Euverte d'Orléans

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Euverte d'Orléans
Image illustrative de l’article Euverte d'Orléans
Représentation de saint Euverte sur une vitre de l'Hôtel Groslot d'Orléans
Biographie
Nom de naissance Evurtius
Décès
Orléans
Évêque de l’Église catholique
Évêque d'Orléans
Autres fonctions
Fonction religieuse
évêque d'Orléans

Euverte d'Orléans ou Saint Euverte (ou Evurtius, Evortius ou Eortius) est le quatrième évêque d'Orléans au IVe siècle. À cette époque, la Cenabum de César est devenue, après division de l’ancien territoire des Carnutes, le chef-lieu de la civitas Aurelianorum, cité de la Lyonnaise quatrième[1] de l’Empire romain.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le récit hagiographique[modifier | modifier le code]

La biographie d’Euverte est connue par une vie légendaire[2], transmise par deux récits. L'un, signé du sous-diacre Lucifer, est long et se trouve dans des manuscrits du IXe siècle[3]. L’autre, anonyme est un résumé du récit de Lucifer, enrichi de quelques détails supplémentaires[4] et est attesté à partir du XIe siècle seulement[5].

Sous-diacre de l'Église de Rome, Euverte parcourt la Gaule à la recherche de son frère et de sa sœur, enlevés par des barbares quarante ans plus tôt. Il arrive à Orléans au moment précis où doit avoir lieu l’élection d’un nouvel évêque. Invité à assister aux cérémonies, il est à trois reprises désigné par une colombe entrée miraculeusement dans l'église et se voit en conséquence élu.

Environ un an après son élection, Euverte parvient, par ses prières, à faire éteindre par une pluie miraculeuse un incendie qui ravageait la ville. En contrepartie, il demande aux habitants de l’aider à construire une nouvelle cathédrale, l'ancienne étant trop petite. Alors que se creusaient les fondations de l’édifice, on trouve une cruche pleine de pièces d’or à l’effigie de l’empereur Néron. Estimant que cet argent appartient au trésor public, Euverte envoie son archidiacre le porter à Rome, afin qu’il le rendre en personne à Constantin, l’empereur régnant alors. Ce dernier ne se contente pas d'ordonner que la somme reviendra triplée à Orléans ; il décide encore que la nouvelle cathédrale sera construite en forme de croix, il en détermine les dimensions, la dédicace à la sainte Croix et, avant de renvoyer l’archidiacre porteur de ces bonnes nouvelles, il lui remet encore sept calices et sept patènes.

Pendant ce temps, à Soissons l’évêque remarque deux pénitents qui se lamentent devant le tombeau des saints Crépin et Crépinien et demandent quand il leur sera permis de revoir leur frère Euverte, sous-diacre de l’Église de Rome. L’évêque leur rend la liberté.

À Orléans, la construction de la nouvelle cathédrale étant terminée après trois ans de travaux, la consécration du bâtiment peut avoir lieu. Les évêques présents pour la cérémonie poussent Euverte à célébrer lui-même la messe dédicatoire. Au cours de la célébration, au moment de l’élévation, apparaît la main de Dieu qui vient elle-même bénir l’édifice. En plus de l’évêque, seules trois personnes sont témoins du miracle : un sous-diacre de service à l’autel et, parmi les fidèles, un pénitent et une religieuse.

Désirant épargner à Orléans le renouvellement de dissensions comme celles qui avaient précédé son élection miraculeuse, à la fin de sa vie Euverte fait nommer Aignan pour lui succéder.

Euverte meurt le 7 septembre et rapidement les miracles se multiplient sur sa tombe.

Les éléments connus[modifier | modifier le code]

Statue de saint Euverte dans l'église de Bussy-le-Repos.

Les éléments connus de la biographie d’Euverte se réduisent à peu de choses :

Il participe au concile de Valence en 374[6].

Rédigée entre 474 et 530[7], la première Vie de saint Aignan est le texte le plus ancien attribuant la construction à saint Euverte d’une cathédrale à Orléans.

La date exacte de sa mort n’est pas connue. Seul le jour (7 septembre) en a été transmis par les martyrologes afin de permettre d’en célébrer l’anniversaire[8].

Le nom de son successeur immédiat n’est pas davantage connu[9].

Martyrologes et chroniques[modifier | modifier le code]

Parmi les martyrologes les plus anciens, celui qu’on appelle hiéronymien se contente de citer la date de sa mort, le 7 septembre.

Plus récents, les martyrologes carolingiens, celui de Florus de Lyon, celui de Raban Maur, celui d’Usuard, se montrent certes plus prolixes mais semblent tous citer des éléments empruntés à la légende, en particulier l’élection miraculeuse d’Euverte à l’épiscopat.

Une chronique du IXe siècle, celle du moine Adrevald, s’intéresse moins à l'évêque qu’à son œuvre. Elle ne se contente pas de citer le vocable de la cathédrale d’Orléans (Sainte-Croix), mais donne quelques précisions supplémentaires provenant de la légende : fondée par Euverte, la cathédrale Sainte-Croix a été construite en forme de croix et dédiée à la sainte Croix selon la volonté de l’empereur Constantin.

Divers[modifier | modifier le code]

Euverte est fêté le 7 septembre[10].

Le , les reliques de saint Euverte sont transférées à la cathédrale Sainte-Croix d’Orléans[11].

Une église d'Orléans, classée aux monuments historiques depuis le , est dédiée à Saint Euverte[12].

Euverte est figuré dans deux vitraux de la cathédrale Sainte-Croix d'Orléans et sur un vitrail de l'Hôtel Groslot d'Orléans.

Un lycée général et polyvalent privé d'Orléans porte le nom de Sainte-Croix-Saint-Euverte[13]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lyonnaise quatrième ou Sénonaise (Orléanais, sud de l'Ile-de-France, Sénonais), capitale Sens.
  2. Duchesne 1910, p. 459 ; Debal 1983, p. 166
  3. Chenesseau 2343, p. 76.
  4. Picard 1992, p. 84.
  5. Chenesseau 2343, p. 51.
  6. Duchesne 1907, p. 345.
  7. Michaud-Fréjaville 2001, p. 209
  8. Schmitt 2016, p. 419
  9. Debal 1983, p. 167 ; Debal 1983, p. 544.
  10. Catalogue général des saints, saintes, martyrs, confesseurs, bienheureux, vénérables, anachorètes, solitaires, reclus et recluses, honorés par les chrétiens sur toute la surface de la Terre ; avec l'indication du jour de leur fête, Méquignon, , 148 p. (lire en ligne), p. 51
  11. Translation des reliques de saint Euverte en 2003 sur www.saint-jacques.info
  12. Notice no PA00098844, base Mérimée, ministère français de la Culture
  13. Site du lycée Sainte-Croix - Saint-Euverte d'Orléans.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Chenesseau, La cathédrale Sainte-Croix d’Orléans des origines aux guerres de Religion, t. 1, Médiathèque d’Orléans, ms 2343.
  • Jacques Debal (dir.), Histoire d’Orléans et de son terroir : Des origines à la fin du XVIe siècle, t. 1, Roanne, Horvath, , 550 p. (ISBN 2-7171-0276-0).
  • Louis Duchesne, Fastes épiscopaux de l'ancienne Gaule : Provinces du Sud-Est, t. 1, Paris, A. Fontemoing et Cie, , 2e éd., 386 p. (lire en ligne), p. 457-464.
  • Louis Duchesne, Fastes épiscopaux de l'ancienne Gaule : l'Aquitaine et les Lyonnaises, t. 2, Paris, A. Fontemoing et Cie, , 2e éd., 488 p. (lire en ligne), p. 345.
  • Jean-Charles Picard, Topographie chrétienne des cités de la Gaule : VIII, Province ecclésiastique de Sens: des origines au milieu du VIIIe siècle, Lugdunensis Senonia, Paris, de Boccard, .
  • Françoise Michaud-Fréjaville, « Orléans et le culte public de ses saints fondateurs », dans Art sacré 15 : La fondation des églises locales. Le culte des saints et des reliques. Colloque d’Orléans : 19-20 octobre 2000, Rencontre avec le Patrimoine religieux, (ISBN 2-911948-15-7).
  • Jean-Claude Schmitt, Les rythmes au Moyen Âge, Paris, Gallimard, , 718 p. (ISBN 978-2-07-017769-1)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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