Exégèse canonique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
image illustrant la religion
Cet article est une ébauche concernant la religion.

Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.

L'exégèse canonique appartient à ce que Michel de Certeau s.j. nomme « la vérité institutionnelle » dans son ouvrage L'Invention du quotidien[1]. Elle se pratique principalement dans le domaine religieux mais aussi dans d'autres institutions dites « institutions de vérité » tels que les partis politiques, les syndicats, voire les entreprises.

Bible[modifier | modifier le code]

Christianisme[modifier | modifier le code]

L'exégèse canonique tient compte des résultats de la recherche historico-critique, autrement dit de l'étude scientifique de la Bible, mais elle considère le texte biblique volontairement plutôt dans son état final, ou canonique (d'où le nom de cette forme d'exégèse). Sur ce point de l'inerrance biblique les doctrines catholique et évangélicaliste sont peu différenciées : seul le texte final (sola scriptura) est réellement inspiré et par conséquent, pour le croyant, source d'autorité et d'enseignement divin. Corrélativement et d'un point de vue méthodologique, on ne peut donc pas tenir compte du fait que les différents livres bibliques sont de date de rédaction différentes, d'auteurs différents, ni que leur compilation en un codex est fort tardive[2], car la foi en la volonté de Dieu (sola fide) place tant la preuve de son existence propre, que la parole qu'il a souhaité transmettre à l'homme, au-delà de toute science et de toute raison ou sagesse humaines (physio et ratio).

L'exégèse s'applique donc essentiellement aux textes doctrinaux, mais aussi historiques, pour lesquels elle est une forme d'interprétation relevant néanmoins d'une herméneutique sacrée dont la commission biblique pontificale et la commission théologique internationale constituent aujourd'hui les organes de diffusion officiels, s'agissant uniquement de l'église catholique romaine.

Cette démarche voulue analytique a par conséquent pour caractéristique majeure de s'appuyer sur un corpus défini par la seule et unique autorité de Rome, marquant ainsi la frontière entre orthodoxie et hétérodoxie, credo et hérésie (par exemple le Magistère de l'Église, celui-ci étant considéré comme un tout dont les parties sont susceptibles de s'expliquer les unes par les autres).

Judaïsme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Talmud.

Coran[modifier | modifier le code]

L'exégèse canonique s'exerce en référence aux écoles juridiques mais aussi à un corpus de savants délimité, le plus souvent grammairiens ou compilateur de Hadiths.

Article détaillé : Sira.

Le témoignage de la chaîne de transmission de la compréhension d'un passage est donné avant même la citation. En cela, l'analogie avec la philosophie scolastique s'impose.

Elle peut aussi faire référence au corpus des (singulier : alim)oulémas, conservée par telle ou telle université musulmane de renom qui peuvent être Al Ahzar au Caire, la Karaouine à Fez ou la Zeituna à Tunis[3]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michel de Certeau, L'Invention du quotidien, Tome 2 Manières de croire
  2. IIIe siècle av. J.-C. pour le début de la traduction de la Septante (Le monde de la Bible, sous la direction de Pierre Geoltrain), 150 av. J.-C. pour l'établissement du premier texte massorétique (sous la direction de Adrian Schenker o.p., l'enfance de la Bible hébraïque et sous la direction de Thomas Römer Introduction à l'Ancien Testament), IVe siècle pour le Nouveau Testament (sous la direction de Daniel Marguerat, Introduction au Nouveau Testament)
  3. Leila Babès et Tarik Oubrou, Loi d'Allah, Loi des hommes

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]