Exode des Pieds-noirs

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L'exode des Pieds-noirs ou rapatriement des Français d'Algérie suivant l'appellation officielle, désigne les vagues successives de migration de la communauté pied-noir des départements français d'Algérie vers la France métropolitaine. Tout particulièrement, elle signale la «vague» massive d'arrivée en France d'avril à juillet 1962, avec la fin de la guerre d'Algérie et l'accession à l'indépendance du pays.

Rapatriés d'Algérie[modifier | modifier le code]

Les rapatriés[1] sont des Français d'Algérie dont les ancêtres étaient des Européens Maltais, Espagnols (dont des natifs de Minorque), Italiens ainsi que Français (dont ceux originaires d'Alsace et de Lorraine, installés en Algérie après l'annexion par l'Allemagne en 1870). Ils englobent de même des algériens d'origine non-européenne (les autochtones, musulmans ou non, naturalisés Français par décret, ainsi que des personnes de religion juive, naturalisées soit par le décret Crémieux de 1870, soit en 1961 pour les habitants du Mzab[2]).

Les rapatriés bénéficient d'un statut spécifique, institué par la Loi dite "Boulin" du 26 décembre 1961, différent des Algériens «réfugiés», tels que les harkis[3].

Nombre des rapatriés[modifier | modifier le code]

Au total, environ un million de Français d'Algérie sont arrivés en France, entre 1962 et 1965[4]. 400 000 rapatriés étaient attendus ; en quatre années[5].

Pour la seule année 1962, 650 000 personnes arrivent d'Algérie, dont 512 000 pour le seul été de cette année 1962. Soit environ 500 000 rapatriés durant la période d'avril à juillet 1962, auxquels s'ajouteraient 200 000 départs avant le 31 décembre 1961, et 36 000 départs entre le 1er janvier et le 31 mars 1962.

À partir du 5 juillet 1962, le Massacre des pieds-noirs à Oran accentue les départs[6],[7].

Environ 200 000 Pieds-noirs restent en Algérie après l'indépendance.

150 000 personnes de plus quittent l'Algérie à partir d'avril 1963, à la suite de la confiscation de leurs biens qualifiés de "vacants" par le nouveau gouvernement algérien (Décret 63-88 du 18 mars 1963[8] et Cour de cassation Civ. 1ère du 23 avril 1969[9]). Cette confiscation s'exerce en violation des Accords d'Evian, sans que le gouvernement Français n'intervienne.[10]

« Les garanties aux biens reprenaient les principes fondamentaux du droit français : droit de propriété, liberté d'emporter ses biens ou de les vendre et d'en transférer le prix, pas d'expropriation sans une juste et préalable indemnité. Leur respect conditionnait le maintien de l'assistance culturelle et technique et de l'aide financière de la France à l'Algérie. Ces garanties furent très vite bafouées[11]. »

La France écarte sa responsabilité juridique quant aux dépossessions subies par les rapatriés[12] (Conseil d'État, 27 juin 2016, n°382.319[13]).

Effets sur la métropole[modifier | modifier le code]

Les principaux ports de débarquement des rapatriés ont été Marseille et Nice en Provence-Alpes-Côte d'Azur, ainsi que Port-Vendres en Languedoc-Roussillon.

Leur accueil est, rapidement, négatif ; l'organisation de leur rapatriement est chaotique[14]. Un quart des biens débarqués est volé[15], notamment à l'initiative des dockers affiliés à la Confédération Générale du Travail, la CGT.[16]

« Qu'ils aillent se réadapter ailleurs[17](Gaston Defferre, Marseille, 1962). »

Une partie des rapatriés s'est installée dans les régions du Sud de la France, intensifiant évidemment la croissance démographique de celles-ci[18].

« De 1962 à 1968, ils ont assuré 50 % de la croissance démographique de Marseille et de Perpignan, 60 % de celle de Toulon et 70 % de celle de Nice. Ils ont redonné vie à certaines régions du Sud-Ouest et du Massif central : 55 % de l'accroissement de Midi-Pyrénées et du Languedoc-Roussilon leur est imputable, 33 % de l'Aquitaine et de la Provence. Sans eux, le Limousin aurait vu sa population diminuer[19]. »

Les rapatriés se sont souvent fixés autour des aires de débarquement, au Sud de la France, alors que les besoins en emplois étaient plus souvent présents au Nord du pays, avant la généralisation de la crise économique, à partir du choc pétrolier de 1973.

Bilan de l'exode des Pieds-noirs[modifier | modifier le code]

Bilan humain[modifier | modifier le code]

Bilan économique[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le statut de rapatriés est créé par la loi Boulin du 26/12/1961. Il concerne également 300 000 personnes venues d'autres anciens territoires français (Shepard [2008], chap. 5).
  2. Shepard [2008], chap. 9.
  3. Shepard [2008], chap. 8.
  4. https://www.alternatives-economiques.fr/histoire/1962-1965-comment-la-france-a-integre-un-million-de-rapatries-dalgerie-201509071550-00002037.html
  5. https://www.ldh-toulon.net/l-arrivee-des-pieds-noirs-en.html
  6. http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/03/19/pieds-noirs-portraits-d-exiles_1672015_3212.html
  7. https://www.lesechos.fr/20/07/2012/LesEchos/21231-018-ECH_25-06-1962---les-pieds-noirs-debarquent-a-marseille.htm
  8. http://www.joradp.dz/FTP/Jo-Francais/1963/F1963016.pdf
  9. https://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriJudi.do?idTexte=JURITEXT000006978390
  10. http://doc.rero.ch/record/62594/files/1963-04-02.pdf
  11. Cf. G. Pervillé Trente ans après, réflexion sur les accords d'Evian, page 379, 1992 |http://www.persee.fr/doc/outre_0300-9513_1992_num_79_296_3019
  12. http://www.ladepeche.fr/article/2017/01/13/2495768-pieds-noirs-ils-demandent-reparation.html
  13. https://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriAdmin.do?idTexte=CETATEXT000032790096
  14. http://www.huffingtonpost.fr/alain-vircondelet/franais-algerie_b_1285238.html
  15. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/01/27/01016-20120127ARTFIG00422-les-pieds-noirs-50-ans-apres.php
  16. https://books.google.es/books?id=vTerDgAAQBAJ&pg=PT218&lpg=PT218&dq=dockers+CGT+rapatri%C3%A9s&source=bl&ots=HniIHAtjPN&sig=HolANUqKhgiRWx4VVivZtO6cXVY&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjiqKrVvaLVAhVISRoKHd5WBzc4ChDoAQgiMAA#v=onepage&q=dockers%20CGT%20rapatri%C3%A9s&f=false
  17. Gaston Defferre, Marseille, 1962 |http://tempsreel.nouvelobs.com/regions/infos-marseille-13/20120412.REG0949/marseille-1962-le-cauchemar-des-rapatries-d-algerie.html
  18. P. Baillet L'intégration des rapatriés en France, page 312, 1975 | http://www.persee.fr/doc/pop_0032-4663_1975_num_30_2_15787
  19. Cf. P. Baillet L'intégration des rapatriés en France, page 312, 1975 |http://www.persee.fr/doc/pop_0032-4663_1975_num_30_2_15787

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]