Existrans

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Existrans
Participants de l'Existrans 2011 au départ Place de la Bastille.
Participants de l'Existrans 2011 au départ Place de la Bastille.

Type Défilé
Création 1997
Localisation Paris/France

Existrans désigne à la fois une manifestation annuelle, « la marche des personnes Trans & Intersexes et de celles et ceux qui les soutiennent », et le collectif d'associations (« Collectif Existrans ») qui organise cette marche à Paris.

Celle-ci a généralement lieu au mois d'octobre à Paris, et depuis 2007 simultanément dans différents pays. Y participent aussi bien des femmes trans, des hommes trans, des personnes au genre fluide et non-binaire, que des personnes Cisgenres.

Les revendications portent sur les droits et sur la visibilité des corps des personnes trans et intersexuées.

Historique de la marche[modifier | modifier le code]

Participante en 2005.
  • 1997 : la première édition de l'Existrans a eu lieu en 1997[1] à l'initiative d'un petit nombre d'associations: l'Association du syndrome de Benjamin, le Groupe Activiste Trans, Act-Up, Sans contrefaçon, Mutatis Mutantis[2]. Elle réunit une soixantaine de personnes.
  • 2002 : la « marche des transsexuels/les et de ceux qui les soutiennent » est rebaptisée pour sa sixième édition « marche des “trans” et de ceux qui les soutiennent » (les guillemets disparaitront en 2004)[1]. La marche 2002 devait saluer Jeanne d'Arc, « l'une des plus anciennes transsexuelles de l'histoire de France, brûlée parce qu'elle refusait de retirer ses vêtements masculins ». Elle est autorisée par préfecture de police de Paris mais interrompue de façon « musclée » et « injurieuse » par les CRS qui exigent la libération de la chaussée autour de la statue[3],[4]. Quelques mois auparavant, les trans étaient officiellement associés à la Marche des fiertés parisienne, rebaptisée cette année là « Marche des fiertés lesbiennes, gaies, bi et trans »[5].
  • 2005 : la huitième marche rassemble un millier de personnes et de grands médias tels que Libération[6] et France 3 relayent l'information.
  • 2007 : pour la onzième édition, une semaine de rencontres/débats est organisée et la marche française est couplée à une marche similaire en Espagne. La marche inclut pour la première fois les revendications des associations intersexes, en particulier « L’arrêt des assignations hormono-chirurgicales des enfants intersexes ».
  • En 2008, la marche a encore une fois été couplée avec des marches dans différentes villes d'Europe, comme à Bruxelles, Madrid, Bilbao et Lisbonne.
  • En 2009, selon les sources (police/organisateurs) la marche a rassemblé entre 500 et 1 500 personnes[7].
  • En 2010, la marche intervient alors que le ministère travaille sur un projet de Centre(s) de référence qui devrait changer profondément la manière dont se déroule les parcours français[8]. Une assemblée générale des associations Trans réunies en avril 2010 à l'initiative d'OUTrans a voté la résolution suivante: « Pour mettre en œuvre la dépsychiatrisation des transidentités, la prise en charge de la transition doit exclusivement se fonder sur une déclaration de consentement éclairé sans aucune forme d’évaluation ou de diagnostic »[9].
  • En 2011, la marche, qui aurait réuni environ 2 000 personnes, est intervenue alors que le , le Conseil de l'Europe a adopté une résolution afin de garantir le droit des personnes transgenres à obtenir « des documents officiels reflétant l'identité de genre choisie, sans obligation préalable de subir une stérilisation ou d'autres procédures médicales comme une opération de conversion sexuelle ou une thérapie hormonale »[10],[11]. (Le Conseil de l'Europe s'indigne une nouvelle fois des stérilisations forcées des personnes trans (entre autres groupes de personnes particulièrement ciblés) en 2013[12] et en 2015[13].)
  • En 2012, les associations soulignent « le petit pas en avant opéré à l'occasion du débat sur la loi concernant le harcèlement sexuel, ayant introduit la transphobie dans le code pénal » mais réclament encore le droit de changer d'état civil sans obligation de stérilisation ni suivi psychiatrique, ainsi que « le libre choix des médecins et le maintien des remboursements des parcours de transition en France et à l'étranger »[14].
  • 2013 : à l'occasion de la 17e marche de l'Existrans, les associations revendiquent encore « le changement d’état civil libre et gratuit, sans condition médicale, sans homologation par un juge »[15]. Quelques mois plus tôt, la Commission nationale consultative des droits de l’homme avait préconisé une démédicalisation complète et une déjudiciarisation partielle de la procédure de changement d’état civil[16] mais le Sénat a refusé de traiter cette question[17]. Au fil du temps, de nombreuses associations non trans (Bi'Cause, HES, le MAG...), se sont jointes aux participants initiaux de la marche. De plus les différents organes de presse se sont progressivement faits l'écho de la marche avec des points de vue assez variés et plus ou moins appréciés par les participants de la marche: « la presse ne connaît pas les intersexes et spectacularise les trans »[18].
  • En 2014, le site Yagg met en ligne les discours des associations[19].
  • 2015 : la marche a lieu quelques semaines après que le groupe PS a déposé un projet de loi sur le changement d'état civil[20]. Sophie Lichten, d'Existrans, la qualifie de « perfectible » et espère « du courage politique »[21]. Karine Espineira estime que « ces [députés PS qui ont proposé la loi] sont bien intentionnés à l’égard des personnes trans. Le problème, c'est qu'ils ne travaillent pas directement avec les associations, au sein desquelles il y a, aujourd’hui, des gens qui ont une grande expertise[22] ». Jean-Luc Romero-Michel dénonce la maltraitance des personnes trans par la société[23]. Plus tôt cette année là, la Cours européenne des droits de l'homme a condamné la Turquie pour avoir conditionné le changement de sexe d'une personne trans à sa stérilisation[24].
Banderole en 2016.
  • 2016 : pendant la vingtième marche des trans et des intersexes, les manifestantes et manifestants clament « Vingt ans que nous marchons ! Vingt ans que nous marchons, pour notre santé, pour nos droits, que la France (nous) piétine ! ». La loi « Justice du XXIe siècle » qui vient d'être adoptée ne satisfait pas les associations qui regrettent que le changement d'état civil soit encore soumis à la décision d'un juge[25] et exigent « une procédure d’accès rapide, libre et gratuite, en mairie »[26],[27],[28]. La présidente de l'Association Nationale Transgenre évoque « la pire loi votée dans un pays d’Europe »[29]. Les associations dénoncent aussi les mutilations subies par les enfants intersexes, comme le Comité contre la torture de l’ONU qui recommande cette année là à la France « de prendre des mesures législatives, administratives ou autres nécessaires pour garantir le respect de l’intégrité physique des personnes intersexuées »[30]. Le lendemain de la marche, le dimanche 16 octobre, La Manif pour tous défile dans Paris[31].
  • 2017 : Emmanuel Macron a estimé que « la loi Justice du XXIe siècle a répondu [aux] préoccupations [des trans et intersexes] en allégeant la procédure » du changement d’état civil[32], mais les associations objectent que la loi « demande encore de justifier de [son] transidentité selon des stéréotypes femme/homme binaires et caricaturaux »[33]. Le collectif dénonce les « pratiques abusives » de la SoFECT, l’association soi-disant « spécialisée dans la prise en charge et la chirurgie du transsexualisme (sic) en France »[34],[35],[36]. La Fédération trans et intersexes a été créée au début de l’année et veut devenir l’interlocutrice du gouvernement sur ces questions[34].

Mots d'ordre[1][modifier | modifier le code]

  •  : « Droit au respect, respect de nos droits ».
  •  : « Trans discriminé(e)s, trans assassiné(e)s ».
  •  : « Psychiatrisation des trans = transphobie ».
  •  : « Sida, trans' oubliéEs = trans contaminéEs ».
  •  : « Contre la psychiatrisation Résis'Trans ».
  •  : « 2007 : quelLe candidatE pour la cause trans ? ».
  •  : « Ni homme, ni femme, le binarisme nous rend malade ! ».
  •  : « Bachelot, encore du boulot avec et pour les trans et les intersexué-Es ! ».
  •  : « L’identité de genre nous appartient, notre liberté de choix ne se négocie pas ! ».
  •  : « Transphobie d’État : pathologisation, stérilisation, précarisation, expulsion ».
  •  : « Des papiers, si je veux, quand je veux ».
  •  : « Trans, intersexes : une loi, des droits ! ».
  •  : « Changement d'état-civil libre et gratuit : promesses non tenues, les trans et les intersexes sont dans la rue ! ».
  •  : « Papiers et droits pour les trans et les intersexes : le monde avance, la France recule ! ».
  •  : « Autodétermination, santé, droits : 20 ans que la France (nous) piétine ».
  •  : « Face aux oppressions d'État sociales, raciales et médicales : intersexes, trans, contre vos violences ! ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Existrans » (consulté le 12 juin 2017).
  2. Espineira, Thomas et Alessandrin 2012.
  3. Blandine Grosjean, « Déversement de CRS à la manifestation des transsexuels », Libération,‎ (lire en ligne).
  4. « La marche des transsexuel(le)s interrompue par les CRS », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  5. « 500 000 personnes, badauds compris, ont participé à la « Marche des fiertés homosexuelles » », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  6. Matthieu Ecoiffier, « Simplement transexuel(le)s », Libération,‎ (lire en ligne).
  7. AFP, « Les transsexuels dans la rue à Paris », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  8. « Les transsexuels dans la rue à Paris », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  9. « Quatorzième édition de "Existrans", la marche des transsexuels à Paris », RTL Info,‎ (lire en ligne).
  10. « Résolution 1728 (2010) du Conseil de l'Europe. Discrimination sur la base de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre », sur assembly.coe.int, .
  11. « Samedi à Paris, la marche des transsexuels contre la stérilisation forcée », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  12. « Résolution 1945 (2013) du Conseil de l'Europe. Mettre fin aux stérilisations et castrations forcées », sur assembly.coe.int, .
  13. « Résolution 2048 (2015) du Conseil de l'Europe. La discrimination à l’encontre des personnes transgenres en Europe », sur assembly.coe.int, .
  14. « Les transsexuels ont marché à Paris sous la pluie », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  15. « Les trans veulent pouvoir Disposer de leur état civil », Libération,‎ (lire en ligne).
  16. « Pour une procédure rapide et accessible de modification du genre à l’état civil », sur http://www.cncdh.fr/, .
  17. Anne-Claire Genthialon, « Les trans veulent pouvoir disposer de leur état civil », Libération,‎ (lire en ligne).
  18. « Existrans : Revue de presse », sur Observatoire des transidentités, .
  19. « Existrans 2014: les discours des associations en vidéo », Yagg,‎ (lire en ligne).
  20. « Proposition de loi relative à la modification de la mention du sexe à l'état civil », sur http://www.assemblee-nationale.fr, .
  21. « Changement d'état civil pour les trans : encore du chemin à parcourir », Libération,‎ (lire en ligne).
  22. « Transsexualité, transidentité : un tabou français ? », Franceinfo,‎ (lire en ligne).
  23. « Existrans : les personnes trans sont ignorées, méprisées, maltraitées... C'en est assez ! », L'Obs,‎ (lire en ligne).
  24. « Etre stérile pour changer de sexe, ça va durer encore longtemps ? », Libération,‎ (lire en ligne).
  25. Article 56 de la LOI n° 2016-1547 du 18 novembre 2016 de modernisation de la justice du XXIe siècle.
  26. « Existrans, vingtième marche des trans et des intersexes », Libération,‎ (lire en ligne).
  27. « Existrans 2016 : pourquoi on ne peut pas se réjouir d'une loi "historique" pour les trans », L'Obs,‎ (lire en ligne).
  28. « Le changement d'état civil des trans' enfin facilité ? Non, le gouvernement nous méprise », L'Obs,‎ (lire en ligne).
  29. « Le changement d’état civil pour les « trans » ne satisfait pas les associations », sur Le Monde.fr, (consulté le 17 mars 2018).
  30. « Stop aux mutilations des personnes intersexuées », Libération,‎ (lire en ligne).
  31. « La "Manif pour tous" de retour le 16 octobre : la haine est à l'honneur », Le Nouvel Obs,‎ (lire en ligne).
  32. « Entretien exclusif : Emmanuel Macron et son programme (tiède) pour les LGBT », Têtu,‎ (lire en ligne).
  33. « Existrans 2017 : "Le changement d'état civil est encore soumis à l'arbitraire des juges" », Têtu,‎ (lire en ligne).
  34. a et b « Radical ? Le mouvement trans et intersexe veut juste qu'on l'écoute », Têtu,‎ (lire en ligne).
  35. « « Quand on arrive devant les psys de la Sofect, il faut avoir envie de mourir » : enquête sur les équipes « officielles » du parcours trans », KOMITID,‎ (lire en ligne).
  36. Bruno Lus, « Transphobie à l’hôpital : « un médecin a refusé de me toucher » », Vice,‎ (lire en ligne).

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

« Histoire des transsexuels en France, Maxime Foerster », sur Observatoire Des Transidentités (consulté le 6 mai 2018)