciés, tandis que deux autres compagnies d'infanterie et une compagnie de dragons sont en position à Sassari[9].

La milice sarde est composée de 400 soldats, mal équipés ; l'artillerie est quant à elle répartie dans les différentes citadelles[9].

Déroulement de l'expédition[modifier | modifier le code]

Portrait de Napoléon jeune en uniforme.
Au cours de l'attaque de la Maddalena, le lieutenant-colonel Bonaparte commande l'artillerie du contingent de Colonna Cesari, avec laquelle il pilonne le village (peinture de Félix Philippoteaux).

L'attaque de Cagliari[modifier | modifier le code]

À Cagliari, la flotte de l’amiral Truguet bombarde la ville pendant trois jours en janvier 1793, puis fait une tentative de débarquement, rentre à Toulon, avant de revenir le mois suivant. Une nouvelle tentative de débarquement, sous le commandement du général Casabianca, échoue à la suite d'une résistance vigoureuse des Sardes ainsi que par l'insubordination des troupes françaises. Une tempête fait sombrer un navire de ligne et l'amiral Truguet lève définitivement le siège.

L'attaque de La Maddalena[modifier | modifier le code]

À La Maddalena, l'opération de diversion est confiée par Pascal Paoli au colonel Colonna Cesari. Le 20 février, Cesari se présente sur les côtes de la Sardaigne, mais une tempête force ses navires à regagner Bonifacio, à l'exception de la corvette La Fauvette qui reste à proximité de l'île[10]. Deux jours plus tard, la petite flotte française revient à La Maddalena, et après avoir essuyé le tir des bateaux sardes abrités dans le port, parvient à accoster sur l'île de Santo Stefano et à y débarquer le corps expéditionnaire[10]. La garnison sarde, forte d'une trentaine d'hommes, préfère se retirer à l'approche des Français[10].

Le lendemain, Cesari s'empare de l'île et des magasins de munitions qui y sont installés, ce qui permet au lieutenant-colonel Bonaparte d'installer ses canons face à La Maddalena[11]. Le 24 février l'artillerie française pilonne le village et crée la panique chez la population[12]. La résistance sarde, 200 hommes en majorité des bergers, est ensuite organisée par Domenico Millelire. La marine sarde était composé de petits bateaux. Le 25 février, Cesari, informé que les marins de La Fauvette ont voulu lever l'ancre, se rend à bord du navire pour s'entretenir avec l'équipage, mais celui-ci se mutine[13]. Le colonel est obligé de signer l'ordre de retraite des troupes terrestres, qui s'enfuient en abandonnant leur matériel et en particulier les trois pièces d'artillerie de Bonaparte[14]. Les Français rembarquent et mettent le cap sur la Corse, où ils arrivent le 27 février[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Peyrou 1912, p. 53.
  2. Peyrou 1912, p. 87.
  3. Colonna d'Istria 1998, p. 37.
  4. Espérandieu 1895, p. 19.
  5. Peyrou 1912, p. 89.
  6. Peyrou 1912, p. 114.
  7. Peyrou 1912, p. 124.
  8. Peyrou 1912, p. 64 et 65.
  9. a et b Peyrou 1912, p. 65.
  10. a b et c Peyrou 1912, p. 125.
  11. Peyrou 1912, p. 126.
  12. Peyrou 1912, p. 127.
  13. Peyrou 1912, p. 129-130.
  14. a et b Peyrou 1912, p. 131.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Éloi Jean Peyrou, Expédition de Sardaigne : le lieutenant-colonel Bonaparte à la Maddalena (1792-1793), Paris, Charles-Lavauzelle, , 152 p. (notice BnF no FRBNF34083967) disponible sur Gallica.
  • Robert Colonna d'Istria, « Corse de cœur et d'âme », Ici et là, no 34 « La Corse sur les traces de Napoléon »,‎ (ISSN 1247-9896).
  • Émile Espérandieu, Expédition de Sardaigne et campagne de Corse (1792-1794), Paris, Charles-Lavauzelle, , 200 p. (notice BnF no FRBNF34083273) disponible sur Gallica.

Liens externes[modifier | modifier le code]