Excalibur (automobile)

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Excalibur (american car)

Excalibur est une entreprise américaine de construction automobile, créée par Brook Stevens. Cette marque fut active entre 1965 et 1989 à Milwaukee. L'emblème de la marque est une épée inscrite dans un cercle de métal. L'entreprise était spécialisée dans la construction en petites séries de voitures néoclassiques. Il s'agit pour l'essentiel de roadsters et de phaétons à la mode de la fin des années 1920.

Historique[1][modifier | modifier le code]

La marque Excalibur fut créée par l’américain Brook Stevens (1911-1995) dans les années cinquante. Ses capacités de design automobile le firent engager à l’origine chez Willys Overland  pour créer une Jeep nouvelle génération. Mais parallèlement, en 1951, il va créer pour son compte une voiture de sport qu’il appellera Excalibur « J ».

Après des essais concluant sur le lac Elkhart (14 secondes pour le ¼ de mile et 195 km/h en vitesse de pointe), trois véhicules supplémentaires sont alors construits et engagés dans le championnat SCCA. Ces 4 Excalibur J parviennent ainsi à se classer honorablement durant plusieurs années dans différentes courses américaines face à des Ferrari, Maserati, Mercedes et Aston-Martin.

Fin 1963, la firme Studebaker demande à Brook Stevens de lui dessiner diverses nouvelles voitures destinées à être exposées aux divers auto-show de la saison 1964. Pour Chicago en janvier, trois Studebaker Lark furent modifiées, et une Excalibur J fut recarrossée aux normes de l’époque : la Hawk roadster.

Excalibur Série 1[modifier | modifier le code]

Pour le show de New York en , sur la base d’un châssis Heavy-Duty de Studebaker Lark avec moteur Studebaker, Brook Stevens avec l’aide de ses deux fils âgés de 27 et 24 ans crée en 6 semaines la Mercebaker SSK qui reprenait la ligne générale de la Mercedes SSK dont il possédait un exemplaire. Le nom provient de la contraction d’une gloire ancienne (Mercedes) et d'une ingénierie existante (Studebaker). Mais finalement au début du salon de New York, Studebaker ne souhaite plus exposer la voiture sur son stand qui se voulait tourné résolument vers le futur et non pas vers le néo-classique. À défaut d’idée et d’autre nom, la Mercebaker devient Excalibur, en référence à l'épée légendaire du roi Arthur. Le logo de la marque se voit doté de cet emblème.

Un stand minuscule lui est octroyé à ses frais, juste en face d’un marchand de hot-dog et à côté de l’entrée des toilettes. Finalement, contre toute attente, l’Excalibur est la sensation du salon. De nombreuses célébrités passent commande, si bien qu’à la fin du salon 12 commandes fermes avec acompte étaient enregistrées.

Brook Stevens lance alors ses deux fils, David et Steve, dans la construction des Excalibur sur une base d’un lot de 400 châssis Studebaker Larck inutilisables, Studebaker étant en faillite depuis fin 1964, motorisé par le bloc Chevrolet V8 de 327 ci de 300 chevaux de la Corvette. La carrosserie était en polyester avec juste les capots en aluminium. La production démarra dans l’atelier paternel à Mequon dans le Wisconsin.

Initialement l’Excalibur « série 1 » n’est disponible qu’en version Roadster 2 places.

Fin 1965, la firme avait construit 56 voitures et introduisait un roadster plus civilisé avec de longs garde-boues et marchepieds (au lieu des 4 petites ailes) et une quatre places dénommée Phaeton.

En 1966, par manque de place la firme Excalibur s’installa à Milwaukee dans le complexe industriel de West Allis.

L'Excalibur série 1 fut ainsi fabriquée de 1965 à 1969 inclus à raison de 359 exemplaires, dont 100 Phaetons et 259 Roadsters.

Début 1970, il ne restait plus que 41 châssis en stock.

Les fils de Brook Steven débutèrent alors une série 1 améliorée sur les châssis restant.  Ce fut en fait une fausse série 1, car pour des raisons commerciales cette évolution portait déjà le nom de série 2.

Excalibur 35X[2][modifier | modifier le code]

En 1966, distributeur en Europe des Excalibur depuis Monaco, Guy Storr, utilisa le nom sous licence "Excalibur" pour concevoir et commercialiser un véhicule plus Européen : l'Excalibur 35X.

S’inspirant du succès aux Etats-Unis des Excalibur inspirées des Mercedes SSK des années 20 et 30, l'importateur Guy Storr se dit que le marché français apprécierait encore plus un véhicule évoquant une voiture française de prestige datant de la même époque, offrant la même aura de gloire et un palmarès de compétition aussi étoffé : la Bugatti Type 35 (1924-1930). Aussi, en hommage à la Bugatti mais aussi pour se distinguer, Guy Storr appel son Excalibur "35X".

Mais Guy Storr qui n’était pas satisfait du manque de finition et de l’ingénierie sommaire des Excalibur américaines, a préféré pour concevoir son Excalibur européenne se tourner vers un carrossier italien de renom (Michelotti) à Turin-Borgaretto, pour qu’il assure la construction d’une présérie de 2 châssis-coques, avant de produire une série de 25 unités. Ainsi, 27 Excalibur 35X seront assemblées.

Le carrossier Michelotti créa ainsi pour l'Excalibur 35X un châssis en profilés-traverses mécano-soudés. La carrosserie en acier vient s’y souder par-dessus, ce qui lui donne l’allure d’une monocoque avec châssis intégré, gage de grande rigidité.

Ensuite, les châssis-coques étaient terminés dans un minuscule garage automobile (Daytona Garage) situé à Saint-Laurent du Var près de Cannes, en fonction des commandes enregistrées elles, directement dans l'appartement monégasque de Guy Storr.

La mécanique et les trains roulants de l'Excalibur 35X sont issus de l’Opel Commodore GS première génération (1967–1972). Les Excalibur 35X sont ainsi dotées d'un moteur 6 cylindres en ligne de 2,5 litres pour 130 cv accouplé à une boite 4 vitesses. L’Opel Commodore a été retenue car Opel était la filiale européenne de General Motors ce qui pouvait permettre d’exploiter cette carte de visite pour introduire la voiture sur le continent américain, mais aussi pour des questions de pure ingénierie, car Guy Storr voulait proposer un véhicule fiable avec moteur à l’avant, propulsion et essieu rigide.

Les Excaliburs 35X finies étaient livrées devant le casino de Monaco à Monte-Carlo. Les clients devaient ensuite attendre quelques jours pour obtenir une immatriculation monégasque provisoire, que certains allaient d’ailleurs utiliser très longtemps faute d'homologation.

Guy Storr a bénéficié d’un coup de pouce du destin quand le réalisateur cinématographique Pierre Grimblat lui a loué l’Excalibur 35X présérie N°01 pour être la co-vedette de son film « Slogan »  tourné entre le et le 16 aout 1968.

Dans le film, l’Excalibur 35X est la voiture de Serge Gainsbourg, et apparaît ainsi dans de nombreux plans. C’est d’ailleurs sur le tournage de ce film que Serge Gainsbourg rencontre pour la première fois Jane Birkin. Le film est sorti en salle en 1969.

Un jour en 1973, au volant de son Excalibur 35X (n°22), Guy Storr percuta un camion dans la moyenne corniche de la région de Nice, ce qui le défigura à jamais et atteignit son moral. Son affaire périclita. Il tenta de redresser la barre en liquidant les dernières Excalibur 35X prémontées par Michelotti qui restaient en stock et qui ne se vendaient plus.

Quelques-unes furent encore assemblées par le garage Daytona de Saint-Laurent du Var, mais avant que ses affaires se redressent, en 1980 pris d’un malaise au volant, Guy Storr percuta un véhicule de face sur la voie rapide de Nice et perdit la vie.

Vingt-sept Excalibur 35X ont été produites et assemblées.

Mais, il convient de bien distinguer les années de production des châssis-coques par Michelotti, qui sont différentes de l’année d’assemblage final et de commercialisation, qui peuvent encore être distinctes de l’année d’immatriculation administrative. De même, autrefois, la date de première immatriculation n’était pas toujours reprise sur les documents administratifs d’immatriculation en cas de vente ou d’import du véhicule depuis l’étranger.

Aussi, il est très difficile de classer les Excalibur 35X par année de fabrication, même si les données suivantes circulent sur internet, sans préciser s'il s'agit de l'année de production des châssis-coque, de l'année d'assemblage ou de l'année de commercialisation :

   1965 : 5 exemplaires

   1966 : 6 exemplaires

   1967 : 8 exemplaires

   1968 : 10 exemplaires

En effet, le premier exemplaire (pré-série 01) n'est présenté au public que début 1968, et l'Excalibur 35X de pré-série 02 a été immatriculée en France la première fois en .

Ainsi, parmi les 27 Excalibur 35X, les 2 préséries (n°01 et n°02) présentent des « variations » de carrosserie notables avec notamment une traverse droite non chromée entre les phares avant, et des clignotants rectangulaires positionnés sous les phares ou sur le pare-chocs.

De même, sur les 2 modèles de présérie, les feux arrière ne sont pas intégrés dans le profilé de la carrosserie, mais disposés en saillie.

Hormis ces différences visuelles, les deux préséries sont assez proches des modèles de série : les évolutions esthétiques de la barre cintrée chromée et des feux arrière intégrés dans la carrosserie, ont juste été validés pour la production des 25 Excalibur 35X de série.

En plus de ces éléments distinctifs de carrosserie, on peut aussi noter pour les modèles de présérie la présence d’un certificat d’immatriculation pour la France faisant mention uniquement de véhicule « OPEL » en ligne D1 et « type mine modifié » en ligne Z1, et non pas la mention « Excalibur ». On peut aussi noter l’absence de plaque constructeur « Excalibur » d'origine sur les 2 préséries.

Excalibur Série 2[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, après la série 1, l’année 1971 servit à créer un tout nouveau châssis, à installer une mini chaîne de montage et à peaufiner les moules et accessoires tout en s’assurant de contrats en bonne et due forme avec toute une flopée de fournisseurs.

La reproduction reprit donc en 1972 avec un nouveau châssis en échelle avec un empattement allongé de 5 cm, les suspensions et les freins en provenance des Corvette. Le moteur fait place à un nouveau moteur issu de la Corvette : un nouveau V8 de 454ci mais moins puissant qu’avant avec 250 ch.

Par contre, le prix passait du simple au double : de 6.000/7.250 dollars pour les séries 1, les séries 2 grimpaient à 12.000/14.000 dollars avec toutefois un équipement en rapport : chauffage et air conditionné, colonne de direction réglable, freins assistés à 4 disques, différentiel autobloquant, radio stéréo, amortisseurs arrière à niveau constant, etc.

En dépit de ce surcroît de poids avec un moteur moins puissant, l’Excalibur série 2 était encore capable de performance honorable avec le 0 à 100 km/h en 7 secondes et une vitesse maxi théorique de 200 km/h.

Malheureusement, la production restait stationnaire avec 65 voitures vendues en 1972.

En 1973, grâce à une campagne de publicité orchestrée auprès des réseaux General Motors, la production effectua un bond à 122 voitures, pour stagner l’année suivante à 118.

Excalibur série 3[modifier | modifier le code]

Les deux fils de Brook Steven redessinèrent alors les ailes pour les rendre plus enveloppantes, de manière que la moindre projection d’eau et de boue ne s’étale pas dans tous les sens sur la carrosserie. Parallèlement, le V8 454ci perdait un peu de chevaux (215 ch) suite au montage d’un système anti-pollution rendu obligatoire. La série 3 était née avec un nouveau châssis à l’empattement encore allongé (2,845 m), une traverse centrale en X et une section avant boulonnée donc démontable.

Cependant, la production chuta à 90 voitures pour 1975, pour littéralement s’envoler les années suivantes : 184 en 1976, 237 en 1977, 263 en 1978 et 367 en 1979.

Excalibur Série 4[modifier | modifier le code]

Ainsi au plus fort de la demande, en 1979, une voiture sortait toutes les 6 heures des lignes de production avec pour conséquences un niveau de qualité en retrait. Aussi, il fut décidé de créer la série 4, qui serait vendue beaucoup plus chère ce qui diminuerait les commandes mais assurerait un chiffre d'affaires et un bénéfice stable. En plus, la marque commençait à avoir son propre réseau de concessionnaires sur le territoire américain.

En 1980 est donc sortie la série 4, avec une esthétique radicalement différente, avec des vitres latérales en verre escamotables dans les portes, une capote électrique et une carrosserie encore plus enveloppante. Le châssis était similaire à celui de la série 3, mais tout de même rallongé de 33 cm. Le style abandonnait l’évocation des Mercedes SSK pour s’inspirer des séries 500 et 540 K. Le moteur 454ci n’étant plus fabriqué par General Motors, c’est un bloc de 305ch qui était proposé de base avec possibilité d’avoir un 350ch.

Le poids plus important, la puissance réduite et un style sujet à débat, on fait chuter la production à 93 en 1980. Elle est remontée à 235 voitures en 1981, avant de retomber à 212 en 1982 puis 138 en 1983.

Grace à une campagne publicitaire orientée vers les revendeurs de la marque, la production est montée en 1984 à 257 voitures dont 213 Phaetons et seulement 44 Roadsters.

Excalibur Série 5[modifier | modifier le code]

Il est décidé alors de créer une série 5 encore plus sophistiquée, avec un hard-top, des sièges électriques et un intérieur totalement spécifique à la marque Excalibur, c'est-à-dire ne reprenant rien des intérieurs de Corvette.

Mais les ventes peinent à décoller, avec 78 voitures en 1985 et 37 en 1986. C’est la faillite.

Les frères Stevens parviennent à convaincre Warner, un repreneur, ce qui débouche vers une évolution stylistique avec une version 4 portes avec un coffre mieux intégré. Les prix étaient en conséquence avec le Roadster à 85.000 dollars, le Phaeton à 80.000 dollars et la 4 portes à 100.000 dollars.

Cependant, les ventes ne venant toujours pas, Warner se décida à diminuer drastiquement les prix sous forme de discount, ce qui n’était pas à long terme du meilleur effet pour la classe de véhicules se voulant exceptionnels. Les Phaetons et Roadsters furent alors bradés à 49.000 dollars, les 4 portes à 59.000 dollars avec une finition en rapport. La faillite arriva deux ans après.

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « L'historique de la marque américaine Excalibur », sur Le site de l'Excalibur 35X (consulté le 22 avril 2018)
  2. « Accueil », sur Le site de l'Excalibur 35X (consulté le 22 avril 2018)